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Auteur et co-auteurs
Matthieu Vincenot
UdeS - Université de Sherbrooke
Monica Sean, Gendron Louis, Serge Marchand et Guillaume Léonard
Université de Sherbrooke, Université de Sherbrooke, Université de Sherbrooke, Université de Sherbrooke
5a. Résumé

La sommation temporelle (ST) est un mécanisme excitateur qui tend à augmenter la douleur suite à une stimulation douloureuse à haute fréquence. Les CPM (Conditionned Pain Modulation), activés suite à une stimulation de haute intensité, tendent pour leur part à diminuer la perception douloureuse. L’effet du sexe sur ces mécanismes de modulation de la douleur a été étudié par le passé mais les résultats demeurent souvent contradictoires. Au-delà de l’amplitude de la réponse, il est possible que ces mécanismes présentent un décours temporel différent selon qu’on soit homme ou femme. 

Trois stimulations successives (S1, S2, S3) ont été appliquées sur 354 participants sains. S1 et S3 correspondent à une stimulation thermique douloureuse d’intensité moyenne et constante. S2 correspond à une stimulation à haute intensité (stimulus conditionnant servant à activer les CPM. La ST correspond alors à l’augmentation de la perception douloureuse lors de S1. Les CPM correspondent à la différence de niveau de douleur entre S1 et S3.

Pour la ST, les analyses suggèrent que le patron de réponse des femmes apparaît plus long que celui des hommes et à un intervalle temporel différent. Concernant les CPM, l’intensité varie en fonction du sexe et à travers le temps.

Nos résultats suggèrent pour la première fois que le calcul de l’amplitude ne suffit pas à rendre compte de l’effet du sexe et que l’étude plus approfondie du décours temporel de la réponse est pertinente.

Commentaires

Matthieu Vincenot
Bonjour Carmen, c'est une question interessante. La littérature aborde plusieurs hypothèses a ce sujet. La première concerne les hormones. De nombreuses études chez l'animal démontrent que les hormones sexuelles jouent un rôle important dans les mécanismes de modulation de la douleur. Il ne faut également oublier les facteurs psychologiques et les rôles sociaux qui ont un impacts importants car ces mécanismes dépendent des fonctions cérébrales supérieures (cerveau).
Christian Longtin
Très intéressant Matthieu! En tant que clinicien travaillant avec des patients en douleur, je serais intéressé à t'entendre sur l'impact clinique de ces résultats dans le traitement de la douleur. Merci!
Matthieu Vincenot
Bonjour Christian, Cette question est très pertinente. La sommation temporelle et les CPM, tous deux des mécanismes endogènes de modulation de la douleur. Dans la douleur chronique, il a été démontré que ces mécanises sont déréglé (trop de sommation temporelle ou pas assez de CPM) ce qui serait une des origine de la persistence de la douleur. La littérature scientifique démontre qu'ils sont aussi prédicteurs de la réussite au traitement. Autrement dit, un patient qui présente trop de sommation temporelle serait plus réceptif à un traitement qui vise à diminuer l'excitabilité du système nerveux. A l'inverse, des patients qui présente un déficit des CPM seraient plus réceptifs à une médication qui vise à maintenir les molécules à l'origine des CPM dans le corps. L'utilité clinique est donc un possible option de personnalisation de traitement pour les patients. Mais pour ce faire, il faut savoir correctement mesurer et calculer de manière appropriée ces mécanismes.