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81e Congrès de l'ACFAS

Stabilité du mode opératoire de délinquants sexuels sériels et crime linkage

Auteur : Nadine Deslauriers-Varin
Colloque    312 - Criminalité, criminologie et nouvelles tendances

En l'absence d'une confession ou de preuves physiques permettant l'identification de l'auteur d'un crime, les policiers doivent recourir à d'autres méthodes pour faciliter l'identification de suspects potentiels. Une de ces méthodes, l'analyse des liens entre les crimes (crime linkage), implique l'identification de similarités, au niveau du mode opératoire du délinquant, entre le crime faisant l'objet d'une enquête et des crimes antérieurs pour lesquels l'auteur fut (parfois) identifié. Cette méthode repose donc sur l'idée que : 1) le délinquant commettra un crime de même nature à nouveau et 2) qu'il le commettra de la même façon, dans un contexte similaire (constance comportementale). Malgré l'utilisation et l'utilité du crime linkage, peu d'études existent à ce jour permettant de démontrer l'efficacité de cette méthode et, de façon plus précise, la véracité des postulats sur laquelle elle repose. La présente étude vise à analyser la stabilité de différents aspects du mode opératoire de 72 délinquants sexuels sériels ayant commis un total de 361 crimes sexuels sur des victimes inconnues. Plus spécifiquement, la présente étude s'intéresse à l'homogénéité et à la stabilité des caractéristiques environnementales des lieux choisis par les délinquants sexuels pour rencontrer leurs victimes et commettre leurs crimes. Les retombées pratiques pour le crime linkage et la prévention situationnelle seront discutées.

81e Congrès de l'ACFAS

« Tous dans le même panier » : la Loi de Megan et l'engloutissement symbolique de l'infracteur sexuel par le prédateur

Auteur : Patrick Laurin
Colloque    312 - Criminalité, criminologie et nouvelles tendances

Notre analyse des discours de multiples acteurs démontre en quoi la catégorie restreinte du « prédateur sexuel » avalait celle infiniment plus large et multidimensionnelle de « l'infracteur sexuel ». Timmendequas, l'image parfaite du prédateur, devenait malgré lui le porte-étendard des infracteurs sexuels et nous verrons en quoi les contours de la Loi de Megan en dépendaient largement. Le 29 juillet 1994, une fillette de sept ans du New Jersey du nom de Megan Kanka est agressée sexuellement et tuée par son voisin, Jesse Timmendequas, à l'époque double-récidiviste sexuel. Adoptant rapidement le slogan «right to know», les parents de la jeune fille entreprirent immédiatement une lutte pour la création d'une loi qui révélerait au public l'identité et le lieu de résidence des infracteurs sexuels. Moins de 3 mois plus tard, un répertoire public de délinquants sexuels était né (Loi de Megan). Notre présentation explore les perceptions du monde politique, des médias et des groupes d'intérêts par rapport aux infracteurs sexuels et en quoi ces constructions sociales ont joué sur la forme qu'a prise la Loi de Megan. Nous avons analysé les discours politiques en lien avec l'affaire (étude de cas qualitative). Huit entretiens avec des acteurs impliqués dans le débat politique menant à la création de la Loi de Megan furent effectués. Une analyse de plus de 150 articles de journaux et de quelques projets et textes de loi fut également effectuée.

81e Congrès de l'ACFAS

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Colloque    312 - Criminalité, criminologie et nouvelles tendances
81e Congrès de l'ACFAS

Le monde du quotidien : régulation du trouble et lien social

Auteur : Francoise Vanhamme
Colloque    312 - Criminalité, criminologie et nouvelles tendances

Différentes recherches permettent de soutenir que le système pénal est relativement peu mobilisé lors de situations problématiques. L'on apprend aussi que dans de tels cas, les gens ont recours à d'autres solutions. Mais lesquelles? La présente communication explore en ce sens les modes de réaction "du monde quotidien" mobilisés par les gens lorsqu'ils se trouvent dans une situation qu'ils définissent comme offensante, dommageable ou inacceptable.  Elle se base sur des entretiens et se fonde sur une approche ethnométhodologique. Que signifient ces modes de régulation? Quels en sont les enjeux en termes de maintien de la vie sociale? Qu'y représente le pénal?

