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612 - Hybridité et multimodalité dans les pratiques de création-réception des jeunes : impacts sur l'enseignement des arts et des langues

Du jeudi 9 au vendredi 10 juin 2016

Aujourd’hui, l’hybridation et la multimodalité sont privilégiées par nombre de créateurs, dont certains jeunes, qui détournent les fonctions utilitaires des médias et créent de nouvelles formes d’expression. Malgré l’importance de cette tendance, peu de recherches se penchent sur la manière de réinvestir ce type de pratiques dans l’enseignement des arts et des langues. En croisant des éléments provenant d’un ou de plusieurs ensembles (domaines, disciplines, modes, médias, genres, styles, etc.), l’hybridation produit des pratiques qui brouillent les catégories usuelles (Berthet, 2002; Couchot, 2013; Fourmentraux, 2014; Molinet, 2012; Rancière, 2000). Quant à la multimodalité, elle transforme la réception et la production de sens médiatisé lorsque sont mobilisées concomitamment, en contexte réel de communication, des ressources sémiotiques variées issues d’un vaste éventail culturel de modes de représentation, parmi lesquels figurent l’image, l’écriture, le son, le geste, la parole (Buckingham, 2003; Halliday, 1978; Jewitt, 2009; Kress, 2010; Van Leeuwen, 2005). Dans les pratiques de création de certains jeunes et celles d’artistes et d’auteurs actuels, les allers-retours entre réception et création, entre formel et informel ou entre analogique et numérique donnent lieu à la manipulation de modes sémiotiques sur différents supports et dans divers contextes pour créer du sens par des processus et des formes constamment renouvelés. Des études préliminaires relèvent le besoin d’analyser ces pratiques pour mieux les comprendre, mais aussi de redéfinir les notions de création et de réception en fonction de ces pratiques afin de développer des stratégies pédagogiques susceptibles de favoriser la création-réception hybride ou multimodale en arts et en langues (Richard et Lacelle, 2014).

Ce colloque s’intéresse précisément aux retombées de telles recherches sur l’enseignement et l’apprentissage, principalement dans le domaine des arts et dans celui des langues. 

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Colloque
Section 600 - Colloques multisectoriels
Responsables
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
09 h 15 à 10 h 40
Communications orales
Les pratiques informelles des jeunes : regards croisés
09 h 00
Mot de bienvenue
09 h 15
Hybridité des pratiques chez les jeunes : un renouveau des rapports à la sociabilité et à la culture
Hélène Bourdeloie (Université Paris-Nord (Paris 13))

Le numérique a bouleversé les usages et les modes de consommation culturels. Les dispositifs socionumériques (réseaux sociaux, plateformes de partage…) participent pleinement de ces mutations puisque nombre de pratiques numériques des jeunes sont socio-scripturales (pratiques d'écriture axées autour de la sociabilité). La communication et le divertissement représentent bien les pôles principaux sur lesquels sont axés les usages des jeunes qui s'adonnent intensivement à ces pratiques. Dans un contexte où la convergence et la mobilité des supports engendrent non seulement un entremêlement des pratiques culturelles, sociales, de loisirs et d'apprentissage mais aussi un ébranlement des démarcations entre pratiques de création et de réception, force est de constater que les rapports à la culture et à la sociabilité chez les jeunes rencontrent de véritables changements. Pour autant, si ces pratiques sont riches à analyser du fait de leur dimension innovante et créative qu'illustre la culture du remix (Allard, 2009), un regard critique s'impose. D'une part, pour développer de « bonnes pratiques », l'appropriation des technologies numériques fait appel à des compétences multiples (informationnelles, numériques, médiatiques, etc.) qui ne sauraient s'acquérir sans formation (théorique et pratique) et acculturation préalables. D'autre part, les études observent des appropriations et usages différenciés qui traduisent parfois de véritables clivages culturels et sociaux entre les jeunes individus.

