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11 septembre 2017
Michèle Leduc-Lapierre
Commission des Grands Lacs

Le premier conseil est de toujours garder l’esprit ouvert. Plusieurs imaginent que l’emploi de rêve les attend à la fin de la maîtrise, mais ce ne sera malheureusement pas le cas pour tous. Si la maîtrise demande d’être un travailleur acharné, il en est de même pour le monde du travail. Il faut foncer, frapper aux portes, et surtout ne pas se décourager.

Leduc-LapierreLes autres parcours...
- d’une consultante en développement territoriale
- d'un brasseur de bières
- d'une directrice scientifique d'un conseil de gestion
- d'un chercheur industriel
- d'un chef d'équipe en développement des affaires
- d'une chargée en développement LiDAR
- d'un coordonnateur de développement de services  
- d'une coordonnatrice de commission au sein d'un organisme-conseil
- d'un producteur de métaux de haute technologie
- d'un scientifique de données
- d'un chercheur dans un OBNL

Racontez-nous votre parcours, de vos études supérieures à votre occupation actuelle?

À l’été 2013, tout en cherchant un emploi, je rédigeais mon mémoire intitulé Innervation spinale et modularité chez Oncorhynchus mykiss, sous la supervision du Dr. Richard Cloutier. Après avoir postulé sur plusieurs offres et passé quelques entrevues, j’ai obtenu un stage de six mois à la Commission des Grands Lacs (CGL) à Ann Arbor, au Michigan, dans le cadre d’un programme du gouvernement du Québec. Durant le stage, j‘ai appris, entre autres, à mettre à jour des sites Internet, à organiser des webinaires, et à préparer des documents d’information. J’ai aussi eu la chance d’accompagner les directeurs à Washington. J’y ai rencontré des élus du Sénat et de la Chambre des représentants et fait valoir l’intérêt de financer des programmes de restauration des Grands Lacs. Vers la fin du stage, on m’a proposé de poursuivre mon séjour à la CGL pour quelques mois… ce qui s’est transformé depuis en années... D’abord spécialiste de programmes, on y ajouta, en juillet 2016, le terme de « sénior ». Je travaille aujourd’hui sur un large éventail de projets, allant du transport du pétrole aux enjeux reliés au dragage des canaux de navigation. 

Parlez-nous de votre passage d’une formation en recherche à une profession en dehors du milieu universitaire?

Pour ma part, le saut de la vie d’étudiante à la vie de professionnelle n’a pas été facile. Le temps passé dans un laboratoire universitaire avait été très stimulant scientifiquement, et lorsque je suis arrivée à la CGL, le contraste m’a déstabilisé. Je passais l’essentiel de mon temps à mon bureau ou en réunion. J’ai donc dû apprivoiser la vie dans un cubicule, éclairé aux lumières fluorescentes, et même si maintenant la lumière naturelle traverse la fenêtre de mon bureau, c’est encore un bureau! J’ai un horaire fixe et les heures supplémentaires sont courantes. Bien entendu, durant ma maîtrise, la semaine de travail comptait plus de 40 heures, mais c’était ma maîtrise, mon projet. Ici, c’est un travail. Et même si mes connaissances scientifiques sont mises à contribution, la gestion de projet implique beaucoup de travail administratif. Loin de moi l’intention de me plaindre. Mon travail me permet de voyager et de découvrir des endroits que je n’aurais jamais pensé visiter. Et j’ai maintenant un réseau de contacts très étendu. Mais cela a demandé beaucoup d’adaptation, en plus de l’ajustement à la vie américaine!

Quelles compétences acquises lors de votre formation sont mises à profit dans votre métier actuel et lesquelles vous ont manqué?

Même si mon travail est à des années-lumière de ce que je faisais durant ma maîtrise, j’utilise plusieurs compétences acquises à l’université. Je pense, entre autres, à la recherche quotidienne d’information. Je suis également beaucoup appelée à écrire : des notes d’information, des rapports, des demandes de subventions. Sans mon expérience de rédaction de mémoire, j’aurais eu une bonne courbe d’apprentissage à gravir. De plus, je suis souvent appelée à synthétiser de l’information complexe.

Si j’avais la chance de retourner en arrière, je crois qu’il y a une chose que j’aurais aimé apprendre : comment utiliser le GIS (Geographic Information System, soit le Système d'information géographique). Mon projet de recherche était loin de le nécessiter, mais avec le recul, j’aurais tout de même dû m’initier. 

Quels conseils donneriez-vous à des étudiants chercheurs pour les préparer à de multiples parcours?

Le premier conseil est de toujours garder l’esprit ouvert. Plusieurs imaginent que l’emploi de rêve les attend à la fin de la maîtrise, mais ce ne sera malheureusement pas le cas pour tous. Si la maîtrise demande d’être un travailleur acharné, il en est de même pour le monde du travail. Il faut foncer, frapper aux portes, et surtout ne pas se décourager. Il y a quatre ans, alors que j’étais de retour chez mes parents pour terminer mon mémoire, je n’aurais jamais pensé me retrouver au Michigan. Et quand j’ai pris le train un beau matin de septembre pour ce que je croyais être un stage de six mois, je n’aurais jamais pensé que j’y serais encore quatre ans plus tard. Je n’aurais jamais cru devenir « experte » du transport pétrolier et des lois encadrant le dragage et d’avoir à développer un réseau de spécialistes en carpe asiatique. Et pourtant, c’est ce qui est arrivé! Ce que je conseille avant tout, c’est de profiter du temps passé à l’université! Ça peut sembler drôle à dire, surtout qu’on est tellement occupé pendant les études. Et la vie professionnelle est certes stimulante et pleine de surprises, mais il n’y a rien comme la vie d’étudiante!

Auteur(e)

  • Vincent Larivière et Stefanie Haustein
    Université de Montréal

    Vincent Larivière est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante, professeur adjoint à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal, membre régulier du CIRST et directeur scientifique adjoint de l’Observatoire des sciences et des technologies. Ses recherches portent sur les caractéristiques des systèmes de recherche québécois, canadien et mondial, et sur la transformation, dans le monde numérique, des modes de production et de diffusion des connaissances scientifiques et technologiques. Il est titulaire d’un baccalauréat en science, technologie et société (UQAM), d’une maîtrise en histoire (UQAM) et d’un doctorat en sciences de l’information (Université McGill).

    Stefanie Haustein est chercheuse postdoctorale à la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante de l’Université de Montréal et analyste de recherche pour la firme Science-Metrix. Ses travaux actuels portent sur l’utilisation des médias sociaux dans la diffusion des connaissances scientifiques et, plus spécifiquement, sur la signification des indicateurs – communément appelés altmetrics – basés sur de telles plateformes. Elle est titulaire d’une maîtrise en histoire, philologie américaine et sciences de l’information, et d’un doctorat en sciences de l’information de l’Université Heinrich Heine de Düsseldorf en Allemagne.

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