Aller au contenu principal
Il y a présentement 0 item dans votre panier d'achat.
23 mai 2021
Audrey Groleau et Chantal Pouliot
Université du Québec à Trois-Rivières, Université Laval

L’état du Monde peut être abordé de différentes façons, par l’intermédiaire de différents médiums : œuvres d’art, documentaires, pièces de théâtre, et ainsi de suite. Alice Paradis, une élève de cinquième secondaire résidant dans la région de Québec, a décidé de mettre en mots et en images les histoires tragiques de Joyce Echaquan, Tiffany Morrison et Cleopatra Semaganis Nicotine. 

Alice Paradis - couverture
 

La bande dessinée d’Alice s’inscrit parfaitement dans le thème de ce dossier du Magazine.

D’une part, elle aborde une question socialement vive, celle du racisme auquel font face les membres des communautés autochtones et, en particulier, les femmes autochtones. Disparues, mais pas oubliées : Le racisme au Canada raconté en images met en exergue trois histoires qui sont, ainsi que l’auteure le précisait lors d’une conversation, des histoires représentatives d’autres situations vécues. Il n’est pas anodin, comme le fait remarquer Alice en page 29, qu’entre 1980 et 2012, les filles et les femmes autochtones aient représenté 16 % des victimes d’homicide au Canada, alors qu’elles ne constituent que 4 % de la population féminine au pays.

D’autre part, d’un point de vue éducatif, Disparues, mais pas oubliées illustre les capacités des jeunes à s’approprier des questions sociales difficiles à affronter et à en rendre compte de façon pertinente et originale. C’est en effet dans le contexte scolaire que l’œuvre d’Alice a pris naissance et, plus particulièrement, dans le cadre d’un projet de fin d’études secondaires. Alice avait toute la liberté de privilégier un autre sujet et un autre médium que la bande dessinée.

Enfin, au-delà de ses qualités esthétiques et narratives, cette bande dessinée est remarquable en raison de l’appareillage théorique qui y est déployé et des nombreuses sources médiatiques identifiées. La conclusion ci-après reprise en témoigne. L’œuvre offre ainsi l’opportunité au lectorat de réfléchir au contexte politique et social dans lequel les événements se sont et se déroulent encore. Il y a de ces lectures qui enrichissent les réflexions et nous poussent à l’action. La publication de Disparues, mais pas oubliées chez Livres en ligne du CRIRES participe à la volonté collective et politique de rendre accessibles des ouvrages qui promeuvent une plus grande justice sociale.

...au-delà de ses qualités esthétiques et narratives, cette bande dessinée est remarquable en raison de l’appareillage théorique qui y est déployé et des nombreuses sources médiatiques identifiées. La conclusion ci-après reprise en témoigne.

Références

  • Harvey, L. (2021). Une bédé pour sensibiliser au racisme systémique. Le Soleil, 2 mai.
  • Paradis, A. (2021). Disparues, mais pas oubliées : Le racisme au Canada raconté en imagesLivres en ligne du CRIRES. Préface de Chantal Pouliot.
[La bande dessinée, ici en libre accès]

Extrait de la bande dessinée : La conclusion, pp.41-42

Alice Paradis - conclusion 1 et 2

 

Auteur(e)s

  • Audrey Groleau
    Université du Québec à Trois-Rivières

    Audrey Groleau est professeure de didactique des sciences et de la technologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières depuis 2014. Elle contribue à la formation d’enseignants et d’enseignantes du primaire, du secondaire et en adaptation scolaire, d’une part, et à la formation de chercheurs et de chercheuses en éducation, d’autre part. Ses recherches portent sur les rapports à l’expertise scientifique de futures et futurs enseignants, ingénieurs et scientifiques dans le contexte de controverses sociotechniques actuelles. Elle est vice-présidente et secrétaire de l'Association de la francophonie à propos des femmes en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (AFFESTIM) et l’une des éditrices de la Revue canadienne de l'enseignement des sciences, des mathématiques et de la technologie / Canadian Journal of Science, Mathematics and Technology Education. Elle a remporté le Prix de la relève en enseignement de l’UQTR en 2021.

  • Chantal Pouliot
    Université Laval

    Professeure titulaire au Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage de la Faculté des sciences de l’éducation Université Laval, Chantal Pouliot est détentrice d’un baccalauréat en biologie, d’une maîtrise en littérature, d’un certificat en enseignement et d’un doctorat en didactique des sciences. Chercheuse au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES), elle a enseigné la biologie au collégial pendant six ans (2000-2006). Ses travaux de recherche portent sur l’enseignement des questions socialement vives, environnementales et sanitaires; et aussi sur les capacités citoyennes et les enjeux de la participation des chercheurs et chercheuses aux conversations sociopolitiques. Elle a écrit dans des revues liées à l’enseignement des sciences (Science Education, International Journal of Environmental and Science Education, Research in Science Education, etc.) ainsi que dans EMBO reports et BioScience. Auteure de nombreux chapitres dans des ouvrages de référence, elle a signé plusieurs textes dans les médias généralistes, tantôt sur la liberté universitaire, tantôt sur les mobilisations citoyennes. Mme Pouliot est éditrice émérite francophone de la Revue canadienne de l’enseignement des sciences, des mathématiques et de la technologie et lead editor de la revue internationale Cultural Studies of Science Education.

Commentaires