81e Congrès de l'ACFAS

Mot de bienvenue

Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires
81e Congrès de l'ACFAS

La correspondance de Charles Gill à Louis-Joseph Doucet ou les confessions d'un enfant du 19e siècle : filiations et postures littéraires du poète épistolier

Auteur : Louis-Serge Gill
Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires

Participant régulier à l'École littéraire de Montréal, héritier direct des poètes canadiens et français du XIXe siècle, où se situe Charles Gill ? Selon Jeanne Paul-Crouzet, l'œuvre entamée par Gill se distingue de celle de ses prédécesseurs et de ses contemporains : « Mais c'est surtout dans la substance poétique elle-même que résidera l'originalité de Charles Gill [...], cet être tout de sensibilité, dans ce poète qui ''sentait et ne raisonnait pas'', un aède de haute allure philosophique. » (1946 : 163) Entre 1910 et 1918, le poète tiendra durant les dernières années de sa vie, une correspondance régulière avec son ami et poète Louis-Joseph Doucet. Depuis la parution de ces lettres en 1969, la critique littéraire semble en avoir oublié la richesse. Nous pensons qu'il serait à propos d'y revenir pour une meilleure connaissance du poète qu'était Charles Gill, mais aussi afin d'en faire une analyse de la perception que Gill avait de lui-même, encore toute à décrypter dans les lettres, confrontée à la perception que l'on avait de lui à l'époque et surtout, à ce qui était la norme au XIXe siècle. Ainsi, il serait possible d'observer une continuité ou une rupture d'avec les grands modèles canadiens qui le précédaient et, à travers la représentation qu'il avait de lui-même, de saisir les conditions d'émergence ou de refoulement de la posture de l'écrivain marginal dans la vie littéraire de l'époque.

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Dîner

Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires
81e Congrès de l'ACFAS

La lettre comme lieu d'invention d'un destin littéraire : le cas Laure Conan

Auteur : Marie-Pier Savoie
Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires

En dépit de la grande reconnaissance et de l'attention critique dont n'a cessé de jouir depuis le XIXe siècle l'œuvre de Félicité Angers - de son nom de plume Laure Conan - force est de constater qu'aucune étude approfondie n'a encore été consacrée à sa correspondance, publiée par Jean-Noël Dion, en 2002, sous le titre J'ai tant de sujets de désespoir. Correspondance, 1878-1924. Mon projet de maîtrise en étant à ses premiers balbutiements, il s'agira ici de se pencher spécifiquement sur quelques lettres de Conan où se déploie, me semble-t-il, la genèse de l'écrivaine. Dès la préface d'Angéline de Montbrun, le lecteur est mis au fait que le statut d'auteure de cette pionnière s'authentifie sous l'autorité du « père de la littérature nationale », l'abbé Henri-Raymond Casgrain, ce que corrobore leur correspondance. Si Casgrain favorise de façon évidente l'inscription institutionnelle de Conan dans le champ littéraire de l'époque, il apparaît cependant que les échanges entre Félicité et certaines religieuses, dont Sœur Catherine-Aurélie-du-Précieux-Sang, s'offrent comme un lieu privilégié où se révèle et s'émancipe la voix singulière de l'écrivaine. Il s'agira donc de comparer cette correspondance tournée vers l'intime avec les lettres de type plutôt conventionnel adressées à Casgrain, afin de mieux comprendre comment chacun des destinataires participe — consciemment ou non — à la construction du statut d'écrivaine de Conan.

81e Congrès de l'ACFAS

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Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires
81e Congrès de l'ACFAS

Lettres d'un exilé, lettres d'un condamné : postures et possibles littéraires dans les années 1830-1840

Auteur : Marie-Frédérique Desbiens
Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires

