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81e Congrès de l'ACFAS

Paratexte et mentions éditoriales : brouillages, filiations et hapax au cœur de la « Renaissance québécoise »

Auteur : Pierre-Luc Landry
Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)

L'une des manières de penser la littérature, c'est à travers le paratexte qui l'accompagne. Si les années 1990 ont été marquées par le sceau du « récit », reste qu'on peut habituellement classer la littérature publiée dans quelques catégories parfois rigides annoncées par la mention éditoriale qui accompagne le titre : roman, poésie, essai, nouvelles. Je me pencherai sur ces hapax publiés par ce qu'on nomme encore, même après dix ans d'opération, les « nouvelles maisons d'édition québécoises ». J'essaierai de voir ce que les étiquettes « roman tragique », « autogenèse littéraire », « récits et dessins », « proses et dramaticules », « histoires & provocations », et bien d'autres encore, cachent sous leur chapeau. Un brouillage des codes comme celui qui est si cher aux postmodernistes? Un désir de filiation avec des inclassables qui ont marqué la littérature? Cela restera à déterminer.

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Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)
81e Congrès de l'ACFAS

« Écritures singulières au pluriel » : brève étude de l'écriture collaborative par les séries « Élise » (Coups de tête) et « Table des matières » (Quartanier)

Auteur : Phillip Schube coquereau
Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)

La récente multiplication des maisons d'édition québécoises a entraîné une augmentation et une diversification des parutions. Cette situation a poussé certaines maisons émergentes vers des choix éditoriaux audacieux qui, sans être inédits, s'avèrent néanmoins symptomatiques des mutations qui affectent la culture tout entière.

Parmi ces choix, nous aimerions aborder le cas de l'écriture collaborative, que celle-ci soit collective ou concertée par un projet ; si l'on peut voir en elle l'influence de facteurs extérieurs économiques ou stratégiques, cela révèle également, pensons-nous, une transformation de la praxis chez les écrivains : la pluralité conjuguée à une nécessité de cohésion entre les propositions réunies stimule leur créativité tout en posant, en aval, certains défis d'analyse au lecteur. Quels traits apparaissent à l'examen de la narrativité singulière ou des formes d'hybridation (thématique, générique, stylistique, médiatique) qu'on ne manque pas d'y retrouver? Quelle portée donner à ces traits? Deux cas riches et distincts nous serviront à développer ces questions :  la « Série Élise », une fiction d'anticipation politique en 8 tomes parue chez Coups de tête (2007-2012), et la série « Table des matières » comportant 3 volumes au Quartanier (2005/2007/2009).

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Mot de bienvenue

Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)
81e Congrès de l'ACFAS

L'influence d'un paysage numérique

Auteur : Samuel Tremblay
Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)

L'effervescence stylistique et discursive dans l'édition québécoise depuis 2000 amène à
s'interroger sur la provenance d'une telle variété esthétique. Parmi les sources de cette vitalité, l'avènement des blogues renvoie à un refleurissement du panorama littéraire québécois. La contagion de ces nouvelles plateformes numériques sur le milieu de l'édition s'édifie autour d'une porosité intermédiale qui influence la littérature de notre temps. La nature d'une telle porosité se manifeste par des points de contact esthétiques et thématiques issus de la dynamique de la blogosphère et autres plateformes numériques. Dans une perspective comparatiste, l'étude de ces points de contact, de l'influence du numérique sur des oeuvres éditées, constitue le creuset d'une reconfiguration du fait littéraire au Québec. Cette pénétrabilité permet de saisir les impacts sur ce que représente un ouvrage littéraire édité, à notre époque numérique. Une étude transversale des nouvelles voix au Québec comme celle de Sophie Bienvenu (La Mèche, 2011) et la publication du blogue de Catherine Mavrikakis (Héliotrope, 2010) permet de saisir les effets d'un renouvellement des balises de l'édition littéraire québécoise. « L'effet générationnel », relevé par Jean-François Chassay, renvoie à une volonté de repenser la littérature par rapport à la tradition, ce qui transcende sa forme et sa portée. 

