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Membre de l'Acfas

Guy Laforest

Administrateur·trice/Cadre – Milieu de la recherche et enseignement supérieur | ENAP - École nationale d'administration publique

J'enseigne et je fais de la recherche en pensée politique et en histoire intellectuelle. Mon travail porte d'abord sur le Canada et le Québec, mais je m'intéresse aussi à la politique en Europe et en Amérique latine.  Dans mes lectures, dans mes cours, il est beaucoup question des théories du fédéralisme, du nationalisme, de l'éducation à la citoyenneté, des théories de la modernité.

Mes liens avec l'Acfas

Responsable
88e Congrès de l'Acfas : Penser l’après-COVID-19
CoresponsableConférencier
87e Congrès de l'ACFAS : Conférence de fermeture : Objectif 2020
Auteur pour le magazine de l'Acfas :

Mentorat

A été mentor pour 10 membres de l’Acfas

Principal secteur de recherche ou d'activité

Lettres, arts et sciences humaines

Mes intérêts de recherche

pensée politique histoire intellectuelle théories du fédéralisme théories du nationalisme politique constitutionnelle au Canada

Formation

  • 1981-1986, université McGill, doctorat en science politique, les sciences sociales modernes: diversité épistémologique et complémentarité politique

Mes publications

Cœur et discipline : 40 ans de vie universitaire et intellectuelle et d’engagement dans la sphère et les institutions publiques

Je suis un enfant de la ville de Québec.  Je suis né et j’ai grandi dans le quartier de Limoilou et j’ai fait des études secondaires et collégiales à une école qui s’appelait alors le Petit Séminaire de Québec, une institution liée à l’expérience historique et politique du Québec. Un de mes plus lointains souvenirs : une messe concélébrée dans la cour intérieure en 1968, pour le tricentenaire de la fondation de l’institution. C’est aussi celle-ci qui a donné naissance à l’Université Laval en 1852. Après une année en droit à l’Université d’Ottawa et des études de premier cycle à l’Université Laval, j’ai fait une maîtrise et un doctorat en science politique à l’Université McGill, obtenant le diplôme de Ph. D. en 1987. De 1986 à 1988 j’ai été chargé de cours à temps plein et chercheur postdoctoral à l’Université de Calgary, au département de science politique, dont les directeurs à l’époque étaient Tom Flanagan et Roger Gibbins. Les deux sont devenus des amis pour la vie. J’aurai donc été professeur et chercheur à l’Université Laval pendant 29 ans, et DG de l’École nationale d’administration publique (ENAP) d’août 2017 à la fin de janvier 2022, et donc responsable aussi des campus de Québec, Montréal et Gatineau, avant et pendant la pandémie de la COVID-19.

J’ai appris le métier de professeur d’université à l’Université Laval, à McGill et particulièrement à l’Université de Calgary, où j’ai trouvé une collégialité sans pareil, grâce notamment à Rainer Knopff et à Ted Morton. Je pense que chaque fois qu’un professeur entre en classe, il doit essayer de former son auditoire au sens fort du terme, en laissant des traces, en espérant que les étudiantes et les étudiants s’en souviendront encore dans 25 ans. Cela exige de viser un idéal fait du respect des quatre principes suivants, sans bien sûr prétendre qu’il soit possible d’atteindre la perfection : enthousiasme, structuration, rigueur, honnêteté. À l’Université de Calgary, Tom Flanagan m’a fait réfléchir à ces principes, et il a fait en sorte que je m’en rappelle dans tous les cours sous ma responsabilité. Et ces principes ne varient pas quand l’auditoire est composé de nos dirigeants politiques et de nos élites administratives, pas plus qu’ils ne varient à l’international.

A l’Université Laval, j’aurai enseigné sur une base régulière des cours en pensée politique et en histoire des idées politiques, des cours sur le nationalisme et le fédéralisme, le cours obligatoire de premier cycle sur la politique au Canada et au Québec, et des cours aux cycles supérieurs en pensée politique, sur le nationalisme (et notamment avec Louis Balthazar) et sur l’histoire intellectuelle du Québec et du Canada. A l’étranger, j’ai donné des cours sur le fédéralisme aux États-Unis (Colorado College 2001 et 2005), en pensée politique sur la réforme du libéralisme (université Pompeu Fabra de Barcelone 1997), sur la démocratie dans les sociétés complexes (université Pompeu Fabra de Barcelone 2009), en espagnol sur les problèmes actuels du fédéralisme (Centre d’études politiques et constitutionnelles, Madrid, 2012 à 2016), et j’ai été professeur invité à l’école d’été de l’Université de Graz à Seggau en Autriche de 2012 à 2016, donnant des cours sur les démocraties complexes.

De 1988 à 2017 au département de science politique de l’Université Laval, 7 de mes étudiantes et étudiants ont obtenu leur doctorat sous ma supervision, et j’ai aussi supervisé quelque 25 mémoires de maîtrise et 15 essais de maîtrise. On compte parmi les étudiants que j’ai formés la professeure Geneviève Nootens de l’Université du Québec à Chicoutimi, le professeur Jocelyn Maclure de l’Université McGill, le professeur Dimitrios Karmis de l’Université d’Ottawa, la professeure Emmanuelle Richez de l’Université de Windsor, le professeur Éric Montigny de l’Université Laval, et le professeur adjoint Félix Mathieu de l’Université de Winnipeg, ainsi que le chercheur post-doctoral Asbjorn Melkevik de l’Université de Montréal. J’ai aussi accueilli comme stagiaire au doctorat en 2010 Marc Sanjaume, maintenant professeur adjoint en science politique à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, et Carme Chacon en 1999, laquelle est devenue plus tard ministre dans le gouvernement Zapatero en Espagne.

Au département de science politique de l’Université Laval je me suis beaucoup investi comme directeur des programmes de premier cycle pendant 7 ans. Pour demeurer sur le thème de la participation départementale, j’aurai aussi été secrétaire de l’Assemblée professorale pendant 2 ans, président de l’Assemblée pendant 8 ans, directeur de département pendant 3 ans, et délégué syndical pendant 2 ans. En 29 ans de carrière, je n’ai jamais refusé un service ou une collaboration demandée par la directrice ou le directeur, ou encore par la doyenne ou le doyen, par la rectrice ou par le recteur. Quand j’y pense bien, dans certains cas il eût été plus sage de refuser…

Sur le plan des publications et de la recherche, mon travail est fait de contributions essentiellement dans 5 domaines : interprétation critique du fédéralisme et de l’État au Canada, développement de l’histoire philosophique du politique au Québec et dans l’ensemble du Canada, participation à l’école canado-québécoise du pluralisme et de la diversité, apport à l’analyse des œuvres politiques, constitutionnelles et philosophiques de Pierre Elliott Trudeau et de Charles Taylor en dialogue avec leurs contemporains et leurs héritières et héritiers intellectuels, finalement un engagement envers la sphère publique et les configurations institutionnelles de la vie intellectuelle.

Quantitativement, cela s’est exprimé de la manière suivante : 6 livres et 25 ouvrages collectifs comme directeur ou co-directeur, 83 chapitres de livres comme auteur ou co-auteur, 49 articles scientifiques comme auteur ou co-auteur, la préparation avec un collègue de 2 numéros de revues savantes, 231 communications savantes, quelques centaines d’interventions médiatiques diverses (je précise que je n’ai jamais comptabilisé cela dans mes rapports d’activités, mais je ne crois pas exagérer), la participation à l’organisation de 34 congrès, colloques ou ateliers, la publication de 49 ouvrages dans la collection Prisme que je dirige aux PUL depuis 1998, une centaine d’articles de journaux, d’entrevues ou d’entrées sur mon blogue en 2016-2017, 2 communications savantes en allemand, 6 communications savantes en catalan, 30 communications savantes en espagnol-castillan, 87 communications savantes à l’extérieur du Canada, et parmi mes publications et communications savantes une cinquantaine portant sur l’Espagne et la Catalogne, ou publiées ou prononcées en espagnol ou en catalan.

