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622 - 14e colloque sur les risques naturels au Québec

Du jeudi 30 au vendredi 31 mai 2019

Une vague de chaleur a fait 70 morts au Québec à l’été 2018. Mais ce sont les inondations récurrentes, dont celles de 2011 et 2017, qui retiennent l’attention des responsables politiques. En décembre 2017, un forum a été tenu, regroupant des élus provinciaux et municipaux, des personnes sinistrées, des représentants d’instances locales et régionales, des organismes concernés par la sécurité civile ainsi que des ministères et agences du gouvernement du Québec. À la suite de ce forum, un plan d’action en matière de sécurité civile relatif aux inondations a été déposé en mars 2018. Celui-ci met en relief notamment la nécessité d’une cartographie actualisée des zones inondables. Ce plan comporte 24 mesures pour faire face au risque d’inondations. Parmi ces mesures, le plan insiste sur une intensification de la recherche pour une meilleure connaissance du risque d’inondations. C’est ainsi qu’un réseau de recherche sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques est créé au printemps 2018. Celui-ci a pour objectif principal d’apporter rapidement des réponses et des solutions concrètes, applicables et durables aux besoins exprimés par les communautés touchées par les inondations.  

Les thématiques de recherche privilégiées sont : la gouvernance, le transfert technologique et l’acquisition de connaissances, l’aménagement du territoire et la réglementation, les enjeux économiques et sociaux, puis les répercussions psychosociales et la santé des populations.

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAR - Université du Québec à Rimouski
UQAR - Université du Québec à Rimouski
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Avant-midi
09 h 20 à 09 h 25
Communications orales
Mot d’ouverture
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1026
09 h 25 à 11 h 55
Communications orales
Connaissance des risques
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1026
09 h 25
Analyse de la vulnérabilité thermique du réseau routier artériel de la Ville de Montréal
Marc Chikhani (UQAM - Université du Québec à Montréal), Yves Baudouin (UQAM - Université du Québec à Montréal)

L’étude porte sur l’analyse de la vulnérabilité thermique du réseau artériel principal de la Ville de Montréal. Le  projet vise à offrir des outils permettant de gérer le réseau routier artériel dans un contexte de réchauffement climatique et d’accroissement des îlots de chaleur.

Les portions du réseau artériel accusant un déficit thermique ont été localisées et comparées à des portions thermiquement saines afin d’isoler les facteurs responsables de cette disparité. Une application web interactive basée sur des technologies ouvertes a été mise en place afin de faciliter analyse et prise de décision.

Une sélection complète des tronçons de voirie du réseau dit « supérieur » sur l’île de Montréal a produit 4 201 tronçons. De ceux-ci, 3590 (85,4%) présentent une température moyenne de plus de 30 °C;  2151 tronçons (51%) ont une température moyenne comprise entre 35 et 40 °C et 1054 (25%) tronçons ont une température moyenne comprise entre 40°C et 45°C. Il devient alors d’intérêt de s’interroger sur les causes de ces variations thermiques entre les tronçons.

Le croisement des données thermiques avec les données de canopée montre que les arbres sont un facteur important de mitigation des ICU sur le réseau routier ainsi que l’ombrage porté des bâtiments. Une superficie de l’espace public apte au verdissement a également été estimée.

Résumé
09 h 50
Démystification du pied de glace sur les côtes basses sableuses de Longue-Pointe-de-Mingan : l’influence des paramètres météo-marins
Catherine Bruyère (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Pascal BERNATCHEZ (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

Tout au long de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, le pied de glace affecte la dynamique morphosédimentaire des côtes en participant tant à l’érosion, au transport et à l’accumulation de sédiment. Ces processus se manifesteront selon la morphologie que prendra le pied de glace au cours de l’hiver et selon les conditions météo-marines. Toutefois, dans un contexte de changements climatiques, plus d’un cycle glaciel survient au cours d’une même saison glacielle influençant alors la dynamique du pied de glace qui à son tour affecte la dynamique côtière en exposant davantage la côte aux événements de tempêtes. L’amélioration des connaissances sur la dynamique hivernale des systèmes côtiers assurera une meilleure compréhension de l’évolution côtière et permettra ainsi une meilleure gestion des risques côtiers. Pour ce projet, un suivi du pied de glace a été effectué sur les côtes sableuses de Longue-Pointe-de-Mingan durant l’hiver 2017-2018, afin d’évaluer l’effet des paramètres météo-marins sur la dynamique du pied de glace. L’utilisation d’imagerie vidéo et de relevés topographiques ont permis de quantifier la variabilité morphologique quotidienne du pied de glace, alors que l’installation de sondes de température dans la glace a permis de mieux connaître la réponse thermique du pied de glace aux conditions météo-marines. De premiers résultats suggèrent une diminution de la résistance de la glace aux fortes conditions hydrodynamiques dues à l’augmentation des températures.

