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Prix du Québec 2018

Les Prix du Québec 2018 dans les domaines de la culture et de la science ont été dévoilés. C’est avec plaisir que nous présentons ici les lauréates et les lauréats des six prix scientifiques, ainsi que le lauréat du prix de la Relève scientifique.

Anne Bruneau
Prix Armand-Frappier – Développement d'une institution de recherche ou administration et promotion de la recherche

Il est rare d’avoir une plante nommée en son honneur, alors imaginez en avoir deux! C’est un fait dont pourrait se vanter Anne Bruneau. Le travail de la professeure titulaire au Département des sciences biologiques de l’Université de Montréal a inspiré deux de ses collègues à donner le nom d’Annea afzelii et d’Annea laxiflora à deux légumineuses arbustives. Un hommage pleinement mérité lorsque l’on constate l’impressionnante contribution de la biologiste à son domaine de recherche. Première femme à occuper le poste de directrice de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV), elle est notamment reconnue pour avoir travaillé à une nouvelle classification des légumineuses. Animée par sa passion et sa soif de découverte, Anne Bruneau travaille à enrichir les connaissances sur la biodiversité, tout en suivant les traces du frère Marie-Victorin, qui a fondé l’Institut botanique, l’ancêtre de l’IRBV. [Lire la suite] - La lauréate est aussi récipiendaire du prix Acfas Michel-Jurdant 2016.

Jean Caron
Prix Lionel-Boulet – Recherche et développement en milieu industriel

La vocation scientifique de Jean Caron s’est dessinée dès l’enfance. Inspiré par son entourage, il a hérité du sens de l’observation de son père arpenteur-géomètre, de l’esprit inventif de sa mère artiste et des capacités entrepreneuriales de son grand-père paternel, des qualités essentielles au travail de chercheur. « On se construit à partir de différents modèles », fait remarquer le professeur titulaire en physique et hydrodynamique des sols à l’Université Laval. Et au fil des ans, il a mené une carrière impressionnante. Depuis son arrivée en poste à l’Université Laval, en 1992, Jean Caron a dirigé des projets de recherche d’envergure. En étudiant l’aération des sols, il a remarqué à quel point les plantes réagissaient au stress hydrique. Par la suite, ses recherches se sont concentrées sur la régie de l’irrigation en pépinière, puis en champ. Ainsi, les travaux de son équipe ont permis d’obtenir des rendements jusqu’à 40 % supérieurs lors de la récolte de la laitue romaine en sol organique, en période de canicule. [Lire la suite] - Le lauréat est aussi récipiendaire du prix Acfas Joseph-Armand-Bombardier 2007.

Francine de Montigny
Prix Marie-Andrée-Bertrand – Innovation sociale

Enfant, Francine de Montigny hésitait entre une carrière d’infirmière et une d’enseignante. À l’âge de dix ans, son choix est fixé : elle deviendra infirmière. À cette époque, elle était loin de se douter qu’elle deviendrait un jour pionnière du développement psychosocial des familles, en plus de participer à l’amélioration des pratiques professionnelles en santé dans le domaine de la périnatalité. C’est grâce à une approche avant-gardiste, à une vision humaine basée sur le partage des connaissances et à une pratique collaborative que Francine de Montigny a réussi à mettre de l’avant toute l’importance du rôle du père au sein de la famille et dans le mieux-être des couples accueillant un enfant ou vivant un deuil périnatal. Diplômée en technique de soins infirmiers au printemps 1978, Francine de Montigny s’envole pour la Suisse et les Pays-Bas, où elle vivra sa première expérience de soutien en deuil périnatal. [Lire la suite]