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Dîner

Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)
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Les éditions Rodrigol : un formalisme du commun 

Auteur : Laurence Côté-Fournier
Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)

Fondées en 2002, les éditions Rodrigol privilégient les œuvres hybrides et les projets atypiques, situés résolument en marge du genre romanesque dominant. Sans subsumer sous une même bannière tous leurs ouvrages, il est néanmoins possible de repérer une orientation générale qui permet de définir une « manière Rodrigol ». Si l'étiquette de « ludique » convient mal à nombre de titres publiés par la maison d'édition, le désir de jouer avec les règles qui définissent ce qui appartient – ou non – à la littérature, ou encore ce qui peut constituer un sujet littéraire, est néanmoins perceptible chez une majorité d'auteurs.

Ainsi, un parti pris formaliste et exploratoire se lit à travers un travail marqué sur les genres littéraires, le vernaculaire ou encore la typographie, et est reflété par certaines références explicites laissées par les auteurs dans leurs œuvres. De plus, un intérêt  - particulièrement présent dans les collectifs publiés par Rodrigol – pour des thématiques ou des sujets à la limite du banal ou de l'insignifiant (les chats, la campagne, les camions monstres) constitue un deuxième volet de cette orientation. Pour cette présentation, nous souhaitons donc observer comment ce « formalisme du commun » se déploie dans quelques ouvrages de la maison d'édition, en nous concentrant plus particulièrement sur Je suis Sébastien Chevalier (2009) de Patrice Lessard, Chaos = zéro mort encore, 1,2,3 (2007) de Frank Schürch et À l'oral ou à l'oreille (2007) de Claudine Vachon.  



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Parler[,] d'ailleurs : sur quelques scènes d'énonciation décentrées en littérature québécoise contemporaine

Auteur : David Bélanger
Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)

Au Québec, un fort sentiment « d'ouverture » guide le renouveau éditorial et la littérature qu'il porte. Dans les œuvres, et plus particulièrement dans ces œuvres à la forte empreinte métafictive – là où l'on croise ces « romanciers fictifs » ou ces « écrivains imaginaires »[1]  – les personnages-énonciateurs ne sont plus naturellement situés à Québec ou à Montréal comme le remarquait Pierre Nepveu dans les années 1990[2];  et cela, lorsque ce personnage réside encore au Québec.

L'ambition de cette communication est donc de tenter de saisir les enjeux de ce décentrement. Grâce à un corpus plus ou moins vaste et plus ou moins partiel –Alain Farah, Matamore no 29 (Le Quartanier, 2008); Mylène Bouchard, La garçonnière (La Peuplade, 2009); Patrice Lessard, Le sermon au poisson (Héliotrope, 2009); Jean-Philippe Martel, Comme des sentinelles (La mèche, 2012); François Blais, Document 1(L'instant même, 2012) je tenterai, sur une base sociocritique, d'expliciter les rouages d'une institution – inscrite au cœur du texte –, le rapport à la culture guidant l'énonciateur et enfin la nécessité énonciative qu'on retrouve chez ces romanciers fictifs.

[1]Formules empruntées respectivement aux titres d'André Belleau et de Roseline Tremblay, qui guideront ma réflexion sur le plan théorique.

[2]Je réfère ici au « Complexe de Kalamazoo ».



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Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)
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Le livre est un objet parfait ou un livre de Daniel Canty

Auteur : Sophie Gagnon-bergeron
Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)

Daniel Canty est écrivain, éditeur indépendant, réalisateur, scénariste, dramaturge, traducteur, artiste multidisciplinaire, directeur artistique de nombreux projets, érudit, esthète. La feuille de route de Canty a tout pour impressionner et demeure fort étonnamment méconnue. À la tête de plusieurs collectifs et d'autres collaborations pour des éditeurs d'ici (Le Quartanier, Le Noroît, L'Oie de Cravan, etc.), il est selon nous l'un des chefs de file du renouveau éditorial québécois, puisqu'il propose une poétique riche qui agit tant sur le plan formel que sur le plan discursif.

