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Marilyn Tremblay, Santé Canada

J'ai la responsabilité de diriger le Centre national de référence pour les essais biologiques et la surveillance in vivo. Il s’agit d’un laboratoire, certifié ISO 9001, responsable d’assurer que les services canadiens de dosimétrie interne respectent les exigences techniques et d’assurance de la qualité dictées par la Commission canadienne de sureté nucléaire. Pour ce faire, notre équipe prépare des échantillons pour tester la capacité des laboratoires qui surveillent la présence de substances nucléaires dans le corps ou excrété par le corps des travailleurs exposés au rayonnement nucléaire. Ces laboratoires se trouvent, entre autres, dans les centrales nucléaires ou dans les hôpitaux. Mon travail consiste à m’assurer que les travailleurs sont bien informés et bien protégés. 

Maryline Tremblay
Marilyn Tremblay est ici entourée des appareils servant à détecter la présence et à évaluer la quantité de substances radioactives dans le corps humain.
Qu’est-ce qui vous motive dans le geste de transmission des savoirs de recherche? 

Le domaine dans lequel je travaille est très technique, et la plupart des gens comprennent très peu ce que je fais. En fait, la santé nucléaire est véritablement intéressante et exige de demeurer au courant des nouveaux développements en tout temps. Ma soif de transmission est en fait une extension de ma soif de connaissance. L’un ne va pas sans l’autre et j’adore piquer l’intérêt des gens pour communiquer cette passion.

Ma motivation principale ne porte pas nécessairement sur la transmission des faits en tant que tel, mais plutôt sur le partage de mes expériences lors de l’acquisition de ces savoirs. Les faits se trouvent dans les revues scientifiques, mais l’expérience apporte un éclairage original, plus humain, sur ces connaissances.

Je trouve aussi particulièrement important d’introduire les jeunes filles au domaine. Je travaille dans un milieu très masculin, mais je ne l’ai jamais vu comme une contrainte. C’est plutôt une possibilité d’être complémentaire. Les hommes et les femmes ne travaillent pas de la même façon, ont parfois des visions différentes. C’est un avantage non négligeable!

J’aime montrer aux filles que faire de la physique, c’est aussi intéressant que la biologie, par exemple. J’aime briser les tabous et démystifier les idées préconçues sur cette échelle de réalité.

Quelle part pour votre subjectivité, pour vos valeurs, pour vos passions dans votre pratique de transmission? 

Je suis avant tout une passionnée de physique! C’est un domaine où il faut innover et penser autrement pour faire de nouvelles découvertes et surmonter les barrières. Chacun apporte son bagage personnel et peut contribuer. Cette perspective est le point d’ancrage de mon désir de partager mes connaissances. 

Mes valeurs influencent aussi sans contredit mon travail. Ma perception et mon expérience font partie intégrante des gestes que je pose. Par exemple, je transmets ma valeur d’équité en communiquant avec divers publics, peu importe leur expérience ou leur niveau de connaissance. Tout le monde apprend différemment, et il faut simplement s’adapter pour communiquer efficacement.

Je suis aussi très authentique. J’aime bien parler de mes erreurs et partager les leçons apprises. Je considère que de partager ces apprentissages contribue à ancrer plus profondément  la connaissance transmise. 

Lorsque je transmets ce que je sais, ce que j’ai appris et ce que en quoi je crois, je le fais entre autres pour assurer une relève, une suite dans le développement de ces savoirs. C’est en quelque sorte un bel édifice qui se bâtit sur les connaissances de ceux et celles qui nous précèdent et qui se poursuivra avec ceux et celles qui viendront après. 

À la lumière de votre parcours, d’où vient cette envie de transmettre?

J’aime personnaliser le savoir scientifique pour montrer à quel point il définit le monde qui nous entoure. Je trouve que c’est la meilleure façon d’intéresser le public, et de faire comprendre les applications réelles de certains principes scientifiques complexes. J’aime beaucoup donner des exemples concrets qui s’appliquent à notre vie quotidienne, et montrer comment certains phénomènes simples peuvent découler de principes complexes.

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Exemple d’image produite par simulation informatique lors d’études sur la mesure in vivo.  

Mais surtout, au-delà des savoirs, j’essaie de transmettre ma passion, ma curiosité, afin de peut-être inciter d’autres personnes de s’y intéresser à leur tour. 

Je veux aussi montrer que la science est partout. Les gens tendent à penser que mon travail est très spécifique et ne les touche pas personnellement. Pourtant, la radiation nous entoure! En même temps, je veux être en mesure de rassurer, et c’est ce que je fais avec mon équipe, car nos connaissances permettent d'oeuvrer à la protection des travailleurs.

En transmettant mes connaissances, je vise à rendre mon domaine plus accessible au public, pour qu’on le comprenne mieux. 

J’aime personnaliser le savoir scientifique pour montrer à quel point il définit le monde qui nous entoure. Je trouve que c’est la meilleure façon d’intéresser le public, et de faire comprendre les applications réelles de certains principes scientifiques complexes.


  • Marilyn Tremblay
    Santé Canada

    Gestionnaire du Centre national de référence pour les essais biologiques et la surveillance in vivo de Santé Canada

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La culture scientifique est ici traitée, entre autres, à travers deux grandes séries d'articles. La série la plus récente, publiée en 2022, donne la parole à 12 chercheuses et chercheurs. Elles et ils ont été invité.e.s à faire part de leurs pratiques de transmission et/ou de vulgarisation. L'autre série, publiée en 2017, donne un aperçu des questions de culture scientifique telles qu’elles se posent dans une dizaine de pays. On y traite, entre autres, des pratiques et d’expériences faisant « vivre » cette culture.

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