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20 octobre 2021
Josianne Bienvenue-Pariseault
INRS — Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie

La recherche s’exprime sous plusieurs facettes : expérimentation, analyse, rédaction et lecture. Le réseautage est pour sa part souvent oublié. Il se fait sans être nommé. Et pourtant, en tant qu’étudiant-e aux cycles supérieurs, il enrichit considérablement notre parcours professionnel et personnel. Mais, de quelles façons?

Josianne
Quand on commence à solliciter notre réseau de contacts, ça prend des dimensions incroyables comme la partie submergée d’un iceberg. Bien qu’intimidant, le réseautage peut nous permettre d’avoir des opportunités en or qu’on n’aurait jamais imaginées. Cette partie cachée de notre curriculum vitae est importante. © Josianne Bienvenue-Pariseault (Canva)
Que fais-tu dans la vie?

Je me fais souvent poser cette question classique : « Que fais-tu dans la vie ? ». Je réponds que je fais un doctorat en biologie. Derrière cette réponse simple se trouve cependant un parcours complexe et sinueux. En apparence, mon cheminement donne l’impression que je savais dès le début où je m’alignais. Or, ce n’est pas vrai. Mon parcours « scolaire » n’est que la pointe de l’iceberg. De nombreuses expériences ne sont pas citées dans un curriculum, mais constituent pourtant une part importante du parcours professionnel. La partie cachée de mon curriculum vitae démontre  que ce sont plusieurs rencontres fortuites inspirantes qui m’ont permis d’établir un réseau de contacts solide, et amenées où je suis aujourd’hui. Voici mon histoire.

Le réseautage dès le secondaire

Durant mon secondaire, je savais que j’aimais les sciences, mais comme plusieurs jeunes de mon âge, je ne savais pas trop vers quelle profession me diriger. Lorsque le programme Apprentis Chercheurs de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) s’est présenté à moi, tout a changé. J’ai découvert ma vocation pour la recherche. À 16 ans. Qui l’eût cru? Pendant une semaine, j’ai été sélectionnée comme « apprentie » pour participer aux recherches de Marc Fraser, un étudiant au doctorat en biologie dans le laboratoire de la Pre Cathy Vaillancourt à l’INRS. On s’intéressait à l’impact du plomb sur la sécrétion de sérotonine par le placenta. J’ai gardé contact avec Marc après le séjour, et sans m’en douter, les personnes que j’ai rencontrées durant cette semaine allaient influencer le reste de mon parcours. Marc, par exemple, est devenu mon mentor pour la suite de ma carrière scientifique!

Le réseautage à l’université

Lors de mes études de premier cycle universitaire à l’Université de Montréal en biologie cellulaire et moléculaire, j’ai recontacté Marc pour lui demander s’il était possible de faire un stage dans le laboratoire de la Pre Cathy Vaillancourt. Il m’a mis en contact avec elle pour que je lui soumette ma candidature. Elle a accepté tout de suite! La petite semaine dans son laboratoire en tant qu’apprentie chercheuse avait été suffisante pour me motiver à retourner travailler avec elle. J’ai tellement aimé travailler avec cette équipe de recherche que durant les trois étés de mon baccalauréat, je suis retournée dans ce laboratoire. Je m’y suis même établie pour faire ma maîtrise et mon doctorat. J’étudie présentement l’effet protecteur de la mélatonine (la fameuse hormone du sommeil) sur le placenta humain.

Implication dans les réseaux de recherche

À travers mes années d’études aux cycles supérieurs, la Pre Vaillancourt m’a toujours encouragée à participer à des activités parascolaires. Pour elle, le développement de compétences connexes est aussi important que la recherche elle-même. Elle m’a encouragée à m’impliquer au sein de divers regroupements de recherches tels que le Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l’environnement (CINBIOSE), le Réseau intersectoriel de recherche en santé de l’Université du Québec (RISUQ) et le Réseau québécois en Reproduction (RQR). Au sein de ces regroupements, j’ai participé à l’organisation de colloques, de journées carrières et de 5 à 7 réseautages où j’ai rencontré des personnes de tous les domaines. Sans m’en rendre compte, à travers ces expériences, je développais tranquillement un réseau de contacts intersectoriels importants pour mon futur professionnel.

Participation à des congrès

Ma directrice de recherche m’a aussi beaucoup incité à participer à des congrès nationaux et internationaux; plusieurs à Montréal, mais aussi un au Vermont et un à Paris. J’ai ainsi eu la chance de présenter mes résultats de recherches et d’échanger avec des chercheuses et des chercheurs de partout dans le monde. réputé-es. Bien qu’intimidantes, ces expériences ont forgé mon esprit critique et ont permis de développer mes compétences d’oratrice. En plus de permettre la création de collaborations. Les contacts de la Pre Cathy Vaillancourt sont devenus les miens!