Nous nous intéresserons à l'oeuvre littéraire de Canty, ce qui implique de s'attarder au livre en tant qu'objet parfait – Daniel Canty se dit metteur en livre, désignant ainsi l'expertise éditoriale unique qui est la sienne et qui a présidé la conception d'ouvrages tels que Nor ou Le livre de chevet – et aux formes narratives singulières qu'il contient, parfois véritables machines (Wigrum), toujours porteuses de l'héritage du passé et dotées d'un imaginaire international et encyclopédique. L'examen de l'œuvre de Canty permet donc de répondre à ces simples questions : Qu'est-ce faire un livre et qu'est-ce qu'écrire un livre aujourd'hui au Québec ? Nous verrons que pour Canty la réponse se trouve aux confins d'une poétique du tendre, que nous tenterons de définir.

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Avatars parodiques de la quête identitaire dans le roman québécois contemporain

Auteur : Andrée Mercier
Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)

Les études sur la littérature québécoise contemporaine s'entendent à reconnaître l'importance de la question identitaire. Une telle préoccupation n'est pas nouvelle et constitue presque une obsession de notre littérature. Dans le roman, elle prend souvent la forme d'une recherche existentielle, celle d'un sujet errant, en quête de sens, ballotté par les événements, sans but explicite. On constate toutefois, dans des romans très récents, que la quête identitaire est abordée sous un mode plus distancié, sinon même parodique, devenant ainsi un véritable matériau littéraire chargé d'une mémoire et de codes qu'il s'agit de reprendre et de remodeler. Si on peut observer ces avatars parodiques dans plusieurs lieux éditoriaux, les exemples en semblent beaucoup plus nombreux dans les jeunes maisons. Cette communication aura donc pour objectif d'étudier ce phénomène à partir de cinq exemples : Le phyto-analyste de Bertrand Busson (2012) et le premier volume de la série Brigitte des colères de Jérôme Lafond (2010), tous deux parus au Marchand de feuilles, Matamore no 29 d'Alain Farah (2008) publié au Quartanier, ainsi que Bureau universel des copyrights de Bertrand Laverdure (2011) des éditions La peuplade. Ces romans permettront d'illustrer sous quelles formes narratives peut se manifester un usage parodique de la quête identitaire et d'interroger les enjeux littéraires que soulèvent de tels avatars.

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Mot de clôture

Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)
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Portrait d'une maison d'édition naissante : le cas de La Mèche

Auteur : Martine-emmanuelle Lapointe
Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)

Que défendent les jeunes maisons d'édition québécoises? Contre qui ou quoi se définissent-elles? De quels travers se méfient-elles? Ces questions sont amples, peut-être même insolubles. Elles ne sauraient, qui plus est, inspirer des réponses consensuelles tant les nouvelles maisons d'édition qui ont récemment essaimé sur la scène littéraire québécoise se revendiquent de tendances et d'approches éditoriales variées. La présente communication tentera d'apporter un éclairage partiel au nouveau paysage esthétique québécois en s'attachant aux publications de la maison d'édition La Mèche qui, selon ses fondateurs, « est résolument ancrée dans l'imaginaire nord-américain ; […] aime l'inédit, le brassage des influences, les bonnes histoires et les métissages avec la culture pop[1] ». Depuis la publication du roman Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu en 2011, La Mèche a fait paraître six ouvrages, romans, chroniques, correspondance littéraire, qui ont reçu un écho généralement favorable dans les médias. Sans prétendre à l'exhaustivité, l'analyse tentera de cerner, s'il y a lieu, la cohérence interne du catalogue de La Mèche en dégageant les tendances esthétiques et les thèmes récurrents qui traversent ses différentes publications. Il s'agira également de réfléchir à l'inscription de la jeune maison d'édition dans le paysage littéraire du Québec contemporain.

[1]http://www.editionslameche.com/p/la-meche.html; page consultée le 30 janvier 2013.



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Fragmentation textuelle et éthique narrative dans les nouvelles voix romanesques québécoises

Auteur : Pascal Riendeau
Colloque    307 - Un nouveau paysage : esthétiques et tendances des maisons d'édition québécoises (2000-2012)