Résumé
10 h 00
Et pourtant, ils créent… : quand la créativité des pratiques informationnelles juvéniles enrichit les pratiques pédagogiques, et réciproquement
Anne CORDIER (Université de Rouen, IUFM)

En 1999, face aux évolutions des productions éditoriales et des supports médiatiques, trois sociologues français – Christian Baudelot, Marie Cartier et Christine Détrez – affirmaient l'existence effective de mutations profondes des pratiques de lecture, tout en insistant : « Et pourtant, ils lisent ». C'est dans cet esprit que nous abordons les discours sociaux et médiatiques répandus à propos des adolescents, qualifiés de « digital natives », des discours qui tendent à masquer la créativité dont font preuve les adolescents sur et par les réseaux. L'école – et l'enseignement de l'information et de la communication, mais aussi des langues, particulièrement – sont profondément questionnés par ces pratiques non formelles, qui échappent souvent  à la sphère académique. Nous proposons d'étudier les liens entre pratiques numériques ordinaires, sociales, des adolescents et pratiques numériques académiques. Nous verrons comment les pratiques non formelles d'information-communication des adolescents viennent enrichir les pratiques pédagogiques mises en place, et réciproquement. Notre propos sera appuyé sur des données issues d'enquêtes de terrain personnellement menées : verbatims recueillis auprès d'adolescents et d'enseignants, observations de pratiques et situations info-communicationnelles, recueil de productions numériques réalisées par les élèves.

Résumé
10 h 40
Pause
11 h 00 à 12 h 00
Communications orales
Pratiques hybrides extrascolaires
11 h 00
La Turbine, productrice de projets rhizomatiques 
Yves AMYOT (Centre Turbine)

La pédagogie rhizomatique et le centre Turbine se sont développés mutuellement depuis plus de quinze ans. Cette complicité est un bel exemple de recherche/création qui se déploie dans et avec différents types de communautés, et ce, dans l'optique de développer des espaces d'expérimentation jumelant pratiques actuelles en art et en pédagogie. Au centre, nous cherchons constamment à créer des agencements inédits pour développer des projets qui considèrent les multiples réalités présentes. Nos projets in situ acceptent le risque et l'imprévu tout en s'adaptant aux besoins, aux objectifs, aux désirs et au plaisir de tous et chacun. Dans le contexte de ce colloque, je présenterai brièvement l'approche rhizomatique basée sur l'hétérogénéité et la multiplicité; je présenterai ensuite quelques exemples de projets interdisciplinaires qui font appel à la littératie. Je m'attarderai en particulier au projet Des mots qui font du bien, une connexion entre le texto, la danse et les adolescents dans un centre d'éducation populaire. Je conclurai avec les projets de résidences dans des classes d'accueil avec les artistes Manon Labrecque et Nathalie Bujold, une connexion entre arts actuels, contes urbains et nouveaux arrivants à l'école secondaire.



Résumé
11 h 30
La plateforme ÉducArt du Musée des beaux-arts de Montréal : l'objet culturel au cœur du renouvellement transdisciplinaire des pratiques pédagogiques au secondaire
Mathieu THUOT-DUBÉ (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Le développement de la nouvelle plateforme numérique éducative du Musée des beaux-arts de Montréal propose non seulement une nouvelle relation entre le Musée et les écoles du Québec, son public scolaire, mais suggère aussi une nouvelle forme de collaboration pédagogique. En effet, par la cocréation de projets pédagogiques avec des enseignants de toutes les disciplines au secondaire, l'initiative ÉducArt est le vecteur du développement, par le milieu scolaire québécois, de situations d'apprentissages interdisciplinaires, pluridisciplinaires et multidisciplinaires. Dans la foulée de cette production acharnée et extraordinaire dans laquelle les objets de la collection du Musée ont une place centrale, un modèle de travail et de développement pédagogique semble émerger. Ce modèle de cocréation ouvre la porte à des attitudes, des postures nouvelles, tant chez l'enseignant que chez l'élève. Dans cette communication, je présenterai d'abord la plateforme pour ensuite en aborder ses différents potentiels et résultats. Ensuite, je cernerai et expliciterai mon rôle en tant que concepteur pédagogique au sein de la plateforme ÉducArt et comment, dans le cadre de ces fonctions, j'ai recensé mes questionnements profonds sur la notion de discipline, de création disciplinaire et d'enseignement transdisciplinaire.