Stage de perfectionnement

À travers ces opportunités, j’ai rencontré la Pre Marie Cohen de l’Université de Genève dont les travaux de recherche étaient complémentaires aux notres. Nous avons débuté une collaboration, ce qui a mené à un stage dans son laboratoire. J’ai obtenu une bourse du Réseau Québécois en Reproduction (RQR)pour couvrir les frais de ce stage en Suisse. Ainsi, le réseau de contacts entretenu à travers le RQR et les différents congrès m’ont permis de passer six mois à Genève en Suisse. Ce stage a fortifié ma relation avec d’autres scientifiques. Mon projet de recherche est passé à un stade international! Et ce, en plus d’apprendre de nouvelles techniques spécifiques à mon projet en compagnie de spécialistes de renommée mondiale.

Implications en dehors de la recherche

Même si mon réseau de contacts prenait de l’ampleur, j’ai toujours gardé un lien avec le programme Apprentis Chercheurs. Je me suis investie au sein de l’équipe en tant qu’assistante à la coordination. J’ai rencontré ainsi des centaines de jeunes passionnés par la science qui me rappellent pourquoi je fais de la recherche.

Cette implication m’a amenée à faire la tournée de plusieurs écoles au Québec et au Nouveau-Brunswick pour animer des conférences afin de démocratiser la recherche auprès des jeunes. J’ai eu la piqure pour la vulgarisation! La responsable du programme, Amélie Côté, m’a toujours encouragée à développer cette passion. Grâce à ce deuxième réseau, j’ai réalisé des mandats auprès de différents organismes en éducation et en promotion des sciences, tels que le Collège Montmorency, le Musée Armand-Frappier et même au sein de l’équipe de tournage de la série Épidémie diffusée à TVA. C’est l’appui des personnes rencontrées lors de ces activités qui m’a permis d’accéder à d’autres mandats au sein de l’INRS. Le réseau issu du programme Apprentis Chercheurs s’est donc déployé vers des études aux cycles supérieurs, mais aussi vers la communication scientifique !

Comme la communication scientifique me passionnait, je me suis joint au journal de vulgarisation La Synthèse. J’y ai rencontré des professionnels en communication qui m’ont recommandé de suivre un cours en communication et journalisme scientifique à l’Université Laval. Ce microprogramme m’a permis de parfaire mes habiletés de rédaction en compagnie de journalistes québécois aguerris. Je compte faire carrière dans ce domaine après mon doctorat.

Le réseautage, ce n’est pas sorcier

On ne sait pas comment, d’une rencontre à l’autre, un réseau va « brancher » dans toutes sortes de directions. Cela se fait si on est en mouvement, au fil des discussions et des expériences. Les personnes rencontrées et avec qui des liens sont entretenus contribuent à tracer notre cheminement. Cela peut influencer notre parcours de façon considérable. Il ne faut pas négliger l’importance du réseau ! Il faut sortir un peu de notre recherche et de nos livres pour voir ce que le monde a à nous offrir. Toute personne dans notre entourage peut devenir un mentor ou une mentore. Il ne faut pas avoir peur de les solliciter. Sans toutes ces expériences, je n’aurais pas autant développé mes compétences en communication scientifique et vécu des moments inoubliables.

Faire du réseautage aux cycles supérieurs n’est pas si sorcier en fait. Il y a différentes façons de le faire : que ce soit en s’impliquant dans un projet étudiant de votre université, en échangeant avec des scientifiques durant les conférences, ou en étant actif dans des réseaux de recherche. Quand on commence à solliciter notre réseau de contacts, ça prend des dimensions incroyables… comme la partie submergée d’un iceberg. Bien qu’intimidant, le réseautage peut nous permettre d’avoir des opportunités en or qu’on n’aurait jamais imaginées. Cette partie cachée de notre curriculum vitæ est importante. Il n’est jamais trop tard pour débuter.

Qui sait, nous allons peut-être échanger et créer un lien lors du prochain congrès de l’Acfas…

Auteur(e)

  • Josianne Bienvenue-Pariseault
    INRS — Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie

    Josianne Bienvenue-Pariseault est une étudiante au doctorat en biologie à l’INRS — Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie dans le laboratoire de la Pre Cathy Vaillancourt. Elle détient un certificat en communication et journalisme scientifique de l’Université Laval et elle est récipiendaire du prix de la mobilisation des connaissances du Réseau québécois en Reproduction (RQR, 2019).

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