Dans la compréhension du XIXe siècle québécois, les écrits de patriotes sont incontournables. À l'intérieur de ce corpus, les lettres de Chevalier de Lorimier se distinguent en tant que « chef-d'œuvre épistolaire » (Mailhot, 1996). Elles semblent aujourd'hui avoir éclipsé l'ensemble de la production littéraire des années 1830-40, comme si le testament politique du condamné pouvait la résumer à lui seul. Or, il existe d'autres écrits fondamentaux qui permettent d'éclairer ce moment historique et culturel sans précédent. C'est le cas des lettres de Siméon Marchesseault, patriote exilé aux Bermudes en 37, que la présente communication étudiera. Si cette dernière correspondance construit, de la même manière que celle de Lorimier, la figure du martyr (Randall, 2002) et révèle une dimension personnelle dans les missives à Judith, elle comporte également un horizon public, « scientifique » et médiatique qu'il faut cerner. Le contexte de l'exil, bien distinct de celui de l'emprisonnement, favorise en effet le regard ethnographique de l'épistolier, rapprochant ses textes d'autres genres tels le récit de voyage et le reportage. La présence de la presse et le rôle qu'elle joue dans la circulation de l'information - dont l'épouse se fait ici la médiatrice - est également à investiguer. En somme, l'examen des lettres de Marchesseault, avec en contrepoint celles de Lorimier, sera l'occasion d'une saisie plus complète des postures et des possibles du champ de la première moitié du XIXe siècle.

81e Congrès de l'ACFAS

La sociabilité domestique à la croisée de la sphère publique : le cas de la correspondance Papineau

Auteur : Marilyn Randall
Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires

Désignée « femme patriote » par l'éditrice de sa correspondance, Julie Bruneau Papineau l'était assurément, et pourtant, conformément aux mœurs bourgeoises de l'époque, elle semble n'avoir posé aucun geste qui pouvait se qualifier de politique. Si sa correspondance nous est précieuse, c'est en partie pour ce qu'elle révèle d'une pensée politique développée pendant de nombreuses années, clairement articulée et exprimée sans gêne devant le « grand homme », quand même parfois accompagnée d'apologies du fait de « parler politique ». En fait, devant le silence généralisé des femmes dans l'arène politique, les lettres de Julie Bruneau Papineau sont de rares documents témoignant non seulement de son intérêt pour les affaires politiques des années mouvementées autour des Rébellions de 1837-38, mais permettant de corriger quelque peu l'image reçue des femmes à l'époque, et d'elle en particulier, comme ayant exercé un « effet assagissant » sur leurs maris autrement rebelles. Nous lirons alors la correspondance de Julie à la lumière de sa pensée politique, et surtout par rapport au rôle de conseillère qu'elle se donne à l'endroit de son mari. Bien que les lettres de Papineau ne permettent pas de confirmer une quelconque influence exercée par l'épouse sur le leader du Parti patriote, celles de Julie nous confirment qu'elle n'hésitait pas à utiliser la correspondance comme façon de participer à la sphère politique qui lui était autrement close.

81e Congrès de l'ACFAS

Le Journal du siège de Paris au croisement de la lettre, du journal intime et du journal de presse

Auteur : Micheline Cambron
Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires

Le Journal du siège de Paris d'Octave Crémazie est un objet curieux, une suite de notes prises au jour le jour et initialement destinées par Crémazie à être envoyées à ses frères comme des lettres, même s'il ne sait pas quand il les enverra, écrit-il. Ce sont ces notes, qui seront finalement envoyées en un seul colis et présentées à sa famille comme son « journal », qui furent publiées sous ce titre par Henri-Raymond Casgrain dans les Œuvres complètes de Crémazie. Ces notes possèdent plusieurs traits caractéristiques de la lettre : outre la date, elles mettent en scène des destinataires qui se trouvent présents en creux. Mais elles sont d'une facture différente des autres lettres envoyées par Crémazie à sa famille. Au croisement de la lettre familière, du journal intime et du journal de presse, ces « lettres » donnent sur Paris assiégé des informations de première main, Crémazie adoptant la posture du flâneur qui glane anecdotes, descriptions et petits faits lors de ses déambulations. Nous nous intéresserons à la triple appartenance générique de ces lettres et nous interrogerons sur la figure du lecteur qui s'y trouve doublement inscrite : Crémazie lecteur de Paris, ses destinataires lecteurs des lettres.