Il est juste d’ajouter à cela plus de 250 communications diverses comme directeur général de l’ÉNAP (préfaces, discours, messages aux étudiantes et étudiants ainsi qu’à l’ensemble de la communauté). Je me suis toujours senti extrêmement privilégié d’avoir la chance de travailler dans nos institutions d’enseignement supérieur. Ce fut, certes, LA grande affaire de ma vie publique et professionnelle. Et compte tenu de tous les obstacles sur le chemin menant à l’obtention d’un poste régulier comme professeure ou professeur dans nos universités, je suis bien conscient du fait que j’ai été extrêmement fortuné. Je considère que dans la prochaine étape de ma vie, aider d’autres personnes à réaliser de telles ambitions sera l’une de mes principales responsabilités.

INTERPRÉTATION CRITIQUE DU FÉDÉRALISME ET DE L’ÉTAT AU CANADA

C’est à Calgary entre 1986 et 1988 que j’ai commencé à appliquer les approches de l’épistémologie, de l’herméneutique philosophique et de la pensée politique à l’interprétation critique de l’État et du fédéralisme au Canada. En dialogue depuis 35 ans avec les meilleurs penseurs au pays (en science politique, en histoire, en droit, en philosophie et en sociologie), avec les juges des tribunaux supérieurs et aussi avec des journalistes et des dirigeants politiques sur toutes les tribunes qui m’ont été offertes, j’essaie de proposer à l’aide des principes suivants une lecture novatrice de l’identité politico-constitutionnelle du Canada, laquelle m’a valu maintes invitations à l’étranger (essentiellement aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Belgique en Allemagne, en Espagne, en Amérique latine et dans une moindre mesure en Europe de l’Est : le rôle de l’État dans la promotion d’un projet national canadien en Amérique, l’héritage britannique pluriséculaire en droit public et organisation étatique, de même que sur le plan de la culture politique, le fédéralisme dans tous ses visages et dans toutes ses écoles interprétatives, enfin le rôle d’abord rassurant du Québec dans l’appui au projet national canadien doublé d’un rôle inquiétant associé au développement d’un projet national québécois parfois en rivalité avec le projet national canadien.

Se retrouvent notamment au sein de cet apport la distinction entre l’asymétrie directe à la française et l’asymétrie oblique ou indirecte à l’anglo-écossaise (article 94 de la Loi de 1867) dans les textes constitutionnels canadiens, de même que les remaniements suggérés au fil des ans au texte de la Charte canadienne des droits et libertés pour mettre fin à l’exil intérieur du Québec dans le Canada contemporain, sans oublier la comparaison entre les rébellions réprimées de l’ère impériale (1837-1838) et les rébellions échouées de l’ère démocratique (référendums de 1980 et de 1995). Sur l’ensemble de ces questions, Kenneth McRoberts écrivait en 2013 (mon dossier de présentation à la Société royale du Canada) que je suis devenu le premier interlocuteur, dans la communauté politologique du Québec, du milieu académico-intellectuel canadien anglophone. Je ne puis pas être le seul juge de cela, mais en tout cas, je n’ai pas ménagé mes efforts, pas plus au Québec, au Canada ou à l’international, dans les 5 langues que je maîtrise suffisamment pour être fonctionnel dans l’expression de mes idées.

Sur ce dernier point, j’applique une approche apprise de ma défunte mère, Gisèle Brunet (1926-1994) à la maison : dans l’apprentissage des langues, le cœur et la passion ne suffisent pas, il faut ajouter la discipline dans la maîtrise des verbes irréguliers, inlassablement. Cœur et discipline, cela est devenu mon leitmotiv, y compris à l’ENAP dans la pandémie de la COVID-19 de mars 2020 à janvier 2022. Il est juste de reconnaître l’appui indispensable de mes deux co-directeurs de thèse, Charles Taylor et James Tully, dans la définition des principaux contours épistémologiques de cet axe. D’ailleurs, sans l’aide de Jim Tully, je ne pense pas que j’aurais réussi à terminer ma thèse de doctorat. Il ne se passe pas une seule semaine sans que je ne pense à Taylor et Tully, et je me sens privilégié d’être devenu leur ami.

Depuis mon élection à la Société royale du Canada en 2014, laquelle faisait suite à mon entrée comme chevalier de l’Ordre de la Pléiade des parlementaires francophones en 2013, j’ai contribué avec d’autres, principalement mes collègues Eugénie Brouillet, Johanne Poirier et Alain-G. Gagnon, à approfondir cette herméneutique critique du fédéralisme, des constitutions et de l’État au Canada dans une série de conférences et de livres portant sur toutes les constitutions du Canada depuis l’avènement du régime britannique (Ces constitutions qui nous ont façonnés en 2014, La conférence de Québec de 1864 en 2016, L’avenir du fédéralisme canadien : acteurs et institutions, en 2020).

HISTOIRE PHILOSOPHIQUE DU POLITIQUE AU QUÉBEC ET AU CANADA

Dans le champ de l’histoire intellectuelle, Joseph-Yvon Thériault a reconnu dans sa Critique de l’américanité (2002, p.271), l’apport original de mes travaux, notamment dans Trudeau et la fin d’un rêve canadien et De la prudence, pour l’édification d’une histoire philosophique du politique au Québec et au Canada. L’ambition ici consiste à chercher à donner un sens global à l’ensemble de l’expérience historico-politique du Québec, pour lui-même et par rapport au Canada, à replacer les acteurs politiques et les penseurs dans le contexte de cette trajectoire globale. La recherche d’équilibre entre liberté et identité, idée approfondie dans un ouvrage de 2004 (Pour la liberté d’une société distincte) est un thème récurrent que j’explore à chaque étape de notre histoire constitutionnelle. Les cheminements de Parent, Papineau, Cartier, Laurendeau, Lévesque, Ryan et Trudeau (père et fils) sont approfondis dans une telle histoire philosophique. La postface à la réédition en langue anglaise du Rapport Durham en 2007, la conférence McDonald publiée en 2010 dans la Review of Constitutional Studies\Revue d’études constitutionnelles, laquelle fait une synthèse des interprétations récentes du fédéralisme canadien au Québec de 1995 à 2010, sans oublier mon livre de 2014 Un Québec exilé dans la fédération, illustrent bien l’ambition et les vertus analytiques de cette approche.

Dans cette perspective, avec un dessein de lucidité, je sais que j’appartiens à une génération de politologues et d’intellectuels au Québec ayant été considérablement marqués par la saga de l’Accord du lac Meech entre 1987 et 1990; cela comprend des philosophes comme André Burelle, Dominique Leydet, Jocelyn Maclure et Daniel Weinstock,  des historiens et sociologues comme Simon Langlois, Jocelyn Létourneau, Jacques Beauchemin et Joseph-Yvon Thériault, et des politologues comme Linda Cardinal, Stéphane Dion, Alain-G. Gagnon, Daniel Salée, Guy Lachapelle, Alain Noël, François Rocher, Dimitrios Karmis, Éric Montigny, Stéphane Paquin, Martin Papillon, Antoine Bilodeau, sans oublier des juristes comme Eugénie Brouillet, Noura Karazivan, Johanne Poirier et Jean Leclair. J’intégrerais sur ce plan mes travaux avec les juristes Patrick Taillon et Amélie Binette de l’Université Laval, lesquels ont mené à un livre sur Jean-Charles Bonenfant et l’esprit des institutions en 2018, sans oublier deux colloques et une exposition à la bibliothèque de l’Université Laval.

