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509 - Parcours scolaires et professionnels : regards croisés sur les jeunes issus de groupes minoritaires et marginalisés

Du jeudi 15 au vendredi 16 mai 2014

Ce colloque scientifique porte sur les parcours scolaires et professionnels des jeunes issus de groupes minoritaires et marginalisés. Dans une perspective d’équité et de justice sociale en éducation et en emploi, il s’avère crucial de se pencher sur les différentes dimensions qui ponctuent les parcours de ces jeunes. Le colloque aborde notamment la question suivante : quels sont les aspects positifs et négatifs qui jalonnent les parcours scolaires et professionnels de ces jeunes? Dans une approche constructiviste, nous aborderons ces aspects en considérant le jeune comme un acteur social disposant d’un pouvoir d’action sur son parcours, interagissant et déployant des logiques stratégiques pour faire face au poids des déterminismes sociaux. Ce colloque développera les connaissances scientifiques sur les parcours des jeunes issus de groupes minoritaires et, plus largement, bonifiera les sources de réflexion des décideurs publics œuvrant auprès de ces jeunes.

Ce colloque réunit des chercheurs travaillant à la fois sur les jeunes issus de l’immigration, les jeunes issus de minorités linguistiques et les jeunes issus de groupes marginalisés. Cet échange favorisera le développement d’une vision plus large sur les parcours des jeunes « issus de groupes minoritaires », et ce, à la fois sur le plan empirique et sur le plan théorique. Également, le colloque réunit des chercheurs analysant les parcours des jeunes à l’aide de dispositifs méthodologiques quantitatifs et qualitatifs; il permettra de prendre acte de la complémentarité de ces deux approches. Plus concrètement, le colloque permettra de réunir des chercheurs de trois entités de recherche, ce qui permettra un croisement d’approches théoriques fécond pour aborder le thème des parcours scolaires et professionnels des jeunes issus de groupes minoritaires : le Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM), axe « Éducation et rapports ethniques », l’Observatoire Jeunes et Société (OJS, INRS UCS) et le Groupe de recherche Immigration, équité et scolarisation (GRIES). 



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Colloque
Section 500 - Éducation
Responsables
UdeM - Université de Montréal
UdeM - Université de Montréal
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Avant-midi
09 h 15 à 09 h 30
Communications orales
Mot de bienvenue
09 h 15
Mot de bienvenue
Marie-Odile Magnan (UdeM - Université de Montréal), Maryse Potvin (UQAM - Université du Québec à Montréal)
09 h 30 à 10 h 30
Communications orales
L'adaptation socioscolaire des élèves issus de l'immigration
09 h 30
La résilience scolaire d'élèves allophones récemment immigrés d'une école de Montréal
Justine Gosselin-gagné (UdeM - Université de Montréal)

Chaque année, une myriade d'élèves récemment immigrés intègre les écoles du Québec. À leur arrivée, ces jeunes sont confrontés à de nombreux défis tels que l'adaptation à un nouvel environnement socioscolaire. Pour certains, cette étape semble plus difficile à franchir, en particulier lorsque des facteurs tels que l'allophonie et la défavorisation économique s'additionnent. L'objectif principal de notre recherche était de cerner les aspects favorables à l'adaptation socioscolaire d'élèves allophones du primaire récemment établis au Québec. Pour ce faire, nous avons utilisé un cadre théorique basé sur le concept de la résilience scolaire dans le but d'exploiter la dimension systémique des aspects qui soutiennent l'intégration. Dans une école située dans un milieu multiethnique et défavorisé de Montréal, nous avons rencontré six duos parents-élèves récemment immigrés afin de mieux comprendre le vécu socioscolaire des jeunes depuis leur arrivée. L'analyse de nos données a permis de révéler que les caractéristiques ayant soutenu leur résilience scolaire relèvent de quatre niveaux : l'élève (motivation scolaire; importance accordée aux études), son environnement familial (intérêt porté par les parents à la scolarité de l'enfant; discours positif au sujet de l'école), son environnement extra-familial (lieux de culte; organismes communautaires) et son vécu scolaire (enseignants engagés et outillés pour prendre en charge la diversité; climat psychosocial de l'école; soutien par les pairs).