Dans le milieu littéraire québécois, les voix qui se font entendre dans les nouvelles maisons d'édition sont nombreuses et variées. Certains romanciers reconnus (Sergio Kokis, Alain Beaulieu) choisissent de publier chez un nouvel éditeur (Lévesque pour le premier, Druide pour le second), mais les maisons qui sont apparues depuis 2000 ont surtout permis à de nouveaux auteurs de publier un premier texte remarqué (Perrine Leblanc) ou alors à un auteur de développer une œuvre qui avait commencé plus discrètement ailleurs, tel Nicolas Dickner lorsqu'il est passé chez Alto. Au-delà d'un certain succès ou de la reconnaissance critique, je m'intéresserai plus particulièrement à des auteurs qui ont conçu une œuvre narrative dans laquelle l'éclatement générique et le renouveau stylistique (fragmentaire, aphoristique) vont de pair avec une expression forte, originale de la subjectivité, ainsi qu'une réflexion sur l'éthique. Pour réaliser ce projet, je souhaite me livrer à une étude comparée de Tarmac de Nicolas Dickner (Alto), Mayonnaise d'Éric Plamondon (Le Quartanier), Kuessipan. À toi de Naomi Fontaine (Mémoire d'encrier) et Toutes mes solitudes de Marie-Christine Lemieux-Couture (éditons de Ta mère), textes qui sont aussi liés, d'un point de vue thématique, par leur exploration culturelle et géographique du continent nord-américain. Je chercherai à voir comment les questions éthiques s'inscrivent dans leur projet narratif et de quelles façons elles le définissent.

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Les écarts politiques de Céline et de Cioran

Auteur : Mara Magda Maftei
Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche

2011 fut une année de référence tant pour Emil Cioran que pour Louis Ferdinand Céline. Nous avons célébré le centenaire du philosophe roumain exilé à Paris, mais aussi le cinquantenaire de Céline. En fait, nous avons assisté à la controverse en France liées à la question : fallait-il inscrire le cinquantenaire de la mort de Céline parmi les commémorations officielles de l'année 2011 ? Si Cioran a été pardonné d'avoir soutenu l'extrême droite roumaine, certains français ne pardonnent pas à Céline sa collaboration allemande pendant la deuxième guerre mondiale.

Cioran, comme Céline ont renoncé à défendre leurs idées politiques après la défaite de l'Allemagne. Une fois arrivé en France, Cioran commença à s'excuser devant l'Occident pour ses « fautes » de jeunesse. Nous soupçonnons les deux écrivains d'une sorte de terribilisme littéraire plutôt que de vraie croyance.

Cette communication insistera sur les similarités entre les deux écrivains, présentant tout d'abord le contexte historique et idéologique qui les a hébergé dans les années 1930 tant en Roumanie qu'en France, leur formation intellectuelle, leur parcours similaire et ensuite les motivations de leurs engagements politiques extrémistes.

La communication s'appuiera après sur la nature et le message des écrits politiques de Cioran et de Céline, sur leur penchant pour Hitler et l'antisémitisme des deux.

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D'une féérie l'autre furie : le « poème rentré » de Bagatelles pour un massacre

Auteur : Bernabé Wesley
Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche

Le titre de Bagatelles pour un massacre forme un syntagme oxymorique. Chose frivole, une « bagatelle » désigne dans le domaine des arts une pièce courte et légère, laquelle se prête difficilement à l'évocation du massacre que le titre prophétise. Ces bagatelles, ce sont les trois arguments de ballet intégrés au pamphlet et dont l'importance est cruciale puisque leur refus par les théâtres, aux mains des Juifs, est présenté comme l'unique raison du basculement dans l'antisémitisme. Dans la fiction inaugurale du pamphlet, celui-ci se donne ainsi à lire comme la vengeance d'un artiste au talent dénié qui retourne son art de la danse et de la poésie contre les Juifs, coupables d'empêcher l'avènement de la féerie en ce monde.

La coprésence, à l'intérieur du même livre, d'une diatribe pamphlétaire violemment antisémite et d'arguments de ballet mêlant des genres désuets comme la féerie et la pastorale est problématique. Elle suppose d'interroger les rapports idéologiques et esthétiques qu'entretiennent ces écrits pamphlétaires avec toute une série d'éléments qui relèvent d'un paradigme du passé que l'écriture de Céline déconstruit et reconfigure. L'analyse de la réécriture de la féerie dans Bagatelles reviendra plus précisément sur les trois arguments de ballet du texte mais aussi sur des épisodes comme le voyage à Pétrograd qui mettent en scène les difficultés de l'auteur à faire jouer ces ballets.