L’histoire philosophique du politique, cela se prête aussi très bien à des efforts de vulgarisation. Un exemple suffira : dans des écoles secondaires comme Rochebelle et dans les cégeps de la région de Québec, j’ai régulièrement fait des conférences appuyées sur cette démarche, dont une en 2016 à Rochebelle où je demandais aux élèves, parmi lesquels mon fils Raphaël, quand faut-il avoir 17 ans dans l’histoire du Québec, en leur suggérant à l’aide de cartes de s’imaginer avoir 17 ans à l’une ou l’autres des dates suivantes : 1766, 1816, 1866, 1916, 1966, 2066 et 2116. On devine ici l’esprit burkéen, selon lequel une communauté politique représente un dialogue, un pont entre des générations, alliant le passé, le présent et l’avenir. La conclusion, à l’époque c’était bien sûr qu’en réalité nul n’est en mesure de faire un choix semblable. CARPE DIEM. Nous ne disposons que d’une seule opportunité de vivre notre vie sur cette planète, et le meilleur moment pour avoir 17 ans, en soi et pour soi selon une formule hégélienne, c’est quand on arrive soi-même à un tel plateau. Toutefois, le fait d’essayer de voir les choses autrement peut être à la fois extrêmement troublant et profondément édifiant. J’ai pu vérifier cela au Centre d’études politiques et constitutionnelles de Madrid le 26 octobre 2022, en adaptant la stratégie des dates pour chaque période de 50 ans dans l’histoire du Mexique depuis 1772.

L’ÉCOLE CANADO-QUÉBÉCOISE DU PLURALISME ET DE LA DIVERSITÉ

Mes travaux ont souvent été associés, notamment par les Michael Ignatieff, James Tully et Alain-G. Gagnon, à l’école canado-québécoise du pluralisme et de la diversité, laquelle approfondit la démocratie libérale en contexte de fédéralisme pluraliste. Autour de 1985-1986, j’ai eu des échanges sur ces questions avec Stéphane Dion, lesquels je crois ont été productifs aussi bien pour lui que pour moi. Citant mes travaux dans Pour la liberté d’une société distincte et avec Stéphane Kelly dans Débats sur la fondation du Canada, le politologue catalan et espagnol Ferran Requejo voit à travers l’ancrage de mes recherches en pensée politique et en politique institutionnelle comparée des apports originaux aux concepts de la démocratie libérale, du fédéralisme et de l’asymétrie, faisant en sorte que ces travaux sont devenus un des points de référence pour la discussion théorique et pratique autour de ces concepts. Quant au philosophe espagnol d’origine basque Daniel Innerarity, il écrit que c’est en partie grâce à une combinaison assez unique des démarches de la pensée politique et de l’histoire intellectuelle, mais aussi grâce à un esprit de synthèse et une disposition généreuse qu’il m’attribue, que cette école québécoise et canadienne de réflexion sur la diversité a pu s’imposer dans le monde au cours des dernières décennies.

Un article sur la critique du libéralisme monochrome, publié en 1991, et repris dans De la prudence en 1993, et la synthèse du groupe de travail que je présidais et qui était intitulé L’identité québécoise en question, publié dans le rapport du Groupe Réflexion Québec dans l’Agora en 1993, comptent parmi mes premières contributions sur cet axe. J’ajoute qu’après le référendum de 1995 j’ai pris le leadership, avec Roger Gibbins, du projet collectif de l’IRPP Sortir de l’impasse\Beyond the Impasse, lequel a mené à la publication de livres en français et en anglais en 1998. Ce livre parachève le projet d’une théorie et d’une pratique du dialogue en contexte de fédéralisme multinational. J’y insiste dans mes contributions à ce projet sur une vertu décisive en pareil contexte, celle de savoir se placer dans les souliers des autres partenaires au sein d’une communauté politique complexe, pour apprendre à mieux dialoguer avec elles et avec eux après avoir imaginé le réel selon leur perspective. Pour développer ma pensée autour de ce thème, je me suis appuyé sur la philosophie politique et l’épistémologie de l’école herméneutique (Gadamer, Ricoeur, Taylor), sur ma compréhension de notre propre histoire, et sur mes efforts réguliers pour comprendre l’histoire, la vie politique et les traditions intellectuelles de la Grande-Bretagne, de l’Irlande, de la Belgique et de l’Espagne. Ce n’est pas pour rien que depuis trente ans, dans ma vie professionnelle, il y a un va-et-vient incessant de lectures, de voyages et de conférences dans ces pays.

Toujours dans Sortir de l’impasse et je dirais dans l’ensemble de mes travaux subséquents, je propose pour le Canada (et mutatis mutandis pour des pays semblables) une architecture constitutionnelle multifocale, intégrant dans ses institutions toutes les sources de diversités et permettant ainsi à chacune d’entre elles de se reconnaître dans l’édifice global. On trouve une anticipation de tout cela dans les chroniques que j’écrivais dans Le Devoir, reprises dans De l’urgence en 1995, lesquelles souhaitaient des garanties pour les anglophones et les peuples autochtones du Québec dans le contexte des réflexions sur la souveraineté-partenariat. Car l’existence de justifications morales légitimant un projet sécessionniste n’enlève pas l’obligation d’agir de manière moralement adéquate envers ses propres minorités.

Parce que ma démarche combine les approches de la pensée politique et de l’histoire intellectuelle, elle se singularise par des analyses comparatives entre divers membres de cette école canado-québécoise, contribuant à une plus grande conscience de soi, à une plus grande lucidité, au sein du groupe. Je pense vraiment faire œuvre originale sur cette dimension. Au fil des ans, j’ai bénéficié des lumières et de l’amitié de la plupart des membres de cette école. Et il n’y a aucun doute dans mon esprit quand vient le temps de reconnaître le rôle-clé joué par Will Kymlicka, philosophe modeste, généreux et profondément original, comme leader de ce groupe. Et parce que je parle plusieurs langues, je peux offrir diverses interprétations du sens de l’action de cette école dans de nombreux forums sur la scène internationale. Quand je pense à cela, un souvenir s’impose à moi : en 2007, quelques jours après des attentats à Madrid, j’ai fait une conférence sur cette dimension, et sur les leçons de l’expérience québécoise pour le pays basque, devant un forum de dirigeants et d’intellectuels basques parmi lesquels se trouvait le président du gouvernement Juan José Ibarretxe. Les Romains nous ont appris que le leadership politique en temps de crise ou d’urgence s’exprime par cette belle vertu qu’est la gravitas. Le Président Ibarretxe a incarné cette vertu en cette triste et mémorable journée de 2007.

