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11 mars 2020
Chloé Dussault-Benoit et Geneviève Arsenault-Labrecque
AYOS diagnostic
Dossier:

Avec notre outil, AYOS diagnostic, les producteurs de soya peuvent identifier les différentes souches de la maladie qui affectent leurs cultures, pour ensuite sélectionner des semences résistantes à la maladie. Ils en tirent donc une information permettant de diminuer les pertes de rendement tout en réduisant leur besoin d’utiliser des pesticides.

Geneviève et Chloé
Geneviève Arsenault-Labrecque et Chloé Dussault-Benoit. Crédtis : Dany Vachon Photographe
[Concours Génies en affaires de l'Acfas 2019 : Deuxième prix du jury]

Comment en êtes-vous venues à l’entrepreneuriat?

Chloé : Suite à l’obtention de ma technique de laboratoire en biotechnologie et passionnée par les sciences de l’agriculture depuis toujours, j’ai décidé de me spécialiser en effectuant un baccalauréat en agronomie à l’Université Laval. J’ai ensuite eu un coup de cœur pour la recherche et la phytopathologie, soit l’étude des maladies des plantes. J’ai donc continué à la maîtrise en biologie végétale dans le laboratoire du professeur Richard R. Bélanger, spécialiste dans ce domaine.

Geneviève : Je possède aussi un baccalauréat en agronomie de l’Université Laval et une maîtrise en biologie végétale, dans le domaine de la phytopathologie. Suite à ma maîtrise, j’ai été agronome durant quelques années pour une entreprise qui développe des biopesticides, mais ma passion pour la recherche et mon désir d’accomplissement personnel m’ont incité à retourner aux études pour compléter mon doctorat.

Ce projet de doctorat avait entre autres comme objectif le développement d’un outil moléculaire qui utilise des marqueurs génétiques afin d’identifier les différentes souches d’une des maladies qui cause le plus de dommages aux cultures de soya : la pourriture phytophthoréenne. Chloé s’est jointe au projet lorsqu’elle a commencé sa maîtrise et elle a contribué au développement de l’outil. Avec celui-ci, les producteurs de soya peuvent identifier les différentes souches de la maladie qui affectent leurs cultures, pour ensuite sélectionner des semences résistantes à la maladie. Ils en tirent donc une information permettant de diminuer les pertes de rendement tout en réduisant leur besoin d’utiliser des pesticides.

En juin 2018, une demande de brevet a été déposée afin de protéger la technologie. C’est à partir de là que l’idée de commercialisation nous est apparue comme une possibilité. La société de valorisation qui a évalué la brevetabilité de l’outil moléculaire, SOVAR, nous appuie grandement depuis le début de notre projet d’entreprise. Nos coachs ont d’ailleurs été nos mentors lors de notre participation au concours Génies en affaires en 2019, où nous devions présenter AYOS diagnostic dans un pitch de 3 minutes à un jury de potentiels investisseurs et au grand public. Nous avons gagné le 2e prix du jury, ce qui a permis de constater le potentiel et l’intérêt pour notre produit, nous encourageant à aller de l’avant pour concrétiser notre projet d’entreprise.
 

Quels sont les joies, les angoisses, les défis?

Geneviève :  Passer de chercheur à entrepreneur ne s’improvise pas, mais demande toutefois une bonne capacité d’adaptation. À travers tous les efforts quotidiens d’idéation et de planification, les imprévus sont souvent au rendez-vous et faire preuve d’ouverture d’esprit est de mise. Cela demande d’en apprendre constamment sur tout ce qui entoure l’entrepreneuriat : la comptabilité, les aspects légaux ou la fiscalité, et éventuellement le marketing, les ressources humaines ou la relation avec les clients, pour ne nommer que ceux-ci. Chloé étant professionnelle de recherche et moi étudiante au doctorat, il faut aussi apprendre à jongler avec toutes ces responsabilités.

Chloé : En devenant entrepreneur-chercheur à l’Université Laval, on a toutefois la chance d’être très bien encadré et soutenu. Puisque nous sommes incubées dans le laboratoire de notre directeur de recherche, une partie du financement universitaire qu’il reçoit nous permet d’optimiser l’outil développé d’ici à sa commercialisation. La Centrale, qui soutient ses étudiants-entrepreneurs, nous permet d’avoir accès gratuitement à une multitude de formations en entrepreneuriat tout en nous permettant d’agrandir notre réseau de contacts. Pour sa part, SOVAR nous accompagne étroitement dans toutes les étapes du démarrage. AYOS diagnostic a aussi la chance de faire partie de la cohorte 2020 de l'Académie de la relève entrepreneuriale CDPQ, qui a pour objectif de développer des compétences entrepreneuriales de haut niveau chez des étudiants investis dans le démarrage d’une entreprise à fort potentiel de croissance.

"Passer de chercheur à entrepreneur ne s’improvise pas, mais demande toutefois une bonne capacité d’adaptation. À travers tous les efforts quotidiens d’idéation et de planification, les imprévus sont souvent au rendez-vous et faire preuve d’ouverture d’esprit est de mise", Geneviève Arsenault-Labrecque

Quels conseils donneriez-vous à des chercheuses et chercheurs voulant emprunter cette voie?

Geneviève : Se faire connaître. Tester le potentiel de votre idée d’entreprise en le présentant au grand public ou à différents intervenants du domaine des affaires permet d’avoir une belle visibilité en plus de faire naître de nouvelles idées pouvant contribuer significativement au succès de l’entreprise. Le concours Génies en affaires organisé par l’Acfas est entre autres une occasion idéale de le faire. Réseauter est aussi la meilleure façon d’apprendre à bien connaître le nouvel écosystème dans lequel on évolue, et cela permet des rencontres avec des gens qui vivent la même chose que nous et qui risquent d’avoir de judicieux conseils en plus de devenir avec le temps de précieux alliés!

Chloé : Ne pas hésiter à aller chercher les ressources nécessaires à la concrétisation de votre projet auprès de votre université, entre autres, que ce soit pour évaluer la brevetabilité de votre produit ou service ou savoir où aller chercher du financement. Ne pas hésiter à s’entourer de gens ayant des compétences complémentaires aux vôtres, afin d’allier les savoirs scientifiques aux pratiques entrepreneuriales.

Quels conseils? "Ne pas hésiter à aller chercher les ressources nécessaires à la concrétisation de votre projet auprès de votre université, entre autres, que ce soit pour évaluer la brevetabilité de votre produit ou service ou savoir où aller chercher du financement. Ne pas hésiter à s’entourer de gens ayant des compétences complémentaires aux vôtres, afin d’allier les savoirs scientifiques aux pratiques entrepreneuriales", Chloé Dussault-Benoit

Auteur(e)

  • Chloé Dussault-Benoit et Geneviève Arsenault-Labrecque
    AYOS diagnostic

    Chloé Dussault-Benoit et Geneviève Arsenault-Labrecque sont cofondatrices du projet d’entreprise AYOS diagnostic, qui vise à réduire les pertes des rendements des producteurs de soya en leur offrant un service de diagnostic moléculaire novateur. Chloé est actuellement professionnelle de recherche et Geneviève est étudiante au doctorat, toutes les deux dans le laboratoire de phytopathologie du professeur Richard R. Bélanger, à l’Université Laval. Elles travaillent à l’optimisation de l’outil de diagnostic qu’elles veulent mettre en marché.

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