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Un plan pour repartir à neuf

Je suis convaincu que nous, les bibliothécaires, devrions nous intéresser davantage aux nouvelles formes d’enseignement et de recherche que vous, les professeurs-chercheurs et les chercheurs des différentes disciplines, créez et expérimentez.

Un système périmé

C’était tout un cauchemar cet été de circuler dans les rues de Montréal : routes barrées, ponts congestionnés,  stations de métro et  tunnels fermés. Je pense que tous ceux qui ont eu à vivre cette expérience ont peu à peu perdu confiance en notre infrastructure routière désormais chancelante. 

Je ne crois pas que l’infrastructure des bibliothèques universitaires du Québec soit dans un état aussi lamentable que celle du réseau routier de Montréal, même si nous héritons, là aussi, d’un système périmé et sous financé qui ne répond clairement plus aux nouveaux besoins de la communauté. Cependant, je suis convaincu que nous, les bibliothécaires, devrions nous intéresser davantage aux nouvelles formes d’enseignement et de recherche que vous, les professeurs-chercheurs et les chercheurs  des différentes disciplines, créez et expérimentez. C’est là l’unique façon de devenir pleinement partenaires et d’établir une relation de confiance. Une meilleure connaissance de notre part des conditions d’exercice de l’enseignement et de la recherche ne pourra que mieux incarner notre désir sincère et notre capacité réelle de vous soutenir dans tous vos projets. Chose certaine, pour arriver à établir cette relation, la solution n’est sûrement pas de nous contenter de réparer de vieilles routes désuètes. Il nous faut repartir à neuf. 

Le plan triennal 2010-2013 et son premier axe

Le sous-comité des bibliothèques de la CREPUQ, qui rassemble tous les directeurs et les directrices des bibliothèques universitaires du Québec, s’apprête justement à mettre tout en œuvre pour relever ce défi de cette mise à neuf. Trois grands axes d’intervention permettent de regrouper les multiples objectifs et activités du plan d’action triennal 2010-13. « Positionner les bibliothèques comme infrastructure de recherche et d’enseignement au sein des universités québécoises » constitue le premier axe. 

Le deuxième axe

À vrai dire, seuls les administrateurs et une minorité de professeurs-chercheurs ont vraiment à cœur de savoir comment les bibliothèques s’y prendront pour acquérir, entreposer et répertorier les nombreux documents numériques provenant de nos campus ou d’ailleurs. En revanche, presque tous les chercheurs se préoccupent du véritable but à atteindre : de quelle manière auront-ils accès à leur documentation ?

C’est à cette question que s’attache le deuxième axe d’intervention du sous-comité : « Reconceptualiser les services des bibliothèques universitaires québécoises ». C’est  à mon avis le plus important, celui qui permettra de mieux répondre aux besoins de la communauté universitaire. Il est grand temps de reconnaître que ce qui préoccupe davantage tant les professeurs que les étudiants et les étudiantes – tout comme les automobilistes – est la destination finale et non les chemins qui y conduisent. De plus, les services bibliothécaires doivent changer de cap eux aussi pour refléter les nouvelles destinations. C’est dans cette perspective que nous voulons situer notre action.

Ne prenons que trois exemples bien concrets. Pour favoriser l’apprentissage en équipes, il faut aménager dans nos bibliothèques des espaces de travail en collaboration qui puissent accueillir des groupes d’étudiants et même, eventuellement, des partenaires de la communauté élargie. Pour soutenir l’enseignement à distance, il importe de rendre accessibles les ressources de nos bibliothèques aux étudiants qui se situent hors-campus, comme de les retrouver au cœur même des plateformes d’enseignement enligne. Ou encore, pour soutenir véritablement l’interdisciplinarité, nous devons offrir l'expertise et les logiciels pour rendre possible la recherche de documentation de manière transdisciplinaire dans l'ensemble de l'immense gamme de ressources disponibles dans nos bibliothèques. Et la liste ne s’arrête pas là…

Le troisième axe

Les attentes du retour sur l’investissement en matière d’études postsecondaires sont de plus en plus élevées depuis quelques années. Le troisième et dernier axe d’intervention du Plan d’action du sous-comité des bibliothèques est donc à juste titre : « Optimiser l’utilisation des ressources humaines, financières et matérielles des bibliothèques universitaires québécoises ». 

Les bibliothécaires sont constamment en quête de nouvelles façons de partager leurs ressources documentaires et leurs services dans le plus grand intérêt des usagers de l’ensemble du réseau. Le Plan a pour but de fournir un meilleur accès aux publications et aux autres ressources par le biais de l’acquisition de licences en consortium, de projets de catalogues collectifs et de programmes de formation en partenariat. En ce qui a trait aux publications et aux données produites par les chercheurs de nos universités, plusieurs bibliothèques ont créé et assurent la gestion de « dépôts numériques fiables » pour préserver les données de recherche et faciliter leur réutilisation. 

Votre collaboration à l’avenir des bibliothèques universitaires

Mais, à part des projets particuliers, j’affirme que les bibliothèques ont été des modèles de durabilité et de contribution au développement des savoirs pendant des siècles, et je ne puis m’empêcher de penser combien certains des grands principes et pratiques des bibliothèques universitaires pourraient mieux être mis à la disposition toute entière de notre société. N’hésitez pas à venir nous rencontrer où à poursuivre la discussion Ici même dans l’espace de commentaires.  

Auteur(e)

Gerald Beasley
Université Concordia

Gerald Beasley est directeur des bibliothèques de l’Université Concordia. Il est aussi le président du sous-comité des bibliothèques de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).

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