432 - Penser, observer et « travailler » le care : propositions et défis pour l’analyse des rapports de pouvoir

Section 400 - Sciences sociales

  • Jeudi 30 mai 2019


Responsables
  • Louise Boivin - UQO - Université du Québec en Outaouais
  • Anne-Renée Gravel - TÉLUQ - Université du Québec
  • Isabelle COURCY - UQAM - Université du Québec à Montréal

La question du care fait l’objet d’un nombre croissant de travaux en sciences humaines et sociales. La notion fait également l’objet de débats sur le plan de sa conceptualisation (Bourgault et Perreault, 2015) et de ses enjeux au sein des milieux féministes académiques et de pratique. Cet intérêt peut s’expliquer, d’une part, par la croissance des besoins de services due à une plus grande longévité de la population et, d’autre part, par les restructurations néolibérales des services publics. L’intensification du travail de care réalisé dans le cadre des services publics (Bourque et Grenier, 2016) se conjugue avec son externalisation, malgré la complexification des soins. Ainsi le travail de care se réalise-t-il de plus en plus sous l’égide de prestataires privés gérant une panoplie de formes d’emploi déqualifié et précaire (Boivin, 2017). Le retrait de l’État social accroit aussi la charge pour les proches aidant.e.s de personnes ainé.e.s et d’enfants ou d’adultes vivant avec un handicap devant souvent déployer des compétences habituellement détenues par le personnel professionnel du réseau public de la santé et des services sociaux (Des Rivières-Pigeon et Courcy 2014). Ces transformations du travail de care posent avec acuité l’enjeu de la division sexuelle, raciale et internationale du travail (Damamme et Hirata 2017; Nakano Glenn 2009). Ce sont encore majoritairement des femmes qui réalisent ce travail de care intensifié, dévalué et socialement assigné, dont des femmes racisées et migrantes qui peuvent vivre des situations de travail non libre (Galerand et Gallié, 2018) et des désavantages structurels résultant des déplacements du Sud au Nord et des politiques migratoires (Blackett, 2011). Ce colloque vise le partage et la diffusion des résultats de recherche de chercheures et d'étudiantes de plusieurs universités menant une réflexion interdisciplinaire sur le travail de care et ses objets connexes et qui sont, pour la plupart, regroupées au Chantier de recherche Travail (domestique, professionnel, militant et ses divisions) du Réseau québécois en études féministes (RéQEF).