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520 - Littérature de jeunesse et diversité culturelle : production et réception

Le vendredi 12 mai 2017

L’an dernier, dans le cadre du colloque 549 de l’Acfas intitulé « Représentations de l’Étranger en littérature de jeunesse francophone et dans son enseignement », de nouvelles questions ont émergé à la suite des communications présentées, tant dans le champ de la littérature de jeunesse que dans celui de la didactique du français. Ainsi, les éléments de réflexion soulevés concernent la représentation de la diversité culturelle dans le corpus de littérature de jeunesse ainsi que les œuvres écrites et illustrées par des auteurs issus des minorités culturelles. Ils concernent également l’utilisation de la littérature en classe comme vecteur d’inclusion, tant pour mieux comprendre la société d’accueil que pour s’initier à celle de nouveaux arrivants d’horizons divers. Dans la foulée des travaux entamés en 2016, les contributions à ce colloque permettront d’observer la littérature de jeunesse selon deux angles complémentaires : 1) la production des œuvres, par les auteurs, les illustrateurs et les éditeurs; et 2) la réception, par les élèves lecteurs du primaire et du secondaire lors de l’enseignement et de l’apprentissage. En ce sens, les communications proposées devront s’inscrire dans l’un ou l’autre des quatre axes suivants :

Axe 1 — Représentation de différentes communautés culturelles dans la littérature de jeunesse.

Axe 2 — Auteurs, illustrateurs et éditeurs minoritaires dans le paysage littéraire francophone.

Axe 3 — Enseignement de la culture d’accueil au moyen de la littérature de jeunesse.

Axe 4 — Pratiques d’enseignement avec la littérature de jeunesse pour découvrir la diversité culturelle.

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Colloque
Section 500 - Éducation
Responsables
UdeM - Université de Montréal
UdeS - Université de Sherbrooke
Rachel DeRoy-Ringuette
UdeM - Université de Montréal
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Avant-midi
08 h 45 à 10 h 00
Communications orales
Approches didactiques et littéraires en contexte autochtone
Présidence/Animation : Monique NOËL (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 308
08 h 45
Mot de bienvenue
09 h 00
La sélection et l’animation d’œuvres littéraires dans les classes d’une école primaire autochtone du Québec : résultats préliminaires d’une recherche-action
Martin Lépine (UdeS - Université de Sherbrooke), Christiane Blaser (UdeS - Université de Sherbrooke)

Même si la scolarisation des Autochtones s’est améliorée depuis le programme d’amérindianisation des années 1970, le nombre de personnes chez les Premières Nations n’ayant aucun certificat ou diplôme s’élève à 46,3 % contre 24,8 % chez les non-Autochtones (MELS, 2009). Au nombre des obstacles entravant la réussite et la persévérance scolaires des Premières Nations figurent les problèmes liés à l’enseignement de l’écrit. C’est pourquoi, depuis le printemps 2016, nous menons une recherche-action (RA) visant, entre autres, à soutenir le développement professionnel d’enseignantes d’une école primaire autochtone dans le but d’améliorer leurs pratiques d’enseignement et d’évaluation de la lecture et de l’écriture. En ce sens, nous accompagnons les enseignantes de l’école dans la sélection et l’animation d’œuvres littéraires en considérant deux pistes de travail principales : l’équilibre entre texte miroir et texte fenêtre ainsi qu’entre lecture extensive et lecture intensive (Hébert, 2003; IRA, 2014; Krashen, 2011). Sur le plan méthodologique, la RA est structurée autour de trois groupes de travail : un collectif élargi d’où émergent les besoins de formations; un comité restreint qui opérationnalise les réponses aux besoins de formations; l’équipe de recherche qui s’assure de produire les outils de collecte des données et de les analyser. Dans cette communication, nous présentons les premiers résultats de la RA, soit les retombées de l’accompagnement dans la sélection et l’animation d’œuvres littéraires offert aux enseignantes en 2016-2017. Nous documentons ces effets à travers les données collectées sous diverses formes (photos, vidéos, fiches d’évaluation des formations, observations en classe, entrevues avec les enseignantes, comptes rendus de rencontres). Les résultats préliminaires montrent déjà un désir de participation active des enseignantes du primaire de l’école retenue pour les formations, la sélection et l’animation d’œuvres littéraires dans leur classe.