Résumé
Après-midi
12 h 00 à 13 h 30
Assemblée générale
Lunch libre
13 h 30 à 16 h 00
Communications orales
Pratiques de création-réception et enseignement
13 h 30
Im/mobilités des processus d'engagement scolaire des jeunes à risque à travers la médiatisation des pratiques artistiques par les technologies mobiles
Juan Carlos CASTRO (Université Concordia), Martin Lalonde (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Les jeunes décrocheurs et ceux qui sont à risque de décrocher font face à de nombreuses difficultés (Archambault, 2006; Marcotte, Fortin et Cloutier, 2012). Un des principaux défis est la mobilité réduite dans le cadre de fonctionnement des milieux scolaires. Les nouveaux médias mobiles offrent la possibilité d'interagir avec les programmes éducatifs, de l'intérieur comme de l'extérieur de l'école. Ces technologies représentent également une opportunité de repenser le rôle de la mobilité dans les processus d'apprentissage des adolescents en redéfinissant leur apport au curriculum et au parcours éducatif. Cette étude qualitative a été conduite à la lumière des principes méthodologiques interventionnistes du design-based research (Barab et Squire, 2004; Design-Based Research Collective, 2003) pour permettre l'évaluation des développements curriculaires, technologiques et pédagogiques et pour développer une compréhension théorique des apprentissages qui leur sont reliés (Anderson et Shattuck, 2012). Dans cette communication, nous présentons des conclusions de la recherche sur le potentiel de programmes d'arts visuels utilisant des médias mobiles pour favoriser la motivation des jeunes à risque à s'engager dans un projet de formation scolaire. Les élèves participant à cette étude ont mis les auteurs au défi d'examiner comment les avantages des mobilités spatiales et virtuelles s'opposent à l'immobilité prédominante dans le cadre formel d'éducation.



Résumé
14 h 10
Multimodalité et expérience esthétique intermédiale en contexte d'acquisition d'une langue étrangère
Paulo Roberto MASSARO (USP - Université de São Paulo)

Selon Anderson (1999; 2012), l'acte énonciatif en langue étrangère est intrinsèquement lié à l'engendrement d'espaces discursifs fictionnels dans lesquels le sujet-apprenant s'inscrirait en tant qu'auteur. Quels seraient donc les impacts d'une expérience esthétique intermédiale sur la discursivisation en français langue seconde (FLE)? Pour répondre à cette question, nous discuterons des résultats d'un projet de recherche-action centré autour de la trans-fréquentation de trois œuvres artistiques homonymes (Incendies): le texte théâtral de Wajdi Mouawad (2009); sa mise-en-scène en portugais par Aderbal Freire-Filho (2014); le film de Denis Villeneuve (2010). Axée d'une part sur le concept d'intermédialité transformationnelle (Müler, 2000) et d'autre part sur l'éducation artistique (Dewey, 2010; Martins, 2011), notre démarche pédagogique s'est fondée sur des allers-retours entre réception et création, afin de mener des étudiants inscrits en Licence ès Lettres (Portugais-Français) à l'Université de São Paulo à expérimenter une symbiose entre l'acte de lire des œuvres artistiques et celui d'en faire. Après avoir identifié les procédures de conception employées par les apprenants (adaptation libre, transposition, cinématisation) dans leurs Incendies à eux, nous mettrons en question les enjeux pour l'acquisition de la langue étrangère des configurations énonciatives qui y éclosent, marquées aussi bien par l'appropriation de séquences interdiscursives que par la multimodalité (Lebrun, 2012). 

