Aller au contenu principal
17 novembre 2020
Rubrique:

« Créés en 1977, les Prix du Québec sont la plus haute distinction décernée annuellement par le gouvernement du Québec en culture et en science. Ils sont la manifestation concrète de la gratitude du Québec tout entier à l’égard de l’œuvre admirable de ces femmes et de ces hommes d'exception ». Nous présentons ici les six prix remis à des scientifiques.

Prix du Québec

Mireille Cyr
Prix Marie-Andrée-Bertrand – Innovation sociale

Mireille Cyr, professeure titulaire au Département de psychologie de l’Université de Montréal depuis plus de 30 ans, se distingue par l’ampleur de ses réalisations ainsi que par la pertinence scientifique et sociale de ses contributions. En effet, ses recherches et ses activités de transfert de connaissances ont permis l’avancement du savoir et des pratiques en matière d’agressions sexuelles envers les enfants. Mireille Cyr est née à Laval, dans une famille de cinq filles. Ses parents étaient très engagés au sein de leur communauté. « Ils nous ont toujours soutenues pour que nous fassions ce que l’on souhaitait dans la vie », dit-elle. Sa curiosité, sa soif d’apprendre et son dévouement, transmis par ses parents, lui ont certainement été utiles dans sa carrière. À l’occasion de son premier cours de psychologie au cégep, la jeune femme se découvre un intérêt pour le domaine. « On pouvait comprendre et prédire les comportements des personnes dans certaines circonstances, et donc essayer de faire en sorte qu’elles se sentent bien et soient plus heureuses », se souvient Mme Cyr. Ce fut une révélation pour elle. Après ses études, alors qu’elle travaille comme superviseure de stages cliniques à l’Université de Montréal, Mme Cyr côtoie plusieurs femmes qui rapportent avoir été agressées sexuellement au sein de leur famille.   [Lire la suite]

 

Claire Deschênes 
Prix Lionel-Boulet – recherche et développement en milieu industriel

En étudiant les phénomènes hydrauliques qui régissent les turbines, Claire Deschênes a énergisé l’industrie hydroélectrique du Québec et, au passage, ouvert la voie aux ingénieures de demain. Étudiante chez les Ursulines à Shawinigan au début des années 1970, Claire Deschênes excelle en physique et en mathématiques. Toutefois, une carrière en génie ne s’envisage pas pour les filles à l’époque. L’idée lui vient… par le théâtre, lorsqu’elle interprète le pilote dans une adaptation du Petit Prince de Saint-Exupéry. « L’aviateur est comme un ingénieur mécanique, relate-t-elle. Je me suis dit : je me vois dans ce rôle-là. Ça rejoint mes champs d’intérêt, c’est original. » Lorsqu’elle obtient son baccalauréat en génie mécanique à l’Université Laval, en 1977, Claire Deschênes est la seule femme de sa cohorte! Après un doctorat à l’Institut national polytechnique de Grenoble, elle revient à Québec, cette fois en tant que professeure. En 1989, elle devient donc la première femme à occuper un tel poste à la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval, tout comme elle est aujourd’hui la première lauréate féminine à remporter le prix Lionel-Boulet pour sa contribution en recherche dans le domaine industriel.   [Lire la suite]

 

Anne de Vernal
Prix Marie-Victorin – sciences naturelles et génie

Pionnière en paléocéanographie, Anne de Vernal lit dans les sédiments marins les soubresauts du climat au cours des âges. Un travail indispensable à la compréhension des changements climatiques. Dès que la température descend en deçà de 25 °C, Anne de Vernal a froid. Cela ne l’empêche pas de fréquenter les zones polaires et les mers arctiques depuis 40 ans pour y traquer les sédiments. Ces dépôts renferment en effet des micro-organismes fossilisés qui permettent de remonter le temps jusqu’à des millions d’années. « Il s’agit de données précieuses pour évaluer et comprendre les changements climatiques », explique la professeure au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Un exemple? La calotte glaciaire du Groenland, qui s’est développée voilà plus de deux millions d’années, pourrait disparaître d’ici un millier d’années en réponse au réchauffement en cours. Sa fonte inquiète notamment parce qu’elle rehaussera le niveau moyen de la mer de plus de six mètres. En examinant le pollen fossilisé dans les sédiments, la chercheuse a démontré que le sud du Groenland avait déjà été libre de glace, il y a environ 400 000 ans, et même couvert par des forêts d’épinettes. Une découverte publiée dans la revue Science en 2008.  [Lire la suiteLa lauréate a aussi été récipiendaire du prix Acfas Michel-Jurdant 2011, pour les sciences environnementales.