Résumé
10 h 00
Le parcours scolaire des élèves issus de l'immigration dans les écoles secondaires à Sherbrooke : les premiers trois ans
Marilyn Steinbach (UdeS - Université de Sherbrooke)

À partir d'une étude longitudinale sur l'intégration linguistique, scolaire et sociale des élèves issus de l'immigration au secondaire à Sherbrooke, je présente une analyse des trajectoires scolaires de ces élèves pendant leurs trois premières années dans la société d'accueil. Les objectifs de l'étude sont de documenter la façon dont ces adolescents progressent à travers des différents programmes scolaires, ainsi que leur niveau de réussite scolaire, y compris leur processus d'apprentissage de la langue et leur intégration dans les classes régulières ou autres. Le cadre théorique considère la nature réciproque du processus d'intégration, ainsi que les diverses stratégies d'acculturation utilisées par les nouveaux arrivants et leurs homologues de la société d'accueil. Une analyse de contenu thématique met en lumière les données des entrevues et des éléments de leurs trajectoires scolaires. Les résultats révèlent des défis importants dans les expériences vécues par ces élèves, les obstacles individuels et systémiques, et l'importance des facteurs socio-affectifs dans leur processus d'intégration sociale. Cette étude soulève des implications pédagogiques pour les enseignants, des pistes intéressantes pour les administrateurs, ainsi que des suggestions pour les politiques et les pratiques en matière de politiques d'intégration et d'apprentissage des langues dans le processus d'intégration des élèves issus de l'immigration.

Résumé
10 h 30
Pause
10 h 45 à 12 h 15
Communications orales
Les enjeux linguistiques et identitaires au fil des transitions scolaires
10 h 45
Les parcours scolaires de jeunes anglophones de la région de Montréal
Diane Gérin-lajoie (University of Toronto)

Ma réflexion portera sur l'expérience de jeunes anglophones en milieu scolaire et sur la façon dont ils perçoivent leur intégration à la majorité francophone au Québec.  C'est d'abord par le biais des politiques linguistiques que j'aborderai la question, afin de montrer que la langue demeure toujours un enjeu politique important. C'est dans le contexte du système scolaire anglophone que j'examinerai la question.  Ma réflexion sera fondée sur les résultats d'une étude ethnographique de trois ans effectuée auprès d'un groupe de jeunes de deux écoles de langue anglaise de la région de Montréal.  Dans cette étude,  les jeunes ont eu l'occasion de participer à plusieurs entretiens individuels et nous les avons aussi observés à plusieurs reprises ; leurs parents ont aussi été interrogés sur les raisons d'envoyer leurs enfants à l'école de la minorité.  Les résultats indiquent que la langue représente pour les jeunes et leurs parents un enjeu politique important et que certaines stratégies sont mises en place pour assurer leur intégration au marché du travail, dont l'acquisition de fortes compétences en français. Il est cependant fort intéressant de constater que les jeunes disent se sentir, dans l'immédiat, difficilement acceptés par la majorité francophone, même dans le cas où leurs compétences en français sont bonnes. Cela dit, ces jeunes ne se sentent pas minorisés pour autant.   

Résumé
11 h 15
Le rapport au curriculum formel et informel de l'école québécoise : parcours scolaires et identitaires de jeunes issus de l'immigration
Marie-Odile Magnan (UdeM - Université de Montréal), Fahimeh DARCHINIAN (UdeM - Université de Montréal), Émilie Larouche (UdeM - Université de Montréal)

Dans les dernières années, les recherches sur l'école et les jeunes issus de l'immigration à Montréal se sont principalement organisées autour des thématiques liées à la réussite scolaire, éducative et sociale et à l'impact de la relation école-parent et école-communauté. Dans cette communication, nous entendons plutôt creuser le rapport des jeunes issus de l'immigration à la « culture » de l'école, à l'« identité québécoise » et au récit narratif transmis à travers les cours d'histoire. Des entrevues qualitatives menées avec des étudiants issus de l'immigration (N=38) nous révèlent que ces jeunes développent plutôt un rapport de distance (Dubet, 1994) face à la culture et au curriculum de l'école québécoise. Des frontières ethnoculturelles se dessinent dans les discours des jeunes alors qu'ils perçoivent une frontière « imaginaire » entre « québécois » et « immigrants » (Juteau, 1999). Or, nos données révèlent que ce rapport de distance se transforme dès lors que les jeunes quittent le secondaire pour accéder  au cégep et à l'université. De nouveaux rapports d'altérité modulent leur construction identitaire et leur perception des frontières lors de leur entrée dans l'âge adulte.