81e Congrès de l'ACFAS

« A son Excellence, Mon cher Monsieur, cher ami » : quand la lettre féminine se fait requête

Auteur : Mylène Bédard
Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires

En condamnant des centaines d'hommes à l'emprisonnement ou à l'exil, les Rébellions de 1837-1838 entraînent la venue à l'écriture épistolaire de nombreuses Bas-Canadiennes de milieux sociaux distincts. Si le contexte de familiarité favorise l'assouplissement des règles qui encadrent cette forme d'écriture, la rédaction de requêtes aux autorités suppose, quant à elle, un respect plus strict du protocole. La question des codes épistolaires concerne aussi bien le support (marges, ratures, en-tête) que le discours (formules de politesse et de salutations, qualité de l'expression). L'usage que font ces épistolières des conventions en vigueur nous renseigne à la fois sur les rapports de pouvoir qui les lient au destinataire, sur la représentation du féminin qui circule alors et sur les modèles qui leur sont imposés, notamment par le discours religieux. À partir d'exemples de lettres de femmes liées au mouvement patriote, cette communication entend examiner les stratégies grâce auxquelles ces épistolières négocient ces contraintes sociales et discursives pour formuler leur requête et se poser en interlocutrice légitime, tout en respectant l'autorité de l'autre à qui elles s'adressent, qu'il soit un époux, un magistrat ou un Gouverneur. L'étude de ces stratégies nous permettra d'observer comment ces épistolières du XIXe siècle s'approprient la culture épistolaire.

81e Congrès de l'ACFAS

À propos de trois lettres de François-Maurice Lepailleur

Auteur : Marie-Andrée Beaudet
Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires

Le corpus au cœur de ma communication offre, à première vue, très peu de liens à la littérature, notamment à la littérature comme nous l'entendons aujourd'hui. La langue est pauvre, le vocabulaire limité, l'orthographe très instable et qui plus est l'auteur n'a jamais revendiqué le statut d'écrivain. Des écrits de François-Maurice Lepailleur, nous sont parvenus les quatre cahiers du journal intime qu'il a tenu lors de son exil aux terres australes (Journal d'un patriote exilé en Australie. 1839-1845, texte établi, avec introduction et notes, par Georges Aubin, Québec, Septentrion, 1996, 411 p.) ainsi que trois lettres rédigées alors qu'il était incarcéré à la Prison de Montréal et adressées successivement à sa femme, Adélaïde-Domitilde Cardinal, à ses compatriotes et à un ami bienfaiteur, Pierre-J. Beaudry. Mon analyse portera principalement sur ces trois lettres et sur ce qu'elles mobilisent en termes de savoir littéraire et de connaissances sur la sensibilité du XIXe siècle québécois dans la perspective d'une réflexion plus générale sur la naissance, non pas institutionnelle, mais sociale d'une littérature canadienne.

81e Congrès de l'ACFAS

Du salon à l'Académie : sociabilités informelles et formelles dans la correspondance de Henri-Raymond Casgrain au 19e siècle

Auteur : Manon Brunet
Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires

Au sein d'un réseau, même tissé serré, la correspondance prend des formes et occupe des fonctions différentes, selon les objectifs et les complicités que les épistoliers partagent. Le réseau français de Henri Raymond Casgrain est particulièrement éloquent à ce titre. L'animateur des lettres canadiennes n'accomplit pas moins de quinze voyages en Europe entre 1858 et 1899, dont la majorité sont en France durant les hivers surtout à partir de 1885. Durant ces longs séjours dans les milieux intellectuels français, Casgrain fréquente autant les salonnières que les académiciens. Ces relations sont soigneusement entretenues par des billets quotidiens ou par la correspondance à distance entre 1887 et 1903 que nous avons retracés dans des fonds d'archives. La sphère privée, informelle, féminine est autant sollicitée que la sphère publique, formelle, masculine des académiciens. Dans les salons, les sociabilités sont perméables à l'actualité politique ; auprès des académiciens, elles manoeuvrent l'institutionnalisation du souvenir. Nous voudrions montrer la posture que Casgrain adopte dans chacun de ces milieux et la réception qui lui est réservée en tant que Canadien, historien et abbé de salon.

