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Anne Bonnel, Université du Québec à Montréal

Imaginez-vous marchant dans une rue animée. Vous y croisez une multitude d’individus différents. Certains vous sourient chaleureusement, d'autres vous regardent avec méfiance. Ces premières impressions instantanées sont souvent basées sur des stéréotypes, soit des idées préconçues que nous avons tous, consciemment ou inconsciemment. Quels sont les mécanismes de la psychologie sociale et cognitive derrière la première impression et les stéréotypes? Comment nos préjugés s'insèrent-ils dans nos interactions interpersonnelles? Quelques pistes de réponse à ces questions sur ma page de vulgarisation scientifique, intitulée Le plus grand soin.

[Ce texte présente un projet vidéo de vulgarisation
réalisé lors de la 2e édition du Vulgarisathon de l'Acfas
.]

Dans un monde traversé par des crises politiques et des bouleversements écologiques, les questions des mouvements migratoires et des discriminations qui accompagnent les populations deviennent de plus en plus centrales dans l’espace public. En abordant des sujets tels que la perception sociale, la formation des stéréotypes, les biais cognitifs, l'influence sociale et la communication interpersonnelle, la psychologie sociale et cognitive nous offre des outils pour comprendre et combattre les préjugés qui pourraient survenir dans ces contextes de migrations. Vulgariser les travaux de ce domaine permet ainsi de sensibiliser différents publics aux enjeux cruciaux de l'égalité, de la diversité et de la justice sociale. C'est à mon avis une action essentielle pour créer une société plus juste et inclusive.

Vulgariser les travaux [du domaine de la psychologie sociale et cognitive] permet ainsi de sensibiliser différents publics aux enjeux cruciaux de l'égalité, de la diversité et de la justice sociale. C'est à mon avis une action essentielle pour créer une société plus juste et inclusive. 

Un élan pour déconstruire les stéréotypes

Mes travaux de recherche visent à étudier l'influence des stéréotypes et des biais sur les compétences linguistiques des apprenant‧e‧s migrant‧e‧s en situation d'évaluation. Les stéréotypes peuvent avoir un impact négatif sur la performance et la motivation de ces communautés en créant une « menace du stéréotype ». Il s'agit d'un phénomène psychologique où la conscience des stéréotypes négatifs associés à son groupe social influence négativement la performance et l'estime de soi, créant ainsi un cercle vicieux de sous-performance. Un exemple : des femmes pourraient moins bien performer sur des tâches mathématiques quand on leur dit que celles-ci seraient moins douées dans cette discipline scientifique car moins nombreuses. Cette menace peut également influencer la perception des personnes qui évaluent et notent les compétences linguistiques d’apprenant‧e‧s migrant‧e‧s.

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Logo de la page Le plus grand soin avec sa créatrice, Anne Bonnel.

L'objectif principal de ma recherche est de développer des outils pour limiter ou supprimer les effets délétères de ce phénomène dans l'évaluation des compétences linguistiques en langue seconde des apprenant‧e‧s migrant‧e‧s. Ce sujet est au carrefour de trois disciplines qui m’inspirent : la psychologie sociale, la psychologie cognitive et la linguistique. Ce projet interdisciplinaire est donc particulièrement enrichissant! En développant des solutions concrètes pour atténuer les effets négatifs des stéréotypes et des biais dans l'évaluation des compétences linguistiques, ma recherche pourrait avoir un impact positif direct sur ces communautés et contribuer à la création d'un environnement d'apprentissage bien plus inclusif et équitable.

C'est dans cette optique que j'ai décidé de créer une page de vulgarisation scientifique de concepts issus de la psychologie sociale et cognitive, intitulée Le plus grand soin. Mon objectif est d'amener différents publics à questionner leurs croyances et à remettre en question leurs préjugés, dans le but de développer une vision plus nuancée d’autrui. Je vous invite maintenant à découvrir deux vidéos de vulgarisation publiées sur cette page. Dans la première vidéo, disponible ci-contre, j’explique l'importance des premiers éléments d'information que nous recevons sur une personne, et comment ces derniers forgent notre lecture de cet individu.

La première impression

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Dans cette seconde vidéo, j'aborde la question des stéréotypes. Une fois la première impression faite, nous avons tendance à attribuer une catégorie sociale à cette personne, même si cela implique de modifier, de supprimer ou d'inventer des éléments.

