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16 mai 2014
Rébecca Barbier
Journaliste

« Si on continue à vivre comme on vit maintenant, on aura besoin de TROIS planètes! » déclare Fiona Hanley, enseignante en soins infirmiers au Collège Dawson depuis 2001.

[Colloque 101 - Des concepts pour expliquer des phénomènes de soins infirmiers : entre philosophie, science et réalité]

L’Athropocène? Nous y sommes! Cette nouvelle ère géologique a commencé au moment où notre ascendance sur le système terrestre est devenue prédominante, c’est-à-dire, dès le début du 19e siècle, avec la révolution industrielle. Cette influence se reflète dans la pollution de l’air, de l’eau, du sol, les déchets et chapeautant le tout, les changements climatiques. Et sans surprise, la santé humaine s’en trouve aussi sérieusement impactée.

Cancer, malformation congénitale, problèmes respiratoires, augmentation de l'obésité, maladie de Parkinson, etc. Voici le large éventail de maladies et de problèmes de santé liés aux facteurs environnementaux et dont l’interconnexion santé-environnement est souvent aveugle à la médecine moderne. Pourtant, les dommages environnementaux sont responsables d'environ 25% du fardeau total de maladie dans le monde!

Sur cette question de plus en plus pressante, les infirmières ont un rôle déterminant à jouer selon Fiona Hanley.

Quatre concepts fondent les théories de soins infirmiers : la personne, la santé, l’environnement, le soin. Ils forment un méta-paradigme de la science infirmière. Cependant, « l’influence de l’environnement physique est bien souvent omise dans notre pratique », explique l’infirmière. Celle-ci est centrée sur les soins épisodiques, le mode de vie, les actions individuelles, etc. Il y a très peu de réflexion sur cette dimension globale qu’est l’environnement comme cause de maladie ou même, de bien-être : l’exposition aux espaces verts, par exemple, favorise la guérison, abaisse le stress et l’agitation, et soulage la démence.

Les soins prodigués à un patient produisent en moyenne 5,5 kg de rebuts par jour.

Selon la professeure, « notre système de santé devrait jouer un rôle primordial dans cet enjeu » . Mais il subsiste un paradoxe : dans ce système, les établissements, tels que les hôpitaux, produisent de grandes quantités de déchets. Par exemple, les soins prodigués à un patient produisent en moyenne 5,5 kg de rebuts par jour. Ils sont donc eux-mêmes agents de déterrioration de l’environnement.

Le combat que mène Fiona Hanley pour une meilleure prise en compte de la santé environnementale passe par l’éducation de ses étudiants, en leur inculquant les responsabilités à prendre en tant qu’infirmière, profession à la position stratégique de par la nature même du métier et le nombre de ses représentants. Encourager le futur secteur de travail à appliquer des pratiques environnementales plus sécuritaires, choisir des produits d’entretiens moins nocifs, exiger que la recherche et l’éducation continue en santé environnementale…

Ce combat passe également par son engagement dans divers groupe et association tel que l’Alliance of Nurses for Healthy Environments aux États-Unis.

A l’heure actuelle, la majorité des intervenants travaillant dans le domaine des soins de la santé ne prennent pas en compte le fait que l’environnement puisse affecter la santé. Et les fonctionnaires du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport ne voient pas l’importance d’enseigner les notions de santé environnementale. Ainsi, bien que les considérations de Fiona Hanley soient encore très marginalisées, l’infirmière a eu l’honneur de recevoir, en 2013, la nouvelle médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II, pour souligner sa contribution à la communauté en santé environnementale.

Auteur(e)

  • Rébecca Barbier
    Journaliste
    Présentation de la journalisteRébecca Barbier est journaliste et vulgarisatrice. Elle détient une maîtrise en arts et sciences de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ainsi qu’une maîtrise en métiers du texte et de l’image de l’Université Paris 13 Nord. Ayant fait ses premières armes au sein des services de presse des Éditions Flammarion et du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, elle se perfectionne aujourd’hui, au Québec, en effectuant un stage à l’Acfas et continue ainsi d’évoluer dans un milieu qui la passionne : la culture scientifique.

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