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2 juin 2013
Caroline Matet
Journaliste

Au son de la musique et des claques-mains, chercheurs, personnalités politiques et grand public encourageaient les étudiants venus présenter leur recherche en 180 secondes top chrono!

81e Congrès de l'Acfas Une foule éclectique et enthousiaste était rassemblée le mercredi 8 mai à l’Université Laval pour assister à Votre soutenance en 18O secondes. Au son de la musique et des claques-mains, chercheurs, personnalités politiques et grand public encourageaient les étudiants venus présenter leur recherche en 3 minutes top chrono!

Le point commun entre une thèse et un œuf à la coque

Le concours, dont c’est la 2e édition, est inspiré de son homologue anglophone Three Minutes Thesis. Il met en compétition des étudiants-chercheurs rivalisant d’inventivité et de passion pour réussir à synthétiser leurs travaux de recherche dans un exposé rigoureux, compréhensible et passionnant, le tout en moins de 180 secondes! But ultime : convaincre le jury, présidé cette année par le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec, Pierre Duchesne.

Les étudiants l’attestent, le défi est de taille. « C’est la présentation la plus courte que j’ai faite, mais la plus longue à préparer », résume Luis Felipe Gutiérrez, lauréat du 2e prix du jury.

Les 17 finalistes ont préalablement fait l’objet d’une présélection au sein de leur université lors d’un premier concours. Puis, ils ont bénéficié d’un entrainement personnalisé. Cette année, presque toutes les universités québécoises étaient représentées, de même que l’Université d’Ottawa. Toutes les disciplines étaient sur le podium : de la génétique à la sociologie, en passant par le génie physique et l’environnement.

En parallèle à cette finale canadienne, un concours franco-belge était organisé, le premier pas vers une grande compétition internationale.

 

Le véritable prix : partager la science

Contre toute attente, ce n’est pas de remporter les 1500 $ du 1er prix  qui intéresse les apprentis-chercheurs. Ce qui les motive, c’est plutôt le défi en lui-même. Certains y voient l’occasion d’échanger avec leurs collègues de diverses disciplines, comme le précise un participant : « Partager et écouter, c’est ce qui permet de faire avancer ses idées ». Et un autre de poursuivre : « Honnêtement, après mon tour, je ne pensais plus du tout au concours, j’ai juste profité du moment! ».

Pour d’autres, tout l’enjeu du concours réside dans la vulgarisation, Vincent Le Borgne, qui participe pour la deuxième fois, paraphrase Einstein « Si tu ne peux pas résumer en des termes simples, c'est que tu ne comprends pas vraiment ce que tu fais ». Finalement, réduire sa recherche en 3 minutes, ça peut aussi être utile, que ce soit pour enfin parvenir à partager sa passion avec son entourage ou pour convaincre un recruteur. Patrick Dumond, le participant Ontarien, souligne : « Quand tu parles avec quelqu’un, il n’a pas quarante minutes à t’accorder avant de comprendre l’intérêt de ce que tu fais! »

D’ailleurs, côté anglophone, on parle désormais d’elevator pitch : réussir un argumentaire en moins de 120 mots, soit le temps d’une rencontre dans un ascenseur, au cas où l’on y croiserait le recruteur de nos rêves...

La vulgarisation de sa recherche, la capacité à présenter ses travaux simplement et dans un court laps de temps est un savoir-faire nécessaire à tous les chercheurs. Plus que le concours, c’est donc la formation dont ont bénéficié les participants qui s’avère l’expérience la plus riche de cette soutenance « éclair ».

Auteur(e)

  • Caroline Matet
    Journaliste
    Présentation de l’auteureEn passe de terminer sa maitrise en communication scientifique, à Strasbourg (France), Caroline Matet est actuellement en stage à l’Acfas. Passionnée de sciences, elle détient un baccalauréat en biologie-géologie. Elle est particulièrement intéressée par toutes les initiatives permettant d’ancrer la culture dans la société.

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