626 - Gouverner la marge : regards croisés sur les enjeux socio-juridiques de la vulnérabilité

Section 600 - Colloques multisectoriels

  • Lundi 27 mai 2019


Responsables
  • Pierre Pariseau-Legault - UQO - Université du Québec en Outaouais
  • Jean Daniel Jacob - Université d’Ottawa
  • Amélie Perron - Université d’Ottawa
  • Guillaume Ouellet - CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal
  • Sabrina TREMBLAY-HUET - UdeS - Université de Sherbrooke
  • Emmanuelle Khoury - UdeS - Université de Sherbrooke

Le processus d’exclusion sociale aboutit souvent à la prise en charge, par différents dispositifs de régulation étatique, d’individus considérés comme étant vulnérables ou marginaux. C’est également l’État qui, par ce même processus, se réserve le droit de déterminer qui devrait être aidé. À cette fin, en contexte de vulnérabilité et de marginalité, les agent-e-s thérapeutiques ou judiciaires en pouvoir sont appelé-e-s à mettre en application des lois d’exception, le droit étant ici utilisé comme instrument de régulation des rapports et des problèmes sociaux. Toutefois, d'importants écarts entre la loi et son application ont été démontrés. Ces écarts suscitent la remise en en question de la construction et de la légitimation d’interventions contrôlantes agissant sur des comportements considérés indésirables.

Les concepts de vulnérabilité, de protection, de risque et de dangerosité possèdent une signification qui se décline à la fois sur le plan clinique et sur le plan juridique. Ces concepts sont non seulement au cœur de l’application des lois ciblant la vulnérabilité et la marginalité, mais ils gouvernent aussi la construction des interventions d’agent-e-s cliniques, juridiques et politiques qui agissent auprès des personnes vivant dans la marge. Le recours à ces notions polysémiques par différents agent-e-s conduit à l’adoption de pratiques variées, voire contradictoires. Ainsi différents modes de signification participent à l’hétérogénéité du dispositif clinico-juridique et à la création d’un langage hybride dont les effets sur les droits des personnes sont contestés.

Ce colloque constitue l’occasion de prendre un temps d’arrêt pour échanger sur ces espaces de prises en charge de la marge, et aussi sur des espaces de considération d’autres significations et interprétations de la loi et son application. Une telle démarche réflexive est nécessaire afin de discuter de la cohabitation des valeurs libérales de la loi (référant à la constitution du sujet individuel) et de différentes situations de vulnérabilité. De telles discussions favoriseront une réflexion quant aux interactions entre le social et le judiciaire ainsi que l’identification d’espaces de dialogue, de co-construction et d’innovation des pratiques. En proposant de rendre compte des multiples angles d’analyse liées à la gouvernance de la marge, ce colloque cherchera à répondre à l’impératif suivant : Qu’est-ce que les espaces marginaux, où sont confinées les personnes dites « vulnérables », peuvent nous apprendre sur les limites de la loi et sur le dispositif contemporain de prise en charge de la vulnérabilité?

Appel à communications

“Nul n’est censé ignorer la loi”. Ce lieu commun revêt une complexité évidente lorsque ces lois participent à la gouvernance des personnes dites « vulnérables » et « marginalisées ». Par les différents systèmes d’obligations et discours d’expertises qu’elles instaurent, celles-ci outrepassent les frontières disciplinaires du droit et sont diffusées à travers une multiplicité d’agent-e-s responsables de leur application (par exemple, les infirmières, les travailleur-euse-s sociaux-ales, les médecins, les psychoéducateur-ice-s et les intervenant-e-s psychosociaux-ales). À l'inverse, le droit est graduellement investi d’un rôle thérapeutique et voit ses constituantes « humanisées » afin de mieux répondre aux enjeux de la vulnérabilité.

Les lois participant à la gouvernance de la marge se distinguent bien souvent par leur caractère exceptionnel. Justifiées par un critère de nécessité, elles ont pour effet d’atteindre certains droits fondamentaux de la personne. Les concepts sur lesquels s’appuient ces lois (par exemple, la vulnérabilité, la protection, le risque ou la dangerosité) possèdent une signification à la fois clinique et juridique. Ils sont au cœur de l’application des lois ciblant la vulnérabilité et la marginalité, mais ils gouvernent aussi la construction des interventions d’agent-e-s cliniques, juridiques et politiques qui agissent auprès des personnes vivant dans la marge. La compréhension de ces concepts par ces différent-e-s agent-e-s juridiques et extra-juridiques est cependant souvent divergente.

Alors que des écarts importants entre l’idéal des lois et leur application sont démontrés, cette problématique soulève différentes questions associées à la construction et la légitimation d’interventions d’encadrement, de contrôle et de coercition agissant sur des comportements considérés indésirables. Elle participe également à l’hétérogénéité du dispositif clinico-juridique et à la création d’un langage hybride dont les effets sur les droits des personnes sont contestés.

Ce colloque intitulé "Gouverner la marge: Regards croisés sur les enjeux socio-juridiques de la vulnérabilité" (activité no. 626) propose d’explorer cette situation. Cet évènement se tiendra le lundi 27 mai 2019 dans le cadre des activités du 87e congrès de l'ACFAS. Ce colloque sera composé de différentes communications orales d'une durée de 20 minutes chacune. Le comité organisateur invite les chercheur-e-s, étudiant-e-s et intervenant-e-s souhaitant présenter leurs travaux et leurs réflexions lors de cette journée à soumettre une proposition de communication.

Les propositions doivent compter au maximum 1 500 caractères (espaces compris), soit approximativement 200 mots. Les propositions (titre, résumé et auteur-e-s) doivent être acheminées par courriel au comité organisateur (colloquegouvernerlamarge@gmail.com) avant le 25 février 2019.

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