Résumé
09 h 30
Michel Noël et David Bouchard, deux auteurs autochtones pour la jeunesse : une analyse paratextuelle
Rachel DeRoy-Ringuette (UdeM - Université de Montréal)

Selon Statistique Canada (2013), la population totale canadienne en 2011 se composait de 32 852 325 individus. De ce nombre, 1 400 685 se réclament d’identité autochtone, ce qui représente 4,3 % de la population canadienne, et au Québec le pourcentage chute à 1,8%. Voulant connaitre le portrait de la présence autochtone dans la littérature jeunesse au Québec et au Canada francophone, DeRoy-Ringuette et Courchesne (2017) relèvent que « bon an mal an, une quinzaine de livres touchent à [la question autochtone] sur les six-cents titres édités annuellement » (p.11), mais que ceux-ci ne sont pas toujours écrits par des auteurs issus des Premières nations. Du corpus analysé, elles mettent en lumière deux auteurs qui se distinguent par leur abondante production et qui présentent des profils similaires : Michel Noël, d’origine algonquienne, et David Bouchard, Métis de la Saskatchewan. Ces deux auteurs « cumulent un nombre impressionnant de récompenses, de nominations, de citations à différentes sélections et à différents prix littéraires » (DeRoy-Ringuette et Courchesne, 2017, p.11). Pour cette communication, nous nous intéressons donc à cette paire d’auteurs appartenant à une minorité dans le paysage littéraire pour la jeunesse. D’abord, nous proposons d’examiner diverses définitions sur le concept d’auteur amérindien (Assiniwi, 1989, 1991; Gatti, 2006, 2009). Ensuite, à l’aide d’un corpus composé des œuvres de Michel Noël et David Bouchard disponibles au Centre québécois de ressources en littérature pour la jeunesse (CQRLJ), nous souhaitons analyser divers éléments du paratexte (Boutevin et Richard-Principalli, 2008; Genette, 1987; Turgeon, 2013). Nous souhaitons ainsi relever les similitudes et les différences paratextuelles qui caractérisent les productions de ces auteurs, notamment au regard de la transmission de la culture autochtone.

Résumé
10 h 00
Pause
10 h 30 à 12 h 00
Communications orales
Diversité interprétative et représentations de l’Autre dans l’œuvre de Camille Bouchard
Présidence/Animation : Martin Lépine (UdeS - Université de Sherbrooke)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 308
10 h 30
Lire ensemble pour comprendre notre diversité
Marion Sauvaire (Université Laval)

