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310 - Interroger la représentation de l'habiter urbain dans la fiction contemporaine

Section 300 - Lettres, arts et sciences humaines

  • Mardi 5 mai 2020

Responsables

Le colloque « Interroger la représentation de l'habiter urbain dans la fiction contemporaine » portera sur la représentation de l’habiter urbain dans la fiction contemporaine, ceci dans une perspective transmédiatique. Seront donc prises en considérations les analyses d’œuvres littéraires, mais également cinématographiques, vidéoludiques, bédéiques et télévisuelles.

Le terme « habiter », suivant Heidegger (1993 [1951]) constitue une caractéristique fondamentale de l’être, une « "poétique" du monde qui questionne l’être de l’habitation humaine » (Lussault 2007, p. 41). À la suite de Dardel (1990), l’habiter se voit articulé en termes de géographicité, soit comme le produit de la relation de l’humain à la terre; une relation comprenant à la fois un ensemble de pratiques et une conscience singulière de la nature et de l’espace (Dupont 2008). Naît ainsi une approche « onto-géographique » de l’habiter rendant compte de la projection de l'humain dans l'espace (Lévy et Lussault 2003), mais aussi un habiter comme acte d’appropriation de l’espace : il est alors question de pratiques habitantes (Rosselin 2002), soit de manières – comportements, fréquentations et usages – d’être aux lieux (Fries-Paiola et De Gasperin 2014) ou encore, dans une perspective certalienne, de « faire avec l’espace », soit des usages se rapportant non plus à la manière dont on arrange l’espace, mais à la manière dont on s’arrange de l’espace (Duret 2019).

L’habiter peut également être considéré comme un co-habiter. Il est alors question de la dimension spatiale de la socialité ou encore de la dimension collective de l’habiter. Il se rapporte alors aux configurations des relations de coexistence des individus en société, l’espace social étant entendu comme un être ensemble dans et en fonction d’un milieu humain.

D’abord pensé par les philosophes au cours du XXe siècle, le concept d'habiter a essaimé depuis dans les sciences humaines et sociales, en particulier en anthropologie, en géographie, en sociologie et en urbanisme, au point de devenir un concept essentiel dans les disciplines concernées par les questions de spatialité ces deux dernières décennies. Récemment, plusieurs perspectives d’analyse se sont penchées sur la représentation de l’habiter dans les œuvres de fiction, telles que la géocritique, l’écocritique et, plus récemment, la mésocritique, dont elle constitue l’objet d’étude privilégié.   

En considération de cela, ce colloque a pour objectif de montrer comment la fiction contemporaine envisage l’expérience du milieu urbain – et plus précisément l’expérience de la ville considérée à l’échelle de la métropole ou de la mégapole – par ses habitants et habitantes ou, en d’autres termes, comment la fiction contemporaine représente l’habiter et les pratiques habitantes au sein de la ville.


Appel à communications

Colloque « Interroger la représentation de l'habiter urbain dans la fiction contemporaine »

Responsables : Christiane Lahaie (Université de Sherbrooke) et Christophe Duret (Université de Montréal, Université de Limoges)

Lieu : Université de Sherbrooke (Sherbrooke, Canada)

Date : Mardi 5 mai 2020

Ce colloque, organisé dans le cadre du 88e Congrès de l’Acfas, portera sur la représentation de l’habiter urbain dans la fiction contemporaine, ceci dans une perspective transmédiatique. Seront donc prises en considérations les analyses d’œuvres littéraires, mais également cinématographiques, vidéoludiques, bédéiques et télévisuelles.

Le terme « habiter », en philosophie et en géographie, s’écarte de son usage courant, où il est synonyme d’actes fonctionnels tels que  « loger », « résider » ou « demeurer », pour être conceptualisé en tant « qu’être sur Terre » (Lussault 2007). À partir de Heidegger (1993 [1951]) et de sa célèbre Conférence de Darmstadt, l’habiter devient une caractéristique fondamentale de l’être, une « "poétique" du monde qui questionne l’être de l’habitation humaine » (Lussault 2007, p. 41). À la suite de Dardel (1990), l’habiter se voit articulé en termes de géographicité, soit comme le produit de la relation de l’humain à la terre; une relation comprenant à la fois un ensemble de pratiques et une conscience singulière de la nature et de l’espace (Dupont 2008). Naît ainsi une approche « onto-géographique » de l’habiter rendant compte de la projection de l'humain dans l'espace (Lévy et Lussault 2003), mais aussi un habiter comme acte d’appropriation de l’espace : il est alors question de pratiques habitantes (Rosselin 2002), soit de manières – comportements, fréquentations et usages – d’être aux lieux (Fries-Paiola et De Gasperin 2014) ou encore, dans une perspective certalienne, de « faire avec l’espace », soit des usages se rapportant non plus à la manière dont on arrange l’espace, mais à la manière dont on s’arrange de l’espace (Duret 2019).