Résumé
10 h 15
Pause
10 h 40
Portrait statistique de la distribution temporelle et spatiale des glissements de terrain au Québec
Laurence Poulin Leboeuf (Ministère des Transports du Québec), Michel Allard (Université Laval), Denis Demers (Ministère des Transports du Québec)

Les mouvements de terrain sont des phénomènes naturels fréquents dans les régions habitées du Québec méridional. Étant donnée leur importance dans la province et les conséquences qu’ils peuvent engendrer, ces mouvements ont fait l’objet jusqu’à présent de nombreuses études, mais pour la plupart orientées sur les aspects géotechniques du problème. Les études statistiques et géomorphologiques sont très fragmentaires. De ce fait, peu de données sont disponibles pour le Québec afin de dresser un portrait de l’occurrence de ces processus en fonction des différentes périodes de l’année et de cerner les facteurs climatiques et géomorphologiques en cause. À partir de la banque de données du MTQ, l’objectif général de cette recherche est de dresser un portrait général des mouvements de terrain et des circonstances ou facteurs causaux qui leur sont associés, à l’aide d’analyses statistiques et descriptives de leurs contextes géomorphologiques, géométriques, spatiaux et temporels. Ces travaux ont permis dans un premier temps de dresser différents portraits des mouvements de sol pour la période couvrant de 1970 à 2017. Dans un deuxième temps, on a examiné s’il était possible d’indiquer l’existence d’effets de purge ou d’amplification en utilisant les données disponibles pour trois événements météorologiques particuliers : les fortes accumulations de neige de l’hiver 2008, les pluies torrentielles de l’Outaouais en 2011 et les apports en eau exceptionnels du printemps 2017.

Résumé
11 h 05
VARIABILITÉ SPATIO-TEMPORELLE DES PROPRIÉTÉS DU MANTEAU NEIGEUX DANS UN CONTEXTE OPÉRATIONNEL DE PRÉVISION DES AVALANCHES, GASPÉSIE, CANADA
Francis Meloche (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Francis GAUTHIER (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Alexandre Langlois (Université de Sherbrooke)

Depuis 2002, une prévision du risque d’avalanche de neige est émise par Avalanche Québec pour les Chic-Chocs et depuis 2016 pour les versants qui bordent les routes 132 et 198 dans le nord de la Gaspésie. À l’heure actuelle, l’un des plus grands défis en prévision d’avalanche est d’expliquer la variabilité spatiale des propriétés du manteau neigeux à des fins d’évaluation de la stabilité. L'objectif principal du projet est de documenter la variabilité spatiotemporelle des propriétés du manteau neigeux pour les deux secteurs d’opérations d’Avalanche Québec. Il s’appuie sur les trois sous-objectifs suivants : 1) décrire le climat de neige de la péninsule gaspésienne et proposer une méthode intégratrice de classification des climats de neige; 2) analyser la variabilité spatiale des conditions météorologiques et des propriétés du manteau neigeux entre un versant côtier (132) et en vallée (198); et 3) estimer la variabilité spatiale de l’accumulation de neige pour chacun des versants à l’étude pendant une tempête. Une comparaison globale avec les climats de neige classique a permis de mieux distinguer le climat de neige spécifique gaspésien, qui s’apparente à celui des Alpes centrales japonaises et du Mont Washington. La variabilité du régime de vent et le bilan radiatif de surface de la neige a permis d’expliquer en partie la variabilité des propriétés du manteau neigeux. Les résultats démontrent également l’influence de la végétation sur les patrons d’accumulation de la neige.

