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14 mai 2014
Katy Larouche
Journaliste

De Beyoncé à Michelle Obama, la majorité des femmes noires présentes dans les médias arborent une chevelure lisse et docile. Mais se conformer aux critères de beauté occidentaux ne se fait pas sans risques...

[Colloque 454 - La révolution capillaire du naturel : perspectives et implications préliminaires]

De Beyoncé à Michelle Obama, la majorité des femmes noires présentes dans les médias arborent une chevelure lisse et docile. Derrière cette allure qui semble tout à fait banale aux yeux des Occidentaux se cachent de longues heures chez le coiffeur à « maquiller » leurs cheveux naturellement crépus à l’aide de produits coiffants.

La chercheuse Ida Ngueng Feze de l’Université McGill rappelle que cette volonté de se conformer aux critères de beauté occidentaux ne se fait pas sans risques. En octobre 2010, Santé Canada émettait un avis contre le produit de lissage des cheveux à la kératine Brazilian Blowout qui dépassait de 42 fois la limite de formaldéhyde acceptée dans les cosmétiques. L’exposition à ce composé organique, en plus d’être reconnu pour sa toxicité, est aussi une importante cause de cancer.

Devant le danger de cette technique, plusieurs femmes optent pour les tissages qui consistent à coudre ou à coller des mèches de cheveux lisses sur leur véritable chevelure. Bien que la colle utilisée puisse aussi être néfaste pour la santé physique, un problème d’acceptation de soi est aussi relié au fait de porter de faux cheveux.

En abordant ce sujet, Ida Ngueng Feze savait qu’elle touchait une corde sensible chez les femmes d’origine africaine. L’étude qualitative qu’elle a entamée auprès d’une vingtaine d’entre elles, âgées de 20 à 25 ans, visait à comprendre l’origine de ce désir d’arborer une allure risquée. « Elles ne se souvenaient même pas de la première fois où on leur a lissé les cheveux, raconte la chercheuse. Elles se sont toujours vues ainsi dans le miroir. »

La mode des cheveux lisses véhiculée autant par les vedettes noires d’Hollywood que par les défenseurs des droits des Afro-Américains, exerce une pression sociale sur les femmes. « Est-ce que je vais pouvoir me trouver un emploi à Montréal si j’ai un afro », se demandait une des participantes au groupe témoin qui craignait pour sa crédibilité. Aussi, avec la mondialisation, la chercheuse craint que la pression des cheveux lisses s’exporte en Afrique où les risques reliés aux produits artisanaux sont encore plus importants.

« Être naturelle sous un tissage, c’est comme être un homosexuel qui n’est pas encore sorti du placard »

Ida Ngueng Feze souligne toutefois que, même si le cheminement pour revenir à l’état naturel peut être long, il vaut la peine d’être entamé. La confiance et l’acceptation de soi qui en résultent ont des répercussions positives sur la santé physique autant que mentale. « Être naturelle sous un tissage, c’est comme être un homosexuel qui n’est pas encore sorti du placard », lui avait confié une autre des participante à l’étude. Et déjà sur les réseaux sociaux, plusieurs jeunes femmes partagent leurs trucs dans des vidéos. Un début de viralité?

Auteur(e)

  • Katy Larouche
    Journaliste
    Présentation de la journalisteKaty Larouche est étudiante au certificat en journalisme à l’Université de Montréal. Adepte du multiplateforme, elle a complété un baccalauréat en télévision à l’UQAM et a contribué à différents médias étudiants sur le web. C’est toutefois sur le voilier-école des Reporters de la mer qu’elle a fait ses premiers pas en journalisme de terrain en sillonnant le fleuve St-Laurent. Cette expérience a confirmé son intérêt pour les questions environnementales qu’elle souhaite aborder sous diverses facettes, dont celle de la science.

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