LA COMPRÉHENSION DES TRAJECTOIRES POLITICO-INTELLECTUELLES DE P.E. TRUDEAU ET DE CHARLES TAYLOR

Pendant toute la durée de ma carrière à l’Université Laval, j’ai cherché à mieux cerner les rapports entre philosophie et politique. Les destins interreliés de Charles Taylor et de P.E. Trudeau représentent une belle actualisation de ce rapport complexe dans les sociétés québécoise et canadienne contemporaines. J’ai d’abord analysé le parcours de P.E. Trudeau dans trois de mes livres : Trudeau et la fin d’un rêve canadien, De la prudence et De l’urgence. J’y explique les rôles de monsieur Trudeau dans les référendums de 1980 et de 1995, dans la saga du lac Meech, de même que dans la refondation du projet national canadien grâce à la réforme constitutionnelle de 1982. Parallèlement, j’ai aussi placé sa trajectoire sur l’horizon de la vie sociale et intellectuelle du Québec depuis la fin des années 40 jusqu’à son arrivée sur la scène politique fédérale en 1965. Car on ne doit pas oublier, même lorsque l’on est animé d’un dessein critique, que Trudeau l’Ancien a été l’un des précurseurs de la Révolution tranquille au Québec. J’essaie au fond de cerner les contours philosophiques de sa compréhension du nationalisme, les sources platoniciennes et libérales-individualistes de sa pensée. Sur ce terrain, je crois me démarquer par la combinaison des approches normatives et contextuelles. Graham Fraser a noté que mon étude exemplaire d’histoire intellectuelle sur André Laurendeau et F.R. Scott est un élément important pour mieux saisir les antécédents intellectuels de la trajectoire de P.E. Trudeau. Tout cela prend un sens particulier en 2022, année du 40eanniversaire du rapatriement de la constitution canadienne sans le consentement du Québec. Quant à Stephen Clarkson il a jugé dans sa recension de Trudeau et la fin d’un rêve canadien que ce livre-pionnier contribuait à rapprocher les solitudes entre les communautés intellectuelles anglophone et francophone du Canada.

« Rapprocher les solitudes », c’est précisément le titre du recueil des essais politiques de Charles Taylor sur le fédéralisme et le nationalisme au Canada, publiés il y a 30 ans en 1992, que j’ai rassemblés et auxquels j’ai ajouté une introduction. En 1994, dans le livre Philosophy in an Age of Pluralism publié sous la direction du professeur James Tully aux presses de l’Université de Cambridge, j’ai publié un chapitre intitulé « Philosophy and Political Judgment in a Multinational Federation », dans lequel je propose une synthèse critique de la philosophie politique de Charles Taylor sur le Canada. Par la suite, j’ai organisé en France avec Philippe de Lara un grand colloque international sur l’œuvre de Taylor, dont les résultats ont été publiés en 1998 dans le livre Charles Taylor et l’interprétation de l’identité moderne. À propos de la compréhension de la trajectoire de Taylor, je pense que mon angle d’originalité est une aptitude à faire ressortir les tensions entre l’universel et le particulier dans son œuvre. Entre 2008 et 2010, j’ai fait plusieurs chapitres et conférences faisant des études d’histoire intellectuelle sur Gérard Bouchard et Charles Taylor pour donner une nouvelle direction à l’interprétation du rapport publié sous la direction des deux penseurs. Et en 2012, j’ai fait une grande conférence au Musée des Beaux-Arts à Montréal, à l’occasion du colloque célébrant le 80e anniversaire de la naissance de Charles Taylor. Intitulée « Charles Taylor sur la ligne du front », la conférence a été publiée en allemand dans la revue Transit et en anglais dans la revue Philosophy & Social Criticism. Avoir du courage sur la ligne du front, c’est une expression reprise du philosophe tchèque Jan Patocka, lequel a été testé à plusieurs reprises sur ce plan avant de mourir torturé en 1977.

J’ai aussi prêté mon concours, en 2018-2019, aux travaux préparatoires au grand colloque sur le centième anniversaire de P.E. Trudeau tenu finalement en novembre 2019 à l’Université de Montréal sous le leadership des professeurs Noura Karazivan et Jean Leclair de la faculté de droit de cette université. Un ouvrage collectif a été publié en 2020 sous la direction des professeurs Karazivan et Leclair. Son titre est le suivant : The Political and Constitutional Legacy of Pierre Elliott Trudeau / L’héritage politique et constitutionnel de Pierre Elliott Trudeau, aux éditions Lexis Nexis. Comme le ou les sujets traités dans cet ouvrage continuent d’avoir des implications politiques au Québec, et comme les règles déontologiques entourant mon ancien travail comme directeur général de l’ÉNAP exigent d’être au-dessus de la mêlée et de ne pas faire de politique, j’ai choisi de ne pas participer au colloque. Je n’ai pas davantage pu participer de manière substantielle à la préparation de l’ouvrage qui en a découlé. Dans le contexte de ma nouvelle liberté, je souhaite revenir sur ces thématiques dans les prochains mois. Je serais heureux de faire cela en présence de nombreux collègues de l’Université de Montréal, lesquels sont bien chanceux de pouvoir faire leur travail sous la direction d’une brillante équipe, laquelle inclut des gens comme Daniel Jutras, Jean-François Gaudreault-Desbiens, Valérie Amiraux et Frédéric Bouchard.

ENGAGEMENT DANS LA SPHÈRE PUBLIQUE ET DANS LES INSTITUTIONS DE LA VIE ACADÉMIQUE ET INTELLECTUELLE

J’ai toujours pensé que, pour les professeures et professeurs d’université, il y avait quelque chose comme un patriotisme de responsabilité, les invitant à s’engager à fond dans les organisations, les associations et les institutions de cette vie académique et intellectuelle qui est, pour moi, un pilier important de nos sociétés libres, démocratiques et pluralistes. Les vrais universitaires devraient être prêts à mourir pour défendre cette idée. J’aurai donc, sur 40 ans de carrière depuis 1986, contribué à organiser des congrès, des colloques, des ateliers scientifiques en très grand nombre, et grosso modo à un rythme d’un par année. Mes principaux engagements : président-élu, en exercice et sortant de la Fédération des sciences humaines du Canada de 2016 à 2019, vice-président de l’Association internationale d’études québécoises de 2011 à 2015, membre de l’exécutif de l’ACFAS de 2015 à 2022 avec comme principale responsabilité la présidence du comité sur les suivis du congrès. J’ai été président du comité scientifique pour le congrès de la Fédération des sciences humaines à l’Université Laval en 2001, co-président du comité scientifique pour le congrès de l’ACFAS à l’Université Laval en 2013, responsable des sciences sociales pour le congrès de l’ACFAS à l’Université Laval en 1998.

A la demande du doyen de l’époque Jean-Paul Montminy (toujours difficile de dire non à son doyen…), j’ai co-organisé avec la regrettée Andrée Fortin et Mikhaël Elbaz le colloque anniversaire de la Faculté des Sciences Sociales de l’Université Laval à l’automne 1993 sur identité et modernité au Québec, lequel a résulté en la publication en 1996 du livre Les frontières de l’identité : modernité et postmodernisme au Québec. J’ajoute, de manière anecdotique, que le livre fut envoyé avec des dédicaces à une centaine d’actrices et d’acteurs de notre sphère publique, et que l’une des premières personnes ayant la gentillesse de nous répondre fut Pierre Elliott Trudeau. Le colloque Taylor en France a déjà été mentionné dans une section précédente. En 2000, avec P.G. Forest, j’ai organisé un séminaire comparatif Québec-Catalogne sur l’autonomie politique. En 2013, j’ai co-organisé avec André Lecours un colloque à l’Assemblée nationale du Québec sur les parlements des nations autonomes, et cela a conduit à la publication d’un livre en 2016. En 2014, au Musée de la civilisation qui avait été le théâtre du colloque identité et modernité au Québec en 1993, j’ai co-organisé avec Eugénie Brouillet et Alain-G. Gagnon un colloque sur la conférence de Québec de 1864, lequel se transforma en livre publié deux ans plus tard. De 2016 à 2018, j’ai développé avec Patrick Taillon et Amélie Binette de la Faculté de Droit de l’Université Laval un projet sur Jean-Charles Bonenfant et l’esprit des institutions, et cela prit la forme de deux colloques (un à l’Assemblée nationale du Québec et l’autre au congrès de l’ACFAS à McGill), une exposition à la bibliothèque de l’Université Laval (avec l’aide cruciale de la regrettée bibliothécaire Stéphanie Bois-Houde) et un livre en 2018.