Résumé
11 h 30
Influence des variables météorologiques sur le développement des instabilités sur les parois de roche sédimentaire du Nord de la Gaspésie
Tom Birien (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Francis Gauthier (UQAR), Daniel Fortier (Université de Montréal)

 

Lorsque des infrastructures (axes de transport notamment) sont situées à proximité de parois rocheuses, les chutes de pierres représentent une source de danger importante. Une bonne compréhension du phénomène est essentielle à la mise en place d’une gestion préventive de l’aléa. Les chutes de pierres peuvent être déclenchées par des facteurs externes dont plusieurs sont étroitement liés aux conditions météorologiques. Théoriquement, la récurrence de contraintes mécaniques induites par le gel-dégel, les processus de retrait-gonflement des roches argileuses ou les variations de pression hydrostatique dans les discontinuités diminue la réserve de stabilité et peut à terme occasionner des chutes de pierres. Dans le but de mieux comprendre le rôle des variables météorologiques sur les mouvements « hydrothermomécaniques », des stations de mesures micrométéorologiques et des extensomètres ont été mis en place à la surface des parois rocheuses dans le nord de la Gaspésie. Cette instrumentation, combinée à des relevés LiDAR, permet de quantifier la magnitude et la fréquence des chutes de pierres. Ces événements peuvent ensuite être associés aux conditions météorologiques enregistrées localement et au régime thermique des parois rocheuses qui est mesuré jusque 5,5 mètres de profondeur. Les résultats préliminaires mettent en avant le rôle prépondérant de la température de la roche et des précipitations dans le développement et dans le déclenchement des instabilités rocheuses. 

Résumé
Dîner
11 h 55 à 13 h 30
Dîner
Pause dîner
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1026
Après-midi
13 h 30 à 15 h 45
Communications orales
Connaissance et gestion des risques
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1026
13 h 30
Évaluation de l’efficacité d’un prototype de protection côtière sur la Côte Nord : résultats préliminaires
Maeva Dolle (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Pascal Bernatchez (UQAR), Stéphanie Friesinger (UQAR), David Didier (UQAR), Marion Bandet (UQAR), Maude Corriveau (UQAR)

Dans une perspective de développer de nouvelles solutions pour réduire l’érosion côtière, un prototype novateur, le « Rolodune », a été développé par un résident de la Côte-Nord. Le prototype a été implanté en juin 2017 sur trois sites présentant des niveaux de sensibilité à l’érosion différents, dans le secteur de la pointe Paradis dans la municipalité de Pointe-Lebel. L’objectif du système Rolodune est de recréer un profil de plage en équilibre. Pour ce faire, sa forme en dents de scie devrait capter les sédiments en transit, casser les vagues et en atténuer significativement l’énergie. Le rehaussement de la plage par ce système devrait réduire le recul de la ligne de rivage. Ce projet vise à évaluer l’efficacité du système Rolodune à réduire l’érosion côtière. Des mesures en continues ainsi que des levés LiDAR et photogrammétriques permettent de mesurer l’évolution de la côte et les conditions hydrodynamiques. Dans le secteur de la pointe Paradis, la plage a évolué en passant d’une côte en progradation entre 1931 et 1996 à une côte fortement en érosion entre 2001 et 2016 avec un taux moyen de déplacement de -1,1 m/an. Des tempêtes consécutives en avril 2018 ont engendré des reculs de la microfalaise et entraîné des dommages importants vis-à-vis deux sites d’expérimentation. Ainsi, deux systèmes ont été démantelés alors que le troisième a favorisé une accumulation et la formation d’une berme. Le suivi a permis de faire des constats pour optimiser le système Rolodune.

Résumé
13 h 55
Influence du processus décisionnel sur l’identification du type d’ouvrages de protection pour les aléas côtiers au Québec maritime
Philippe Sauvé (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Pascal BERNATCHEZ (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Mathias Glaus (École de Technologie supérieure, Montréal)

 

L’augmentation du développement en zone côtière combiné aux effets des changements climatiques ont mené à une augmentation de l’artificialité du trait de côte. Aujourd’hui, il est estimé que 50% des côtes à l’échelle mondiale sont menacées par l’aménagement de structures de protection, de secteurs portuaires ou d’autres infrastructures visant à supporter le développement anthropique côtier. Or, l’artificialisation de la côte modifie les processus côtiers ayant des effets sur l’écosociosystème côtier. 

Réalisée à l’échelle de l’Est du Québec, l’étude est séparée en deux volets. Une cartographie de la côte réalisée en 2010 et 2017 a permis de définir l’artificialité (type, état, longueur). Une consultation a été menée en 2017 et 2018 auprès de trois types de parties prenantes de la zone côtière : gestionnaires locaux et régionaux, citoyens et entreprises oeuvrant en génie et en aménagement côtier. 