Résumé
11 h 45
La construction identitaire lors du passage à l'université en milieu francophone minoritaire : un portrait de jeunes de la Fransaskoisie
Annie Pilote (Université Laval), René-Pierre TURMEL (Université Laval)

Dans cette communication, nous présenterons les résultats d'une recherche sur la construction identitaire d'étudiants universitaires qui sont issus d'une école de la minorité francophone au Canada. Nous ciblerons un sous-groupe de participants de la Saskatchewan, ce qui permettra de mettre en relief les effets d'un milieu à très grande majorité anglophone et éloigné des régions à concentration francophone plus importante. Quels rapports ces jeunes développent-ils par rapport à la majorité anglophone canadienne et à la majorité francophone québécoise? Cette analyse prendra appui sur une typologie des parcours identitaires vécus au fil des études universitaires (Pilote et Magnan, 2012)  afin de mieux comprendre comment a évolué leur positionnement identitaire par rapport aux frontières linguistiques suite à leur transition de l'école francophone minoritaire vers l'Université de Regina, un établissement anglophone mais qui permet certaines possibilités d'études en français. Nous raffinerons ensuite nos analyses à l'aide d'une typologie de profils identitaires (Pilote, 2006) qui met l'accent sur la négociation de l'identité comme processus d'interaction sociale qui nous aidera à mieux comprendre les spécificités de l'expérience des jeunes de la Fransaskoisie.

Résumé
12 h 15
Dîner
Après-midi
13 h 30 à 14 h 30
Communications orales
Le rôle ou l'impact de différents facteurs sur les parcours et l'expérience scolaire (partie 1) : les facteurs liés à l'élève, aux familles et aux communautés
13 h 30
La réussite éducative des élèves issus de l'immigration : les facteurs liés à l'élève
Marie Mc Andrew (UdeM - Université de Montréal), Geneviève AUDET (CSMB - Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys)

Malgré le réseau d'influence complexe qui s'exerce sur lui, le rôle actif de l'élève dans sa propre scolarité fait aujourd'hui l'objet d'un large consensus. Trois dynamiques sont particulièrement importantes à cet égard : la manière dont le jeune interprète son expérience scolaire, le développement des attitudes, comportements et compétences favorables à la réussite ainsi que les caractéristiques des amis et des personnes signifiantes qui l'entourent. Dans le cas des élèves issus de l'immigration s'ajoute leur plus ou moins grande capacité à gérer le stress d'acculturation lié aux différences de valeurs entre la famille et la société d'accueil. Dans la présente communication, après avoir approfondi l'impact de ces quatre types de facteurs à partir d'une revue de la littérature nationale et internationale, nous présenterons les résultats d'une méta-analyse en cours au sein du groupe de recherche Immigration, équité et scolarisation (GRIES- FQRSC 2010-2014) qui rassemble une quarantaine d'études réalisées au Québec sur divers enjeux liés à la réussite éducative des élèves issus de l'immigration ces dix dernières années. L'interrelation de ces facteurs sera illustrée, en conclusion, par la présentation de quelques trajectoires d'élèves.

Résumé
14 h 00
L'intégration socioscolaire des jeunes Québécois d'origine chinoise : le rôle des ressources communautaires ethniques
Ming Sun (UdeM - Université de Montréal)

