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27 mai 2015
Pascal Royer-Boutin
Université du Québec à Rimouski

Que ce soit des hommes rampant dans la boue, un oiseau prenant son envol ou un verre qui déborde, leur professeure a eu droit à une diversité d’images très révélatrices des défis rencontrés par les stagiaires.

[Colloque 414 - L’importance des stages dans la formation universitaire en travail social : diversité, complexité et perspectives]On dit qu’une image vaut mille mots. Des photos peuvent donc valoir leur pesant d’or lorsque les mots sont difficiles à trouver. C’est ce que des étudiants au baccalauréat en travail social à l’Université du Québec à Chicoutimi ont pu constater pendant leur stage. La professeure Marcelle Dubé a expérimenté le symbolisme des images pour offrir aux stagiaires l’opportunité de “saisir” leur expérience. Cette étape de leur formation ne se déroule pas toujours sans difficulté. Que ce soit des hommes rampant dans la boue, un oiseau prenant son envol ou un verre qui déborde, leur professeure a eu droit à une diversité d’images très révélatrices des défis rencontrés.

«J'aime beaucoup donner la possibilité aux étudiants d'avoir leur propre voix. C'est drôlement important», de dire la chercheure.

Les stages sont fondamentaux pour la formation pratique des étudiants en travail social. On les prépare à un quotidien tout sauf routinier et à des interventions parfois complexes. Il existe donc une multiplicité de façons de s’exercer au métier et depuis maintenant deux ans, la professeure Marcelle Dubé demande aux stagiaires de se « mettre en scène ». Lors de séminaires, ils discutent, par exemple, des évènements dont ils sont fiers ou ils résument en mots clés le déroulement de leur stage. À chacune de ces discussions, les étudiants fournissent également une photographie ou une image racontant ce qu’ils ont vécu. L’expérience du stagiaire devient ainsi le matériel de la rencontre.

Selon madame Dubé, cette expérience aide les stagiaires à développer une identification professionnelle unique et une ouverture à soi et aux autres. « Pour faire du travail social, il faut s’ouvrir aux autres. Il faut parfois accepter de participer à quelque chose qui n'est pas toujours choisi. Je dis souvent aux étudiants que quelqu'un qui décide de venir les consulter a énormément de courage. Le courage de se lever un matin et se dire que ça ne va pas bien. Peux-tu m'aider? »

La professeure en travail social espère également inciter les étudiants à utiliser les arts pour diversifier leur pratique. « Ça peut donner des outils pour rejoindre des personnes marginalisées. Prendre la parole, ce n’est pas toujours simple. […] Il y a différentes façons d’aller chercher le mal-être ou le bien-être de quelqu’un. Ce projet, c’est un peu pour montrer aux étudiants qu’ils peuvent ouvrir leur coffre à outils. »

Des mémos étaient souvent associés aux photos qui, lorsque placées côte à côte à la fin du stage, illustraient alors l’ensemble de leur parcours. « Le fait de préparer une conférence, et de faire le montage des photos, m’a permise de revoir l’histoire de chacun des stagiaires. » La professeure Marcelle Dubé veut maintenant pousser l’expérience plus loin avec ses prochaines cohortes. Elle voudrait les voir construire un récit collectif de leur expérience de stage.

Auteur(e)

  • Pascal Royer-Boutin
    Université du Québec à Rimouski

    Pascal Royer-Boutin a obtenu un baccalauréat en biologie de l’Université du Québec à Rimouski. Aujourd’hui, il est en voie de compléter une maîtrise en gestion de la faune et de ses habitats à cette même université. Ses travaux de recherche dans le laboratoire du professeur Joël Bêty concernent principalement le succès de nidification des oiseaux dans l’Arctique canadien et le risque de prédation.

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