Je dirige depuis 1998 la collection Prisme aux Presses de l’Université Laval, laquelle a publié jusqu’à présent 49 titres (https://www.pulaval.com/collections/prisme/72). Au fil des ans, j’ai été responsable des recensions pour la revue Recherches sociographiques (un an), pour la Revue canadienne de science politique (3 ans), et j’ai aussi été co-directeur de cette revue (trois ans, de 1993 à 1996). Cela m’a amené à travailler en tandem pendant trois ans avec Stéphane Dion et je pense que nous avons fait une bonne équipe. J’ai été membre fondateur du Groupe de Recherches sur les Sociétés Plurinationales (GRSP) en 1994 et j’en suis toujours membre (https://creqc.uqam.ca/grsp/). Ce groupe a été finaliste à trois reprises pour le prix Savoir du CRSH et il a régulièrement obtenu des subventions du CRSH et des FRQ. La même remarque s’applique au CRIDAQ (Centre de Recherches Interdisciplinaires sur la Démocratie et la Diversité), fondé en 2008, lequel dispose d’une antenne à l’Université Laval dont j’ai été l’un des principaux animateurs entre 2009 et 2017 (https://cridaq.uqam.ca). Fondateur et du CRIDAQ et du GRSP, mon collègue et ami Alain-G. Gagnon a passé le flambeau au CRIDAQ à la philosophe -et aussi très bonne amie- Dominique Leydet, que je côtoie sur toutes les tribunes académiques depuis nos années communes à l’Université McGill il y a quelque quarante ans. Régulièrement évaluateur pour des revues, des concours pour agrégation et titularisation dans d’autres universités, j’ai fait partie pendant plusieurs années du jury du prix de la meilleure thèse pour Le Monde de l’Éducation, du jury pour les bourses de La Caixa en Espagne, pour le prix du meilleur livre sur le fédéralisme,ainsi que celui sur le meilleur article, de l’Institut d’Estudis Autonomics de Barcelone.

Tout au long de mon engagement dans la sphère publique, sur le fond de quatre belles décennies, j’ai développé une belle amitié avec le professeur Alain-G. Gagnon de l’UQAM, et je suis extrêmement reconnaissant envers lui. Je lui souhaite le meilleur des succès comme président de la Société Royale du Canada. J’ai bénéficié de sa solidarité dans des moments difficiles de vulnérabilité et de tristesse. La même remarque s’applique à un autre politologue, Éric Montigny de l’Université Laval, assez jeune pour avoir été mon étudiant, et assez vieux pour avoir contribué, avec Mario Dumont et Marie Grégoire, à la saga du lac Meech à la fin des années quatre-vingt et plus tard à la fondation et au développement de l’Action Démocratique du Québec. J’ai aussi été heureux de participer à ce mouvement, fait de nationalisme autonomiste et de patriotisme de responsabilité, lequel a alimenté dans sa propre démarche l’actuel premier ministre du Québec, M. François Legault.

CONCLUSION

Comme théoricien et praticien de la démocratie libérale représentative, je reconnais sans nuance la pluralité des formes du patriotisme pour le Québec comme société nationale distincte. Pour ma part, en fidélité avec ce que j’ai appelé avec d’autres la tradition de notre situation en Amérique, cela s’exprime par la recherche du meilleur équilibre possible entre un coefficient de liberté et un coefficient d’identité. Si j’essaie de le dire de manière originale, cela passe par la recherche du coefficient d’humanité le plus large possible (libertés individuelles et collectives, civilité, justice sociale, équité intergénérationnelle, respect des droits des minorités, ordre public) combiné à un coefficient de puissance le plus large possible (autonomie politique, prospérité économique, cohésion sociale, créativité culturelle, rayonnement international). Comme professeur d’université, je me suis senti co-responsable de la promotion d’une sphère publique pluraliste et institutionnellement solide, à l’intérieur de laquelle peuvent s’entrechoquer en toute légitimité les différentes conceptions du patriotisme. De 1999 à 2004, j’ai aussi fait cela à l’intérieur d’un parti politique, l’Action Démocratique du Québec, où j’ai été à tour de rôle président de la commission politique en 2000-2001, président du parti de 2002 à 2004 et candidat défait dans le comté de Louis-Hébert en 2003. J’essaie de faire une évaluation lucide de cet engagement dans mon livre de 2004, Pour la liberté d’une société distincte (chapitre X, L’ADQ et l’espoir d’un renouveau) et dans un livre en préparation pour l’automne 2022, provisoirement intitulé Un esprit de finesse (Chapitre VI, Le savant et le politique : un patriote et l’espoir). L’idée de ce livre doit beaucoup à l’un de mes anciens étudiants, et vedette académique montante, Félix Mathieu, présentement professeur adjoint de science politique à l’Université de Winnipeg.

Et treize ans après cet engagement politique, j’ai accepté un autre défi, celui de devenir chef d’établissement pour l’une des 18 universités du Québec, l’École nationale d’administration publique (ENAP), comme directeur général d’août 2017 à la fin janvier 2022. J’ai hérité d’un mandat de redressement à l’ENAP et je ne saurais être le seul juge des résultats. Métaphoriquement, comme l’ENAP à Québec se trouve dans le quartier St-Roch et donc en bas de la côte menant aux principaux ministères gouvernementaux, on m’a demandé de la gravir souvent, cette côte, pour que l’ENAP soit présente sur toutes les tribunes dans les milieux de la fonction publique. C’est ce que j’ai fait. Quantitativement, sous mon leadership, la population étudiante est passée de 1900 à 3200 étudiantes et étudiants avec un dossier actif, et le budget de l’institution est passé de 27 millions à 41 millions de dollars canadiens. Comme école professionnelle au service de la fonction publique, l’ENAP a été reconnue comme partenaire privilégié de la fonction publique du Québec dans la formation des cadres, des gestionnaires et des professionnels de cette fonction publique. À l’international, l’ENAP a été reconnue en tant que fleuron québécois en Afrique francophone dans la vision Afrique du gouvernement du Québec (MRIF), tout en développant des partenariats considérables avec Affaires Mondiales Canada et avec la Banque Mondiale en évaluation du développement. Pendant la pandémie de la COVID-19, l’ENAP a fait une mutation techno-pédagogique de l’enseignement, en formation créditée et continue, laquelle la place à l’avant-garde au Québec et à l’international.

Et comme politologue, pendant la pandémie, j’ai pu apporter mon concours aux efforts de l’UQ et du BCI pour consolider la place des établissements universitaires face au système politico-administratif à Québec, en travaillant étroitement avec les autres cheffes et chefs d’établissement, et notamment avec la présidente de l’Université du Québec Johanne Jean, avec le président du BCI et recteur de l’Université de Sherbrooke Pierre Cossette, et avec la rectrice de l’Université Laval, madame Sophie D’Amours. Je les remercie aussi de m’avoir offert leur amitié. De mon point de vue, au Québec, les universités forment la colonne vertébrale de notre nation autonome et distincte, consolidant l’identité collective dans toutes les régions, sans oublier la Capitale Nationale et la Métropole. J’ai œuvré au cours de mon mandat à l’ENAP pour imposer cette vision. Je suis par ailleurs très heureux d’avoir pu participer à un processus de transition cohérent et fluide à la direction de l’ENAP, laquelle est bien chanceuse de pouvoir compter sur le leadership du juriste de droit public Hugo Cyr, auparavant à l’UQAM, chercheur de premier plan et penseur raffiné, bien armé en expérience administrative et personne d’une belle et profonde humanité.