D'après une recherche récente, les jeunes canadiens d'origine chinoise connaissent une performance scolaire remarquable en comparaison avec d'autres groupes minoritaires, voire même avec les groupes majoritaires. La littérature internationale indique que les sociostructures ethniques jouent un rôle important dans l'intégration socioscolaire des élèves chinois. Toutefois, l'influence des ressources communautaires ethniques est relativement peu documentée, surtout dans un contexte francophone tel que le Québec. La présente communication servira à présenter les résultats d'une recherche qui visait à explorer l'impact de ces ressources au sein de la communauté chinoise à Montréal, tels que les médias de langue chinoise, les organismes ethnospécifiques à vocation d'intégration sociale, les écoles ethniques à temps partiel et les institutions religieuses ethniques. Les données ont été principalement recueillies à travers des entretiens semi-structurés approfondis et l'analyse du contenu de documents et de médias. Les résultats révèlent que les institutions sociales ethniques contribuent à soutenir les valeurs culturelles, échanger des informations, établir des modèles pour les jeunes et à fournir des services appropriés en matière culturelle et linguistique. Les données montrent également que les parents chinois ont largement recours aux ressources au sein de la communauté ethnique afin de surmonter les effets négatifs des faibles liens entretenus avec l'école de langue française.

Résumé
14 h 30
Pause
14 h 45 à 16 h 15
Communications orales
Le rôle ou l'impact de différents facteurs sur les parcours et l'expérience scolaire (partie 2) : les facteurs institutionnels et les enjeux d'adaptation systémique
14 h 45
Les jeunes de 16-24 ans issus de l'immigration à l'éducation des adultes : parcours et obstacles systémiques
Maryse Potvin (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Cette conférence présente une typologie des trajectoires de jeunes de 16-24 ans issus de l'immigration ou non-immigrants qui poursuivent leurs études dans un centre de la Formation générale des adultes (FGA) sur l'île de Montréal ou à Sherbrooke, ainsi que des facteurs qui affectent leur trajectoire, selon les regards croisés des acteurs. L'étude qualitative a effectué 184 entrevues auprès de 80 jeunes de 16-24 ans en FGA et de 104 agents institutionnels, qui ont reconstitué les pratiques, les services et les processus à l'oeuvre en FGA. Adaptant le modèle de Cross (1981) et Potter et Ferguson (2003) aux réalités des jeunes issus de l'immigration, l'étude catégorise les barrières rencontrées par ces apprenants comme étant situationnelles, informationnelles, institutionnelles et dispositionnelles, en mettant accent sur les obstacles institutionnels ou systémiques. La conférence met en perspective leurs besoins en fonction des critères d'équité, en termes de soutiens, de reconnaissance d'acquis, de dotation en ressources, d'accessibilité des services, d'acceptabilité sociale des apprentissages de l'éducation et d'adaptabilité des contenus et des pratiques de tous ordres (Tomaševski, UNESCO, 2002). Les données qualitatives seront complétées par la présentation d'une analyse statistique du cheminement d'une cohorte d'élèves arrivés pour la première fois au secondaire en 1998 ou en 1999 dans une école du Québec du secteur français (Ledent et al., 2012, GRIES).  

Résumé
15 h 15
Pratiques évaluatives à l'égard des élèves de minorités culturelles : entre aide et normalisation
Corina BORRI-ANADON (UQTR - Université du Québec à Trois-Rivières)

À partir d'entrevues individuelles, de rapports d'évaluation orthophonique auprès d'ÉMC et d'une posture interprétative-critique, le dispositif analytique a permis de mettre en lumière trois processus de normalisation à l'œuvre, soit des processus assujettissant l'ÉMC à certaines identités plutôt qu'à d'autres par la mise en évidence de « différences utiles » (Foucault, 1975, p. 216).  Que ces dernières reposent sur une norme psychomédicale, socioculturelle, ou les deux, les ÉMC soumis au processus évaluatif se voient attribués « une deuxième ‘réalité' positive et analytique spécifique » (Otero, 2006b, p. 11).

Par son caractère complexe et pluridimensionnel, l'intégration des élèves issus de minorités culturelles (ÉMC) au milieu scolaire a imposé de nouveaux défis aux intervenants de l'école québécoise. Bien que plusieurs travaux se soient intéressés à l'intégration scolaire et sociale de ces élèves, peu se sont penchés sur les pratiques des intervenants qui leur sont destinées (Potvin et Mc Andrew, 2010). Les orthophonistes scolaires, par leurs rôles d'évaluation et de recommandation à l'égard des ÉMC, sont des professionnels scolaires qui méritent d'être interpellés si l'on souhaite comprendre les parcours scolaires de ces jeunes. 