À côté des pratiques habitantes et de l’être sur Terre, l’habiter peut également être considéré comme un co-habiter. Il est alors question de la dimension spatiale de la socialité ou encore de la dimension collective de l’habiter. Si « [l]'espace est une catégorie qui définit une relation de coexistence entre les éléments du réel » (Lévy 1993, p. 121, l’auteur souligne), le co-habiter se rapporte alors aux configurations des relations de coexistence des individus en société, l’espace social étant entendu comme un être ensemble dans et en fonction d’un milieu humain.

L’habiter, d’abord pensé par les philosophes au cours du XXe siècle a essaimé depuis dans les sciences humaines et sociales, en particulier en anthropologie, en géographie, en sociologie et en urbanisme, au point d’être devenu ces deux dernières décennies un concept essentiel dans les disciplines concernées par les questions de spatialité. Plus récemment, quoique de manière encore embryonnaire, plusieurs perspectives d’analyse se sont penchées sur la représentation de l’habiter dans les œuvres de fiction, telles que la géocritique, l’écocritique et, plus récemment, la mésocritique, dont elle constitue l’objet d’étude privilégié.   

En considération de cela, le colloque « Interroger la représentation de l'habiter urbain dans la fiction contemporaine » a pour objectif de montrer comment la fiction contemporaine envisage l’expérience du milieu urbain – et plus précisément l’expérience de la ville considérée à l’échelle de la métropole ou de la mégapole – par ses habitants et habitantes ou, en d’autres termes, comment la fiction contemporaine représente l’habiter et les pratiques habitantes au sein de la ville.

Plusieurs dimensions de l’habiter urbain seront abordées, parmi lesquelles figurent :

  • Les rapports écologiquement soutenables et insoutenables de l’urbain à son environnement;
  • Les pratiques habitantes alternatives et dissidentes;
  • Habiter dans un milieu cosmopolite (mixité sociale et culturelle);
  • Les espaces communs/publics de l’habiter;
  • Les formes utopiques et dystopiques de l’habiter;
  • Habiter les enclaves (par ex. ; les quartiers sécurisés);
  • Habiter comme acte de cartographie cognitive et/ou émotionnelle.

Les propositions de communications d’environ 300 mots, accompagnées d’une brève bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 17 février 2020 à Christophe Duret (christophe.duret@usherbrooke.ca).

 

Références bibliographiques

DARDEL, Éric. (1990 [1952]). L’Homme et la Terre : Nature de la réalité géographique, Paris, Éditions du CTHS, 201 p.

DUPONT, Louis. (2008). « De la géographicité et de la médiance », Géographie et cultures, n63, [En ligne], http://gc.revues.org/1592 (Page consultée le 11 août 2018).

DURET, Christophe. (2019). Le goût pour le Moyen Âge dans les fictions post-catastrophiques contemporaines : Une lecture mésocritique, thèse de doctorat, Université de Sherbrooke, Savoirs UdeS. URL : https://savoirs.usherbrooke.ca/handle/11143/16057

FRIES-PAIOLA, Cécile, et Axelle DE GASPERIN. (2014). « Introduction : Les pratiques habitantes au cœur de la recherche contemporaine sur les "lieux de la ville", Revue Géographique de l’Est, vol. 54, n°3-4, p. 1-14.

HEIDEGGER, Martin. (1993 [1951]). « Bâtir, habiter, penser », dans Essais et Conférences, Paris, Gallimard, p. 170-193.

LÉVY, Jacques, et Michel LUSSAULT. (2003). « Habiter », dans Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, sous la direction de J. Lévy et M. Lussault, Paris, Belin, p. 440-442.

LÉVY, Jacques. (1993). « A-t-on encore (vraiment) besoin du territoire? », Espaces Temps, n51-52, p. 102-142.

LUSSAULT, Michel, et Mathis STOCK. (2003). « Mobilité », dans Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés, sous la direction de J. Lévy et M. Lussault, Paris, Belin, p. 622-624.

LUSSAULT, Michel. (2007). Habiter, du lieu au monde. Réflexions géographiques sur l'habitat humain, dans Habiter, le propre de l'humain, sous la direction de T. Paquot, M. Lussault et C. Younès, Paris, La Découverte, p. 35-52.

ROSSELIN, Céline. (2002). « Pratiques habitantes dans des logements d'une seule pièce », Communications, no 73, p. 95-112. 

PDF Lien vers l'appel à communications