Aller au contenu principal
15 octobre 2015
Comment se préparer à œuvrer aussi hors de l’université? 7 réponses à la question du dossier

"Selon moi, la réponse est dans la question : pour se préparer à œuvrer en dehors de l'université, il faut œuvrer en dehors de l'université", Nicolas Beauchamp, ing. M.Sc.A., enseignant, auxiliaire d'enseignement et étudiant au doctorat.

Sept réponses à la question du dossier : Comment se préparer à œuvrer aussi hors de l’université?

Prendre les rênes de sa carrière

Comment se préparer à œuvrer aussi hors de l’université? C’est une question difficile puisqu’il ne m’a pas été donné d’acquérir de l’expérience reconnue comme étant professionnelle pendant ma formation; une situation pour laquelle sûrement plusieurs étudiants post-gradués s’identifient. Étant candidate au doctorat avec un parcours avancé, j’espère toutefois soulever quelques pistes de solutions selon mon cheminement et ma participation aux Journées de la relève en recherche de l’Acfas, tenues les 24 et 25 septembre 2015.

Faut-il se le répéter, rien ne nous est donné pour réussir après le doctorat. Posez-vous bien cette question, que ciblez-vous comme travail après votre formation? On me l’aura demandé à maintes reprises pendant mon parcours universitaire. J’aime la recherche, mais est-ce mon unique cheminement de carrière ciblé? Quels autres cheminements et/ou carrières me sont accessibles? Il est difficile d’avoir du recul et de constater la vue d’ensemble des possibilités de carrière que nous offre notre champ d’expertise; expertise acquise pendant de longues années de formation, et pour laquelle trop souvent nous ne pouvons identifier les mots-clés qui attireront les employeurs. Les Journées de la relève en recherche m’ont fait réaliser que je possède déjà plusieurs compétences que l’on privilégie sur le marché du travail; elles m’ont simplement permis de mettre les mots sur ces compétences, mais aussi, sur certains points à améliorer. Le message a été répété. Identifiez et considérez les possibilités de carrières qui vous interpellent dans et en dehors du milieu de la recherche universitaire, dès le doctorat, puisqu’une myriade de carrières sera accessible hors de l’université, voire hors - mais non moins en lien - la recherche. D’un côté, peu des ressortissants du doctorat se verront obtenir une carrière de professeur-chercheur, mais de l’autre, les différentes possibilités de carrières en dehors de la recherche universitaire manquent de valorisation.

Préparez-vous. Faire ses propres recherches alentour de ces questions pendant votre formation est donc déjà un pas en avant. Il n’y a pas de formule toute faite. Identifiez les possibilités de carrière auxquelles vous aurez plus tard accès dans et en dehors du milieu de la recherche universitaire, mais travaillez aussi sur les compétences qu’on attend de vous. Il est de votre ressort d’enrichir votre parcours de compétences diverses (les dites compétences transversales). Participez donc à des activités scientifiques en dehors de votre thèse. Faites du bénévolat. Prenez toutes les occasions qui passent de pouvoir rencontrer d’autres scientifiques ou professionnels issus de votre domaine. Soyez à l’écoute. Vulgarisez vos travaux. Travaillez votre réseau de contact. Prenez des iniatives.

Bref, prenez votre carrière en main!

Audrey Moffett, Biologiste M. Sc.
Candidate au doctorat en Sciences de l’eau de l’INRS-ETE/Écotoxicologie

 

Des PhD armés de compétences secondaires

La moitié d'entre vous ne travaillerez pas dans votre domaine...

Lors de mon entrée au doctorat, le doyen de la recherche nous a dit cette jolie petite chose : “La moitié d'entre vous ne travaillerez pas dans votre domaine”. J'étais en Irlande, je doute que cette statistique soit meilleure maintenant là-bas ou au Québec.Mon université a eu l'honnêteté de nous présenter le résultat réel d'un doctorat : des « PhD » armés de compétences secondaires. Gestion de personnel, gestion d'un laboratoire, résolution de problèmes, rédaction, révision de la littérature, vulgarisation, résilience face aux échecs... La liste est longue, positive et pleine d'espoir.

Les options sont larges pour ces docteurs diplômés. Certains seront chercheurs, certains sont devenus gérants d'équipes de soccer en Angleterre (avec un doc en histoire!). Vos compétences secondaires, en plus de votre expertise, mais parfois même sans celle-ci, vous permettront de trouver de l'emploi, de vivre vos valeurs et peut-être même d'aider à changer le monde, si cela vous fait envie.Pour moi, c'est la réalisation qu'un choix suivrait le doctorat qui m'a le mieux préparé. Elle m'a poussée à chercher les outils qui ont permis un passage vers un emploi qui me convient mieux que celui de chercheur universitaire.Sans cette petite phrase du doyen, je n'aurais pu saisir l'opportunité qui me permet de me réaliser aujourd'hui.Mais il a fallu du travail. Je me suis beaucoup impliqué dans différents milieux, j'ai consulté des orienteurs, j'ai pensé la suite. Le tout, tant pour me trouver que pour développer ces « compétences secondaires » si importantes.

Louis-Charles Rainville
Chargé de projet chez Merinov, Gaspé
PhD en biochimie (University College Cork)

 

Prendre à bras-le-corps la vie doctorale!

