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Présentateur des activités scientifiques

475 - Sport, intersectionnalité et espaces : Déconstruire le système sportif pour mieux le réinventer

  • Mardi 12 mai 2026
  • Mercredi 13 mai 2026

Responsables

Dans le cadre de ce colloque, nous proposons une réflexion interdisciplinaire sur les espaces sportifs, analysée sous une perspective intersectionnelle (Crenshaw, 1991; Collins et Bilge, 2016). Nous souhaitons interroger le maintien du système sportif actuel, ainsi que les subversions qui permettent sa recodification. Nous partons du postulat que les différents espaces sportifs — qu’ils soient physiques, médiatiques ou symboliques — interagissent dans des logiques simultanées de préservation du pouvoir et de contestation de ce dernier (Bourdieu, 1984).

D’abord, sur le plan physique, les espaces dédiés au sport s’incarnent dans des infrastructures dont l’accessibilité n’est pas universelle. Elles excluent souvent, par leur conception même, les personnes ayant des limitations fonctionnelles (Peers, 2016) et se déploient inégalement sur le territoire, suivant des lignes de fracture liées au colonialisme et à la défavorisation socio-économique (Allison-Abaunza et Woodburn, 2024).

Ensuite, les espaces médiatiques tendent à privilégier le sport professionnel masculin (Montañola, 2011), (re)déployant sans cesse les principes du complexe médiatico-sportif (Jhally, 1989). Les figures d'autorité journalistique (reporters, chroniqueurs) demeurent majoritairement des hommes blancs (St-Pierre, 2018) relatant les exploits d’autres hommes à un public imaginé comme exclusivement masculin et hétérosexuel (Cooky et al., 2021; Messner et al., 2000).

Enfin, ces espaces ne sont jamais neutres sur le plan symbolique. Ils sont traversés par des logiques de classe (Hubson et al., 2025), de genre (Pavlidis et Connor, 2016) et de race (Joseph, 2020; 2021) générant des injustices structurelles. En somme, l'espace sportif contemporain reste marqué du sceau d’une masculinité hégémonique, blanche et capacitiste, s’inscrivant dans une toile de fond capitaliste néolibérale (Cooky et al., 2024; Mutz et Müller, 2021; Craike et al., 2018; Mazzie, 2014).


Appel à communications

Nous souhaitons donc interroger, dans une vision interdisciplinaire, la manière dont ces différents espaces interagissent les uns avec les autres pour maintenir en place le système sportif actuel. Nous nous intéressons aussi à comment il est possible de subvertir ces mêmes espaces pour mener à leur recodification. Bien que le sport se prête explicitement à l'analyse intersectionnelle (Carter-Francique, 2017), ce colloque invite à situer comment cette théorie, méthode et pratique s'articule au sein de la sociologie du sport, de la culture et des communications à travers les questions générales suivantes ; 

  • Quelle est la puissance explicative de l'intersectionnalité pour enquêter sur les diverses formes de pouvoir et les inégalités qui s’articulent dans le sport?
  • Quelles sont les limites de l’approche intersectionnelle pour expliquer les rapports sociaux complexes à l’œuvre dans le milieu sportif ?
  • Quels sont les défis méthodologiques/épistémologiques pour étudier le sport sous cet angle, et comment transformer ces savoirs en politiques et pratiques concrètes ?
  • Comment les structures de gouvernance, les médias sportifs et l’économie du sport participent-ils à reproduire certaines exclusions ou à rendre invisibles certains groupes ?
  • À quoi ressemblent l'action et l'organisation de la justice sociale dans les espaces culturels sportifs contemporains (p.ex., mouvements pour l’inclusion, égalité de genre, lutte antiraciste)?
  • Comment les expériences vécues par les athlètes et autres acteur·trices du milieu sportif issu·es de différentes identités (genre, classe, origine, orientation sexuelle) révèlent les logiques de pouvoir du sport ?

