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17 mars 2021
Marc Lamontagne et Johanne Lebel
Cégep Édouard-Montpetit, Acfas
Dossier:

L’idée d’un dossier sur la dimension introspective du travail de recherche a commencé à faire son chemin au comité éditorial du magazine. Un chemin qu’on voulait voir méandrer tout particulièrement du côté des humanités, des arts et des lettres. Puis cette idée a croisé la réflexion amorcée au Forum international Sciences Sociétés de l’Acfas, où l’un des ateliers 2020 portait sur la « vie intérieure »; philosophie, psychologie ou littérature avaient alors répondu à l’appel d’exploration de ce vertigineux territoire. Et parmi les intervenants, Marc Lamontagne, corédacteur invité.

Et nous y voici, à vous présenter ce dossier sur la vie intérieure, avec un biais avoué pour celle des chercheuses et des chercheurs.

Édito

 

Du cadrage photographique pour sublimer nos récits intérieurs

Territoires photographiques

Photographe d’expérience, Alain Lefort revisite son parcours – tout en le poursuivant – dans le cadre de son mémoire de maîtrise en arts visuels et médiatiques. De l’idée à l’exposition, en passant par la prise de photo et la manipulation en laboratoire, il effectue un sorte de voyage allant de l’intérieur vers l’extérieur. Cette linéarité se perçoit à distance du projet, mais si on zoome vers les micromoments que constitue cette recherche, on observerait plutôt, comme dans toute recherche, des boucles de rétroaction continuelles entre la réflexion (vie intérieure) et la réalisation (vie extérieure).

On retrouvera sa production tout au long du dossier, parsemée dans tous les articles, et rassemblée dans le sien.

De l'émotion et de la raison

Entre émotion et raison

Le thème du dossier était une belle occasion d'aborder la relation entre émotion et raison, cet impensé au cœur même du travail de recherche. La rencontre avec Isabelle Blanchette, chercheuse en psychologie du raisonnement, fait clairement ressortir les frontières, mais aussi la porosité entre les deux dimensions. Elle mentionne, entre autres, que « les processus affectifs font appel, la plupart du temps, aux processus cognitifs. Ils impliquent presque nécessairement une évaluation (cognitive) de la situation pour estimer si celle-ci nous est favorable, défavorable, menaçante, etc. »

De la littérature et de la fiction

Ce que peut dire la fiction

Nous avons posé à Alexis Lussier, professeur en études littéraires, quatre questions comme autant de pistes pour explorer le sujet de la fiction. Quant à l'intériorité de ceux et celles qui pratiquent la recherche, il mentionne que de « parler de la vie intérieure du chercheur, ou du théoricien, c’est très vite parler d’un désir de penser, mais aussi d’un désir de clarté. Faire en sorte que les choses deviennent plus claires, et que l’obscurité du monde soit moins menaçante. »

Du tissage narratif dont nous sommes faits

Narration intérieure, ça parle en nous... - entretien audio

Philosophe, Jean-Marie Schaeffer s'intéresse aux arts du langage et aux différentes manières de conter. Qu'il soit question des récits formels, discours ou romans, ou des formes narratives moins structurées de notre vie quotidienne. Dans se dernier ouvrage Les troubles du récit : pour une nouvelle approche des processus narratifs, il part à la recherche des fondements biologiques et anthropologiques des récits. Nous sommes tissés narrativement, dit-il.

Du laisser-aller pour faire advenir

Le flegme

Harald Seubert est professeur de philosophie et de science des religions. Le thème de son esquisse est ce qu’on nomme en allemand : « die Gelassenheit ». Il est ici traduit par le terme « flegme » plutôt que par « laisser-aller », parce que « die Gelassenheit » – comme « le flegme » – englobe et dépasse le seul fait de lâcher prise. Le flegme ne représente pas seulement le geste, mais aussi son accomplissement, son effort et l’état qu’il permet d’atteindre. Le philosophe sollicite ici plusieurs auteurs pour réfléchir avec lui, de Nietzsche à Proust.

De la musique

Musique et dopamine

« Les résultats les plus probants quant aux bienfaits de la musique concernent les relations entre musique et plaisir. On y démontre que l’écoute d’une musique aimée active les régions du cerveau associées au plaisir ». La conversation avec Isabelle Peretz, spécialiste de la cognition musicale, fait ressortir tous les bienfaits intérieurs que l'on peut tirer de la musique, de son écoute comme de sa pratique. Pour sa part, elle a travaillé, entre autres, sur les effets tranquilisant et analgisiant.

Le génie de la musique

Le génie de la musique...  L'auteur de ce texte, l'un de nous deux, Marc Lamontagne, se lance pour sa part, par sa prose poétique, dans une quête de ce génie qu'il voit occuper une place aussi singulière que puissante dans nos vies intérieures, nos corps, nos cerveaux.

Auteur(e)s

  • Marc Lamontagne
    Cégep Édouard-Montpetit

    Marc Lamontagne est professeur de philosophie au Cégep Édouard-Montpetit et poursuit des recherches en santé du cerveau et en enseignement depuis 2012. Spécialiste en herméneutique et en philosophie allemande, il collabore à un dialogue interdisciplinaire de la philosophie et à l'interprétation du travail de plusieurs artistes contemporains. Son oeuvre principale est Das Werden im Wissen [Le Devenir dans Le Savoir], parue aux Éditions Königshausen & Neumann 2012.

  • Johanne Lebel
    Acfas

    Rédactrice en chef du Magazine de l'Acfas

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