Depuis le début de mes études de maîtrise à l’Université McGill en 1979, alors que je travaillais sur l’Amérique latine avec Thomas C. Bruneau comme professeur et excellent mentor, ma trajectoire professionnelle peut se diviser en 5 périodes : de 1979 à mai 1988, de la maîtrise à l’embauche à l’Université Laval comme professeur adjoint, ce fut le temps des années d’apprentissage; de juin 1988 à la fin mai 1996, comme professeur adjoint en science politique jusqu’à mon élévation au rang de professeur titulaire, ce fut l’époque où j’étais professeur de science politique à l’Université Laval et citoyen plongé dans la tourmente constitutionnelle; de juin 1996 à la fin de 2004, grosso mode du projet Sortir de l’impasse jusqu’à la parution de Pour la liberté d’une société distincte, ce fut le moment de nombreux approfondissements et élargissements d’horizons sur fond d’impasse constitutionnelle et d’incursion en politique; de 2005 à 2014, de mes travaux sur l’asymétrie à l’anglo-écossaise jusqu’à la parution d’Un Québec exilé dans la fédération et jusqu’au colloque sur la conférence de Québec de 1864, ce fut une période marquée par des efforts pour concilier le nationalisme autonomiste et le libéralisme pluraliste; de janvier 2015 jusqu’au moment d’écrire ces lignes, et cette dernière période comprend 3 années à l’Université Laval et l’ensemble de mon mandat à l’ENAP, ce fut l’époque d’une transition entre le travail de politologue et celui de dirigeant d’un établissement universitaire au Québec, avant et pendant la pandémie. Au cours de cette dernière période, qui dure encore, en parallèle de mon travail de chef d’établissement universitaire, j’aurai publié ou écrit un livre et une dizaine d’ouvrages collectifs, 6 articles scientifiques et quelque 25 chapitres de livres, et j’aurai aussi prononcé une trentaine de communications savantes.

Et l’année 2022 me donnera l’occasion de réfléchir aux formes d’engagement compatibles avec mes convictions de patriote responsable et de citoyen engagé, en conciliation avec mes responsabilités familiales, pour la période 2023-2030. Je ferai cela en essayant de rester à la hauteur des slogans que j’ai proposés à mes collègues de l’ENAP ces dernières années : rigueur et bonne humeur, confiance sans complaisance, collaboration dans l’action, modestie et bienveillance, cœur et discipline. Au cours de cette belle année 2022-2023 qui représente un moment de transition pour moi, je reconnais volontiers la générosité à mon égard de mes anciens collègues de l’ENAP (notamment mon successeur Hugo Cyr ainsi que Johanne Archambault, Michèle Charbonneau, Stéphane Paquin, Robert Bilterys et Guy Dufour), et celle de mes anciens collègues de l’Université Laval (la rectrice Sophie D’Amours, François Gélineau, Thierry Giasson et Éric Montigny.) Avec un peu de chance, je sortirai de cette année de transition avec un nouveau plan stratégique pour l’horizon 2023-2030. Pourquoi l’année 2030? Eh bien parce qu’au Canada les juges de la Cour suprême peuvent travailler jusqu’à l’âge de 75 ans, et c’est le plateau que j’atteindrai moi-même en 2030. Et au-delà de ce plan stratégique, je souhaite de tout cœur être en bonne forme en 2038 pour parler aussi bien du bicentenaire des rébellions des Patriotes que du centenaire de la fondation de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval.

Réfléchissant à nos expériences communes depuis trente ans, l’historien belge Serge Jaumain considère que je suis à la fois un intellectuel de haut vol doublé d’un organisateur pragmatique, ayant dépensé une énergie inimaginable à ses côtés au sein de l’Association internationale des études québécoises. J’ai essayé de me comporter ainsi à chacune des étapes de ma carrière. Dans mes enseignements, dans mes recherches et dans mes participations institutionnelles à l’Université Laval, à l’ENAP et ailleurs, je me suis engagé à fond, toujours de façon passionnée et en essayant d’être cohérent sans renoncer à l’obligation de juger en fonction de l’évolution des circonstances. Car selon la belle expression d’Isaiah Berlin, il faut renoncer au projet d’une société idéale, et travailler avec acharnement pour une société convenable (decent society en anglais) où les règles, les principes et les normes se font des compromis les uns par rapport aux autres dans des circonstances particulières qui sont toujours changeantes. Et selon cette autre belle expression d’André Laurendeau, la communauté nationale à laquelle j’estime appartenir aura toujours devant elle le défi de l’excellence en Amérique, et il appartient aussi je crois aux universitaires de donner l’exemple de cela à leurs concitoyennes et concitoyens. En tout cas, en rassemblant ces deux expressions, tel est mon credo personnel.

Guy Laforest

Novembre 2022

 

 Livres (auteur et co-auteur)

Guy Laforest, Interpreting Québec’s Exile within the Federation: Selected Political Essays, avec la collaboration d’Oscar Mejia Mesa, Peter Lang (Diversitas), Bruxelles, 2015, 210 p.

Guy Laforest, Un Québec exilé dans la fédération : essai d’histoire intellectuelle et de pensée politique, avec la collaboration de Jean-Olivier Roy, Québec/Amérique (Collection Débats), Montréal, 2014, 280 p.

Stéphane Kelly et Guy Laforest, Les débats sur la fondation du Canada, édition française de Canada’s Founding Debates sous la direction de Janet Ajzenstat et alii, enrichie d’une introduction et d’une synthèse bibliographique sur l’historiographie francophone, Presses de l’Université Laval, Sainte-Foy, 2004, 588 p.

Guy Laforest, Pour la liberté d’une société distincte, Presses de l’Université Laval, Sainte-Foy, 2004, 353 p.

Trudeau and the End of a Canadian Dream,McGill-Queen's University Press, Montréal et Kingston, 1995, 217 p.

De l'urgence, Boréal, Montréal, 1995, 200 p.

De la prudence, Boréal, Montréal,  octobre 1993, 210 p.

Trudeau et la fin d'un rêve canadien, Les Éditions du Septentrion, Sillery, 1992, 269 p.

 

-Livres et numéros de revues (direction et co-direction)

Guy Laforest et André Lecours (dirs), The Parliaments of Autonomous Nations, à paraître au printemps 2016, Mcgill-Queen’s University Press, Montréal et Kingston, 300 p.

Guy Laforest, Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Yves Tanguay (dirs), Ces constitutions qui nous ont façonnés : anthologie historique des lois constitutionnelles antérieures à 1867, Presses de l’Université Laval, Québec,  2014, 360 p.

Guy Laforest, Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Yves Tanguay (dirs), The Constitutions that Shaped Us : A Historical Anthology of Studies of the Pre-1867 Canadian Constitutions, McGill-Queen’s University Press, Montréal et Kingston, 2015, 362 p.

Co-responsable (avec Simon Langlois) de la préparation d’un numéro sur Républicanisme, multiculturalisme et laïcité, The Tocqueville Review/La Revue Tocqueville, XXXIV(1), 2013, 208p.

Michel Seymour et Guy Laforest (dirs.), Le fédéralisme multinational : un modèle viable? Peter Lang, Bruxelles, 2011, 343 p.

Roger Gibbins et Guy Laforest (dirs), Sortir de l’impasse. Les voies de la réconciliation, I.R.P.P., Montréal, 1998, 484 p.

Roger Gibbins et Guy Laforest (dirs.), Beyond the Impasse. Toward Reconciliation, I.R.P.P., Montréal, 1998, 448 p. (version anglaise).

Guy Laforest et Philippe De Lara (dirs.), Charles Taylor et l’interprétation de l’identité moderne, P.U.L. et Éditions du Cerf, Sainte-Foy et Paris, 1998, 372 p.

Mikhaël Elbaz, Andrée Fortin et Guy Laforest, (dirs), Les frontières de l'identité, Presses de l'Université Laval, et L'Harmattan, Sainte-Foy et Paris, 1996, 374 p.