Yves Gingras
Prix Léon-Gérin – Sciences humaines et sociales

D’aussi loin qu’il se souvienne, Yves Gingras a toujours été fasciné par la science. Des livres de science-fiction qu’il lisait tout jeune, il est passé aux ouvrages de vulgarisation scientifique. On pouvait même observer l’adolescent construire des fusées avec ses compagnons de classe. Déjà, celui que l’on reconnaît comme le pionnier de la bibliométrie et de l’histoire et de la sociologie des sciences au Québec savait qu’il étudierait la physique. Sa carrière scientifique s’est dessinée sans planification réelle. Au cours de sa maîtrise en physique à l’Université Laval, Yves Gingras se découvre une passion pour les fondements des sciences. Au-delà de la résolution de problèmes précis, il désirait comprendre l’histoire et la philosophie des sciences. Une importante décision change alors son parcours universitaire : s’inscrire au doctorat de l’Université de Montréal, à l’Institut d’histoire et de sociopolitique des sciences. [Lire la suite] - Le lauréat est aussi récipiendaire du prix Acfas Jacques-Rousseau 2007.

Gilbert Laporte
Prix Marie-Victorin – Sciences naturelles et génie

Si Montréal est reconnue aujourd’hui comme un centre d’excellence en distributique, c’est en majeure partie grâce aux travaux de Gilbert Laporte, figure de proue dans le domaine. M. Laporte a joué un rôle prépondérant dans le développement de cette discipline, maintenant prédominante et indispensable dans le quotidien des industries et des sociétés. Par des algorithmes et des opérations en mathématique appliquée, il est en mesure de résoudre des problèmes de transport, de gestion du territoire et d’horaires, améliorant ainsi considérablement la qualité de vie des gens, sans que ceux-ci s’en aperçoivent…Ce sont d’abord les mathématiques qui ont piqué la curiosité de Gilbert Laporte, dès son cours classique. S’intéressant à la matière appliquée, un baccalauréat en mathématiques en poche, le jeune étudiant poursuit sa carrière universitaire en recherche opérationnelle au Royaume-Uni, là où est née la discipline durant la Seconde Guerre mondiale. [Lire la suite] - Le lauréat est aussi récipiendaire du prix Acfas Urgel-Archambault 2016.

Nahum Sonenberg
Prix Wilder-Penfield – Recherche biomédicale

La persévérance est sans doute l’une des principales qualités qu’un chercheur doit posséder. Cette affirmation prend tout son sens quand on regarde le parcours de Nahum Sonenberg. Éminent biologiste moléculaire, il récolte aujourd’hui les fruits d’une découverte qu’il a faite il y a près de quarante ans. Durant ses études postdoctorales, au Roche Institute of Molecular Biology, au New Jersey, Nahum Sonenberg identifie la protéine eIF4E. À cette époque, il ne soupçonnait pas le puissant rôle qu’elle pouvait jouer dans les mécanismes de différentes maladies. « Par accident, c’est devenu la découverte la plus importante de ma carrière! » s’exclame-t-il.Titulaire de la Chaire Gilman Cheney en biochimie, au Département de biochimie et au Centre de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman de l’Université McGill, le professeur Sonenberg étudie les bases moléculaires du contrôle de la synthèse des protéines dans les cellules eucaryotes, c’est-à-dire celles qui possèdent un noyau.  [Lire la suite].

Jérôme  Dupras
Prix Relève scientifique

Jumeler les arts et la science, voilà le succès et la fierté de Jérôme Dupras. Le professeur agrégé au Département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais et chercheur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée est aussi connu depuis vingt ans comme le bassiste du groupe Les Cowboys Fringants. C’est à l’Université de Montréal, dans le cadre d’un baccalauréat en biochimie, que Jérôme Dupras amorce son parcours universitaire. Parallèlement, il brûle les planches en compagnie de ses amis musiciens. En 2002, l’étudiant voit sa carrière artistique prendre son envol et suspend ses études. Au travers des spectacles et des chansons, le groupe met de l’avant son intérêt pour les causes environnementales. Il crée en 2006 la Fondation Cowboys Fringants et sa devise la musique au service de l’environnement. M. Dupras en assure la présidence. [Lire la suite]