Les objectifs sont : caractériser l’artificialité du trait de côte dans le Québec maritime; déterminer les influences et le rôle des gestionnaires, des citoyens et des firmes d’ingénierie sur le processus décisionnel ayant mené à une large sélection de structures rigides (enrochement et mur); identifier les solutions potentielles pour améliorer le développement du génie côtier au Québec. 

Bien qu’une ouverture soit maintenant constatée pour les techniques douces, il demeure que certaines limites persistent pour l’aménagement de ce type d’ouvrage de protection côtière. 

Résumé
14 h 20
Pause
14 h 45
Un outil d’aide à la décision pour faciliter la gestion des embâcles de bois mort en rivière
Maxime Maltais (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Maxime Boivin (UQAC - Université du Québec à Chicoutimi), Thomas BUFFIN-BÉLANGER (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

Les embâcles de bois mort au sein des cours d’eau sont généralement mal perçus par la population et les acteurs de l’eau. Cette perception est due à la méconnaissance du rôle que tiennent les embâcles de bois en rivière et à l’emphase mise sur le danger potentiel qu’ils représentent. En interagissant avec l’écoulement de l’eau et le transit sédimentaire, le bois mort peut exacerber les processus d’inondation et d’érosion.  L’activation de ces processus peut représenter un risque considérable pour les populations riveraines et les infrastructures lorsqu’elle se produit dans des secteurs aménagés ou occupés par des communautés. Au Québec, la législation encourage le retrait du bois mort dans les cours d’eau afin d’éviter les risques qui y sont associés et de laisser libre cours à la circulation de l’eau. Or, le bois mort est reconnu pour son rôle dans la création ainsi que le maintien d’habitats aquatique et riverain. La reconnaissance de ce rôle pose un important défi de gestion, car elle soulève la nécessité d’évaluer adéquatement le niveau de danger, l’importance des fonctions écosystémiques et l’atteinte de l’équilibre entre sécurité et habitat lors de la prise de décision. Afin de fournir un appui aux gestionnaires, un outil synthétisant les connaissances sur la dynamique fluviale et celle du bois mort a été développé. Les indices obtenus suite à l’utilisation de cet outil permettent d’orienter les actions à envisage pour assurer la seine gestion des cours d’eau.

Résumé
15 h 20
Les limites des politiques et outils d’adaptation aux risques côtiers au Québec selon les acteurs de la gestion
Laurie Desrosiers-Leblanc (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Guillaume Marie (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Steve Plante (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

Le début du XXIe siècle marque un point tournant pour la place de la prévention dans la gestion des risques naturels côtiers au Québec. Depuis 2000, de nombreuses actions dans le Québec maritime ont été mises en place dans l’optique d’une meilleure adaptation aux aléas côtiers. Toutefois, malgré des investissements financiers et humains majeurs, plusieurs lacunes semblent persister dans les politiques publiques relatives à la gestion de ces risques.

Pour identifier ces limites, une douzaine d’entretiens semi-dirigés ont été menés entre novembre 2018 et janvier 2019 auprès de gestionnaires municipaux, supra-municipaux et ministériels de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent. Cette enquête a été complétée par l’analyse des besoins en matière d’adaptation aux aléas côtiers exprimés par 418 gestionnaires et élus rencontrés dans le cadre d’une série d’ateliers à travers le Québec maritime en 2017 et 2018. Cette étude a permis (i) d’identifier les difficultés et les barrières qui limitent le processus d’adaptation aux risques côtiers (manque de financement, manque d’expertise au niveau local, manque d’accompagnement lors de l’implantation du cadre normatif, et plus encore) et (ii) d’apporter des pistes de solutions pensées par les acteurs locaux pour améliorer les politiques et la règlementation au Québec.

Avec les effets attendus et observés des changements climatiques, il est désormais pressant de soulever les barrières qui limitent le processus d’adaptation des municipalités.

Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 11 h 55
Communications orales
Gestion des risques
Batiment : UQO L.-Brault
Local : B1026
09 h 05
Nouveau réseau sur la gestion des risques d’inondations : Le RIISQ (Réseau Inondations InterSectoriel du Québec)
Philippe GACHON (UQAM - Université du Québec à Montréal), Danielle Maltais (UQAC), Suzanne King (Université McGill), Taha Ouarda (NRS-Eau-Terre-Environnement)