Mikhaël Elbaz, Andrée Fortin et Guy Laforest, (dirs), Les frontières de l'identité, Presses de l'Université Laval, et L'Harmattan, Sainte-Foy et Paris, 1996, 374 p.

Responsable de la préparation d'un numéro sur fédéralisme et multiculturalisme pour la Revista Internacional de Filosofia Politica (Madrid, Mexico, 1996). Numéro 7, en espagnol.

François Blais, Guy Laforest et Diane Lamoureux, (dirs), Libéralismes et nationalismes. Philosophie et politique, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1995, 228 p.

Guy Laforest et Douglas M. Brown (dirs.), Integration and Fragmentation. The Paradox of the Late Twentieth Century, Kingston, Institute of Intergovernmental Relations, 1994, 122 p.

Taylor, Charles, Rapprocher les solitudes, Écrits sur le fédéralisme et le nationalisme au Canada, Textes rassemblés et présentés par Guy Laforest, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1992, 233 p

Louis Balthazar, Guy Laforest et Vincent Lemieux (dirs), Le Québec et la restructuration du Canada 1980-1992 : enjeux et perspectives, Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1991, 312 p.

 

 - Articles scientifiques (comités de lecture)

Guy Laforest et Félix Mathieu, “Traditions religieuses et modèles d’éducation à la citoyenneté: l’héritage d’un univers normative”, Politique et sociétés: La revue de la société québécoise de science politique, XXXIV(2), 2015, p.87-103.

Guy Laforest et Éric Montigny, « Who votes in a referendum?  General comments and some facts concerning Québec”, in Ruvi Ziegler et Rainer Bauböck (dir.), Independence referendums: who should vote and who should be offered citizenship, Citizenship Forum, Institut universitaire européen, 2014, 4 p. (en ligne à l’adresse suivante: http://eudo-citizenship.eu/commentaries/citizenship-forum/citizenship-forum-cat/1157-independence-referendums-who-should-vote-and-who-should-be-offered-citizenship?showall=&start=4

Guy Laforest et Simon Langlois, “Républicanisme, multiculturalisme et laïcité : présentation », The Tocqueville Review/ La Revue Tocqueville, XXXIV(1), 2013, p.11-16.

« The Meaning of Canadian Federalism in Québec : Critical Reflections », Revista d’Estudis Autonomics i Federals, 11, octobre 2010, p.11-56.

Guy Laforest et J.F. Caron, “La utilidad y los desafios del federalismo en el siglo XXI », Activitat Parlamentaria, 21, 2010, p.96-100.

 “What Canadian Federalism Means in Québec”, Twentieth Annual McDonald Lecture, Review of Constitutional Studies, XV(1), 2010, p.1-28.

Caron, J.F. et Guy Laforest, « Canada and Multinational Federalism : From the Spirit of 1982, to Stephen Harper’s Open Federalism”, Nationalism and Ethnic Politics, XV(1), 2009, p.27-55.

« L’exil intérieur des Québécois dans le Canada de la Charte », Constitutional Forum/Forum constitutionnel, XVI (2), 2007, p.63-70.

« La identidad politica de Canada y la cuestion de Québec », Politica Exterior, XXI, noviembre-diciembre 2007, p.79-98.

« Articuler une pensée fédéraliste authentique au Québec », Recherches sociographiques, XLVII(2), 2006, p.345-353.

« Parler vrai en 1995 », L'Agora, février 1995, pp. B-11-B-14.

« The Quebec Zeitgeist », The Literary Review of Canada, octobre 1995, pp. 13-16.

« C'est le Canada qui s'est séparé du Québec », Options politiques, XIV (3), avril 1995, pp. 25-27.

« Nationalisme, pluralisme et reconnaissance : les paradoxes canado-québécois », Zeitschrift der Gesellschaft für Kanada-Studien,XIV (2), 1994-1995, pp. 7-20.

« Intégration, fragmentation et reconnaissance », Transeuropéennes, numéro 3, printemps 1994, pp. 24-30.

Vincent Lemieux et Guy Laforest, « Les aspirations à l'égalité au Canada », Cahiers de recherche éthique, XVIII, automne 1994, pp. 223-238.

Alain-G. Gagnon et Guy Laforest, « The Future of Federalism : Lessons from Canada and Québec », International Journal, été 1993, pp. 470-491.

« Trudeau, le nationalisme et la crise canado-québécoise », La Revue Tocqueville, The Tocqueville Review, XIII (2), automne 1993, pp. 111-129.

 « The Liberal Understanding of Nationalism : the Need for a more Prudent Approach », conférence faite lors du congrès de l'Association internationale d'histoire des idées européennes, Louvain, Belgique, 3-8 septembre 1990. Repris dans History of European Ideas, XV (4-6), 1992, pp. 505-509.

« Le Québec et l'éthique libérale de la sécession », Philosophiques, XIX (2), automne 1992, pp. 150-171.

 Louis Imbeau et Guy Laforest, « Quebec Distinct Society and the Sense of Nationhood in Canada », Québec Studies, Xlll, hiver 1991-1992, pp. 13-26.

 « Libéralisme et nationalisme au Canada à l'heure de l'accord du lac Meech », Carrefour, Xlll (2), octobre 1991, pp. 68-90.

 « La Révolution glorieuse, John Locke et l'imbroglio constitutionnel au Canada », Les Cahiers de droit, XXXI (2), 1990, pp. 621-640.

« Letter from the Other Canada », Government and Opposition, XXV (2), 1990, pp. 231-247.

 « Perspective québécoise sur un manuel d'introduction aux études canadiennes », Revue d'études canadiennes, XXIV (4), 1990, pp. 172-178.

« Gouverne et liberté : Foucault et la question du pouvoir », Revue canadienne de science politique, XXII (3), 1989, pp. 547-562.

 « Fichte's Reden as a Model : Léon Dion's Addresses to the Québec Nation », Revue canadienne de science politique, XXII (1), 1989, pp. 49-62.

 « Herméneutique et études latino-américaines », Revue canadienne d'études latino-américaines et caraïbes, XIII, 1988, pp. 33-52.

« Droit, pouvoir et sciences humaines dans la pensée de Michel Foucault », Revue canadienne de droit et société, III, 1988, pp. 87-108.

 « Démocratie et libéralisme : pour une approche historico-théorique », Politique, XIII, 1988, pp. 87-109.

 « Le sculpteur collectif et l'État pastoral », Recherches sociographiques, XXVII (1), 1986, pp. 133-152.

« Regards généalogiques sur la modernité : Michel Foucault et la philosophie politique », Revue canadienne de science politique, XVIII (1), 1985, pp. 77-97.

« Regards généalogiques sur la modernité : Michel Foucault et la philosophie politique », Revue canadienne de science politique, XVIII (1), 1985, pp. 77-97.

 

Chapitres dans des ouvrages collectifs

Guy Laforest et Rosalie Readman, « More Distress than Enchantment : the Constitutional Negotiations of November 1981 as Seen from Québec », dans Lois Harder et Steve Patten (dirs.), Patriation and its Consequences : Constitution Making in Canada, Vancouver : UBC Press, 2015, p.159-179.

« The Assembly of Northern Ireland : Hope and Constraint », dans Guy Laforest et André Lecours (dirs), The Parliaments of Autonomous Nations, à paraître au printemps 2016, Montréal et Kingston : McGill-Queen’s University Press, 20 p.

Guy Laforest, Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Yves Tanguay, « Introduction », dans Guy Laforest, Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Yves Tanguay (dirs), Ces constitutions qui nous ont façonnés : Anthologie historique des lois constitutionnelles antérieures à 1867, Québec : Presses de l’Université Laval, 2014, p.1-17.