Résumé
15 h 45
L'expérience et le parcours scolaires des jeunes issus de l'immigration : les pratiques et les interactions en milieu scolaire
Mahsa Bakhshaei (UdeM - Université de Montréal)

Lorsqu'on étudie la réussite scolaire des élèves issus de l'immigration, on insiste souvent sur les caractéristiques des jeunes, de leur famille et de leur communauté d'appartenance. Pourtant, les pratiques adoptées par la société d'accueil et par ses institutions, dont l'école, ainsi que les dynamiques et les interactions qui leur sont propres, jouent aussi un rôle incontestable. Ces pratiques et dynamiques se divisent en trois catégories : le contexte d'accueil des nouveaux arrivants et le climat des relations interethniques, les encadrements, les politiques et les programmes éducatifs et enfin, les processus, les pratiques et les interactions en milieu scolaire. Cette communication, qui s'appuie sur les données qualitatives d'une étude sur l'expérience socio-scolaire des élèves originaires de l'Asie du Sud à Montréal, présentera les défis que pourraient rencontrer les élèves d'origine immigrante dans les écoles secondaires de langue française à Montréal. Nous examinerons d'abord l'évaluation et le classement des élèves nouveaux arrivants allophones, des élèves en difficulté scolaire qui terminent leur scolarité à l'éducation des adultes et des élèves identifiés comme ayant des troubles de langage durant leur scolarité. Puis, nous étudierons les attitudes quant à la diversité et à la place des langues et des cultures d'origine, les attitudes et les comportements du personnel scolaire à l'égard des élèves issus de l'immigration et les relations avec les parents immigrants.

Résumé
16 h 15
Pause
16 h 30 à 19 h 00
Cocktail
Cocktail et lancement des ouvrages de Kanouté et Lafortune (L'intégration des familles d'origine immigrante : les enjeux sociosanitaires et scolaires) et de Pilote (dir.) (Francophones et citoyens du
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Avant-midi
10 h 00 à 11 h 30
Communications orales
Cheminements, persévérance et diplomation des jeunes en formation générale des adultes, au collégial et à l'université (partie 1) : portraits statistiques des parcours
10 h 00
Diplomation et persévérance des élèves issus de l'immigration à la formation générale des adultes
Jacques Ledent (INRS - Institut national de la recherche scientifique)

Cette communication vise à documenter dans quelle mesure les élèves issus de l'immigration dans une cohorte d'élèves arrivés ensemble en secondaire 1 ont rapidement obtenu à la FGA le DES qu'ils n'ont pu obtenir à la FGJ. Dans un premier temps, on brosse le profil statistique des élèves de 1ère et 2ème générations qui, huit ans après l'arrivée au secondaire 1, ont obtenu leur DES à la FGA, mais aussi le profil de ceux qui  y persévèrent, non sans comparer ces deux profils avec les profils correspondants des élèves de 3ème génération ou plus. Puis, dans un deuxième temps, on a recours à un modèle logistique multinomial (requérant la considération simultanée des diplômés à la FGJ et des décrocheurs) afin d'examiner les propensions à diplômer ou à persévérer à la FGA de l'ensemble des élèves de 1ère et 2ème générations. Initié par une comparaison de ces propensions  avec celles des élèves de 3ème génération ou plus, après contrôle pour les différences de caractéristiques entre les divers (sous-)groupes concernés, cet examen se poursuit avec la mise évidence des différents facteurs influençant les deux propensions en question chez les élèves de 1ère et 2èmegénérations et, pour fins de comparaison, chez ceux de 3ème génération ou plus. En pratique, les analyses présentées se rapportent à la cohorte des élèves arrivés en secondaire 1 du secteur français à l'automne 1998 ou 1999, pour laquelle des données pertinentes ont été extraites des banques administratives du MELS.