Axes thématiques : 

Nous invitons des contributions théoriques, méthodologiques et empiriques diverses. Pour structurer les échanges, les propositions doivent s'inscrire dans les trois axes interreliés et non exclusifs qui balisent le présent appel :

Axe 1 : Espaces physiques et institutionnels (gouvernance, corps et violence)

Cet axe s'intéresse à la matérialité du sport, aux structures qui le régissent et aux corps qui l'habitent. Il questionne les barrières concrètes et les violences vécues.

  • Gouvernance et économie : mécanismes d'inclusion/exclusion intersectionnelle au sein des fédérations et des institutions sportives.
  • Pratiques sportives : modalités d'engagement, accès différencié aux disciplines (formelles ou informelles) et expériences vécues de l'activité physique par les groupes (élites et amateurs).
  • Violence et exploitation : approches intersectionnelles des abus, du harcèlement et de l'exploitation des corps.
  • Inclusion et terrain : dynamiques au niveau du sport communautaire (grassroots) et initiatives pour les populations marginalisées (notamment, réfugié·es, personnes en situation de handicap).
  • Accessibilité : barrières et inégalités infrastructurelles, architecturales et géographiques (notamment, régions éloignées, communautés autochtones).

Axe 2 : Espaces médiatiques et culturels (représentation et invisibilité)

Cet axe explore la manière dont le sport est produit, raconté, montré et consommé/interprété. Il analyse la construction culturelle des identités et les mécanismes d'invisibilisation.

  • Invisibilité et stéréotypes : analyse critique des médias sportifs face aux perspectives féministes, queer, postcoloniales et autochtones.
  • Culture et altérité : construction de soi et de l'Autre dans les récits sportifs; expressions culturelles majoritaires/minoritaires et transversales.
  • Nouveaux espaces de diffusion : rôle des médias socionumériques comme lieux de contestation ou de reproduction des inégalités et de la haine.
  • Montée de l’enthousiasme pour le sport féminin : visibilisation du sport féminin, reconfiguration des publics.

Axe 3 : Espaces symboliques, politiques et épistémologiques (théorie, méthode et action)

Cet axe, plus transversal, invite à réfléchir sur la production du savoir sur le sport et sur le passage de la théorie à l'action (praxis).

  • Militantisme et changement : rôle de l'action dans le changement organisationnel, formes d'allié·es (allyship) et résistance collective.
  • Injustices structurelles/symboliques : comment les logiques croisées de classe, de genre et de race qui traversent les espaces sportifs participent-ils aux injustices structurelles spécifiques ?
  • Géopolitique et instrumentalisation : Sportswashing, soft power et tensions identitaires globales/locales.
  • Défis méthodologiques/épistémologiques : étudier et penser le sport au prisme de l’intersectionnalité; nouvelles approches pour décoloniser les savoirs sportifs; approches participatives.
  • Politiques et pratiques : implications pratiques de l'intersectionnalité pour les décideur·euses et création de politiques inclusives.

Bref, ce colloque vise à nourrir une réflexion collective sur les formes possibles d’un système sportif plus juste, inclusif et décolonial. Nous invitons chercheur·e·s, praticien·ne·s et acteur·rice·s du monde sportif à proposer des communications selon la démarche subséquente.

Modalités de soumission :

Les propositions de communication (en français) devront être soumises au format PDF et ne pas dépasser 500 mots. Elles devront inclure les éléments suivants :

  1. Titre de la communication
  2. Auteur·trices : Nom(s), prénom(s) et affiliation(s) institutionnelle(s)
  3. 3 à 5 mots-clés
  4. Problématique et cadre théorique
  5. Méthodologie (le cas échéant)
  6. Principaux résultats ou arguments
  7. Axe thématique pertinent (1. Espaces physiques et institutionnels; 2. Espaces médiatiques et culturels; 3. Espaces symboliques, politiques et épistémologiques)
  8. Bibliographie sélective (5 références maximum)

Date limite de soumission : 14 février 2026 
Adresse d'envoi : lab.profems@fse.ulaval.ca

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