Catégorisation sociale et stéréotypes

 

De l'importance de vulgariser

En vulgarisant la psychologie sociale et cognitive, je me frotte au défi stimulant de rendre des concepts complexes accessibles à un plus grand public, et ce, sans les simplifier à l'excès. Je développe ainsi ma créativité et mon sens de la communication pour trouver des images et des exemples pertinents qui éclairent les concepts sans les déformer. Je dois également constamment m'adapter à mon public, en tenant compte de ses connaissances préalables et de ses intérêts, pour créer un dialogue authentique et captivant. Le défi réside dans le fait de rendre la psychologie sociale et cognitive accessible, tout en maintenant un niveau d'exactitude et de rigueur scientifique. C'est un équilibre subtil entre simplicité et profondeur, mais c'est une épreuve passionnante qui me pousse à continuer de m'améliorer dans ma pratique de la vulgarisation.

Mon expérience au Vulgarisathon a été extrêmement enrichissante à bien des égards. J'ai eu l'occasion de rencontrer d'autres vulgarisateur·trice·s scientifiques passionné·e·s, et d'échanger avec ces personnes sur nos approches et nos expériences, et de profiter de l’expertise d’une vulgarisatrice de renom, mentore de la cohorte vidéo de cette année, Viviane Lalande de la chaîne Scilabus. Grâce aux ateliers du Vulgarisathon, j’ai appris à communiquer de manière efficace et concise, en condensant des informations complexes dans des vidéos courtes et attrayantes. Le meilleur conseil que je retiens? Il faut se lancer et publier son travail - même s’il est imparfait- plutôt que de retoucher 100 fois un même projet et ainsi risquer de se décourager.

 Le meilleur conseil que je retiens? Il faut se lancer et publier son travail - même s’il est imparfait- plutôt que de retoucher 100 fois un même projet et ainsi risquer de se décourager.

Si vous souhaitez suivre mon travail et en apprendre davantage sur les thématiques que j’aborde, je vous invite à me suivre sur Instagram sur le compte Le plus grand soin. J’y partage régulièrement des textes et des vidéos liées à la psychologie sociale et cognitive. Je serais ravie de vous compter parmi mes auditrices et auditeurs, et d’échanger avec vous sur des sujets passionnants tels que les phobies, le conditionnement pavlovien, ou encore les modèles explicatifs en psychologie sociale.


  • Anne Bonnel
    Université du Québec à Montréal

    Anne Bonnel est titulaire d'une licence de psychologie de l'Université Paris 8 complétée à l'UQÀM | Université du Québec à Montréal. Passionnée par la vulgarisation scientifique, Anne anime depuis 3 ans Le Plus Grand Soin, un compte Instagram dédié à la vulgarisation de concepts en psychologie. Dans le cadre de ses activités universitaires, elle a créé une formation sur la discrimination destinée au grand public, et a administré le compte Instagram de vulgarisation du Laboratoire Culture Identité & Langue de l'UQAM dirigé par Marina Doucerain. Elle a également travaillé avec Janie Houle et Hélène Gaudreau au sein de la Chaire de recherche sur la réduction des inégalités sociales de santé, où elle a développé des formations sur la méthodologie de recherche. Dans le cadre de ses activités professionnelles, elle a créé et organisé dans une école des ateliers linguistiques d'accompagnement pour des familles allophones. Actuellement, Anne poursuit sa maîtrise en psychologie sociale à l'Université de Paris-Nanterre, avec des enseignements complémentaires en linguistique. Elle souhaite aujourd’hui orienter ses recherches vers le rôle de la langue en tant que vecteur de discrimination et d’outil d'intégration sociale. Son objectif est de combiner sa passion pour la recherche scientifique avec son désir de sensibiliser la population aux enjeux de l'intégration sociale.

    Anne Bonnel a participé à la 2e édition du Vulgarisathon de l'Acfas afin de créer un projet de vulgarisation scientifique au format vidéo.

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Dans cette chronique, les chercheuses et les chercheurs sont invité-e-s à présenter leurs travaux sur un mode vulgarisé, accessible à un public adulte de toutes disciplines.

Toutes les chercheuses et tous les chercheurs peuvent proposer des articles pour cette chronique.

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