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429 - Le monitoring citoyen au secours des dégradations de l’environnement

Section 400 - Sciences sociales

  • Lundi 3 mai 2021
  • Mardi 4 mai 2021

Responsables

Le monitoring des dégradations de l’environnement dans nos sociétés connaît un tournant depuis une trentaine d’années, avec la montée d’une expertise citoyenne. Dans le domaine de l’hydrologie, de la pollution de l’air ou encore de l’érosion de la biodiversité, les conditions sociales et techniques semblent réunies pour que des citoyens s’engagent dans l’action militante par la collecte de données, et le suivi cognitif de l’évolution de leur environnement.

Ce colloque vise à rapprocher les recherches qui portent d'une part sur les sciences participatives de la biodiversité, issues de l'initiative de scientifiques en direction des amateurs (Charvolin, 2019) et, d'autre part, sur les travaux d'épidémiologie populaire (Akrich et al., 2010) et les initiatives de monitoring citoyen en lien avec des pollutions diverses (installations agricoles, industrielles ou pratiques spécifiques comme la surpêche, etc.). Il manque en effet une analyse transversale et transdisciplinaire à cette démultiplication des outils d’inventaires, d’atlas, de monitoring qui équipe désormais l’action publique à tous les échelons. Le tournant participatif de la vigilance relative à la nature pour la protéger et aux pollutions pour les réduire, offre un cadre commun à des spécialités et à des acteurs publics souvent hétérogènes. Il témoigne de la gouvernance à l’œuvre dans les sociétés occidentales et de l’évolution récente des régimes de production de la science.

Le colloque aborde ces pratiques multiples sous différents angles : la création et l'exploitation en réseau de big data qui associent des démarches scientifiques naturalistes et expérimentales (Strasser, 2019), la mise en place d’infrastructures d'information en open source qui nécessitent d'être réévaluées à l'aune de la sociologie et de l'histoire des sciences (Bowker et Star, 1999). Il traite également de pratiques communautaires visant la création de connaissances pour la contestation de projet locaux (Ottinger, 2013) ou encore des activités d'amateurs du dimanche qui alimentent les bases de données sur la connaissance et la protection de la nature (Heaton et al., 2018),...

En réunissant des chercheurs et spécialistes de différentes disciplines (sociologie, anthropologie, histoire des sciences, philosophie, sciences politiques, etc.), nous souhaitons ainsi développer des axes de réflexion liés aux dimensions épistémologiques, organisationnelles et politiques relatives à l’extension de l’expertise citoyenne dans les réseaux de sciences participatives d’observation de la nature et dans ceux qui ont trait au monitoring des pollutions. Ces rencontres devraient en outre alimenter des questions transversales telles que les conditions de la démocratisation des savoirs, la production d'analyses rompant avec l'argument du modèle du déficit (Irwin et Wynne, 2009) ou encore des réflexions épistémiques sur les formes de légitimités multiples voire concurrentes de la connaissance de la nature.