Résumé
14 h 40
Pause
15 h 00
Du livre imprimé au livre interactif jeunesse : processus de création multimodaux en situation de remédiation
Prune LIEUTIER (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Si, ces dernières années, les opérations de numérisation littéraires se sont multipliées, la création de contenus interactifs multimodaux est un enjeu récent. Les différentes technologies permettent d'ouvrir le champ des possibles, transformant à la fois les modes narratifs et la réception, en passant du paradigme de l'écrit classique à celui du multimodal. Cette évolution vers une conception plus large, celle du « multitexte », mettant en jeu divers modes iconiques et textuels, motive des productions de plus en plus nombreuses, mais dont les implications et composantes sont encore peu documentées. Ces développements posent de nombreuses questions : quid des processus de création de ces nouvelles narrations? Quelles sont les modifications apportées aux mécaniques d'élaboration de la trame narrative, mais aussi les liens intrinsèques qui sont noués avec d'autres médias? Quelle place prennent le lecteur, modélisé ou réel, dans des dispositifs offrant des fonctionnalités interactives? Quel est l'impact des technologies sur ces processus? Quels sont les nouveaux métiers qui en émergent et comment se positionnent les métiers classiques du livre jeunesse en ce cadre? Quel est l'impact de ce type de projet sur les rôles et statuts des acteurs impliqués, et quels sont les défis qu'ils rencontrent? Mon intervention s'intéressera aux processus liés au développement de livres jeunesse interactifs remédiés, et leurs impacts à la fois du point de vue des créateurs, des producteurs et des éditeurs.

Résumé
15 h 30
Hybridité et multimodalité dans les pratiques de création informelles des jeunes : bilan d'une recherche
Moniques Richard (UQAM - Université du Québec à Montréal), Nathalie Lacelle (UQAM - Université du Québec à Montréal), Christine FAUCHER (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Depuis 2013, l'équipe de recherche Hybridité, multimodalité et pratiques de création informelles des jeunes (CRSH) s'intéressent aux croisements dans les pratiques artistiques et littéraciques juvéniles et à leur implication pour l'enseignement des arts et des langues. Dans un contexte culturel de plus en plus diversifié, nous avons pu observer des pratiques aussi variées que l'appropriation de textes, d'images, de sons et de gestes, le détournement de médias de leur sens et de leur fonction, la transposition d'univers narratifs d'un média à l'autre, l'invention de codes, ainsi que la convergence entre l'analogique et le numérique. En utilisant principalement les concepts d'hybridité (Molinet, 2006; Rancière, 2000; Richard, Lacelle et Faucher, 2014; Richard et Lemerise, 2012; Vandendorpe, 2012) et de multimodalité (Duncum, 2004; Jewitt, 2009; Kress, 2010; Lacelle et Lebrun, 2012), nous avons pu analyser ces pratiques pour tenter d'en dégager des stratégies pédagogiques qui tiennent compte à la fois des transformations dans les champs artistique, littéracique, culturel et éducatif actuels, mais aussi dans les pratiques mêmes de jeunes. Dans le cadre de cette communication, nous ferons un bilan des travaux de l'équipe et nous verrons leurs implications dans une perspective transdisciplinaire.



Résumé
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Avant-midi
09 h 00 à 10 h 40
Communications orales
Historique et assises didactiques
09 h 00
L'ouverture disciplinaire et culturelle des programmes de français, d'arts plastiques et de musique : analyse historique, 1981-2006
Vincent Bouchard-Valentine (UQAM - Université du Québec à Montréal), Monique Lebrun (UQAM - Université du Québec à Montréal), Suzanne Lemerise (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Dans cette communication, nous proposons une analyse historique comparée des programmes de trois disciplines – français, arts plastiques et musique – sous l'angle de leur ouverture aux croisements et à la multimodalité. Dans une première étape de l'analyse portant sur les années 1960-1980, nous avions remarqué que, consécutivement à l'implantation d'un nouveau système scolaire, les programmes de langue et d'arts se définissaient par une grande spécificité disciplinaire, tout en révélant quelques intérêts ponctuels pour l'interdisciplinarité. Dans cette deuxième étape, nous avons analysé les programmes d'études, guides pédagogiques et revues professionnelles couvrant la période 1981-2006. Nous avons d'abord vérifié, dans nos trois disciplines, s'il y avait un plus grand intérêt pour l'ouverture disciplinaire que précédemment et, si oui, sous quelles formes. Puis, nous nous sommes intéressés aux liens entre multimodalité, création et interprétation. Nous nous sommes également demandé comment les programmes disciplinaires définissent le rôle de l'élève dans ses apprentissages. Nous n'avons pu négliger l'étude des effets directs et indirects, dans l'actualisation concrète des programmes, des grands changements culturels qui marquent ces décennies comme, entre autres, l'arrivée des nouvelles technologies, le passage du modernisme au postmodernisme, les recherches sur l'interdisciplinarité, les relations entre le MELS et du MCC. 