Je crois que le secret de la préparation réside dans le fait de vivre pleinement les opportunités qui se présentent pendant le parcours doctoral et dans le fait d’oser s’engager sur des sentiers diversifiés et différents du chemin que trace la thèse! Je crois, en effet, que les compétences transversales peuvent être développées au sein de différents projets réalisés en cours de doctorat. Les possibilités sont multiples… Peut-on participer à une équipe de recherche qui travaille dans un milieu clinique situé hors des murs de l’université? Peut-on enseigner aux étudiants universitaires, mais aussi présenter des ateliers aux jeunes du secondaire ou du Cégep? Y a-t-il une association ou un groupe scientifique qui recherche un représentant étudiant pour mettre sur pied de nouvelles initiatives? Les mentors que l’on croise ont-ils besoin d’aide pour mettre sur pied des projets qui transcendent l’« académie »? Bref, il faut chercher un peu, et on réalise rapidement que le milieu regorge d’opportunités! Par ailleurs, je crois que les mentors et les directeurs de recherche doivent être ouverts à l’idée que leurs doctorants s’impliquent dans plus que leur doctorat, et ils doivent les encourager à saisir les projets qui s’offrent à eux, en ouvrant la porte à ce genre d’opportunités.

En lien avec ce qui a été discuté dans l’éditorial de ce mois-ci, j’ai adoré l’idée du projet TraCe qui vise à suivre les traces des doctorants plusieurs années après la complétion de leur diplôme. Si on sait désormais où ils travaillent, il devient tellement plus facile de comprendre que le doctorat mène à bien des choses en dehors du monde académique. Cela devient une opportunité en or de mieux orienter les doctorants qui commencent ou terminent leurs études!

Je suis aussi très enthousiaste à l’idée que les liens entre les diplômés et les universités soient davantage encouragés et développés. On parle sans cesse de faire le pont entre la recherche et le monde pratique ou clinique… Le fait de maintenir des liens entre les doctorants et leur université permettrait ainsi de mettre sur pied des initiatives uniques entre des milieux de la communauté, qu’ils soient publics ou privés, et les milieux de recherche des universités. Il reste donc beaucoup de travail à faire, mais les idées fleurissent et n’attendent qu’à être cueillies!

Anne Hudon
Étudiante au doctorat en Sciences de la réadaptation
Université de Montréal

 

Être proactif et développer ses compétences transférables

Ayant fait un doctorat en physiologie, j'ai trouvé qu'il y avait peu de contacts entre l'univers académique et l'univers privé, à l'exception de la recherche et développement. Pour trouver une carrière différente, hors de l'université, je pense qu'il faut être proactif et provoquer des rencontres avec des professionnels de tous horizons. C'est un très bon moyen d'en apprendre plus sur la réalité hors université et d'entendre parler de professions qui ne nous sont pas familières. Les rencontres d'anciens diplômés ou les groupes de reseautage spécifiques au domaine d'intérêt sont un bon point de départ. En plus d'offrir un point de vue différent sur les carrières possibles, elles permettent également d'établir un réseau, très utile dans la phase de recherche d'emploi après l'obtention du doctorat.En fonction du type de parcours envisagé, il est important de déterminer quelles compétences acquises lors de la formation universitaire pourront être utilsées et au besoin de les développer afin de convaincre un futur employeur que l'expérience acquise au cours de la formation universitaire permet de répondre à ses besoins spécifiques.
Manuelle Rongy, PhD
Agente de Liaison en sciences médicales

 

C'est en forgeant...

Comment se préparer à oeuvrer aussi hors de l'université? Selon moi, la réponse est dans la question : pour se préparer à oeuvrer en dehors de l'université, il faut oeuvrer en dehors de l'université. Comme le dit le proverbe : "c'est en forgeant qu'on devient forgeron."

Dans mon cas, cela a fait partie de mon parcours. Sept années de pratique professionnel séparent la fin de ma maîtrise (2008) et mon entrée récente au doctorat (2015). Ces années de pratique m'ont permis de connaître mon domaine, d'y réaliser des projets stimulants et de comprendre les différences entre la pratique académique et la pratique professionnelle de ma profession, l'ingénierie. Elles m'ont aussi permis d'identifier la place que je souhaite occuper au sein de ma discipline et les savoirs scientifiques que je souhaite développer par mes recherches. C'est donc avec le bagage de ces sept années que j'ai choisi d'entreprendre des études de 3e cycle. Et c'est grâce à ce bagage que je suis prêt à tout ce qui m'attend pendant... et après le doctorat!

Nicolas Beauchamp, ing. M.Sc.A.
Enseignant, auxiliaire d'enseignement, et étudiant au doctorat

 

Comment se préparer...

...tout simplement, en faisant du bénévolat et en s'impliquant pour des causes sociales, communautaires ou environnementales afin de mieux comprendre les enjeux sous-jacents de la réalité humaine. Cette expérience vivante et non académique permettra de mieux orienter nos objectifs et compétences en fonction du milieu professionnel dans lequel nous sommes appelés.

Dolorès Contré Migwans
Chargée de cours
Université de Montréal

 

Que faire après le doctorat?

Pour être en prolongation de mon doctorat que je réalise en sciences de l'environnement à l'Institut des Sciences de l'Environnement au sein de l'UQÀM, je réfléchis souvent aux tenants et aboutissants de ma démarche qui m'a mené là où j'en suis actuellement. Pourtant si je sais qu'un doctorat risque de me fermer beaucoup de portes auprès d'entreprises qui me jugeront trop formé par rapport au travail qu'elles peuvent proposer, je ne regrette nullement tout mon parcours car j'ai grandi intellectuellement et spirituellement.

Aujourd'hui la seule issue que je vois après mon doctorat est la création de ma propre activité. Or j'ai la chance d'oeuvrer dans un domaine où les potentialités sont énormes et beaucoup de portes restent à être ouvertes.. J'ai un grand projet que je souhaiterais réaliser mais la casquette d'entrepreneur est une autre porte que je dois découvrir.

Olivier Collin-Haubensak

Auteur(e)

  • Comment se préparer à œuvrer aussi hors de l’université? 7 réponses à la question du dossier

Commentaires