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28 mai 2015
Edith Jolicoeur
Journaliste

« L’inclusion s’apparente à la manière dont ma grand-mère cuisinait. Elle ne suivait pas de recettes, elle travaillait avec les ingrédients disponibles d’une manière flexible! », souligne Tara Flanagan.
[Colloque 534 – Comprendre l’exclusion dans les systèmes éducatifs pour mieux parvenir à l’inclusion] 

Scolariser un enfant en classe ordinaire suffit-il à conclure qu’il y est inclus? Voilà une question dont la réponse ne peut se résumer par un oui ou un non pour Tara Flanagan, professeur de l’Université McGill.

Des nuances à considérer

Au Québec, le concept d’inclusion prend de plus en plus d’importance dans le système scolaire. Pourtant, la chercheure note que les définitions de ce terme demeurent plutôt simplistes. Pire, personne ne semble s’entendre. « Les chercheurs et les parents n’ont pas de définition exacte, le personnel scolaire et les élèves non plus. Ces divergences illustrent en quelque sorte toute la complexité de ce concept », remarque la professeure Tara Flanagan.

Souvent, les définitions se résument à indiquer qu’il s’agit de l’état d’inclure dans un lieu les élèves ayant des incapacités. « Dans la plupart des recherches, quand on demande aux parents de parler de la scolarisation de leur enfant, on observe si l’enfant intègre une classe ordinaire et sinon, on parle d’exclusion. Selon moi, cette vision simplifie le concept d’inclusion », continue la chercheure. Tara Flanagan, refuse de voir l’inclusion se résumer à un lieu physique. Pour elle, il s’agit davantage d’un état vécu et intériorisé par la personne.

Approfondissant l’explication, la professeure mentionne qu’un jeune peut très bien se sentir exclu alors qu’il se trouve dans une classe ordinaire. Au contraire, il est possible de se considérer inclus dans un milieu spécialisé. Enfin, la chercheure ajoute qu’un enfant peut à la fois être inclus et exclu, peu importe l’endroit où il se trouve : « Si, par exemple, le professeur présente un projet sur les dinosaures parce que l’enfant ayant une incapacité a un intérêt pour eux, cela risque de favoriser le sentiment d’inclusion de cet élève. Cependant, si dans son groupe, des élèves le taquinent justement à cause de cet intérêt, l’élève ayant une incapacité se sentira à la fois inclus par le professeur, mais exclu par certains élèves ».

Comprendre l’élève pour comprendre l’inclusion.

Dans la plupart des recherches, on s’intéresse peu à ce que ressentent les élèves ayant des incapacités. Pourtant, ils sont les premiers concernés par l’inclusion. Pour se rapprocher d’une action véritable, il importe de s’informer de ce que chacun éprouve. Il faut également vérifier si celui qui présente des incapacités croit que les camarades de classe et l’enseignant l'impliquent dans le quotidien. « On parle alors de l’inclusion de manière un peu plus nuancée lorsqu’on considère comment chaque personne ressent la situation », insiste Tara Flanagan. 

Alors, comment réussir l’inclusion?

La professeure met en garde ceux qui cherchent une recette pour réussir l’inclusion : « D’après moi, il n’existe pas une recette, il s’agit d’un phénomène trop complexe. L’inclusion s’apparente plutôt à la façon dont ma grand-mère cuisinait. Elle ne suivait pas de recettes, elle travaillait avec les ingrédients disponibles d’une manière flexible! »

Inclure les élèves en utilisant les ressources humaines et matérielles d’une manière flexible, voilà effectivement ce qui donne de quoi mijoter! 

Auteur(e)

  • Edith Jolicoeur
    Journaliste
    Présentation de l’auteureEdith Jolicoeur est doctorante en éducation à l’Université du Québec à Rimouski. Elle est également orthopédagogue à la Commission scolaire des Phares. En plus de se joindre à l’équipe du magazine Découvrir «spécial congrès», elle collabore à titre de réviseure linguistique à la Revue Canadienne des jeunes chercheur(e)s en éducation.

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