Résumé
09 h 50
La mobilisation d'ensembles multimodaux comme assise didactique à une éducation interdisciplinaire arts-histoire et géographie-littératie
Virginie Martel (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Jean-françois Boutin (UQAR - Université du Québec à Rimouski), Éric VILLAGORDO (Université Paul-Valéry Montpellier 3), Céline SALA (Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education- Faculté d'Education)

À partir d'ensembles multimodaux (Kress, 2010; Serafini, 2014 / bande dessinée, album illlustré, etc.) ayant pour arrière-plan l'histoire de l'humanité (Antiquité, Renaissance, époque contemporaine, etc.), nous interrogeons le rapport à l'histoire/géographie, à l'art et à la fiction qui se forge, chez l'élève, à la suite de ses expériences de lecture multimodale. Il semble de plus en plus nécessaire, révolution médiatique oblige, de s'y intéresser (Gee, 2013, 2015; Lebrun, Lacelle et Boutin, 2012, 2013) afin d'accéder aux intentions artistiques ou historiques qui les sous-tendent.  En amont, la fiction rencontre l'histoire, le récit des faits, et la création formate un réel imaginé. La narration et les images s'imbriquent alors pour stimuler une éducation à l'art, à l'histoire et à la littérature. Ces œuvres, sémiotiquement complexes, interpellent de denses compétences langagières, culturelles et  citoyennes/critiques (Lacelle, Lebrun, Boutin, Richard et Martel, 2015). Reste alors à concevoir, à expérimenter et à implanter, en aval, des rencontres avec les œuvres, donc à étayer didactiquement l'apprentissage interdisciplinaire de l'histoire et des arts graphique et littéraire. Notre hypothèse propose que la complexité de ces œuvres constitue un problème à résoudre pour le lecteur (Parayre et Villagordo, 2012), et que dans sa résolution réside la clé pour la mise en place d'une véritable éducation interdisciplinaire : cette inévitable lecture multimodale de l'image.

Résumé
10 h 40
Pause
11 h 00 à 12 h 00
Communications orales
Construction identitaire et environnements sociaux
11 h 00
Tableau identitaire : nouvelles littératies médiatiques multimodales dans les processus de construction du soi adolescent  
Martin Lalonde (UQAM - Université du Québec à Montréal), David PARISER (Université Concordia)

Les périphériques informatiques mobiles combinés aux applications sociales utilisées sur Internet sont à l'origine du déploiement de nouveaux codes de communication employés au quotidien par la jeunesse contemporaine au sein d'une vaste culture numérique de l'image (Lachance, 2013). Cette communication présente des résultats d'une recherche qualitative sur les processus de représentation identitaire d'un groupe d'adolescents de 16 à 20 ans ayant collaboré à une communauté mobile de création artistique numérique. En nous appuyant sur le concept d'hybridité spatiale et sur celui des nouvelles littératies médiatiques multimodales (Lebrun, Lacelle et Boutin, 2013), nous avons exploré comment des adolescents se sont réunis par le biais des réseaux sociaux mobiles pour échanger des représentations au sujet de leur identité ainsi que des environnements sociaux qu'ils habitent. Parmi les résultats de cette étude, nous constatons que les jeunes ont parfois tendance à se référer à des expériences affectives qu'ils documentent à travers des pratiques multimodales pour définir les contextes qu'ils investissent. Ce sont souvent les particularités esthétiques et sémantiques de la somme de ces représentations qui constituent les bases de leur profil identitaire. Établissant une certaine conception partagée du beau, ces jeunes en viennent à élaborer des formes de littératies particulières qui définissent leur regroupement et à travers lesquelles se déploie leur propre tableau identitaire.

Résumé
11 h 30
Plénière
11 h 50
Mot de clôture