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Présentateur des activités scientifiques

647 - L’autonomisation des femmes entrepreneures à l'ère du numérique et de l'intelligence artificielle : défis et opportunités

  • Mardi 12 mai 2026
  • Mercredi 13 mai 2026

Responsables

La principale question qui sera débattue dans ce colloque est : comment les nouvelles technologies et l'intelligence artificielle favorisent une réelle autonomisation économique des femmes entrepreneures dans une perspective comparative Nord/Sud ?

Les présentations seront faites au Colloque 647 prévu les 12 et 13 mai 2026 en présentiel ou en virtuel. L'objectif de ce Colloque est de combler les lacunes documentaires et de dégager des pistes concrètes pour orienter les politiques publiques, les programmes de formation et les innovations technologiques vers des modèles plus inclusifs et équitables quant aux usages des nouvelles technologies dans le domaine de l'entrepreneuriat féminin. Pour ce faire 5 axes ont été retenus:

Axe 1 : Renforcement des capacités des femmes entrepreneures: état de la situation dans le monde

Axe 2: Les usages des nouvelles technologies  et de l’Intelligence Artificielle par les femmes entrepreneures et leurs retombées

Axe 3 : Intelligence artificielle : théories et pratiques

Axe 4 : Études comparatives Nord/Sud de l’autonomisation des femmes entrepreneures à l'ère du numérique et de l'intelligence artificielle

Axe 5 : Influence des dispositifs de formation, de l’accompagnement entrepreneurial et du renforcement des compétences numériques sur la conversion des usages numériques en bénéfices économiques pour les femmes entrepreneures.

L’intention de communication est à envoyer au plus tard le 13 février 2026 à l’adresses courriel suivante colloque647@gmail.com dans le format ci-dessous:

•    Objet du courriel : « ACFAS 2026 – COLLOQUE 647 »

•    Contenu du courriel: 

  • Identification claire du/de la conférencier.e

▪     Nom et prénom.s

▪     Titre et établissement/institution

▪     Coordonnées (adresse courriel et téléphone) 

  • Deux (2) pièces jointes: 

▪     1. La page titre 

▪     2. La proposition de communication (incluant mots-clés, résumé)

 


Appel à communications

1. Introduction

Le colloque 647 se situe dans le cadre du 93e Congrès de l’Acfas qui se tiendra du 11 au 15 mai 2026 à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) en Mauricie sous le thème de “Sciences sans frontières”. Tout comme les sciences, la région de la Mauricie se veut ouverte sur la connaissance et sur le monde. Elles sont, toutes les deux, sans frontières. C’est dans cette perspective d’ouverture que nous vous accueillerons au colloque 647 dans le but de mutualiser nos connaissances sur les nouvelles technologies qui peuvent contribuer au renforcement des capacités des femmes entrepreneures d’ici et d’ailleurs.

2. Problématique 

L’essor rapide des technologies numériques et de l’intelligence artificielle transforme en profondeur les modèles de production, d’échange et d’entrepreneuriat à l’échelle mondiale. Présentées comme des leviers d’innovation, d’inclusion et de croissance, ces technologies soulèvent toutefois des enjeux majeurs en matière d’inégalités, en particulier pour l’autonomisation économique des femmes entrepreneures. Loin d’être un simple problème d’infrastructures, la fracture numérique apparaît aujourd’hui comme un phénomène multidimensionnel, structuré autour de l’accès aux technologies, de leur appropriation effective et de la capacité à convertir les usages numériques en bénéfices économiques et professionnels (Ragnedda et Muschert, 2015 ; Lithreatis et al., 2022).

Dans de nombreux pays du Sud, les femmes entrepreneures font face à des contraintes persistantes d’accès aux réseaux numériques, aux équipements et aux services technologiques, liées au coût, à l’insuffisance des infrastructures ou aux disparités territoriales (UNESCO, 2023). Toutefois, ces obstacles matériels ne constituent qu’une partie du problème. Les inégalités se manifestent également dans les compétences et les usages, notamment en raison de niveaux de littératie numérique inégaux, de parcours de formation différenciés et de normes sociales qui limitent l’autonomie d’usage des femmes et leur capacité à intégrer pleinement les technologies dans leurs activités entrepreneuriales (Van Deursen et al., 2021 ; GSMA, 2023).

Au-delà de l’accès et des compétences, une troisième dimension, souvent moins visible mais décisive, concerne la transformation des usages numériques en opportunités concrètes d’autonomisation. Même lorsque les femmes entrepreneures accèdent aux technologies numériques, elles en retirent fréquemment moins de bénéfices économiques, de gains de productivité ou d’opportunités de croissance que leurs homologues hommes (Ragnedda, 2017 ; UN Women, 2023). Cette inégalité dans la captation de la valeur numérique questionne directement le rôle du numérique et de l’IA comme vecteurs réels d’émancipation entrepreneuriale.

Pourtant, les technologies numériques et l’intelligence artificielle offrent des perspectives inédites d’autonomisation. Le développement des services financiers numériques, de l’argent mobile et des systèmes d’identification numérique a permis à des millions de femmes d’accéder pour la première fois à des services essentiels, facilitant la création, la formalisation et le développement d’activités entrepreneuriales (Demirgüç-Kunt et al., 2022 ; World Bank, 2023). De même, les plateformes numériques de commerce en ligne, de travail à distance ou de mise en relation ouvrent de nouveaux marchés et permettent de contourner certaines contraintes structurelles liées à la mobilité, au temps ou à l’accès aux réseaux traditionnels (Ahmed et al., 2025).

