Aller au contenu principal
11 octobre 2019
Marie-Hélène Croisetière
Amis du Jardin botanique de Montréal
Rubrique:

En septembre, le magazine de vulgarisation en botanique Quatre-Temps lançait son infolettre. À l’affût pour offrir à ses lecteurs et au grand public des articles inédits branchés sur l’actualité. Avec ce rendez-vous mensuel, l’équipe souhaite aussi fédérer, dans un rapport plus direct et régulier, chercheurs et amants de la botanique autour d’enjeux de société. Dans cette infolettre publiée chaque deuxième vendredi du mois depuis septembre, des spécialistes partagent leurs connaissances et leurs réflexions sur le monde qui nous entoure, en rappelant l’importance des plantes.

info
L'infolettre de Quatre-temps.

La chronique Sur le terrain, par exemple, donne la parole à un botaniste qui trace le portrait d’un milieu naturel ayant retenu l’attention des grands médias récemment. Ces derniers mois, on visitait ainsi le boisé de Saint-Lambert et le Bois-de-Saraguay avec les botanistes Alain Cogliastro et Stéphanie Pellerin. Avec la chronique Le gros mot, l’objectif est de remettre les pendules à l’heure sur un terme scientifique parfois galvaudé, comme le mot « gluten », traité en septembre par l’aide-botaniste Renée Gaudette, et « aya-huasca », que la même collaboratrice mettait à l’honneur en octobre.

L’Éditorial, quant à lui, est l’occasion pour un membre de l’équipe de prendre position sur un enjeu d’actualité. En septembre, par exemple, dans le texte que j’ai signé, j’ai fait ressortir cette chose étonnante : notre cerveau serait configuré de manière à nous rendre aveugles aux plantes, provoquant ainsi un biais cognitif qui contribuerait, individuellement et collectivement, à nous faire ignorer l’importance primordiale des végétaux dans nos vies et dans l’équilibre écologique. En octobre, cette rubrique remettait en question l’efficacité de la Loi sur les espèces en péril au Canada, rappelant que les populations d’espèces inscrites sur la liste canadienne ont connu une baisse d’effectifs de 28% en moyenne depuis 2007 et que les poursuites s’accumulent contre le gouvernement canadien à ce sujet.

À ces chroniques s’ajoutent des contenus surprenants présentés en image, en vidéo ou via d’autres liens, et des recensions de livres, comme autant d’occasions d’explorer le monde végétal sous une multitude d’aspects.
    
Cette nouvelle déclinaison du Quatre-Temps permettra d’établir un rapport de plus grande proximité avec les lecteurs, tout en leur faisant saisir l’importance méconnue des végétaux dans plusieurs sujets d’actualité. L’équipe avait aussi l’idée qu’un média doit se décliner sur plusieurs plateformes pour demeurer vivant et pertinent en cette ère du numérique. Selon elle, chaque mode de diffusion permet d’aborder l’information sous un angle nouveau.

Les nombreux collaborateurs bénévoles de Quatre-Temps ont tout de suite vu l’intérêt de participer à une telle initiative. Ces chercheurs, horticulteurs, professionnels de recherche, jardiniers, retraités et botanistes amateurs, tous reliés d’une manière ou d’une autre au Jardin botanique de Montréal, voyaient déjà dans Quatre-Temps l’opportunité de partager leur passion avec le grand public. L’infolettre leur permet dorénavant de se positionner aussi sur des sujets d’actualité et de faire voir au public que certains enjeux de société peuvent bénéficier de l’éclairage de la botanique.

La presque totalité de l’infolettre est ainsi rédigée par ces contributeurs bénévoles. Il faut dire que l’implication bénévole est inscrite dans l’identité de Quatre-Temps depuis la création de son ancêtre il y a 45 ans, le Bulletin de la Société d’Animation du Jardin et de l’Institut Botanique. Tout le travail de conception, rédaction et mise en forme reposait alors sur du bénévolat.

Les temps ont bien changé depuis que le magazine a pris le nom Quatre-Temps en 1987, mais la publication est restée un point de rencontre, d’apprentissage, de partage et d’éducation pour les amants des plantes au Québec. D’ailleurs, chaque édition est planifiée en collaboration avec un comité de rédaction composé de huit spécialistes du Jardin botanique. Ceux-ci proposent des sujets et des angles de traitement, en plus de commenter et réviser les textes des dossiers. Ils agissent aussi à titre de conseillers scientifiques pour la rédactrice en chef et la graphiste.

QT
Numéro de juin 2019

L’infolettre mensuelle À l’affût, le magazine bisannuel Quatre-Temps et son supplément jeunesse Flore alors! sont édités par les Amis du Jardin botanique de Montréal, un organisme à but non lucratif. La mission des Amis du Jardin est de diffuser des connaissances en botanique et en horticulture à ses membres et à la population en général, de faire connaître et valoriser la flore indigène pour contribuer à l’amélioration du milieu naturel. Avec l’infolettre À l’affût, l’équipe s’accorde maintenant un nouvel outil pour réaliser sa mission.

 

Auteur(e)

  • Vincent Larivière et Stefanie Haustein
    Université de Montréal

    Vincent Larivière est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante, professeur adjoint à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal, membre régulier du CIRST et directeur scientifique adjoint de l’Observatoire des sciences et des technologies. Ses recherches portent sur les caractéristiques des systèmes de recherche québécois, canadien et mondial, et sur la transformation, dans le monde numérique, des modes de production et de diffusion des connaissances scientifiques et technologiques. Il est titulaire d’un baccalauréat en science, technologie et société (UQAM), d’une maîtrise en histoire (UQAM) et d’un doctorat en sciences de l’information (Université McGill).

    Stefanie Haustein est chercheuse postdoctorale à la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante de l’Université de Montréal et analyste de recherche pour la firme Science-Metrix. Ses travaux actuels portent sur l’utilisation des médias sociaux dans la diffusion des connaissances scientifiques et, plus spécifiquement, sur la signification des indicateurs – communément appelés altmetrics – basés sur de telles plateformes. Elle est titulaire d’une maîtrise en histoire, philologie américaine et sciences de l’information, et d’un doctorat en sciences de l’information de l’Université Heinrich Heine de Düsseldorf en Allemagne.

Commentaires