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Finaliste

Nadia Naffi

Université Concordia

Comment les jeunes des sociétés d’accueil construisent leur rôle dans l’intégration et l’inclusion des réfugiés syriens dans un contexte où la présence potentielle des nouveaux arrivants est construite en fonction du contenu partagé en ligne

Nadia Naffi - Photo


Avez-vous déjà tenté de vulgariser votre thèse à votre famille? Qu’est-ce qui a constitué le plus gros défi? Ce processus a-t-il suscité des réactions cocasses?
J’ai été chanceuse d’avoir été entourée par une famille toujours curieuse de la recherche que je menais. La question que je posais touchait d’une façon directe ou indirecte les membres de ma famille, allant de mes enfants jusqu’à mon père, et ils avaient toujours leur mot à dire. Mon défi était de discuter l’influence des médias sociaux sur la construction de l’image de « l’autre » et sur le comportement inclusif ou exclusif des individus qui en résulte avec une variété de personnes de différents âges, différentes expériences avec « l’autre » ou en étant « l’autre », différentes compétences en l’utilisation des médias sociaux, différentes raisons pour être en ligne, et différentes compréhensions quant à la crise des réfugiés. Je devais comprendre mon public et adapter mon discours et mes arguments à ces diverses expériences.      

Pour vous, que représente votre recherche : un rêve d’enfance devenu réalité, un choix de carrière réfléchi, etc.?
Ma recherche émerge d’une expérience personnelle. Alors que j’ai vécu une très belle expérience d’intégration à mon arrivé au Canada grâce à la communauté très inclusive de l’Université Concordia, les membres de ma famille et mes amis proches étaient exclus dans leurs environnements respectifs et traités comme des intrus. Je me suis rendue compte immédiatement que la société et la communauté d’accueil avaient un rôle primordial dans l’intégration des nouveaux arrivants, et ce rôle est devenu le focus de ma recherche.

Au quotidien, à quoi ressemble votre vie d’étudiant chercheur? Quelle est l’expérience la plus enrichissante que vous avez vécue en tant que chercheur?
Découvrir les systèmes de construits des autres et essayer de comprendre les perspectives qui sont différentes des miennes sont deux activités qui sont au centre de ma vie comme étudiante chercheuse, que ce soit à travers mes discussions avec mes collègues, ma directrice de thèse, mes professeurs, le public présent à mes présentations, et surtout avec les participants à ma recherche. En fait, je me sens chanceuse d’avoir pu rencontrer des jeunes de plusieurs pays d’accueil et de comprendre comment chacun d’entre eux interprétait les messages et les histoires partagés en ligne et comment leurs interprétations influençaient leurs attitudes inclusives ou exclusives envers « l’autre ».

Pourquoi avez-vous décidé de participer au concours Ma thèse en 180 secondes?
La recherche que je mène sur le rôle que jouent les médias sociaux dans l'intégration et l'inclusion des réfugiés Syriens dans les sociétés d'accueil est urgente. À travers ma participation au concours Ma thèse en 180 secondes, je pourrai atteindre un plus grand public incluant les représentants des corps gouvernementaux et non-gouvernementaux, les travailleurs sociaux et les acteurs en milieux éducatifs, responsables de la création des programmes d'apprentissage ou de formation centrés sur l'inclusion et l'intégration des nouveaux arrivants, dans un contexte où la présence de ces nouveaux arrivants est interprétée selon le contenu partagé en ligne.

En participant à ce concours, en quoi avez-vous atteint de nouveaux sommets?
Mon défit était de réussir à présenter ma recherche (qui touche un sujet très délicat et très personnel) avec des termes simples à un public diversifié, probablement ayant différentes positions quant à l’arrivée des réfugiés, et le convaincre en trois minutes de l’urgence d’immuniser nos jeunes des sociétés d’accueil contre la peur de l’autre.