Cependant, ces opportunités ne conduisent pas mécaniquement à une autonomisation durable. La littérature récente souligne que le numérique et l’IA peuvent aussi reproduire, voire amplifier, les inégalités de genre existantes (Gomez-Herrera et Köszegi, 2022 ; O’Connor et Liu, 2024). En effet, l’impact réel de ces opportunités demeure fortement conditionné par des facteurs structurels et institutionnels. La qualité des infrastructures, l’accessibilité économique des technologies, la gouvernance des données, la protection contre les risques numériques, la régulation des plateformes ainsi que la faible représentativité des femmes dans les secteurs technologiques influencent directement la capacité des femmes entrepreneures à tirer pleinement parti du numérique et de l’IA (UN Women et ITU, 2024). À ces contraintes s’ajoutent des obstacles socioculturels persistants, qui continuent de freiner l’accès aux ressources numériques, l’usage stratégique des technologies et la participation des femmes aux processus d’innovation. Les biais algorithmiques constituent, à cet égard, un risque majeur : plusieurs études ont montré que les systèmes d’intelligence artificielle, lorsqu’ils reposent sur des données biaisées ou non représentatives, tendent à reproduire les discriminations sociales existantes et peuvent réduire les opportunités d’accès au crédit, à l’emploi ou aux plateformes numériques pour les femmes entrepreneures (West et al., 2019). Par ailleurs, l’exposition accrue à la violence numérique, au harcèlement en ligne et aux risques liés à la protection des données constitue un frein supplémentaire à l’appropriation sécurisée et stratégique des technologies (UN Women et ITU, 2024). En Afrique notamment, l’absence de cadres de gouvernance adaptés, de ressources locales et de données sensibles au genre limite l’impact des innovations numériques sur l’autonomisation économique des femmes entrepreneures (AI4D Africa, 2023).

Dans ce contexte, la problématique centrale ne réside plus uniquement dans l’accès aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle, mais dans les conditions sociales, économiques et institutionnelles qui permettent aux femmes entrepreneures de se les approprier, de les mobiliser stratégiquement et d’en tirer des bénéfices durables. Dès lors, dans une perspective comparative Nord/Sud, il s’agit de comprendre dans quelle mesure et sous quelles conditions le numérique et l’IA peuvent devenir de véritables leviers d’autonomisation des femmes entrepreneures, plutôt que de nouveaux facteurs de reproduction des inégalités de genre.

3. Pertinence

L’autonomisation économique et financière des femmes constitue une priorité des politiques internationales, notamment dans le Programme d’action de Beijing et les Objectifs de développement durable (Nations Unies, 2016). La recherche empirique sur l’inclusion financière souligne le rôle clé de l’accès aux ressources économiques dans la participation des femmes à l’économie. Les services financiers constituent un levier majeur de création d’entreprise et de résilience économique (Demirgüç-Kunt et al., 2022). Toutefois, la littérature montre que l’accès aux ressources financières ne suffit pas, à lui seul, à produire des transformations durables sans formation, accompagnement et soutien institutionnel (Banerjee et al., 2015 ; Demirgüç-Kunt et al., 2022).

Les technologies numériques peuvent jouer un rôle clé dans ce processus. Elles permettent d’élargir l’accès aux services financiers, de réduire les coûts associés, de simplifier les démarches administratives et de proposer des services mieux adaptés aux contraintes des femmes, notamment dans les zones rurales ou enclavées (GSMA, 2023 ; World Bank, 2023). Elles offrent également de nouvelles possibilités de formation, d’insertion économique ou de participation à des chaînes de valeur mondiales, notamment grâce à l’e-commerce ou au travail indépendant (Lundquist et Kang, 2021). Bien qu’il y ait des avancées prometteuses, d’autres recherches sont nécessaires sur la façon dont les services financiers peuvent être conçus, afin de répondre aux besoins des femmes entrepreneures non seulement sur les questions d’accès, mais surtout sur les difficultés sous-jacentes et systématiques qui restreignent cet accès et cet usage des technologies numériques et l’intelligence artificielle (CRDI, 2018). Ceci permettra de mieux comprendre la façon dont les innovations technologiques peuvent avoir un effet transformateur dans le domaine de l’entrepreneuriat féminin et dans le secteur financier.

Dans ce contexte, la pertinence du colloque réside dans sa capacité à réunir chercheur·euses, acteur·trices de terrain et décideurs pour analyser de manière critique et multidimensionnelle le rôle du numérique et de l’IA dans l’autonomisation des femmes entrepreneures. Il s’agit de dépasser les discours techno-solutionnistes en mettant en lumière les dynamiques réelles d’appropriation, les obstacles persistants et les conditions socio-institutionnelles nécessaires pour que les technologies deviennent de véritables leviers d’émancipation. 

Ce colloque contribuera à combler les lacunes documentaires, particulièrement visibles dans les pays du Sud, et permettra de dégager des pistes concrètes pour orienter les politiques publiques, les programmes de formation et les innovations technologiques vers des modèles plus inclusifs et équitables mais aussi la mise en place d'un réseau de femmes entrepreneures Nord/Sud ; afin d'offrir des plateformes numériques d’échange, de partage et de soutien aux femmes qui veulent entreprendre 

Afin d'atteindre ces objectifs, les réflexions tourneront autour de ces différents axes :   

Axe 1 : Renforcement des capacités des femmes entrepreneures: état de la situation dans le monde

Axe 2: Les usages des nouvelles technologies  et de l’Intelligence Artificielle par les femmes entrepreneures et leurs retombées

Axe 3 : Intelligence artificielle : théories et pratiques

Axe 4 : Études comparatives Nord/Sud de l’autonomisation des femmes entrepreneures à l'ère du numérique et de l'intelligence artificielle

Axe 5 : Influence des dispositifs de formation, de l’accompagnement entrepreneurial et du renforcement des compétences numériques sur la conversion des usages numériques en bénéfices économiques pour les femmes entrepreneures.

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