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28 mai 2015
Anne-Marie Duquette
Journaliste

Les chercheurs constatent l’existence d’identités multilingues, en particulier celle d’une identité bilingue chez les jeunes qui fréquentent les écoles des minorités linguistiques.
[Colloque 607 - Les communautés québécoises d’expression anglaise hors Montréal d’hier à aujourd’hui : portrait et analyse] Si j’étudie en anglais, mais que mes parents me parlent français à la maison, qui suis-je? Francophone? Anglophone? Bilingue? Bien qu’implicite, cette question se pose et s’impose aux jeunes qui fréquentent les écoles anglophones des régions du Québec. Étonnamment, les chercheurs constatent l’existence d’identités multilingues, en particulier celle d’une identité bilingue chez les jeunes qui fréquentent les écoles des minorités linguistiques. Diane Gérin-Lajoie, professeure titulaire au Centre de recherches en éducation franco-ontarienne de l’Université de Toronto, s’intéresse au rapport à la langue et à l’identité de ces jeunes. En effet, neuf commissions scolaires desservent la communauté anglophone à travers tout le Québec, soit 13,5% de la population (Recensement Canada, 2011). La professeure de l’Université de Toronto concentre sa recherche sur les jeunes en région, dont la réalité est nettement différente de celle des jeunes des grands centres. « À Montréal, le français n’entre pas autant dans le milieu de vie des élèves. Cela se répercute sur leur perception identitaire », affirme-t-elle. Elle a observé qu’à Montréal, les élèves sont également exposés à l’anglais dans leur milieu de vie. En région cependant, nombreux sont ceux qui vont à l’école minoritaire, mais parlent le français dans toutes les autres sphères, parfois même dans la cour de récréation. En effet, il faut se rappeler qu’il n’y a pas que l’école, dans la vie d’un enfant. Son équipe de soccer, son service de garde, ses voisins, sa famille; plusieurs facteurs déterminent l’identité. Diane Gérin-Lajoie observe la façon dont une vingtaine de jeunes, recrutés dans deux écoles secondaires anglophones au Québec, forgent leur rapport à la langue. « Bien que nous ne soyons qu’à la deuxième année du projet (sur trois), les résultats sont étonnants.; on observe toutefois qu’une majorité des jeunes s’identifient en tant que bilingues. Même si on a l’impression que ça ne fait référence qu’à la langue, en réalité ça la dépasse; cela intervient dans leur rapport à l’identité. »    
Chez une vingtaine de jeunes, recrutés dans deux écoles secondaires anglophones au Québec, la chercheure «observe qu’une majorité s’identifient en tant que bilingues. Même si on a l’impression que ça ne fait référence qu’à la langue, en réalité ça la dépasse; cela intervient dans leur rapport à l’identité».    
La chercheure soulève ensuite la différence du rapport à l’anglais en région par rapport à Montréal. « Les pratiques langagières à l’école sont fortement influencées par la présence de la langue majoritaire, soit le français. Le rapport à l’anglais est cependant étonnant. Le fait d’étudier dans cette langue est perçu comme un ‘privilège’ par les jeunes des régions et leurs parents. Ils parlent de sa valeur marchande, de son utilité pour la mobilité sociale». L’étude considère que la notion d’identité se définit « comme un construit social, influencé par des pratiques ancrées elles-mêmes dans des rapports de pouvoir » et que « l’identité est en constante mouvance ». Il en resulte que la mixité qui en émerge participe à la construction de nouvelles identités multilingues.

Auteur(e)

  • Anne-Marie Duquette
    Journaliste
    Présentation de l’auteureAprès une technique en travail social au Cégep de Sherbrooke, plusieurs contrats en intervention sociale au Québec et à l’étranger, Anne-Marie Duquette poursuit ses études en littérature à l’Université du Québec à Rimouski. Conjuguer écrire et être en société, voilà son défi. Elle écrit pour plusieurs journaux locaux tels que le journal indépendant Le mouton Noir, la revue culturelle Le Girafe, le journal étudiant Le Soufflet et bon nombre de revues littéraires. Elle est également l’auteure d’un roman jeunesse intitulé Contre-temps, paru en 2009 aux éditions G.G.C.

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