Notre communication sera organisée en deux mouvements : une réflexion théorique sur la diversité en contexte éducatif précèdera une proposition didactique pour prendre en compte, dans l’enseignement de la littérature, la diversité des lectures des élèves. 1. La diversité et l’école : La diversité peut d’abord être décrite comme un ensemble de phénomènes sociaux, accrus, entre autres, par l’intensification des migrations humaines, par la révolution des communications numériques, par la multiplication de processus d’appartenance, parfois contradictoires (nationaux, régionaux, linguistiques, ethniques, religieux, générationnels, liés au genre, à l’orientation sexuelle, etc.). La diversité est donc en premier lieu une réalité massive des sociétés mondialisées qui rend problématique le rapport de chaque sujet à lui-même et au monde (Fabre, 2015). La diversité peut ensuite être conçue comme une notion entretenant des relations complexes et parfois confuses avec les concepts d’identité et d’altérité. Les usages galvaudés de l’expression « diversité culturelle », relayés par les discours institutionnels et médiatiques, tendent à brouiller sa portée euristique. La diversité peut-elle être réduite à un patrimoine à conserver, à la description archiviste des formes culturelles spécifiques à des communautés « minorisées »? La diversité est-elle une « valeur à célébrer » (UNESCO, 2015), une valeur en soi s’énonçant dans une injonction normative à « vivre ensemble »? Contribue-t-elle au pluralisme des valeurs auxquels l’école a pour mission d’éduquer les élèves (Leroux, 2016)? Selon nous, clarifier les conceptions possibles de la diversité, dans le contexte d’une école inclusive, est l’une des tâches de la pensée éducative actuelle. Notre contribution théorique consistera à suspendre momentanément le dialogue entre des communautés définies par leurs différences pour envisager la diversité inhérente à chaque sujet. Plus précisément, la diversité sera redéfinie, non comme un décor bigarré extérieur à la situation didactique, mais comme un processus de subjectivation, soutenu, en particulier, par l’enseignement de la littérature. 2. La diversité et l’enseignement de la littérature : Si la littérature apparait comme un des moyens privilégiés de la compréhension de la diversité, c’est d’abord parce qu’elle constitue un réservoir, quasiment infini, de variations fictionnelles sur les rapports entre soi-même, autrui et le monde (Ricœur, 1985), c’est ensuite parce qu’elle permet à chaque lecteur de s’ouvrir à la possibilité de devenir autre que ce qu’il est (Ricœur, 1990). Dans les recherches en didactique de la littérature, l’étude de la diversité a été plus souvent rapportée aux formes, aux valeurs, aux visions du monde représentées dans les œuvres littéraires qu’à leurs réceptions par des élèves. Loin de s’exclure, ces deux approches sont complémentaires, mais méritent d’être distinguées, dans la mesure où la diversité des lectures proposées par les élèves est autant le résultat du choix d’un corpus aux thématiques spécifiques que l’effet d’un renouvèlement des pratiques de l’enseignement de la littérature. Ce renouvèlement repose sur des recherches en didactique de la lecture, centrées sur les « sujets lecteurs », selon lesquelles accueillir l’investissement subjectif de chaque élève (Rouxel et Langlade, 2004) est une condition du dialogue sur les textes en classe (Fourtanier et Langlade, 2007). Il en résulte une « diversité interprétative » grâce à laquelle les élèves peuvent élargir leur compréhension (réflexive et réciproque) de leur diversité subjective (Sauvaire, 2013). Nous clorons cette communication par la présentation de trois activités didactiques dont l’intégration est susceptible de favoriser la « diversité interprétative » dans les classes du primaire (cycle 3) et du secondaire.

Résumé
11 h 00
Représentations de l’Inde et choc culturel dans le roman jeunesse « L’intouchable aux yeux verts » de Camille Bouchard
Monique NOËL (UdeM - Université de Montréal)

Perdu dans Bénarès, confronté aux dures réalités de la vie quotidienne des enfants des rues en Inde, un adolescent québécois découvre les castes, le dharma, le karma, la belle Ravinya et les rats. Dans ce roman coup-de-poing écrit par le globe-trotteur Camille Bouchard, le héros souffre d’un déphasage culturel : il ne retrouve pas ses repères dans des domaines aussi vitaux et variés que l’alimentation, les comportements, la manière de vivre, la relation à l’autorité, la relation entre les pairs, la relation entre les sexes... Dans un premier temps, en empruntant à la sociologie, et en opposant les deux extrêmes du système des castes en Inde, nous décrirons l’incidence des facteurs sociaux sur l’intrigue et sur le personnage principal qui va vivre la culture de l’Autre de l’intérieur : par exemple, la loi vue sous l’angle de la police, du crime organisé et de la religion, ainsi que l’organisation des biens et services.  Nous verrons comment l’Autre devient, pour cet adolescent, le support d’une série de constructions, d’imputations, de projections, aussi bien dans sa connaissance que dans sa méconnaissance (Jodelet, 2005, p. 28). Ensuite, dans ce récit fictionnel au je, nous examinerons le discours évaluatif du personnage principal selon les trois vecteurs suivants : 1) le regard; 2) le langage; 3) le travail (Hamon, 1984, p.125  et Jouve, 2001, p. 26). Ceux-ci agiront comme révélateurs de sa curiosité, de son attirance, de sa peur, de son incompréhension, de son indignation, de sa passion. Enfin, sans minimiser le plaisir de la lecture, nous nous questionnerons sur l’engagement idéologique, politique et esthétique de l’auteur (Benert et Clermont, 2011) ainsi que sur les apports de la littérature de jeunesse et de L’intouchable aux yeux verts en particulier : outil d’éveil de la conscience et d’éducation interculturelle, d’éducation à la vie, au destin et à la mort (Eco, 2002)?