Résumé
10 h 30
Diplômés du collège et de l'université : une comparaison des immigrants et des natifs au Québec en 2006
Claude Raymond ALEXIS (CIQSS - Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales)

Nous avons trouvé que les natifs du Québec ont des chances supérieures aux immigrants et natifs du reste du Canada d'avoir un titre collégial. Cependant, les immigrants ainsi que les natifs du reste du Canada ont des chances nettement supérieures de détenir un titre universitaire que les natifs du Québec. Les immigrants nés aux États-Unis et en Afrique sont plus souvent diplômés de l'université que ceux nés en Asie de l'Est et du Sud-est. Les enfants qui migrent au Québec ou au Canada avant 10 ans ont des chances nettement plus élevées d'avoir un titre collégial que de ne pas en avoir, en comparaison à ceux arrivés après cet âge. Un immigrant dont la langue d'usage à la maison n'est ni le français ni l'anglais réussit bien au collégial, mais détient moins souvent un titre universitaire.

Ce travail de recherche vise principalement àétudier les immigrants diplômés du collège ou de l'université (du système éducatif québécois) selon les régions de naissance ou d'origine, tout en essayant de les comparer aux natifs du Québec et du reste du Canada. De plus, les effets de l'âge à l'immigration, de la langue d'usage à la maison et de la période d'arrivée sur la chance d'avoir un titre postsecondaire québécois avaient été également examinés. Pour atteindre nos objectifs, nous avons utilisé une analyse bivariée et multivariée axée sur des variables socio-économiques, démographiques, ethnoculturelles et contextuelles tirées des données du recensement de 2006 de Statistique Canada.

Résumé
11 h 00
Ethnicité et parcours scolaires aux études supérieures au Canada : qui y va et quand?
Pierre Canisius Kamanzi (UdeM - Université de Montréal), Nicolas BASTIEN (INRS - Institut national de la recherche scientifique), Pierre Doray (UQAM - Université du Québec à Montréal)

Notre communication indiquera que les jeunes adultes immigrants qui poursuivent les études supérieures (ES) au Canada ont des cheminements scolaires différents de ceux des Canadiens d'origine et que ces cheminements varient en fonction de l'origine ethnoculturelle. Pour ce faire, nous avons utilisé le modèle de risque proportionnel de Cox (Cox, 1972; Cox et Oakes; 1984). Les résultats montrent que, d'une manière globale, le risque d'accès aux ÉS est plus élevé chez les immigrants que chez les canadiens d'origine. En d'autres termes, l'accès aux ÉS s'effectue plus tôt chez les premiers que chez les seconds. De plus, il existe des différences significatives de parcours scolaires entre les différents groupes d'immigrants. L'analyse montre cependant que l'association entre l'origine ethnoculturelle et le risque d'entrée au ÉS diminue fortement, quand nous contrôlons, dans le modèle, les différentes ressources des parents (capital économique, scolaire et social) des parents, ainsi de l'expérience scolaire de l'élève (résultats scolaires au secondaire et niveau d'engagement aux études).

Résumé
11 h 30
Dîner
Après-midi
12 h 45 à 17 h 00
Communications orales
Cheminements, persévérance et diplomation des jeunes en formation générale des adultes, au collégial et à l'université (partie 2) : les stratégies des acteurs et des institutions
12 h 45
Résilience chez les étudiants à risque du collégial
Alexandre Beaupré-lavallée (UdeM - Université de Montréal), Sarah Mainich (IRIPI - Institut de recherche sur l'intégration professionnelle des immigrants - Collège de Maisonneuve), Sophie Rodrigue (UdeM - Université de Montréal), Marc-andré Deniger (UdeM - Université de Montréal)

Le taux de réussite au secondaire est une préoccupation au Québec depuis les années 90. Récemment, l'attention s'est tournée vers le taux de réussite au niveau collégial et une nouvelle problématique a émergé : le taux de réussite dans les collèges du Montréal métropolitain est plus faible que dans le reste de la province. De Larose et al. (1992), Roy et al. (1999, 2003 et 2006) et Morrissette (2010), on peut tirer la définition d'un étudiant considéré comme « à risque » d'échouer : génération d'immigration, milieux défavorisés et résultats scolaires faibles au secondaire. Tous les cégeps réunissant ces populations ne présentent pas des taux de réussite inférieurs au reste de la province. Les institutions sont donc un facteur à considérer lorsque l'on étudie la réussite des étudiants à risque. Coulon (1997) et Dubet et Martucelli (1996) nous aident à définir l'étudiant à risque qui persévère comme un étudiant résilient, qui utilise des stratégies cognitives et sociales pour réussir. Leur approche n'a pas été utilisée en contexte collégial et il s'agit de l'objet de la présente étude. La conférence présentera les résultats des entrevues avec les étudiants collégiaux issus des milieux visés.

