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8 septembre 2017
Mélanie Julien
Conseil supérieur de l’éducation

Il ne faut pas hésiter à communiquer avec des personnes qui œuvrent dans des milieux que l’on convoite, ne serait-ce que pour consolider sa compréhension des fonctions qui y sont exercées.

M. JulienLes autres parcours...
- d’une consultante en développement territoriale
- d'un brasseur de bières
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- d'un scientifique de données
- d'un chercheur dans un OBNL

Racontez-nous votre parcours, de vos études supérieures à votre occupation actuelle?

Mon parcours de formation et mon parcours professionnel se chevauchent. Au terme d’un stage réalisé dans le cadre d’une formation collégiale en « recherche, enquête et sondage », j’ai décroché un emploi de technicienne en recherche à Emploi-Québec. Un horaire de travail allégé m’a permis de poursuivre des études universitaires en sociologie. J’ai donc concilié études-travail pendant environ trois ans. Au cours de cette période, je suis passée au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) où, une fois mon baccalauréat complété, j’ai obtenu un poste de professionnelle de recherche. Mais mon goût des études persistait… Bénéficiant d’un congé sans solde du CSE et d’une bourse du FQRSC, j’ai réalisé une maîtrise en sociologie et travaillé pour un centre de recherche universitaire. J’ai ensuite réintégré mon poste au CSE, et c’est environ un an plus tard qu’on me confiait la responsabilité des travaux portant sur l’enseignement et la recherche universitaires.

Parlez-nous de votre passage d’une formation en recherche à une profession en dehors du milieu universitaire?

Je n’ai pas vécu de véritable passage ou de rupture entre l'université et la fonction publique, puisque j’ai eu la chance d’être nourrie en concomitance par ces deux univers. Sensibilisée tôt au contexte de la recherche dans la fonction publique, j’ai pu aborder mes cours universitaires – même les plus théoriques – en ayant une idée bien ancrée de la valeur de leur contenu. Mon expérience de travail a ainsi enrichi mon expérience étudiante. En outre, l’appropriation de la recherche menée en contexte universitaire en même temps que de celle menée dans la fonction publique m’a permis d’en apprécier les similitudes, mais aussi les différences. Par exemple, bien que la recherche menée au CSE puisse contribuer à l’avancement des connaissances, elle est avant tout réalisée dans le but de nourrir la réflexion des membres des instances et de déboucher sur des orientations à proposer en vue, ultimement, d’améliorer le système d’éducation.

Quelles compétences acquises lors de votre formation sont mises à profit dans votre occupation actuelle et lesquelles vous ont manqué?

Toutes les compétences associées à la recherche universitaire sont mises à contribution dans le cadre de mes fonctions : réaliser une recension des écrits, analyser des données quantitatives et qualitatives, rendre compte des résultats avec clarté et concision, etc. L’esprit de synthèse et d’analyse ainsi que les habiletés communicationnelles, qui sont au cœur de ma formation en sociologie, me servent aussi au quotidien. Il en va de même du sens critique et éthique qui accompagne, par exemple, le choix et le traitement des informations avec lesquelles je dois composer. J’ai également recours à tout le bagage théorique de ma formation pour problématiser les objets de recherche, développer des cadres d’analyse et interpréter des données. D’ailleurs, il m’arrive encore de consulter certaines notes de cours!

Certes, les compétences se consolident et s’enrichissent au fil des expériences et des rencontres professionnelles. On est toujours en train d’apprendre! Je pense, entre autres, aux savoir-être de même qu’aux savoir-faire qui sont parfois liés à la culture institutionnelle. C’est par exemple le cas, en ce qui me concerne, des habiletés nécessaires pour animer une séance de travail de groupe, pour départager l’essentiel de l’accessoire – par souci de pertinence autant que pour respecter des échéanciers serrés –, pour composer avec des attentes multiples, parfois divergentes, et pour promouvoir des principes de rigueur et de justice sociale. Les connaissances spécifiques du champ d’exercice s’accumulent et s’approfondissent aussi forcément avec le temps, ce qui permet de faire des lectures de situation d’autant plus fines.

Quels conseils donneriez-vous à des étudiants chercheurs pour les préparer à de multiples parcours?

Pour avoir une idée de la recherche qui se fait en dehors du milieu universitaire, comme dans les organismes et les ministères, il peut être instructif de consulter leurs productions (rapports, avis, mémoires, brochures ou communiqués), en ce qu’elles témoignent du travail réalisé « par en dessous ». Il ne faut pas hésiter à communiquer avec des personnes qui œuvrent dans des milieux que l’on convoite, ne serait-ce que pour consolider sa compréhension des fonctions qui y sont exercées. Du reste, la valeur des connaissances et compétences acquises tout au long de l’expérience étudiante ne doit pas être sous-estimée. C’est du moins ce que je me surprends à constater depuis le début de ma carrière.

Auteur(e)

  • Rébecca Barbier
    Journaliste

    Rébecca Barbier est journaliste et vulgarisatrice. Elle détient une maîtrise en arts et sciences de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ainsi qu’une maîtrise en métiers du texte et de l’image de l’Université Paris 13 Nord. Ayant fait ses premières armes au sein des services de presse des Éditions Flammarion et du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, elle se perfectionne aujourd’hui, au Québec, en effectuant un stage à l’Acfas et continue ainsi d’évoluer dans un milieu qui la passionne : la culture scientifique.

    Tanya Graham est étudiante en géographie, au deuxième cycle à l’Université Concordia.

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