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14 mai 2014
Daphnée Paluszko, journaliste
Marion Montaigne, illustratrice

Le thé vert est réputé pour ses propriétés antioxydantes diminuant l’apparition de cellules cancéreuses. Mais cela ne serait pas le seul atout de ce nectar asiatique...

[Domaine de recherche 102 - Cancer]

Pas moins de 30 % des cancers sont dus à une mauvaise hygiène de vie : tabac, pollution, mais aussi... alimentation. Toutefois, dans cette même alimentation, on peut aussi trouver des armes pour contrer la maladie. Ainsi, le thé vert est réputé pour ses propriétés antioxydantes qui limitent les mutations de l’ADN et, de ce fait, l’apparition de cellules cancéreuses. Mais, si l'on en croit les travaux de l'équipe de Borhane Annabi de l'Université du Québec à Montréal, cela ne serait pas le seul atout de cette boisson. Ces chercheurs braquent désormais leurs microscopes sur les capacités anti-métastasiques de certaines des molécules du thé vert : les catéchines.

Les catéchines sont de puissants antioxydants présents dans de nombreux aliments dont l’orange et la pomme, mais c’est dans le thé vert que l’on retrouve les plus fortes concentrations. Il existe neuf types de catéchines, dont les structures et les fonctions diffèrent. L’équipe de la Chaire en prévention et traitement du cancer a démontré que certaines d'entre elles avaient une action anticancérigène particulièrement efficace en contrant la périostine. Cette protéine naturellement présente dans l’organisme est surexprimée dans plusieurs cancers, notamment dans les glioblastomes, des cellules tumorales du cerveau sur lesquelles travaille cette équipe montréalaise. Les chercheurs ont mis en évidence le rôle de la périostine dans l’angiogenèse, c’est-à-dire dans la formation d’un réseau de vaisseaux transportant l’oxygène et les nutriments aux tumeurs, afin de les nourrir, ce qui leur permettra de proliférer puis de migrer. C'est contre la périostine que les catéchines s'emploient. Elles répriment son expression de trois manières : au niveau des gènes, de la synthèse de la protéine et de sa sécrétion. Plus particulièrement, les chercheurs ont prouvé que 30 % du processus initial de l’angiogenèse, nommé la tubulogenèse, était inhibé par certaines catéchines. Les mécanismes de cette inhibition sont actuellement à l’étude sur des cellules de cerveau au sein de la Chaire en prévention et traitement du cancer du Centre de recherche BIOMED de l’UQAM. Selon cette équipe, la consommation de deux tasses quotidiennes de thé vert serait un bon moyen de prévenir le développement d’un cancer. Dans le cadre du Programme de recherche sur les produits de santé naturels, plusieurs hôpitaux de l’Ontario ont sollicité des femmes du Registre ontarien du cancer à boire du thé vert de 1998 à 2005. Cette étude a montré une décroissance générale du risque de développer un cancer du sein, mais les auteurs restent prudents étant donné le stade préliminaire de leurs investigations. Une autre étude plus récente, menée sur 54 000 femmes japonaises, affirme au contraire qu’il n’y a aucune corrélation entre la consommation de thé vert et l’incidence du cancer du sein. C’est donc avec des pincettes qu’il faut considérer ces résultats, pincettes avec lesquelles vous pourrez néanmoins mettre du sucre… dans votre thé !

Auteur(e)

  • Daphnée Paluszko, journaliste
    Marion Montaigne, illustratrice
    Présentation de la journalisteDaphnée Paluszko est communicatrice scientifique et auteure du site Libido Scientia. Après un Master Recherche en Biologie Cellulaire et Moléculaire réalisé à l’Institut Pasteur de Paris et à l’Université Paris VI, elle se réoriente vers la communication avec un Master Professionnel de Communication Scientifique. Son enthousiasme à transmettre aux autres et sa gourmandise insatiable pour les sciences auront certainement guidés ce choix. Présentement à Montréal, elle effectue son stage de fin d’études en tant que chargée de communication pour l’association Science pour tous.

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