Le RIISQ (Réseau Inondations InterSectoriel du Québec), financé par les Fonds de Recherche du Québec (Nature et Technologie, Santé, et Société et Culture), a pour mission de mieux protéger la population et les infrastructures québécoises des effets néfastes des inondations qui sont en voie de s’aggraver en raison des changements climatiques. C’est un réseau inter-établissements (16 universités du Québec impliquées), inter-milieux et intersectoriel de recherche partenariale innovante et de formation. Il s’appuie sur les connaissances existantes mais aussi sur les nouvelles connaissances scientifiques dans divers domaines, dans le but ultime de proposer et de mettre en pratique des solutions concrètes et durables, et aider à bâtir une société plus résiliente aux inondations. Il vise à créer une plate-forme de recherche et d’échanges qui regroupera les intervenants provinciaux et des chercheurs dans les domaines des sciences sociales, naturelles, la technologie, la santé, l’aménagement du territoire, la mobilisation des connaissances, et des études économiques et politiques afin d’améliorer la capacité du Québec à se préparer, mieux prévenir et se protéger des inondations. Il inclura des travaux de recherche avant, pendant et après les événements, via des retours d’expérience (leçons apprises). Cette conférence permettra d'explorer la mise en place de ce réseau de recherche collaboratif, sur la gestion des risques liés aux inondations dans un contexte de changements climatiques.

Résumé
09 h 30
Vers une intégration des acteurs de l’adaptation climatique au Québec maritime et côtier : le cas des partenaires du Réseau Québec Maritime
Julia SANTOS SILVA (UQAM - Université du Québec à Montréal), Sebastian Weissenberger (UQAM), Pascal Bernatchez (UQAR)

Différents projets visant à favoriser l’adaptation des communautés aux changements climatiques voient le jour au Québec. Que ce soit par l’entremise des chercheurs, des gouvernements ou des communautés, les initiatives privilégiant une approche participative stimulent la formation des communautés de pratique basée sur la notion de résilience. Considérant que des projets comme la Rés-Alliance (2016-2019), celui de Résilience côtière pour les municipalités du Québec maritime (2017-2021) et celui de MEOPAR (portion Québec, 2016-2017) se penchent sur des questions relatives aux risques climatiques, à l’adaptation et à la résilience, et misent sur l’accompagnement des communautés, un arrimage entre ceux-ci est devenu stratégique. Cette présentation exposera les résultats d’une recherche financée par le Réseau Québec Maritime, dont l’objectif était justement de tisser les liens entre les projets existants, dans une perspective de structuration et de coconstruction et partage des connaissances. Les résultats comprennent 1- le recensement des communautés interviewées par les partenaires des projets, 2- la catégorisation du contenu des schémas d’entrevue appliqués par ceux-ci et 3- la documentation, à partir d’une enquête menée en 2018, des perceptions des acteurs à propos des éléments déclencheurs, des démarches et d’un bilan, liés aux processus d’adaptation des communautés en milieu côtier et maritime.

Résumé
09 h 55
Beauceville, une communauté résiliente depuis longtemps
Paul Morin (Ville), Yannick Bourque (Comité de bassin de la rivière Chaudière)

 

Reconnue depuis longtemps pour ses débâcles printanières, la rivière Chaudière subit maintenant une récurrence d’inondations à l’automne et à l’hiver. Ces inondations sont attribuables aux changements climatiques qui provoquent une plus grande fluctuation des températures hivernales et des pluies torrentielles à l’automne. En raison de l’imprévisibilité des inondations qui peuvent maintenant survenir en tout temps et non exclusivement au printemps, les mesures d’adaptation utilisées par les générations antérieures ne conviennent plus à la situation des riverains actuels et la Ville de Beauceville doit désormais faire face à ces imprévisibilités accrues. La rapidité avec laquelle la crue des eaux s’est produite en février 2016 à Beauceville démontre que d’autres mesures d’adaptation doivent être envisagées. En effet, le niveau de l’eau est passé du seuil de pré-alerte au seuil d’inondation majeure en moins de deux heures. Système de surveillance de la rivière Chaudière (SSRC), Plan des mesures d’urgence, projet Rés’Alliance et études de la communauté scientifique font partie des outils sur lesquels la Ville peut s’appuyer afin de réduire les impacts des inondations. 

Résumé
10 h 20
Pause
10 h 40
Les risques côtiers d’érosion et de submersion dans un contexte de changement climatique en France : vers un observatoire de la vulnérabilité systémique
Catherine MEUR-FEREC (Université de Brest, France)

 

 Cette communication propose une approche interdisciplinaire de la vulnérabilité systémique à l’érosion et la submersion marines et une méthode pour suivre son évolution. Elle présente les premiers résultats du programme OSIRISC financé par la Fondation de France. 