Résumé
13 h 15
Diversité des parcours, diversité des contributions : regard sur les étudiants universitaires autochtones du Québec
Jean-Luc Ratel (Université Laval)

À l'aide de données recueillies au moyen d'entrevues semi-dirigées – dans le cadre d'une thèse de doctorat actuellement en rédaction – effectuées auprès de 23 étudiants et de 11 professionnels impliqués auprès d'eux, nous démontrerons, d'une part, la richesse des parcours universitaires autochtones et, d'autre part, comment l'institution universitaire intègre cette diversité et contribue au mieux-être chez les Autochtones (Biddle, 2011). En définitive, le cas des étudiants autochtones illustre donc comment l'université conçue comme sphère publique démocratique (Giroux, 2002) peut non seulement s'avérer bénéfique pour eux-mêmes, mais aussi pour toute la communauté universitaire et la société.

Le système scolaire québécois, s'il prévoit un parcours « typique » allant du primaire à l'université, offre une certaine flexibilité permettant de tenir compte de l'influence des événements scolaires et extrascolaires sur les parcours scolaires (Picard, Trottier & Doray, 2011), ce qui se traduit notamment par des « bifurcations » parfois surprenantes (Charbonneau, 2006).

Dans ce contexte, il n'est pas étonnant d'observer que les parcours universitaires des étudiants autochtones puissent eux aussi s'écarter de la trajectoire classique prévue par les institutions (Rodon, 2007; Loiselle, 2010). Néanmoins, ces parcours considérés « atypiques » devraient plutôt être analysés comme étant « typiques » chez les Autochtones tant ils sont fréquents, voire dominants au sein de cette population.

Résumé
13 h 45
Parcours universitaires d'étudiants résidents permanents : retour aux études et projet migratoire
Fasal Kanouté (UdeM - Université de Montréal), Sarah Mainich (IRIPI - Institut de recherche sur l'intégration professionnelle des immigrants - Collège de Maisonneuve), Justine Gosselin-gagné (UdeM - Université de Montréal), Julie GRONDIN (UQAR - Université du Québec à Rimouski)

Ces dernières années, l'essentiel du flux migratoire en direction du Québec est composé de personnes  détenant 14 années de scolarité et plus, ainsi qu'une expérience  professionnelle (MICC, 2010). Les problèmes de déqualification professionnelle à l'arrivée (Boudarbat et Cousineau, 2010; Grenier et Nadeau, 2010; MICC, 2009) ou le désir  d'acquisition d'une nouvelle formation (Misiorowska, 2012) font que les immigrants récemment arrivés au Canada et au Québec, donc résidents permanents, s'inscrivent à l'université dans une proportion supérieure à celle de la population en général (Gilmore et le Petit, 2008). Notre étude s'est intéressée au cheminement universitaire de ces étudiants résidents permanents (ERP) dans six institutions d'enseignement supérieur au Québec. Par une méthodologie mixte, nous avons  obtenu que près  de 1000 ERP complètent un questionnaire en ligne et qu'une centaine participent à des entretiens et  groupes focus. Dans cette communication, nous partageons les  données qui éclairent la place du retour aux études dans le projet migratoire de l'étudiant.

Résumé
14 h 15
Pause
14 h 30
Parcours universitaires de doctorants internationaux à Montréal : logiques stratégiques en contexte migratoire
Sarah Mainich (IRIPI - Institut de recherche sur l'intégration professionnelle des immigrants - Collège de Maisonneuve)

