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2 mai 2013
Bérengère Capdequi
Journaliste

L’Agence de santé publique du Canada recommande de pratiquer 150 minutes d’activité physique par semaine pour en tirer des bienfaits sur la santé.

[Domaine de recherche 109 : Santé des populations]

Comment donner suite aux bonnes résolutions sportives? Quelles sont les clés pour s’y tenir, et ce de façon régulière? Telles sont les questions que Pier-Éric Chamberland se pose dans sa thèse de doctorat sur la pratique régulière de l’activité physique qu’il réalise sous la direction de Paule Miquelon, professeure au département de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

L’Agence de santé publique du Canada recommande de pratiquer 150 minutes d’activité physique par semaine pour en tirer des bienfaits sur la santé. « La majorité des Canadiens sont inactifs, précise Pier-Éric Chamberland. Pourtant, des statistiques de l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie montrent qu’environ 70% d’entre eux sont favorables à la pratique d’une activité physique. Il existe donc un fossé entre l’intention et le comportement adopté ». Cette constatation fut le point de départ du questionnement du doctorant.

Pier-Éric Chamberland a interrogé plus de 400 adultes qui courent régulièrement, pour tenter de comprendre ce qui fait la différence entre ces adeptes de l'entrainement et les personnes qui ont bien du mal à respecter leurs bonnes résolutions. Parmi les principales raisons invoquées par les coureurs, il y a l’habitude, mais aussi la satisfaction de planifier des entrainements, de les réussir, et de s’y tenir : « C’est ce qu’on appelle la motivation autodéterminée et le sentiment d’auto-efficacité », précise-t-il.

«Tout part de l’énergie dont on dispose à chaque instant, ou non, pour se consacrer à une activité physique.»

Tout part de l’énergie dont on dispose à chaque instant, ou non, pour se consacrer à une activité physique. « Lorsque notre volonté est sollicitée pour répondre aux exigences professionnelles et familiales par exemple, cette énergie risque de se retrouver en quantité insuffisante au moment de prendre la décision d’aller faire du sport, à moins d’avoir recours à des stratégies particulières », explique l’étudiant-chercheur. Parmi ces stratégies qui aident à garder assez d’énergie même quand les agendas sont bien remplis, il y aurait, croit-il, le choix d’une activité physique dans laquelle nous sommes bons et qui nous inspire confiance. Si vous détestez courir et que cela tend à réveiller de vieilles blessures, choisissez le vélo ou la natation, sinon il y a de fortes chances que vous laissiez rapidement tomber! Autre stratégie gagnante : la planification régulière, d’où naîtra l’habitude. Si vous attendez d’avoir le temps, ça ne marchera jamais!

Dans le cadre de son étude, Pier-Éric Chamberland a schématisé le mécanisme du passage de l’intention à l’activité physique. Le type de motivation est la source de toute pratique. Celle-ci influe directement sur l’énergie et donc sur l’intention à planifier une activité physique. Viennent alors des obstacles, qu’il est possible de surmonter par une planification, voire une habitude. Il est alors possible de s’entrainer.

La nature de la motivation est aussi fondamentale, selon la professeure Paule Miquelon, qui supervise ces recherches : « Quand on décide de pratiquer une activité physique pour en tirer du plaisir ou de la satisfaction, on se décourage moins que si on le fait parce qu’on a le sentiment qu’il faut le faire », explique-t-elle.

Auteur(e)

  • Bérengère Capdequi
    Journaliste
    Présentation de l’auteure :Un goût prononcé pour la biologie amène Bérengère Capdequi à entamer ses études à Bordeaux, en France, par un diplôme en science. Très vite, elle se passionne pour le journalisme qui lui permet de conjuguer sa curiosité, son sens de l’analyse et son goût pour l’écriture. Elle termine aujourd’hui une maîtrise en journalisme international à l’Université Laval. Bérengère a fait ses armes dans un journal régional avant d’intégrer la production d’une radio nationale, en parallèle de son baccalauréat en information et communication. Aujourd’hui, le congrès de l’Acfas lui permet de réunir ses envies : le journalisme et les sciences. Un mélange de rigueur et de créativité dans lequel elle se retrouve particulièrement.

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