La vulnérabilité systémique est constituée de quatre composantes qui réunissent nature et sociétés dans une approche territorialisée : (1) les aléas (processus d’érosion et de submersion, parfois renforcés par l’action humaine et influencés par les changements climatiques), (2) les enjeux (ce que l’on risque de perdre, personnes et biens exposés), (3) la gestion (politiques publiques de gestion des risques, mesures de prévention et de gestion de crise) et (4) les représentations (du risque, du lieu de vie, des préférences d’adaptation). 

Or aucune de ces composantes n'est stabilisée dans le temps et leurs évolutions respectives modifient régulièrement la vulnérabilité des territoires côtiers. Si les aléas sont plutôt bien suivis en France par des indicateurs d’évolution du trait de côte, il n'en est pas de même pour les enjeux, la gestion et les représentations. Pourtant, un suivi temporel de ces quatre composantes améliorerait leur connaissance et permettrait d'éclairer les stratégies de gestion. Afin de pallier ces insuffisances, nous d'expérimentons, en étroite relation avec les gestionnaires, des indicateurs pertinents de leurs dynamiques dans l’objectif de les intégrer dans un observatoire interdisciplinaire. 

Résumé
11 h 05
Changement climatique et gouvernance des risques hydrologiques : cas de l’estuaire du Sénégal
Cheikh BA (Université de Grenoble Alpes - PACTE - Laboratoire de Sciences Sociales), Jean LAPEZE (Université de Grenoble Alpes – France, Laboratoire PACTE)

Au Nord du Sénégal, depuis 15 ans la zone de l’estuaire est devenue une zone à risques (inondations), suite à son anthropisation (constructions de barrages). Les inondations sont d’origine fluviale. Elles sont aggravées par le colmatage des embouchures. L’eau du fleuve ne retrouve plus son exutoire !

Le pouvoir des experts est contesté dans sa légitimité. Il est nécessaire d’investir de nouvelles expériences, pour renforcer la résilience dans un contexte de changement climatique.

Des stratégies de lutte contre les inondations fluviales sont portées par une communauté autochtone : les Gandiolais. Face aux échecs répétés du pouvoir des experts, il est nécessaire de renouveler les stratégies de gouvernance pour le bien-être des populations de l’estuaire du Sénégal. Dans ce sillage, les stratégies de lutte portées par les Gandiolais peuvent réorienter la trajectoire de gouvernance des inondations jusque-là non soutenable. L’étude mettra l’accent sur les savoirs endogènes de lutte contre les inondations fluviales. Ainsi, sur la base d’observations lunaires, les communautés autochtones prévoient la nature du risque hydrologique et avertissent les populations locales grâce à un système traditionnel d’alerte précoce.

Le projet de cette communication est de montrer qu’en dehors des stratégies portées par le pouvoir des experts, pour lutter contre les inondations fluviales dans l’estuaire du Sénégal, des expériences vernaculaires existent et peuvent donner un nouveau sens aux politiques.

Résumé
11 h 30
Urbanisation et risques naturels au Tchad : une analyse de l’occupation des ouadis dans la ville d’Abéché
N’Dilbé TOB-RO (Université Adam Barka d’Abéché (TCHAD))

La ville d’Abéché est serpentée par trois ouadis sur 3 350 mètres linéaires. Cette cité s’est développée en colonisant les lits et les abords de ces cours d’eau dont les crues brusques, observées certaines années, sont préjudiciables aux activités humaines. Dans ce contexte, nous nous sommes interrogé sur les facteurs qui favorisent l’occupation des ouadis dans la ville d’Abéché. Des observations de terrain, des entretiens avec des personnes, des enquêtes auprès des chefs de ménage propriétaires de terrains et une analyse des documents administratifs, des textes de loi ont été menés. Il en ressort que les documents d’urbanisme et les acteurs de la gestion urbaine ont été très peu attentifs à l’occupation des ouadis. Ce constat est attesté par la construction des maisons, le dépôt des déchets, la pratique du maraîchage et la production des articles de carrières sur ces sites. Cette situation expose les occupants et leurs activités à des géorisques dont les manifestations sont des pertes en vies humaines et des dégâts matériels conséquents. L’amélioration de la situation passe par l’affectation des ouadis à des activités qui leurs sont plus adaptées.

Résumé
11 h 55
Mot de clôture