La libre circulation des personnes et la mondialisation en termes de développement, d'harmonisation des transactions de biens, de main d'œuvre et de connaissances contribuent au fait que les étudiants ont davantage d'opportunités de partir étudier à l'étranger (Altbach & Teichler, 2001). Ces étudiants internationaux arrivent dans une université qu'ils ne connaissent pas et une nouvelle ville qui leur est souvent étrangère. Bien que leur présence soit plus importante au sein des universités montréalaises, nous ignorons encore beaucoup des étudiants internationaux des cycles supérieurs alors qu'ils jouent un rôle clé au chapitre de la performance économique et scientifique des institutions qui les accueillent. L'originalité de cette communication repose sur une discussion des logiques stratégiques (Dubet, 1994) de doctorants internationaux, à partir de l'analyse de leurs récits de vie. Nos résultats suggèrent un lien entre une faible capacité stratégique d'un étudiant international et un éventuel problème de persévérance ou, au contraire une relation possible entre sens stratégique et réussite du projet d'études. Nous discuterons également des possibilités d'encadrement et de soutien, car le Québec est décrit comme une société accueillante et les expériences sociales et académiques des étudiants sont globalement satisfaisantes, mais ils ont de multiples barrières à franchir. Nous décrirons leurs principaux défis ainsi que les stratégies mobilisées pour les surmonter.

Résumé
15 h 00
Nouveaux immigrants en formation professionnelle : motivations, défis, cheminements
Mariola Misiorowska (UdeM - Université de Montréal)

Certains questionnements se posent quand à cette réalité. Comment les centres de formation professionnelle s'adaptent à cette clientèle et quels projets novateurs sont mis en place afin de l'aider dans leur cheminement scolaire ? Selon les élèves issus de l'immigration, quels services pourraient aider à assurer la réussite de leur formation et leur insertion professionnelle ? Finalement, peut-on comprendre les mécanismes qui font en sorte que la formation professionnelle devient un vecteur de la réalisation du projet migratoire individuel ou au contraire, cette voie participe au maintien des immigrants dans une situation de déqualification professionnelle?

Les programmes de formation professionnelle au niveau secondaire attirent un grand nombre de nouveaux arrivants dans les commissions scolaires de la RMR de Montréal. Cette présence des immigrants très récemment établis au Québec posent le défi d'adaptation des services offerts au profil de cette clientèle : à la fois plus âgée et plus scolarisée que la moyenne ‘québécoise' mais souvent encore en processus d'intégration au Québec. Pour les adultes immigrants en formation professionnelle, cette période correspond non seulement à l'apprentissage professionnel et technique, mais à l'adaptation linguistique, sociale et culturelle au Québec.

Résumé
15 h 30
Les Bamakois diplômés de Paris : ethnographie d'une petite bourgeoisie en déclassement
David MAHUT (Université Descartes (Paris 5))

Cette présentation repose sur une enquête ethnographique menée entre 2007 et 2012 auprès d'un groupe de migrants bamakois et diplômés résidant à Paris. L'objectif est de reconstituer les itinéraires scolaires et professionnels de ces Africains aux propriétés sociales spécifiques : ce sont des urbains issus de la petite bourgeoisie bamakoise, ils maîtrisent le français et tous ont obtenu leurs diplômes au Mali (niveau de diplôme allant du baccalauréat au doctorat). À Paris, les enquêtés sont placés durablement en bas de la hiérarchie des métiers, des métiers en inadéquation avec leur niveau de qualification. Mais ce déclassement socioprofessionnel n'est pas le résultat de leur immigration en France. La mobilité sociale descendante débute dans le Mali des années 90 alors que le pays traverse une crise qui gèle les possibilités d'ascension professionnelle et familiale de mes interlocuteurs. La première partie de l'exposé est consacrée aux caractéristiques fondamentales de leur milieu social de départ : l'origine urbaine, la dette intergénérationnelle et le diplôme. La seconde partie porte sur les logiques d'intégration qui conduisent les enquêtés à occuper le bas de la structure sociale française. La dernière partie propose une analyse des enjeux sociologiques de leurs situations d'emploi en France et au Mali. Ces enjeux seront abordés à travers la notion de déclassement, ce qui appelle à réfléchir sur ses conditions d'usage lorsqu'elle est appliquée à une population migrante.

Résumé
16 h 00
Discussion
17 h 00 à 17 h 15
Communications orales
Mot de clôture
17 h 00
Mot de clôture
Maryse Potvin (UQAM - Université du Québec à Montréal), Marie-Odile Magnan (UdeM - Université de Montréal)