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13 mai 2014
Katy Larouche
Journaliste

Benzène, bisphénol A, créosote, atrazine, formaldéhyde… Ces pesticides, antibiotiques et autres produits chimiques que nous consommons finissent généralement leur vie dans les eaux usées.

Colloque 114 - Colloque Ferdinand Bonn : gestion de l’eau et risques pour la santé, quelles actions mettre en place pour réduire les risques?

Benzène,  bisphénol A, créosote, atrazine, formaldéhyde… Aussi mystérieux soit ces termes, les produits qu’ils représentent font partie de notre quotidien, de la pharmacie au jardin. Ces pesticides, antibiotiques et autres produits chimiques que nous consommons finissent généralement leur vie dans les eaux usées.

« Même s’ils sont présents en très faible proportion, ça demeure des produits toxiques qui faute d’infrastructure de traitement appropriée seront ensuite relâchés dans les cours d’eau », estime Patrick Drogui de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). L’usage des produits organiques émergents (POE) ne date pas d’hier mais ce n’est que récemment que microbiologistes et chimistes ont retrouvé leur trace dans les eaux, grâce à des instruments de détection beaucoup plus précis.

Générés par les industries, l’agriculture, et les produits pharmaceutiques comme les pilules contraceptives, les POE ont des impacts sur les écosystèmes marins qui commencent tout juste à se préciser. Les perturbateurs endocriniens contenus dans certaines de ces substances affectent les cellules en imitant certaines hormones, comme les œstrogènes. Les conséquences observées par les scientifiques mettent en relief des problèmes de reproduction et la féminisation des poissons dans les cours d’eau québécois.

Pour éliminer les POE, Patrick Drogui a choisi de mettre à l’épreuve une ressource emblématique au Québec : l’électricité. Contrairement aux traitements chimiques qui nécessitent l’ajout d’une grande quantité de réactifs chimiques, comme le chlorure ferrique, le traitement électrolytique utilise une ressource renouvelable qui demande peu de manutention une fois le système mis en place.

« En exposant l’eau à un faible courant durant 40 minutes, le chercheur a réussi à dégrader 95 % de la substance polluante. »

Le principe consiste, dans une grande citerne hermétique, à appliquer un courant électrique à l’eau polluée. Le mode d’action est double. Il y a d’abord dégradation moléculaire des polluants entrant en contact avec l’électrode. Aussi et surtout,  l’électricité génère des produits dérivés comme  l’eau oxygénée (H2O2) qui dégrade les POE.Les essais réalisés avec l’atrazine, un  herbicide utilisé notamment dans la culture du lin et du maïs, ont été particulièrement concluants. En exposant l’eau à un faible courant durant 40 minutes, le chercheur a réussi à dégrader 95 % de la substance polluante.

Malgré son succès, l’expérience se solde par une facture d’électricité plutôt salée : on parle d’un à quatre dollars le mètre cube d’eau traité. Le défi actuel de Patrick Drogui consiste donc à réduire la quantité d’énergie requise s’il souhaite que ses recherches soient mises en application dans l’industrie. Cela ne doit pas empêcher d'étudier une autre solution : réduire l'émission de ces produits d’origine humaine qui s’accumulent peu à peu dans les réserves d’eau douces du Québec.

Auteur(e)

  • Katy Larouche
    Journaliste
    Présentation de la journalisteKaty Larouche est étudiante au certificat en journalisme à l’Université de Montréal. Adepte du multiplateforme, elle a complété un baccalauréat en télévision à l’UQAM et a contribué à différents médias étudiants sur le web. C’est toutefois sur le voilier-école des Reporters de la mer qu’elle a fait ses premiers pas en journalisme de terrain en sillonnant le fleuve St-Laurent. Cette expérience a confirmé son intérêt pour les questions environnementales qu’elle souhaite aborder sous diverses facettes, dont celle de la science.

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