81e Congrès de l'ACFAS

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Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires
81e Congrès de l'ACFAS

Posture, stratégies et réseaux : l'épistolaire comme creuset et faire-valoir de l'activité littéraire des femmes au 19e siècle

Auteur : Julie Roy
Colloque    313 - Relire le 19e siècle québécois à travers ses discours épistolaires

Savoir entretenir des correspondances témoigne à la fois de la capacité des femmes à jouer leur rôle de ciment social au sein de leurs réseaux, mais également d'un certain habitus sinon littéraire, du moins scripturaire. Les correspondances conservent l'empreinte de la relation des femmes à l'écriture mais également, dans le cas de certaines femmes qui ont aspiré à la reconnaissance dans les cercles intellectuels, les marques tangibles de leur éveil littéraire et des stratégies mises en place pour accéder à une certaine légitimité en tant qu'auteure. À partir de l'analyse des trajectoires de quelques femmes lettrées, de leurs correspondances ou de textes qu'elles ont fait paraître dans la presse, il s'agira d'étudier les postures et les stratégies qui ont modulé la participation de ces aspirantes femmes de lettres à la vie littéraire du XIXe siècle. Des correspondances familières privées d'une Louise-Amélie Panet ou d'une Catherine-Françoise de Céloron à la prise de parole publique par la voie de la presse d'une Odile Cherrier ou d'une Élise B. Larivière, pour n'en nommer que quelques-unes, comment le régime épistolaire leur a permis de négocier l'acceptabilité du geste d'écrire dans leurs réseaux et leur légitimité comme femme de lettres dans le champ littéraire qui se met graduellement en place.

81e Congrès de l'ACFAS

Archives de la danse : une étude comparative du vocabulaire de description de la danse dans les archives et du vocabulaire de représentation de la danse dans la littérature

Auteur : Ève Paquette-Bigras
Colloque    314 - Archives et intermédialités

Si, déjà à la fin du 19e siècle, l'écrivain français Stéphane Mallarmé louait dans Autre étude de danse les éblouissantes performances de Loïe Fuller, une des pionnières de la danse moderne,depuis quelques décennies, la danse, comme pratique artistique, comme sujet d'études et de recherche, comme expression culturelle, est valorisée comme rarement auparavant. La documentation de la danse connait parallèlement une croissance considérable. Il devient alors important de mieux décrire la danse dans les archives, sachant que la description en amont influe grandement sur l'accès en aval.

Lors de la réalisation de notre projet de recherche, nous avons comparé un vocabulaire de description de la danse dans les archives et un vocabulaire de représentation de la danse dans la littérature extrait d'un corpus numérique de textes provenant des recueils Divagations (1897) et Poésies (1899) de Stéphane Mallarmé par des méthodes d'extraction automatique de connaissances. Nous avons ainsi trouvé une certaine complémentarité entre les deux vocabulaires en ce qui a trait à la description de l'expérience esthétique. Nous avons creusé au coeur d'un art, la littérature, pour en faire émerger une description de l'expérience de l'art. Une expérience de l'art unique et personnelle, subjective, celle de Stéphane Mallarmé, mais une expérience de l'art qui a eu une profonde influence sur la suite des choses, sur l'histoire de l'art moderne, de la danse moderne. 



81e Congrès de l'ACFAS

Les ateliers Angus : la fiction hypermédiatique comme forme prospective de diffusion des archives

Auteur : Line Dezainde
Colloque    314 - Archives et intermédialités

Cette communication présentera des éléments de réflexion concernant la diffusion de l'archive par la fiction hypermédiatique comme voie prospective de médiatisation adoptant la stratégie de la mise en intrigue multiplateforme des éléments composant l'archive. En nous appuyant sur l'exemple du projet artistique Les ateliers Angus constitué de documents vidéo, sonores ou visuels archivés sur Internet, nous analyserons le mode de production d'un récit fictionnel numérique tirant sa genèse de ces archives. Le projet adopte une approche interdisciplinaire et intègre des notions d'archivistique, d'art, de littérature et de technologies numériques.

Nous amorcerons la communication en nous penchant sur les frontières de la fiction dans un contexte numérique, en discutant plus particulièrement le récit hypermédiatique. Suite à la présentation du projet artistique, nous nous intéresserons aux critères de sélection des éléments inclus (formats, accès et facilité d'intégration) tout en soulevant les défis posés par chacun. Enfin, nous effectuerons un bref survol des stratégies utilisées par les auteurs de quelques sites Internet et projets numériques consacrés à la diffusion d'archives.

