624 - Décoloniser l’enseignement universitaire : expériences pédagogiques et recherches relationnelles en contextes autochtones
- Mercredi 13 mai 2026
Responsables
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Yvette Mollen
UdeM - Université de Montréal
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Sandro Echaquan
UdeM - Université de Montréal
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Amélie Blanchet Garneau
UdeM - Université de Montréal
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Mathieu Boivin
UdeM - Université de Montréal
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Philippe Boucher
Université Carleton
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Gaelle Deblonde
UdeM - Université de Montréal
L’université demeure traversée par des héritages coloniaux qui structurent la production des savoirs, les curriculums et les pratiques pédagogiques (Smith 1999 ; Battiste 2008 ; Kovach 2009). Ces cadres, fondés sur l’épistémologie occidentale, tendent à marginaliser les dimensions collectives, relationnelles et territoriales des savoirs autochtones (Wilson 2008 ; Simpson 2017). Décoloniser l’enseignement universitaire ne peut se réduire à « inclure » ces savoirs : il s’agit d’une transformation structurelle des rapports entre institution et communautés, visant des relations de réciprocité, d’humilité et de coresponsabilité (Tuck et Yang 2014 ; Chilisa 2020).
Des travaux récents soulignent que la réussite étudiante autochtone repose sur des environnements favorisant la réappropriation identitaire, culturelle et linguistique, plutôt que reproduction de dynamiques d’assimilation (Dufour 2019 ; Wiscutie-Crépeau 2020). La sécurisation culturelle (Ramsden 2002) apparaît comme un levier majeur pour rendre l’université accueillante et pertinente, transformant pratiques pédagogiques, politiques d’admission et structures de gouvernance.
Ce colloque propose d’examiner des initiatives universitaires qui déplacent la pédagogie hors des logiques extractives. Seront mis en dialogue : un cours universitaire à Kawawachikamach (2025), coconstruit avec la communauté naskapie ; des cours immersifs en langue innue à Ekuanitshit (2024), liant culture et vie quotidienne innue ; et la mise en place d’un comité autochtone en criminologie (2019—). Ces exemples, parmi d’autres, issus de l’appel à communications, alimenteront une réflexion collective sur les conditions d’un enseignement universitaire décolonial.
L’enjeu est de documenter une pédagogie ancrée dans :
- la reconnaissance des savoirs autochtones comme normativité (Simpson 2016) ;
- la centralité du territoire et de la langue (Cajete 2000) ;
- une pédagogie relationnelle fondée sur réciprocité et fragilité (Tshernish 1980 ; Wilson 2008)
Appel à communications
Décoloniser l’enseignement universitaire : expériences pédagogiques et recherches relationnelles en contextes autochtones
L’enseignement universitaire est marqué par des héritages coloniaux qui privilégient une pédagogie qui écarte trop souvent les savoirs autochtones. Bien que des politiques d’inclusion soient en place, l’institution fonctionne souvent sur un mode extractif, ignorant les dimensions collectives et territoriales propres aux savoirs autochtones. Décoloniser l’enseignement exige un changement structurel et une reconfiguration des pratiques pédagogiques vers la sécurisation culturelle. Il s’agit de transformer les rapports institutionnels en relations de réciprocité et de coresponsabilité.
Appel à contributions
Ce colloque s’appuie sur des initiatives de coapprentissage (cours immersifs, comités de cogouvernance, etc.) pour faire de l’université un lieu de partage, de justice et d’autodétermination. Nous invitons les personnes professionnelles, praticiennes, étudiantes, chercheuses, enseignantes, et membres des communautés autochtones à partager leurs expériences vers un enseignement décolonisé. L'objectif est de nourrir une réflexion collective ancrée dans la reconnaissance des savoirs autochtones, tout en valorisant la centralité du territoire et des langues.
Soucieux d'offrir un espace d'accueil ouvert et inclusif, le colloque invite au partage de savoirs expérientiels. Nous encourageons ainsi une diversité de contributions : qu'il s'agisse d'analyses critiques, de résultats de recherche, de récits de pratique situés ou de retours réflexifs sur des projets en cours. Les propositions peuvent prendre une diversité de formats : présentation, cercle de partage, vidéo, œuvre, bande dessinée, etc.
Plus spécifiquement, nous encourageons les communications visant à :
- Analyser des immersions linguistiques et pédagogiques tenus en territoire ou communauté autochtone.
- Documenter la mise en pratique de la sécurisation culturelle transformant les pratiques d’enseignement, l’encadrement des stages et l’évolution de la formation professionnelle (ex. Principe de Joyce).
- Analyser la gouvernance et les politiques universitaires, telles que les admissions, le rôle des comités autochtones, les bourses et les réformes pédagogiques.
- Étudier des méthodologies décoloniales innovantes, comme l’éducation située (place-based education), la vision à double regard (Two-Eyed Seeing) et la cogouvernance des données et des savoirs.
- Présenter des exemples d'expériences vécues de coconstruction université-communauté, d’innovations pédagogiques et de développements d’outils transférables.
Les propositions de communications seront évaluées par un comité scientifique et doivent être soumises en format Word à l’attention du comité à l’adresse mathieu.boivin.2@umontreal.ca au plus tard le 13 février 2026 à 18 h. Elles doivent inclure le nom des personnes présentatrices, un titre (180 caractères incluant les espaces), un résumé (1500 caractères incluant les espaces).
Consulter la page du programme sur acfas.ca/evenements/congres/programme-preliminaire/600/624.
Nous vous remercions de votre contribution!
Le comité organisateur
Yvette Mollen (UdeM), Sandro Echaquan (UdeM), Amélie Blanchet Garneau (UdeM), Mathieu Boivin (UdeM), Philippe Boucher (Carleton)
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