Résumé
11 h 30
Diversité et hybridité culturelles dans « Le ricanement des hyènes » de Camille Bouchard
Sylvain BREHM (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Camille Bouchard est l'auteur de plusieurs romans jeunesse dans lesquels des adolescents québécois sont confrontés à l'altérité culturelle (notamment L'Intouchable aux yeux verts ou La caravane des 102 lunes). Le ricanement des hyènes est un texte particulièrement intéressant parce qu'il met en scène, dans un village retiré du Burkina Faso, la rencontre entre de nombreux personnages représentant des cultures (africaine et occidentale), des religions (catholique, musulmane et animiste) et des rapports au savoir (positivisme scientifique et traditions ancestrales) différents. Parmi ces personnages, deux adolescents se distinguent en raison de leur hybridité. Manuel, le fils des médecins québécois travaillant dans le village, est né au Kenya où il a été mordu au visage par une lionne (dans un précédent roman de Bouchard : La marque des lions). Les lacérations, de même que son profond sentiment d'appartenance à l'Afrique, font en sorte qu'on le surnomme « le Blanc qui est noir dans sa tête » (Bouchard, 2004 : 9). Sangou, quant à elle, est la fille du marabout du village. En tant qu'albinos, elle porte également sur son corps les marques d'une différence. Dans son cas, cette différence la condamnent à être mise au ban de sa communauté. De plus, victime d'hallucinations, elle prétend voir des apparitions de la Vierge Marie qui suscitent encore plus la méfiance de son entourage, mais aussi l'intérêt de missionnaires catholiques qui ne tardent pas à faire de Sangou un objet de dévotion. Mon analyse portera, dans un premier temps, sur la représentation de la diversité culturelle et de la rencontre interculturelle dans le roman de Bouchard grâce, notamment, aux travaux de Collès (2013, 2007), de Perrot et Bruno (1995) ainsi que de Demorgon (2000). Dans un second temps, je me consacrerai à l'examen des figures de l'altérité et de l'ambiguïté culturelles que sont Manuel et Sangou. Je ferai appel, en particulier, aux recherches de Pouliot (1994) et de Lebrun (1999) consacrées aux représentations de l'Autre dans la littérature jeunesse, et aux travaux d'Amselle (1990) et de Chelala (2008) qui portent respectivement sur le métissage et la construction identitaire des albinos en Afrique.

Résumé
Dîner
12 h 00 à 14 h 00
Dîner
Dîner
Après-midi
14 h 00 à 15 h 00
Communications orales
Diversité linguistique et culturelle à l’école : réalité et fiction
Présidence/Animation : Rachel DeRoy-Ringuette (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 308
14 h 00
Exploiter des livres bilingues et plurilingues à l’école pour éveiller à la diversité linguistique et culturelle
Catherine GOSSELIN-LAVOIE (UdeM - Université de Montréal), Françoise Armand (UdeM - Université de Montréal)