Guy Laforest, Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Yves Tanguay, « Introduction », dans Guy Laforest, Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Yves Tanguay (dirs.), The Constitutions that Shaped Us : A Historical Anthology of Pre-1867 Canadian Constitutions, Montréal et Kingston : McGill-Queen’s University Press, 2015, p.3-21.

Guy Laforest et Alain-G. Gagnon, « Comprendre la vie politique au Canada et au Québec », dans Réjean Pelletier et Manon Tremblay (dirs.), Le parlementarisme canadien, 5e édition revue et mise à jour, Québec : Presses de l’Université Laval, 2013, p.9-39.

Guy Laforest et Éric Montigny, « Le fédéralisme exécutif : problèmes et actualités, dans Réjean Pelletier et Manon Tremblay (dirs.), Le parlementarisme canadien, 5e édition revue et mise à jour, Québec : Presses de l’Université Laval, 2013, p.127-160.

Alain-G. Gagnon et Guy Laforest, « The Moral Foundations of Asymmetrical Federalism : Normative Considerations », dans Ferran Requejo et Miguel Caminal (dirs.), Federalism, Plurinationality and Democratic Constitutionalism : Theory and Cases, Londres : Routledge, 2012, p.85-107.

“Lord Durham, French Canada and Québec: Remembering the Past: Debating the Future”, dans Christian Leuprecht et Peter Russell (dirs.), Essential Readings in Canadian Constitutional Politics, Toronto: University of Toronto Press, 2012, p.356-368.

J.F. Caron, G. Laforest et C. Vallières-Roland, « Kanadas föderatives Defizit », dans Alain-G. Gagnon et Roland Sturm (dirs.), Föderalismus als Verfassungsrealität, Baden-Baden : Nomos, 2011, p.69-97.

Alain-G. Gagnon et Guy Laforest, «Els fonaments morals del federalisme asimetric : consideracions normatives », dans Miquel Caminal et Ferran Requejo (dir.), Federalisme i plurinacionalitat : Teoria i Analisi de Casos, Barcelona : IEA, 2010, p159-199.

« La Commission Bouchard-Taylor et la place du Québec dans la trajectoire de l’État-nation moderne », dans Bernard Gagnon (dir.), La diversité québécoise en débat : Bouchard, Taylor et les autres, Montréal : Québec/Amérique, 2010, p.157-176.

« The Internal Exile of Quebeckers in the Canada of the Charter », dans James B. Kelly et Christopher Manfredi, Contested Constitutionalism: Reflections on the Canadian Charter of Rights and Freedoms, Vancouver: UBC Press, 2009, p.251-262.

Guy Laforest et Eric Montigny, “Le fédéralisme exécutif: problèmes et actualité », dans Réjean Pelletier et Manon Tremblay (dirs.), Le parlementarisme canadien, quatrième édition, Québec : Presses de l’Université Laval, 2009, p.111-145.

Laforest, Guy et Alain-G. Gagnon, « Comprendre la vie politique au Canada et au Québec », dans Réjean Pelletier et Manon Tremblay (dir.), Le parlementarisme canadien, 4e édition, Québec : PUL, 2009, p.9-39.

« Lord Durham, French Canada and Québec : Remembering the Past, Debating the Future », dans Janet Ajzenstat (dir.), Lord Durham’s Report: A Re-edition, Montréal et Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2007, p.177-203.

 “The Reality Principle” et “Postscript”, dans Rudyard Griffiths (dir.), Great Questions of Canada, édition revue et augmentée, Toronto: Key Porter Books, 2007, p.123-127 et 132-136.

Jean-François Caron, Guy Laforest et Catherine Vallières-Roland, « Le déficit fédératif au Canada », dans Alain-G. Gagnon (dir.), Le fédéralisme canadien contemporain : Fondements, traditions, institutions, Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 2006, p.147-182. (traduction en cours en anglais, catalan et espagnol).

« Sait-on jamais/One never knows », dans Michael Murphy (dir.), Canada: The State of the Federation 2005, Kingston: Institute of Intergovernmental Relations, 2006, p.53-81.

« What it Means to be a Canadian : A Perspective from Québec », dans Irvin Studin (dir.), What Is a Canadian? Forty-three Thought-Provoking Responses, Toronto: McClelland and Stewart, 2006, p.168-174.

Guy Laforest et Eric Montigny, « Le fédéralisme exécutif : problèmes, origines, typologie et actualités », dans Réjean Pelletier et Manon Tremblay (dirs.), Le parlementarisme canadien, deuxième édition, Québec : Presses de l’Université Laval, 2005, pp.345-374.

« Le poids de la figure de Pierre Trudeau dans la trajectoire publique de Claude Ryan », dans Michel Brûlé (dir.), Ruptures et continuité de la société québécoise. Trajectoires de Claude Ryan, Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 2005, pp.134-148.

« The historical and legal origins of asymmetrical federalism in Canada’s Founding Debates : A Brief Interpretive Note », dans Harvey Lazar (dir.), Queen’s Institute of Intergovernmental Relations Web Series on Asymmetrical Federalism, mars 2005, 10 p.

« Aux sources d’une tradition politique », texte rédigé par Stéphane Kelly et Guy Laforest, dans J. Azjenstat, P. Romney, I. Gentles et W. Gairdner, Débats sur la fondation du Canada, édition française présentée et enrichie par Stéphane Kelly et Guy Laforest, Sainte-Foy : Presses de l’Université Laval, 2004, pp. 527-546.

« Autonomia Territorial i Immigracio : el multiculturalisme », dans Publicacions del Parlament de Catalunya, Vint Anys d’autonomia, vint anys de Parlament, Barcelona : Parlament de Catalunya, 2002, pp. 39-64 (en français et en catalan).

« Diez anos despues del fracaso del acuerdo del lago Meech : un Enfoque Catalan para Québec », dans Ramon Maiz, (dir.), Construccion de Europa, Democracia y Globalizacion, vol.II, Santiago : Universidad de Santiago de Compostela, 2001, pp. 776-792.

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Mes prix et distinctions

  • Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales, membre, finaliste Prix savoir CRSHC 2014, 2015 et 2018
  • membre de la Société royale du Canada 2014
  • chevalier, Ordre de la Pléiade des Parlementaires de la Francophonie 2013
  • président, Fédération des sciences humaines du Canada, 2016

Mes affiliations

  • ACFAS, Société québécoise de science politique, Association canadienne de science politique, Association internationale de science politique, Bureau de la coopération interuniversitaire, Universités-Canada

Ce qui m'a amené à faire de la recherche

M'ont beaucoup incité à la réflexion et m'ont servi d'exemples mes meilleurs professeurs au secondaire et au collégial, Jean-Yves Caron et Julien Mardomingo, de même que Jean-Pierre Derriennic et Jacques Zylberberg au département de science politique de l'Université Laval.


La démocratisation des sciences

Nulle science n'a le monopole de la vérité, et toute communauté politique de citoyennes et de citoyens a besoin des perspectives des sciences pour encadrer ses réflexions à propos de son présent et de son avenir.


L'avenir des sciences en français au Canada

Le Canada est le produit de la rencontre, sur des terres préalablement peuplées par les Autochtones, de deux grands projets impériaux européens, celui de la France et celui de la Grande-Bretagne. La présence d'un pays bilingue au nord des Etats-Unis est une grande source d'originalité. La vitalité de la science en français est au coeur de ce projet.


L'importance de faire partie de l'Acfas

Depuis plus de quarante ans, depuis le congrès de Sherbrooke en 1981, l'ACFAS est l'un de mes principaux milieux de référence. J'y trouve et un réseau interpersonnel et un encouragement à l'interdisciplinarité.