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29 octobre 2011
Monique C. Cormier
UdeM - Université de Montréal
Rubrique:

Chargé d’assurer la qualité et la crédibilité scientifique du congrès par une programmation riche et représentative de tous les secteurs de la recherche, le comité scientifique est composé de 36 membres provenant de toutes les universités québécoises – sans exception –, de 5 autres universités canadiennes et du milieu collégial québécois.

Dans une période difficile comme celle que nous traversons, dans laquelle, selon le président de l’Acfas, Pierre Noreau, « on trouve de nombreux exemples de situations où les chercheurs, les scientifiques, les intellectuels, les penseurs se voient contraints dans leur liberté d’expression et font face au contrôle de leur droit de faire circuler les résultats de leurs travaux, leurs hypothèses ou leur compréhension du monde »1, l’Acfas est un chêne. On reconnaît la vitalité d’un arbre à la profondeur de ses racines et à son aptitude à s’adapter à son environnement. L’Acfas répond à ces deux conditions. 

Bien s’arrimer à l’esprit des origines…

Réunis au Cercle universitaire de la rue Saint-Hubert, le 15 juin 1923, les membres des conseils de onze sociétés savantes – Marie-Victorin est présent – conviennent que leur fédération portera désormais le nom d’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences2. L’Acfas était née. Dix ans plus tard, le 30 octobre 1933, Marie-Victorin annonce dans Le Devoir l’ouverture pour le jeudi 2 novembre du premier congrès de l’Acfas : « Pour ceux qui ne s’en douteraient pas, disons tout de suite que c’est une date dans l’histoire culturelle de notre pays, parce que c’est la première tentative de réunir, de grouper en un faisceau, non pas seulement – comme nous en avons l’habitude invétérée – de beaux projets et des espérances sur le papier, mais des réalisations, les réalisations opérées dans le domaine scientifique à la suite d’un mouvement concerté qui date d’une dizaine d’années. »3

Le 80e Congrès de l’Acfas, qui aura lieu dans six mois, s’appuiera, pour reprendre l’expression de Marie-Victorin, sur des réalisations à la suite d’un mouvement qui aura 90 ans, en 2013, et qui a permis de créer un regroupement fructueux des scientifiques de langue française. Nous en sommes les héritiers.

… pour mieux s’adapter aux exigences de l’avenir

Pour bien marquer l’importance de l’anniversaire que représente le 80e Congrès de l’Acfas, en mai 2012, celui-ci est chargé d’emblée d’un pari exploratoire : se tenir sous la houlette – principale, mais non exclusive – de l’ensemble du milieu de la recherche québécois, en étroite collaboration avec l’Acfas. 

Le comité scientifique que j’ai l’honneur de présider s’est adapté lui aussi à l’exigence de ce regroupement sans précédent. Je vous le présente brièvement. Chargé d’assurer la qualité et la crédibilité scientifique du congrès par une programmation riche et représentative de tous les secteurs de la recherche, il est composé de 36 membres provenant de toutes les universités québécoises – sans exception –, de 5 autres universités canadiennes et du milieu collégial québécois. C’est ce comité qui évaluera les propositions de colloques scientifiques et qui nommera les responsables de disciplines (145) et de domaines (40) en vue de l’évaluation des propositions de communications libres et de l’établissement du programme définitif du congrès.

Si, pour sauver la recherche des dangers qui la menace, il faut que les chercheurs de toutes générations fassent entendre leur voix par une démonstration imposante, ce congrès leur donne une belle occasion de faire d’une pierre deux coups : montrer qu’ils existent nombreux et démontrer l’importance de leurs travaux tout en les partageant. 

Tel un chêne, on reconnaît la pertinence d’une institution à la force de ses racines et à son aptitude à saisir à bras le corps les besoins de ses contemporains. C’est l’ambition que nourrit l’Acfas pour le congrès de 2012, avec l’appui de tous les participants, à quelque titre que ce soit. Il en va de la confiance de notre nation nord-américaine dans sa capacité de participer au savoir mondial en langue française.

1. Pierre Noreau (2011) : « Démocratie et débat scientifique », Découvrir, septembre 2011.

2. Yves Gingras (1994) : Pour l’avancement des sciences. Histoire de l’Acfas, 1923-1993, Montréal, Boréal, pp. 19-20.

3. Ibid, pp. 89-90.

Auteur(e)

  • Alain Deneault
    Chercheur indépendant

    Alain Deneault est docteur en philosophie de l’Université de Paris-VIII. Sa thèse soutenue en 2004 porte sur la redéfinition du concept d’économie au vu du corpus allemand du tournant des XIXe et XXe siècle, notamment l’œuvre de Georg Simmel. En plus d’articles dans des revues scientifiques, il a écrit Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique (Écosociété 2008) ; Offshore, Paradis fiscaux et souveraineté criminelle (Écosociété / La Fabrique 2010) ; Faire l’économie de la haine (Écosociété 2011) ; Paradis sous terre, Comment le Canada est devenu la plaque tournante de l’industrie minière mondiale (Écosociété / Rue de l’Échiquier 2012) ainsi que "Gouvernance", Le management totalitaire (Lux 2013).

     

    Note de la rédaction : Les textes publiés et les opinions exprimées dans Découvrir n’engagent que les auteurs, et ne représentent pas nécessairement les positions de l’Acfas.

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