Au Québec, et plus particulièrement à Montréal, la présence importante d’enfants issus de l’immigration et en apprentissage du français langue seconde (voire tierce) nous amène à nous pencher sur les pratiques pédagogiques en lien avec le développement des compétences en littératie. En 2014, c’est 42,7 % des élèves montréalais qui étaient allophones, c’est-à-dire qui n’avaient ni l’anglais ni le français comme langue maternelle (CGTSIM, 2015). La politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle (MEQ, 1998) ainsi que, plus récemment, la Stratégie d’action en matière d’immigration, de participation et d’inclusion du ministère Immigration, Diversité et Inclusion (2016) recommandent de tenir compte de la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse en milieu scolaire et de valoriser les compétences plurilingues et la diversité linguistique tout en mettant de l’avant le rôle du français comme langue commune. Également, Armand (2012) souligne l’importance, en milieu scolaire, d’adopter une position de « funambule » entre le français, langue commune, et les langue(s) maternelle(s) des élèves. L’exploitation de livres bilingues et plurilingues permet de concrétiser cette approche de complémentarité entre les langues. Ce type de livre réunit deux langues ou plus au sein d’un même support, allant d’un texte rédigé majoritairement dans une langue et comprenant des incursions de quelques mots dans une ou plusieurs autre(s) langue(s) à un texte entièrement traduit dans deux langues (Perregaux, 2009). Dans une optique d’éveil aux langues (Armand et al., 2012; Armand et al., 2015), l’utilisation de livres bilingues et plurilingues, autant dans les classes plurilingues qu’à tendance majoritairement francophone, permet entre autres aux enfants de développer des attitudes positives face à la diversité linguistique et culturelle tout en facilitant, en milieu pluriethnique, la reconnaissance et la légitimation des langues maternelles des enfants et de leurs familles. Dans cette communication, nous présenterons quelques exemples d’activités impliquant des livres bilingues ou plurilingues réalisées en milieu scolaire.

Résumé
14 h 30
« On est pareils! »… ou pas? Représentation de la diversité culturelle dans les albums pour la jeunesse portant sur le premier jour d’école
Johanne Prud'homme (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Dans une entrevue qu’il accordait au Courrier de l’Unesco, en 1993, Umberto Eco affirmait : « Il faut agir sur les jeunes générations très tôt, dès l'âge de trois ou quatre ans […] pour leur faire comprendre cette idée même de diversité » (Huyghe, 1993). En cela, on ne peut négliger l'importance de développer, chez le jeune enfant, une conscience précoce des signes et systèmes permettant de manifester des réalités différentes de la sienne. La littérature pour la jeunesse destinée aux tout-petits — en particulier, les albums illustrés — s'avère, à ce titre, un moyen pour rendre visible et synthétiser différentes manifestations de la diversité culturelle ou ethnoculturelle dont la connaissance, autrement, serait redevable à une expérience plus extensive du monde. C'est l'une des étapes de la vie de l'enfant, telle qu'elle est représentée comme le mettant (ou non) en contact avec cette diversité, qu'il s'agira ici d'examiner. L’entrée à l’école — puisque c'est d'elle dont il s'agit — fournira un cas exemplaire intéressant en ce qu'elle se révèle, peut-on penser, un moment-clef du parcours menant à la reconnaissance de la différence et à la compréhension de l’Autre. De fait, c’est à la faveur de cette étape importante de son développement psychosocial que l'enfant, s’arrachant à son espace — souvent représenté en littérature par celui de sa chambre (Mangeard-Bloch, 2014)  — et à sa famille, plonge dans le monde et expérimente la diversité, culturelle ou autre. Cette entrée en maternelle, selon Gasparini (2013), peut être considérée, dans les sociétés occidentales, comme un véritable « rituel contemporain ». Aussi, le corpus de la littérature destinée aux jeunes enfants — dont les œuvres , souvent,  documentent les grands moments de la vie des petits — comprend nombre de titres consacrés exclusivement à cet événement. Ce sont de tels albums racontant la première journée d'école que nous soumettrons à l'examen. Comment, dans une dizaine d'albums publiés au cours des cinq dernières années, représente-t-on la diversité culturelle et le rapport du personnage principal à cette dernière? S'y trouve-t-elle évoquée dans le texte? dans l'image? Que disent ces œuvres récentes en toutes lettres ou sotto voce de notre rapport à la diversité? Voilà les questions auxquelles nous tenterons de répondre.