 

William Foulkes 
Prix Wilder-Penfield – recherche biomédicale

En identifiant les facteurs héréditaires qui favorisent l’apparition de cancers particuliers, William Foulkes a ouvert la voie à un meilleur traitement pour de nombreux patients. Dans son cabinet de l’Hôpital général juif de Montréal, William Foulkes est perplexe. Le médecin chercheur vient de rencontrer une dame qui combat un cancer du sein pour la deuxième fois. Comme sa mère avant elle. Et sa grand-mère… Pourtant, son génome ne révèle aucune des mutations reconnues pour causer ce type de maladie héréditaire. Que se passe-t-il donc? La réponse se trouve dans l’échantillon sanguin que la patiente apporte au laboratoire. L’équipe y détectera une anomalie du gène PALB2 qu’elle associera à la genèse de tumeurs, une avancée publiée en 2007 dans la prestigieuse revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Des découvertes semblables, le directeur du Programme de génétique du cancer à l’Université McGill en a fait plusieurs. Tel un enquêteur, il suit les indices laissés dans l’ADN par un mal meurtrier. À partir de cas réels, il élucide le mécanisme de maladies héréditaires, ouvrant ainsi des avenues pour améliorer les thérapies. Un travail qui aide à traiter une diversité de problèmes de santé rares touchant surtout les femmes et les enfants.  [Lire la suite]

 

Valérie Langlois 
Prix Relève scientifique

Valérie Langlois étudie les effets sur les vertébrés des contaminants qui polluent les cours d’eau du Québec, un travail destiné à protéger aussi bien la santé publique que l’environnement. Elle bâtit avec une rapidité inouïe sa jeune carrière de chercheuse en environnement. La recette de son succès? Une vision inspirée de l’équilibre de la nature. « Je me suis entourée d’étudiantes et d’étudiants qui proviennent de différents milieux et qui sont tous passionnés par le sujet, précise-t-elle. Seul, on va vite; ensemble, on va loin. Les membres de mon équipe se complètent. Exactement comme dans un écosystème! ». En moins d’une décennie, l’ambitieuse professionnelle a récolté plus de 23 millions de dollars en subventions avec ses collègues, encadré environ 95 étudiantes et étudiants et publié quelque 60 articles dans des revues de premier plan. En 2010, elle remporte le prix de la meilleure thèse de doctorat interdisciplinaire défendue à l’Université d’Ottawa, puis devient professeure au Collège militaire royal du Canada l’année suivante. Après avoir reçu une première chaire de recherche du Canada, la voilà qui accepte, en 2017, un poste au Centre Eau Terre Environnement de l’Institut national de la recherche scientifique.    [Lire la suite]

 

Charles Morin
Prix Léon-Gérin – sciences humaines et sociales

Grâce à Charles Morin, des millions de personnes à travers le monde ont retrouvé le sommeil perdu. La méthode de traitement qu’il a mise au point se révèle hautement efficace! L’un des bonheurs de Charles Morin, c’est d’entendre dire par un lecteur que Vaincre les ennemis du sommeil lui a été d’un grand secours pour apaiser ses nuits. « C’est très valorisant de savoir que j’ai réussi à vulgariser les connaissances et que ç’a eu un impact sur la qualité de vie de certaines personnes », dit celui qui a révolutionné le traitement de l’insomnie. Voilà 40 ans, il n’y avait que les médicaments contre les nuits blanches. Les choses ont changé : les médecins disposent aujourd’hui des outils de la thérapie cognitive comportementale. Grâce aux études du professeur Morin, ils savent que l’approche psychologique donne d’aussi bons résultats à court terme que la médication, et produit des effets plus durables à long terme. Comment le psychologue, issu d’une famille modeste de Saint-Prosper-de-Beauce, est-il devenu ce leader mondial de la recherche sur l’insomnie?   [Lire la suite]   Le lauréat est aussi récipiendaire du prix Acfas Marcel-Vincent (désormais Thérèse Gouin Décarie) 2012, pour les sciences sociales. 

 

Isabelle Peretz
Prix Armand-Frappier – développement d’une institution de recherche ou administration et promotion de la recherche

Il y a quelques années seulement, la musique appartenait au domaine des arts. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, avec l’essor de la neuroscience de la musique, et c’est à Isabelle Peretz que le mérite en revient. Au tournant des années 1980, alors que peu de recherches sont menées sur le sujet, la chercheuse nourrit la conviction que les compétences musicales, tout comme le langage, sont acquises naturellement et spontanément chez tous les êtres humains. Elle crée alors cette discipline scientifique qu’est la neuroscience de la musique, communément appelée l’étude du cerveau musical. Elle établit les bases empiriques de ce champ de recherche et le développe dans plusieurs directions.   [Lire la suite]  Le lauréate est aussi récipiendaire du prix Acfas Jacques-Rousseau 2009, pour la multidisciplinarité.

Commentaires