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15 mai 2014
Maxime Bilodeau
Journaliste

Vieillir, c’est perdre tranquillement, mais sûrement, de ses capacités, dont les "musculaires". Heureusement, l’activité physique peut nous aider à conserver un peu de jeunesse...

[Colloque 113 — L’activité physique pour la personne âgée : des bienfaits pour le corps et pour l’esprit]

 

 

 

 

        La génération vieillissante des baby-boomers sera bientôt confrontée massivement à divers problèmes de santé dont la sarcopénie. Du grec sarco (chair) et penia (pauvreté), ce syndrome désigne la fonte normale de masse musculaire squelettique qui accompagne le vieillissement dès la quarantaine. Chez les personnes âgées, elle se traduit souvent en perte de force, d’indépendance fonctionnelle et, ultimement, d’années de vie. On estime que plus de 50 % des personnes âgées de 75 ans et plus présentent des incapacités physiques.

Comment ralentir ce processus lent, mais inéluctable ? C’est ce à quoi Isabelle Dionne s’intéresse dans le cadre de ses travaux à l’Université de Sherbrooke. L’activité physique est, selon la titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les recommandations d’exercice pour un vieillissement en santé, une avenue plus qu’intéressante pour contrer la sarcopénie.

« Lorsqu’on parle de la sarcopénie, lance-t-elle, on pense presque toujours à la quantité de masse musculaire perdue. On oublie trop souvent que les qualités du muscle sont également affectées. » En effet, un muscle sarcopénique perd de ses fibres musculaires liées à la puissance, utilise moins bien l’oxygène pour produire de l’énergie et se voit envahi par la graisse. Résultat : les personnes âgées sont incapables de générer la force nécessaire même pour des gestions simples et quoditiens : monter des escaliers, transporter les sacs d'épicerie, voire même se lever de sa chaise.

Avec cette qualité musculaire moindre vient également une plus grande susceptibilité à certaines maladies métaboliques comme le diabète de type II. Selon Isabelle Dionne, la relation « étroite » entre la force musculaire et la sensibilité à l’insuline demeure « à tous les âges ». À ce fardeau déjà lourd peut également s’ajouter le surpoids ou l’obésité, une condition que la professeure-chercheure désigne sous le terme de « obésité sarcopénique ».

«Les recherches d'Isabelle Dionne sur la sarcopénie ne servent pas tant à ajouter des années à la vie qu'à ajouter de la vie aux années.» 

C’est pour l’ensemble de ces raisons que l’activité physique est une intervention à privilégier. Lorsqu’elle est intégrée dans un programme d’entraînement complet, elle permet d’intervenir à la fois sur la sarcopénie et sur les problèmes de santé qui lui sont associés. Tout en spécifiant que l’entraînement physique « ne permet pas de renverser les phénomènes du vieillissement », Isabelle Dionne le recommande à tout un chacun, « peu importe son état de santé ». Un mélange de musculation et d’activité physique aérobie qui suit les recommandations canadiennes est à privilégier. 

« On parle souvent du fardeau économique relié au vieillissement, remarque-t-elle, mais plus rarement pense-t-on au fardeau humain. Lorsque la situation d’une personne âgée dégénère, c’est aux parents, aux enfants, bref à la population active de la prendre en charge. » Ainsi, les recherches d'Isabelle Dionne sur la sarcopénie ne servent pas tant à ajouter des années à la vie des personnes âgées qu'à ajouter de la vie aux années.

Auteur(e)

  • Maxime Bilodeau
    Journaliste
    Présentation du journalisteMaxime Bilodeau est un jeune journaliste basé dans la région de Québec. Diplômé en 2013 au Baccalauréat en kinésiologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), il a ensuite entamé des études en journalisme à l’Université Laval. En plus d’acquérir les rudiments du métier au sein du média-école l’Exemplaire, il a collaboré dans la dernière année aux médias étudiants lavallois en plus d’effectuer quelques contrats à la pige. Dès l’automne prochain, il dirigera le pupitre des sports d’Impact Campus, le journal étudiant de l’Université Laval. Il arrive au 82e Congrès de l’Acfas assoiffé comme jamais de science.

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