302 - L’art historique, ou "ancien", au Québec : au seuil d’un renouvellement ou d’un déclin ? Héritages, résistances et/ou reconfigurations
- Vendredi 15 mai 2026
Responsable
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Pierre-Olivier Ouellet
UQAM - Université du Québec à Montréal
Alors que l’étude de l’histoire au Québec demeure un champ solide, soutenu par un vaste réseau de chercheurs et d’enseignants, l’histoire de l’art portant sur les périodes antérieures à 1900 traverse une crise silencieuse. Les cours spécialisés se raréfient, deviennent optionnels ou disparaissent, et plusieurs figures marquantes du domaine ont quitté la scène universitaire ou muséale.
Cette situation pose une question essentielle : l’étude de l’art historique au Québec est-elle encore possible ? Et si oui, dans quelles conditions institutionnelles, méthodologiques et épistémologiques ?
Longtemps perçu comme un champ « conservateur » ou associé à une vision en décalage avec les débats contemporains sur la diversité ou la décolonisation ou la modernité, l’art historique au Québec souffre progressivement d’un désintérêt qui témoigne peut-être moins d’un manque de pertinence que d’un déficit de reconnaissance institutionnelle et de renouvellement critique. Pourtant, les productions artistiques du Québec constituent un patrimoine visuel essentiel à la compréhension de notre culture matérielle, de nos pratiques de mémoire et de nos circulations culturelles. Repenser leur étude permet de rouvrir un champ de recherche capable d’articuler histoire, patrimoine et identité, tout en intégrant les approches actuelles : études de genre, écocritique, postcolonialisme, matérialité et culture visuelle.
Ce colloque propose donc d’interroger les conditions de survie et de renouveau de ce champ. Comment transmettre et valoriser cet héritage dans un contexte institutionnel en mutation ? Comment réintégrer ces corpus dans les discours savants et publics ? Entre marginalisation disciplinaire et renouveau, il s’agit moins de défendre un passé que de réfléchir à la mémoire visuelle d’une société et à la place de l’art historique dans la culture québécoise contemporaine.
Appel à communications

L’art historique, ou "ancien", au Québec : au seuil d’un renouvellement ou d’un déclin ?
Héritages, résistances et/ou reconfigurations
Alors que la discipline historique au Québec demeure solidement implantée, portée par un réseau dense d’institutions, de chercheurs et d’enseignants, l’histoire de l’art consacrée aux périodes antérieures à 1900 au Québec apparaît aujourd’hui fragilisée, voire marginalisée. Les cours qui lui sont dédiés, souvent optionnels ou sporadiques, tendent à disparaître des cursus universitaires. Les spécialistes qui ont façonné le champ au cours des dernières décennies ont pris leur retraite des institutions muséales et universitaires, tandis les décès de François-Marc Gagnon et de Gérard Lavallée ont marqué la fin d’une génération. Cette érosion du milieu invite à poser des questions essentielles. L’étude de l’art historique, souvent dit "ancien", au Québec est-elle encore possible ou, du moins, soutenue ? À l’heure où les cadres institutionnels, idéologiques et pédagogiques de l’histoire de l’art se reconfigurent, comment repenser la place, la pertinence et la transmission de ce pan de la discipline ?
Comparativement à d’autres champs historiographiques ou artistiques – qu’il s’agisse de l’histoire québécoise, enseignée et valorisée dans les programmes universitaires, ou des grandes périodes canoniques de l’histoire de l’art occidental, des peintures pariétales du Paléolithique jusqu’aux débuts de l’art moderne –, l’art historique du Québec peine à maintenir sa visibilité. Son étude se heurte à des contraintes structurelles, mais aussi à des suspicions idéologiques : ne serait-elle pas parfois associée à une vision conservatrice, voire coloniale du passé, difficile à concilier avec les cadres critiques contemporains (présentisme, décolonisation, intersectionnalité) ?
Pourtant, cette production artistique, constituée autant de peintures, de sculptures, d’architectures, d’arts décoratifs, que d'œuvres religieuses ou profanes, demeure essentielle à la compréhension de notre mémoire visuelle et matérielle. Elle témoigne des circulations de savoirs, de formes et d’idées entre l’Europe et l’Amérique, des dynamiques d’adaptation culturelle et des formes d’expression locale qui méritent d’être réévaluées à la lumière des outils théoriques actuels. En outre, son étude éclaire également la constitution des imaginaires collectifs, la mise en place des institutions artistiques et les premiers discours critiques sur l’art au Québec. De fait, les potentiels de lecture de cette culture matérielle et visuelle sont loin d’être épuisés; ou son approche, limitée.
Ce colloque vise à rouvrir le débat sur la place, la pertinence et les perspectives de l’histoire de l’art au Québec avant 1900. Il souhaite réunir chercheurs et chercheuses, enseignants et enseignantes, muséologues, conservateurs et conservatrices, étudiants et étudiantes afin de réfléchir collectivement aux enjeux suivants :
- Comment renouveler les approches historiographiques et méthodologiques de l’art historique au Québec ?
- Quelles stratégies institutionnelles et pédagogiques peuvent en assurer sa transmission ?
- Comment articuler l’étude du passé artistique avec les débats contemporains sur la mémoire, la décolonisation et la diversité culturelle ?
- Quelles alliances sont possibles avec d’autres champs (muséologie, anthropologie, conservation, études culturelles, histoire, sociologie) ?
- Comment envisager la relève dans un champ en mutation et en réduction constante ?
Axes de réflexion suggérés (non limitatifs)
Historiographie et légitimité : généalogies du champ, figures fondatrices, récits dominants et oubliés.
Institution et transmission : enseignement, musées, politiques de recherche et de diffusion.
Méthodologies et renouvellement critique : approches postcoloniales, écocritiques, genrées, matérielles ou interdisciplinaires.
Mémoire et patrimoine : place de l’art historique dans la construction de la mémoire collective et des identités culturelles.
Perspectives de relève : formation, partenariats, dialogue interdisciplinaire et ouverture internationale.
Modalités de participation
Les propositions de communication (250 à 300 mots), accompagnées d’une courte notice biographique (100 mots), doivent être envoyées avant le 16 février 2026 à l’adresse suivante : ouellet.pierre-olivier@uqam.ca. Le colloque se tiendra au 93e congrès de l’Acfas, à l’Université du Québec à Trois-Rivières, le 15 mai 2026.
Informations pratiques
Proposition : 250 à 300 mots + notice biographique (100 mots)
Date limite : 16 février 2026
Courriel : ouellet.pierre-olivier@uqam.ca
Organisateur
Pierre-Olivier Ouellet
Professeur associé
Département d’histoire de l’art
UQAM
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