Aller au contenu principal
9 mai 2012
Myriam Francoeur
Stagiaire en journalisme scientifique

Les nanoparticules sont partout… Pourtant, on ignore encore leurs impacts sur la santé. Et on a peu étudié les conditions dans lesquelles les travailleurs les manipulent.

9 mai 2012, 80e Congrès de l'Acfas – Les nanotechnologies sont déjà partout, même là où on s’y attend le moins : pâte à dents, crème pour la peau, shampoing… Ces technologies travaillent la matière à l'échelle de l'atome et de ce fait, il en émerge des propriétés physiques et chimiques nouvelles. Cependant, on ignore l’impact que la majorité d’entre elles pourraient avoir sur la santé, surtout pour ceux qui les manipulent en grande quantité. Benoît Balmana, président-directeur général de NanoQuébec, appelle les sociétés qui fabriquent ou utilisent les nanotechnologies à porter attention aux risques auxquels leurs employés sont exposés.

Il a lancé cette invitation lors du symposium L’infiniment petit en action : Recherches sur les nanoparticules et les particules ultrafines dans un contexte de SST. L’évènement réunissait surtout des chercheurs de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), qui, depuis 2004, analyse l’impact des nanoparticules sur la santé des travailleurs. Monsieur Balmana souhaite sensibiliser ces chercheurs aux environnements réels dans lesquels les nanotechnologies sont présentes, tant du côté des entreprises qui fabriquent ces nanoparticules que de celles qui les incorporent ensuite dans une panoplie de produits.

Réaction accrue

Le docteur Karim Maghni, professeur à Faculté de médecine de l’Université de Montréal, précise que la composition chimique, la forme, la taille et la solubilité sont des éléments qui influencent l’interaction des nanoparticules. La réactivité chimique de la surface peut aussi favoriser l’interaction des particules microscopiques.

Par exemple, le titane, métal utilisé pour fabriquer des implants orthopédiques, est un matériau biocompatible, c’est- à-dire qu’il n’est ni toxique ni rejeté par le corps. Mais s’il est rencontré sous la forme de nanoparticules d’oxyde de titane, notamment présent dans la peinture ou les crèmes solaires, il devient toxique. Plus elles sont petites, plus les particules réagissent avec les cellules. Sous forme de fine poudre, l’oxyde de titane serait peut-être même cancérogène selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).  

Où sont les nanoparticules?

« Les nanotechnologies ne sont plus de la science-fiction », dit Benoît Belmana. Les gens les associent encore au futur, elles font pourtant partie du quotidien. Les particules de dimension inférieure à 100 nanomètres ont permis l’apparition de matériaux plus performants. La raquette de tennis dont le cadre incorpore des nanotubes de carbone voit sa résistance augmenter drastiquement. Le bois injecté de nanoparticules reflète les rayons UV, améliorant sa durée de vie.

Le Projet sur les nanotechnologies émergentes de l’Institut Woodrow-Wilson aux États-Unis catalogue depuis 2006 les produits du quotidien qui contiennent des nanoparticules. En cinq ans, il a noté une croissance de 521 % (de 212 à 1317) des produits répertoriés. On les retrouve essentiellement du côté des soins personnels, des vêtements, des cosmétiques et de l’équipement sportif.

Les nanoparticules sont aussi dans le domaine de la santé, où elles servent à diagnostiquer ou livrer des médicaments de façon ciblée. Les composantes électroniques incorporent également des nanotechnologies, entre autres dans les lasers et les capteurs de caméra.

Auteur(e)

  • Myriam Francoeur
    Stagiaire en journalisme scientifique

    Dès le secondaire, Myriam Francoeur a eu la piqûre pour les sciences, plus particulièrement la physique. Décidée à poursuivre une carrière dans ce domaine, elle a terminé un baccalauréat en physique à l’Université de Montréal, puis une maîtrise en astrophysique dans la même institution. À ce moment, elle découvre la communication scientifique : elle écrit dans le Journal canadien des étudiants en physique en plus de donner des conférences grand public sur l’astronomie. En 2011, elle fait une croix sur la physique et s’inscrit au certificat en journalisme à l’Université de Montréal dans le but de devenir journaliste scientifique.

Commentaires