81e Congrès de l'ACFAS

Discussion

Colloque    314 - Archives et intermédialités
81e Congrès de l'ACFAS

Archives gestuelles

Auteur : William Straw
Colloque    314 - Archives et intermédialités

Cette présentation parlera de la manière dont les acteurs du cinéma de second rôle (figurants, etc.), à Hollywood, lors de la nouvelle vague française, et dans les films européens de l'après-guerre,  jouent une fonction mémorielle implicite en conservant des modes de comportement, des langages gestuels et des styles de performance provenant de formes de divertissement antérieurs.  Si on peut parler du corps performant comme archive dans la façon dont la répétition gestuelle transmet les comportements à travers l'histoire, alors les petites performances filmiques constituent un répertoire de gestes en voie de disparition dont le cinéma a conservé les traces.



81e Congrès de l'ACFAS

Discussion

Colloque    314 - Archives et intermédialités
81e Congrès de l'ACFAS

Archives numériques et convergence médiatique : le cas du fonds Dora Wasserman

Auteur : Remy Besson
Colloque    314 - Archives et intermédialités

Le projet Archiver à l'époque du numérique (Université de Montréal) a pour but concret de concevoir l'archive numérique d'une pièce de la troupe de théâtre Dora Wasserman (DWYT), intitulée Les sages de Chelm. Cette opération a consisté, en partie, à numériser des artéfacts (scripts, partitions, photographies, affiches, etc.) déjà mis en archive. En plus de cela, il a été décidé de mener des entretiens sonores et filmés d'une durée de 20 minutes à 2 heures avec la dizaine d'archivistes bénévoles qui ont conçu le fonds d'archive du DWYT. Ces sources orales ont, par la suite, été montées pour constituer de courtes capsules (3 à 13 minutes). Ces dernières ont été conçues, non pas pour être des formes visuelles autonomes (comme un film documentaire), mais pour s'intégrer à une archive numérique. En effet, la démarche engagée a pour finalité la conception d'une plateforme en ligne qui permettra la coprésence de métadonnées écrites sur la même page web, de reproductions de documents contemporains des mises en scène successives de la pièce (1970-2008) et d'entretiens. Cela ne va pas sans poser plusieurs questions d'ordre méthodologique qui seront abordées dans le cadre de cette communication. L'objectif principal sera de comprendre les effets produits par la coprésence de sources hétérogènes sur une même plateforme. Ainsi, les gains d'intelligibilité et les risques liés au  développement du numérique et du web seront interrogés à travers le prisme des enjeux de la convergence médiatique.

81e Congrès de l'ACFAS

L'archive de l'art : Between the Frames : the Forum d'Antoni Muntadas

Auteur : Anne Bénichou
Colloque    314 - Archives et intermédialités

Au cours des années 80, le champ de l'art connut des transformations institutionnelles importantes. Pour saisir ces mutations et la fracture avec les valeurs de la contre-culture de la décennie précédente, l'artiste Antoni Muntadas entreprit une enquête auprès des acteurs du monde de l'art. Il interviewa des professionnels, les interrogeant sur leurs rôles, leurs valeurs, leurs fonctions, leurs activités, etc. Des captations vidéographiques furent réalisées. Au cours des 2 décennies suivantes, Muntadas en sélectionne des extraits et les monte avec des images répétitives afin de composer 7 bandes. Puis, pour les présenter, il conçoit une structure circulaire qui évoque un panoptique et qu'il adapte à chaque lieu de présentation. À la fin des années 90, il délègue la conception du dispositif de présentation à de tierces personnes qui le renouvellent. Par l'analyse de ces différentes opérations, je montrerai que l'intérêt de ces archives vidéographiques réside moins dans leur valeur testimoniale, documentaire et historique, que dans l'archéologie et la généalogie des institutions artistiques qu'elles opèrent, au sens foucaldien des termes. Elles montrent ce qu'il est possible d'énoncer à partir des institutions artistiques, les phénomènes de régularité, de répétition, de reprise, d'écart des choses qui y sont dites. Les remédiations que propose l'artiste sont autant d'occasions d'éprouver le pouvoir des institutions. Ces archives sont dès lors plus performatives qu'indicielles.

81e Congrès de l'ACFAS

Dîner

Colloque    314 - Archives et intermédialités