630 - Développement et savoirs situés : regards critiques croisés Sud-Nord. Justice épistémique et urgences sanitaires & environnementales
- Lundi 11 mai 2026
- Mardi 12 mai 2026
Responsables
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Karine Rajoelisolo Debergue
UQAR - Université du Québec à Rimouski
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Kokou Hometowou Hounogbe
Institut Supérieur de Développement Local
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Francois Audet
École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
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Caroline Coulombe
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Marie-Pierre Leroux
UQAM - Université du Québec à Montréal
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Marie-Claude Savard
UQAM - Université du Québec à Montréal
Sous le fromager sacré, la grand-mère montrait où poser les calebasses : jamais près du marigot, « l’eau garde la mémoire ». Les anciens lisaient la succession des jours et des nuits, les cycles de pluie ; et, selon leurs variations, ils adaptaient semis, jachères et prévention des maladies. Les pêcheurs suivaient la lune pour rouvrir le bolong et les mangroves restaient intouchables : « elles tiennent le rivage ». Quand un arbre tombait, le griot récitait son histoire et plantait trois semis en silence.
En wolof, garab signifie plante et remède ; en yorùbá et idatcha, éwé signifie plante et remède ; en mina, ati = plante et atiké = remède. Dans de nombreuses traditions, environnement et santé ne faisaient qu’un : « la forêt soigne avant l’hôpital ».
Aujourd’hui, forêts brûlent, sols s’épuisent, savoirs s’effacent. Dans un monde où la connaissance circule vite mais demeure inégalement accessible, une question s’impose : produisons-nous encore la science avec les sociétés, ou seulement sur elles ? Face aux urgences écologiques et sanitaires et à la vulnérabilité des territoires peu équipés, il devient vital de questionner nos évidences épistémologiques, d’élargir nos méthodes et de réviser nos pratiques de gestion.
Ce colloque propose un déplacement : croiser phénoménologie, épistémologies du Sud et approches critiques pour montrer comment la pluralité des savoirs améliore la pertinence des diagnostics, l’appropriation des projets et la durabilité des effets. Quatre axes structurent l’appel : (1) reconnaissance et mise en preuve des savoirs non écrits ; (2) méthodes « indisciplinées » et leurs critères de qualité ; (3) acceptabilité, appropriation et gouvernance ; (4) histoires à succès centrées populations - récits + données, conditions de transfert. L’ambition : un espace où communications académiques, récits situés et dispositifs participatifs dialoguent pour éclairer l’action publique et les organisations.
Appel à communications
APPEL À COMMUNICATION
Congrès de L’ACFAS à l’Université du Québec à Trois-Rivières
Colloque n° 630 : Développement et savoirs situés : regards critiques croisés Sud–Nord. Justice épistémique et urgences sanitaires & environnementales
1. Introduction
Dans un monde où crises climatiques, sanitaires et sociales se renforcent mutuellement, la production de connaissances ne peut plus s’affranchir des territoires, des mémoires collectives et des savoirs vernaculaires. Les savoirs situés (oraux, écrits, sensoriels, matériels) constituent des repères incontournables pour comprendre les relations santé-environnement, les transformations des écosystèmes et les conditions d’appropriation des projets.
Ce colloque propose un espace de dialogue entre chercheurs, praticiens, acteurs communautaires, bailleurs et coproducteurs de savoirs, afin de mettre en lumière des formes de validation ancrées, des usages vernaculaires de la science et des méthodes « indisciplinées » capables de mieux saisir les expériences vécues, les hybridations et les frictions Sud-Nord.
Nous invitons des communications qui mobilisent :
- des épistémologies situées (Sud–Nord, autochtones, rurales, diasporiques, féministes, critiques)
- des données qualitatives, quantitatives, narratives, matérielles ou esthétiques
- des méthodes innovantes ou participatives
- des analyses rigoureuses des asymétries de pouvoir et de la justice épistémique.
2. Axes thématiques
Axe 1. Épistémologies situées et savoirs locaux
- Tradition orale, archives vivantes, matérialité des savoirs.
- Savoirs endogènes et savoirs experts : tensions, hybridations, co-production.
- Santé-environnement, pratiques communautaires, pharmacopées, pêche, agroécologie.
- Prévention et réponses locales aux risques sanitaires et climatiques.
Axe 2. Approches critiques et méthodes marginales
- Perspectives postcoloniales, décoloniales, féministes, pragmatistes.
- Méthodes « aux marges » des cadres dominants : arts-recherche, cartographie citoyenne, sciences ouvertes, etc.
- Justice cognitive et épistémique : inclusion des voix et savoirs minorés.
- Critères de qualité des méthodes non conventionnelles.
Axe 3. Acceptabilité et appropriation des projets
- Appropriation / non-appropriation des projets de développement, santé, environnement.
- Gouvernance participative, relations bailleurs-communautés.
- Conditions de succès ou d’échec des interventions.
Axe 4. Récits d’impact et histoires de transformations
- Études de cas fondées sur des récits + données.
- Causeries, storytelling situés, récits polyphoniques.
- Frictions, échecs productifs, conditions de transférabilité.
3. Formats acceptés
- Communications individuelles (20 min)
- Communication pour les panels coordonnés (3-4 communications par panel)
- Posters et démonstrateurs
- Retours d’expérience (praticiens ou acteurs communautaires)
- Mini-lab audio/visuel (capsules, dispositifs participatifs)
4. Consignes de soumission
Merci de soumettre un document anonymisé (max. 1000 mots) comprenant :
- Titre
- Court résumé incluant cinq mots-clés, limité à 1500 caractères (espaces compris), soit environ 250 mots.
- Proposition de communication. À titre indicatif, elle peut inclure : rôle effectif des populations, impact, effets perçus, sens du succès selon les populations concernées, équité (qui bénéficie réellement du projet ?), transférabilité, etc.
Dans un second document (non anonymisé), indiquer :
- Nom et prénom
- Affiliation
- Courriel
- Axe visé
- Format souhaité (communication, panel, poster, causerie, mini-lab)
5. Processus d’évaluation
Évaluation double à l’aveugle selon les critères suivants :
- Clarté et originalité
- Ancrage situé
- Rigueur méthodologique et éthique
- Inclusion des voix locales
- Preuves d’impact
- Pertinence pour un des quatre axes
- Qualité du format
Principes recherchés : inclusion, parité, diversité Sud-Nord, interdisciplinarité, pluralité des statuts (étudiants, chercheurs, praticiens)
6. Dates importantes
- Date limite de soumission des intentions de communication : 12 février 2026
- Notification d’acceptation aux auteurs : 18 février 2026
- Confirmation de la participation des auteurs : 25 février 2026
- Transmission du programme final : 27 février 2026
- Envoi du support visuel au comité organisateur : 25 avril 2026
- Date du colloque : 11 et 12 mai 2026
7. Soumission des propositions
Envoyer vos documents à : karine_rajoelisolodebergue@uqar.ca et hounogbekh@isdl.sn
Objet du courriel : ACFAS 2026 – Proposition de communication
8. Comité scientifique et d’organisation
- Karine, Rajoelisolo Debergue (UQAR, Canada)
- Kokou H. Jeru Achyl, Hounogbe (ISDL, Sénégal)
- François, Audet (UQAM / OCCAH, Canada)
- Caroline, Coulombe (UQAM / OQRC, Canada)
- Marie-Pierre, Leroux (UQAM, Canada)
- Marie-Claude, Savard (UQAM / OCCAH, Canada)