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28 mai 2015
Edith Jolicoeur
Journaliste

Lorsque des enfants témoignent d’une situation complexe, d’autres osent s’exprimer et suggèrent des stratégies pour mieux l’affronter. Les enfants comprennent parfois mieux lorsque l'explication provient d’un pair.
[Domaine de recherche 501 – Adaptation scolaire et sociale] Dans une école primaire de la Mauricie, un nouveau projet est à l’étude. Deux étudiantes en psychologie expérimentent de courtes sessions de thérapie de groupe. L’âge des participants a de quoi étonner puisqu’ils n’ont que cinq ou six ans. Ces derniers sont préalablement sélectionnés par des membres de l’équipe-école parce qu’ils présentent des difficultés sociales, émotionnelles ou comportementales.Thérapie par les jeuxLa thérapie se déroule sur un très court laps de temps. En un mois, les intervenantes rencontrent les élèves à huit reprises, et ce temps suffit pour constater des changements. Sophie Valois, une des deux responsables du projet mentionne sans équivoque : « Chacun des enfants a progressé. Ceux qui étaient très timides le sont moins, ceux qui s’intégraient moins s’intègrent davantage, ceux qui avaient de la difficulté à parler de leurs émotions se sont ouverts ».   Les activités sont toutes orientées vers la gestion des émotions et permettent aux enfants d’expérimenter de nouveaux comportements. Lors des rencontres, le jeu est à l’honneur : pâte à modeler, dé des émotions et visite d’animaux constituent quelques exemples d’activités proposées aux enfants. Ces doctorantes en psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières soulignent l’importance d’être à l’écoute des besoins du groupe. La planification d’une rencontre prend parfois une autre allure lorsque qu’une activité n’attire pas l’intérêt, ou encore que les jeunes désirent jouer plus longtemps à un jeu ou refaire une activité réalisée lors d’une séance précédente. La visite d’animaux entraîne aussi son lot de surprises et il faut composer avec de l’imprévisibilité. « On amenait deux chats pour diminuer l’anxiété par le "flattage". Intimidés, ils se sont réfugiés dans un placard. On a donc fait de la gestion d’anxiété... et chacun [des enfants] allait les voir. On expliquait qu’il fallait y aller tranquillement parce que les chats avaient peur. Alors finalement, l’activité est allée dans une autre direction tout en étant formatrice à sa manière», indique Julie Prince Dagenais, la seconde responsable du projet.Thérapie par les pairs, par un duoLes chercheures indiquent que la thérapie de groupe reste un choix peu populaire d’intervention. Pourtant, la présence des pairs permet de faire vivre aux enfants des expériences sociales et émotionnelles qui ne seraient pas possible en contexte de rencontres individuelles avec un psychologue. Lorsque des enfants témoignent d’une situation complexe, d’autres osent s’exprimer et suggèrent des stratégies pour mieux l’affronter. Les enfants comprennent parfois mieux lorsque l'explication provient d’un pair. 
«La présence des pairs permet de faire vivre aux enfants des expériences sociales et émotionnelles qui ne seraient pas possible en contexte de rencontres individuelles avec un psychologue». 
Elles constatent également l’importance d’être deux lors des séances. Lorsqu’un enfant monopolise l’attention, l’autre intervenante peut poursuivre la thérapie avec le reste du groupe. De la même façon, si un enfant a besoin de plus de temps pour réaliser une activité, les autres n’en sont pas pénalisés. Ces petits moments seuls avec une des intervenantes devient parfois le prétexte pour initier un échange. Intervenir en dyade permet pendant une même séance de réaliser des interventions individuelles, en sous-groupe et avec l’ensemble des enfants. Si les premiers résultats sont concluants, les chercheures  ne comptent pas en rester là. Elles prévoient déjà retourner sur le terrain, entre autres afin d’élargir leur échantillon et de mieux contrôler la collecte de données.  Et le prochain chat, j’imagine, aura sa qualification en zoothérapie! 

Auteur(e)

  • Edith Jolicoeur
    Journaliste
    Présentation de l’auteureEdith Jolicoeur est doctorante en éducation à l’Université du Québec à Rimouski. Elle est également orthopédagogue à la Commission scolaire des Phares. En plus de se joindre à l’équipe du magazine Découvrir «spécial congrès», elle collabore à titre de réviseure linguistique à la Revue Canadienne des jeunes chercheur(e)s en éducation.

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