Résumé
15 h 00
Pause
15 h 30 à 16 h 30
Communications orales
Auteurs et personnages immigrants dans la littérature de jeunesse québécoise
Présidence/Animation : Monique NOËL (UdeM - Université de Montréal)
Batiment : (BH) BURNSIDE HALL
Local : (BH) 308
15 h 30
Les récits d’enfance chez trois auteurs issus de l’immigration
Suzanne Pouliot (UdeS - Université de Sherbrooke)

Denise Escarpit (1993) identifie trois types de romans d’enfance : 1) les récits autobiographiques qui sont une pierre apportée à l’histoire; 2) les récits autobiographiques qui racontent une tranche de vie du narrateur; 3) les récits autobiographiques qui entremêlent réel et fiction qui sont le fruit d’une expérience individuelle insérée dans un contexte historique et social bien précis. Parmi les auteurs québécois issus de l’immigration récente, trois auteurs se démarquent par leur engagement littéraire auprès des jeunes et des adultes, en leur proposant des récits d’enfance, sous forme de romans ou d’albums : Marie-Célie Agnant, Dany Laferrière et Maryse Rouy. Pour notre propos, nous étudierons, dans un premier temps, le type de romans ou d’albums d’enfance publiés par ces auteurs pour, dans un deuxième temps, dégager les principales caractéristiques qui se dégagent des œuvres retenues. En dernier lieu, nous examinerons si les univers représentés par des auteurs venus de divers horizons (France et Haïti) facilitent ou suscitent le dialogue des cultures, dans une société aux visées interculturelles.

Résumé
16 h 00
La représentation des Rwandais en littérature pour la jeunesse québécoise de 2000 à 2017
Sophie Michaud (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

Comme le font remarquer Mélanie Marion, dans son mémoire de maîtrise intitulé Les représentations du mal en littérature pour la jeunesse : le cas du génocide des Tutsis et Suzanne Pouliot dans son article « Les personnages africains dans la littérature québécoise pour la jeunesse », de plus en plus de personnages africains font leur apparition en littérature pour la jeunesse en raison de « la situation migratoire due aux guerres et aux génocides qui ont sévi en Afrique depuis les années 1990 » (Pouliot, p. 23). En 1994, selon l’ONU, au Rwanda, environ 800 000 personnes ont été massacrées lors du génocide des Tutsis perpétré entre avril et juillet. Depuis ces événements, plusieurs Rwandais ont trouvé refuge au Québec. Selon les dernières données d’Immigration et Communautés culturelles Québec, de 1991 à 1995, 125 Rwandais ont immigré au Québec; de 1996 à 2000, il y en a eu 400; alors que, de 2001 à 2006, 450 d’entre eux ont immigré ici. Comme ces immigrants font maintenant partie intégrante du peuple québécois et que la littérature reflète la société ainsi que son histoire, nous nous proposons d’étudier la socialité du texte, c’est-à-dire d’analyser les représentations de l’image de l’Autre, terme emprunté à Suzanne Pouliot (1994), dans ce cas les Rwandais, au sein de la littérature pour la jeunesse québécoise de 2000 à aujourd’hui, et ce, à travers cinq ouvrages, soit Lettre à Madeleine de Marie-Danielle Croteau (2005), Sergent Jack d’Éric Walters (2008), Ma mère est Tutsi, mon père Hutu de Pierre Roy (2007), Les hyènes rôdent toujours de Caroline Auger (2017) et Ma famille 3+1=7 d’Isha Bottin (2017). Quelles sont les représentations socioculturelles identifiées au sein de ces récits? Traite-t-on seulement de l’histoire sociétale et politique passée du Rwanda dans ces récits? Aborde-t-on les coutumes et le mode de vie des Rwandais? Leur alimentation? Leur habillement? Leur religion? Leur langue maternelle et les acquisitions linguistiques de la langue étrangère? Ces représentations sont-elles dominées par certains clichés? Est-ce qu’elles enseignent la différence et la tolérance? Les réponses à ces questions nous permettront de faire un portrait de la présence de cette communauté culturelle dans la littérature pour la jeunesse québécoise contemporaine.

Résumé
16 h 30
Mot de clôture