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28 mai 2015
Isabelle Neveu

La vulnérabilité de ces femmes s’explique par une multitude de facteurs interreliés, notamment une moins bonne santé physique, une vie stressante et une situation financière précaire.

[Colloque 102 : Enjeux et défis liés àla santéet aux services sociaux en régions rurales, éloignées et isolées]

Le Réseau des groupes de femmes Chaudières-Appalaches souhaitait dresser un portrait de la santé mentale des femmes fréquentant les différents organismes membres. Il a donc fait appel à une équipe de chercheurs de l’UQAR. Constat : environ un cinquième de ces femmes est particulièrement vulnérable.

Emmanuelle Bédard, professeure en sciences infirmières à l’UQAR, et sept de ses collègues ont mené la recherche, publiée en mai 2015. Ce portrait de la santé mentale des femmes qui vont chercher un service auprès du Réseau a permis de déterminer leurs besoins ainsi que les interventions susceptibles d’améliorer leur situation.

L’équipe de chercheurs a rejoint 171 femmes au sein de 16 organismes communautaires membres du Réseau et répartis sur cinq territoires : Alphonse-Desjardins, Beauce, Montmagny-L’Islet, Thetford et Les Etchemins. Chacune d’entre elles a répondu à un questionnaire de 91 questions sur différents facteurs de la santé mentale, comme l’estime de soi, le soutien social, le stress et les inégalités socio-économiques.

« De façon générale, les résultats sont très positifs. Les femmes ont les ressources de base, une bonne estime de soi ainsi qu'un bon soutien général », souligne Emmanuelle Bédard. En effet, moins de 20 % des femmes qui vont chercher un soutien considèrent leur santé mentale comme étant passable ou mauvaise.

Donc, « c’est vraiment un petit groupe de femmes plus vulnérables qui ressort du lot », précise Emmanuelle Bédard. La vulnérabilité de ces femmes s’explique par une multitude de facteurs interreliés, notamment une moins bonne santé physique, une vie stressante et une situation financière précaire. Mme Bédard note également que près de 60 % d’entre elles vivent ou ont déjà vécu un trouble mental, et que 10 % de celles-ci ont tenté de se suicider.

«Emmanuelle Bédard note également que près de 60 % des femmes vulnérables vivent ou ont déjà vécu un trouble mental, et que 10 % de celles-ci ont tenté de se suicider».  

  « Le nombre de tentatives de suicide est très élevé. Je dois faire d’autres études, afin de savoir si ces femmes vivent en milieu rural ou urbain. C’est un aspect qu’il reste à documenter pour mieux intervenir », ajoute-t-elle. À cet égard, le quart des participantes considèrent que les services de santé mentale sont inaccessibles; ce pourrait être un indice. Rappelons qu’en 2008, le taux de tentatives de suicide s’élevait à 0,5 % au Québec.

Par ailleurs, l’âge moyen des participantes à l’étude est de 45 ans. « Le regroupement ne rejoint donc pas les jeunes femmes, indique la chercheure. Pourtant, cela permettrait de prévenir les problèmes futurs ».

Emmanuelle Bédard croit bien sûr qu’il faudrait développer des interventions adaptées à ce petit groupe de femmes vulnérables identifié par l’étude. Toutefois, elle précise qu’« il est important de promouvoir des milieux de vie sain, mais aussi des milieux de vie stimulant».

Auteur(e)

  • Isabelle Neveu
    Présentation de l’auteureIsabelle Neveu est étudiante en journalisme à l’Université du Québec à Montréal. Passionnée par les communications et le métier de journaliste, elle s’implique au sein du Journal des citoyens, un journal communautaire dans la région des Laurentides, depuis qu’elle est âgée de 11 ans. Interpellée par le domaine des sciences, elle se joint à l’équipe de Découvrir le temps du 83e congrès de l’Acfas.

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