656 - CLINIQUE DE L’INCERTITUDE CLINIQUE EN SCIENCES DE LA SANTE
- Mercredi 13 mai 2026
Responsables
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Ahmed Moussa
UdeM - Université de Montréal
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Pierre Pottier
Nantes Universtité. CHU de Nantes
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Louis-Philippe Thibault
UdeM - Université de Montréal
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Nicolas Belhomme
FRANCE
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Claude Julie Bourque
UdeM - Université de Montréal
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Nicolas Fernandez
UdeM - Université de Montréal
L’incertitude clinique est par définition celle que tout professionnel de la santé ressent dans sa pratique auprès du patient. C’est un phénomène fréquent, qui apparait lors de la prise en charge des patients dès l’instant où une décision doit être prise. Elle peut être perçue par le soignant à toutes les étapes de sa prise en charge : lors du raisonnement clinique au moment de l’élaboration du diagnostic, lors de la prescription d’un examen complémentaire, lors de la mise en place d’un traitement et du choix des modalités de sa surveillance, lors de l’information sur le pronostic de la maladie et au moment de l’annonce d’un diagnostic ou d’un pronostic réservé.
Bien qu’omniprésente dans la pratique des professionnels de santé, l’incertitude clinique reste un phénomène complexe et peu exploré, résultant de l’interaction entre le professionnel de santé qui doit prendre des décisions avec le patient et le contexte dans lequel cette décision est prise.
L’incertitude clinique possède une part irréductible même pour les professionnels les mieux formés et les plus expérimentés. Mal gérée ou mal tolérée, l’incertitude peut provoquer des comportements délétères pour le professionnel et le patient, comme tenter de neutraliser ou de maitriser l’incertitude, l’attribuer à sa propre incompétence, tenter de la cacher au patient. Ces comportements peuvent être sources d’erreurs diagnostiques, de surcoût de santé publique (en multipliant les investigations complémentaires), d’altération de la relation soignant-patient et peuvent menacer le bien-être et la santé mentale des professionnels.
Si des travaux de recherche précisent la nature de l’incertitude en milieu clinique, des questions restent posées :
« Doit-on concevoir l’incertitude comme une donnée externe du problème ou comme un processus interne, psychocognitif et temporaire, influencé par les stimuli de la situation ?
La tolérance à l’incertitude n’est-elle qu’un trait de personnalité stable dans le temps (et donc résistante au changement) ou une compétence professionnelle à développer pour améliorer les prises de décisions en santé ?
Faut-il introduire des formations à une meilleure gestion de l’incertitude en formation initiale ou continue ?