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« Cette cosmique permanente apocalypse » : Popol et les Juifs

Auteur : Anne élaine Cliche
Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche

Beaucoup de choses ont été écrites sur les pamphlets de Céline. J'ai moi-même montré dans un chapitre de mon livre Poétiques du Messie. L'origine juive en souffrance, consacré à Céline et intitulé « Bagatelles pour une autre fois. L'antisémite et le chroniqueur », que la poétique antijuive de Céline se poursuit et se transpose dans les romans d'après-guerre. Je repasserai rapidement par cette démonstration pour montrer qu'en matière d'antisémitisme célinien la rivalité avec le Juif en est une de style (jouissance) et bien sûr de reconnaissance littéraire. « Après la Bible, Racine ou pas, Sophocle ou non, tout est guimauve » (Rigodon). Je montrerai de là, dans un rapprochement entre Féerie pour une autre fois, Bagatelles et L'École des cadavres, comment, d'une part, Céline se représente après coup explicitement en faux prophète condamnant par dépit le jouisseur « cabbalique » Popol, maître du ciel et de la terre; et, d'autre part, comment cette posture prophétique n'est légitimée que par un passage par « l'outre-là », effet revendiqué par Céline de la persécution tenace que lui font subir les jaloux et plagiaires dont il se fait le Juif. Cette traversée du miroir est à mon sens ce qui caractérise l'antisémitisme célinien et en fait la version la plus pédagogique et la plus révélatrice du délire raciste, version de laquelle les antisémites de bon aloi ne sauraient trop s'approcher au risque de voir leurs rationalisations voler en éclats.

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Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche
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Style indirect libre et lopophagie : les figures énonciatives de la persécution des romans aux pamphlets céliniens

Auteur : Johanne Bénard
Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche

Cette communication sera pour moi l'occasion de reprendre une question laissée en suspens dans mon livre L'inter-dit célinien (Balzac, 2000), soit les avatars du style indirect libre dans les pamphlets. Par cette figure ou cette posture énonciative qui parcourt tous les romans, les accusations ou les invectives adressées au persécuteur (en troisième personne) risque de se retourner contre le locuteur (la première personne). Ainsi, en s'insinuant au cœur du discours adverse, en usant des mêmes mots ou en reprenant ses accents, la première personne prend à son compte la parole du persécuteur, en mime la violence, jusqu'à en perdre sa propre parole et à s'auto-accuser. Or, dans les pamphlets, la situation de communication privilégiée étant plutôt celle qui tient à distance l'invectivé (le retranchant dans cette zone de la troisième personne qui lui refuse la parole ou le droit de réplique), on peut se demander ce qu'il advient du style indirect libre, que j'ai quant à moi désigné comme « style de la persécution ». Alors que j'avais suggéré que le procédé de la « logophagie » (que l'on peut voir selon R. Tettamanzi quand la parole du pamphlétaire est dévorée par celle de l'adversaire) n'était pas à distinguer du style indirect libre, j'aimerais maintenant profiter de la réédition des pamphlets pour faire une étude plus systématique de ces figures énonciatives, en rouvrant  ainsi la question des structures de la violence verbale, dans ses rapports avec l'imaginaire de la persécution.

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Figures obsessionnelles : préfiguration de la figure du Juif dans Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit

Auteur : David Décarie
Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche

La parole pamphlétaire, l'étude de M. Angenot sur le pamphlet, dissèque un genre qui ravale les argumentations les plus diverses à des formes simplistes. Son essai se présente d'ailleurs comme une anthologie des différentes façons de s'abuser soi-même et de tromper les autres. Dans ce genre maudit, les pamphlets de Céline se distinguent par leur violence et par leur caractère obsessionnel. L'imaginaire de l'auteur se cristallise en effet autour d'une figure unique, fantasmatique, obsédante qu'il construit durant trois longs pamphlets : la figure du Juif. Considérer «le Juif» des pamphlets comme une figure n'enlève rien à la responsabilité de Céline. La propagande nazie, Hannah Arendt l'a montré, n'avait d'autre rôle que de transformer une « fiction centrale », simpliste et régressive, en «réalité agissante ». Avoir hypostasié une figure, avoir abstrait des êtres humains, voilà précisément le crime de Céline. De nombreux auteurs ont montré les profondes racines de l'antisémitisme dans les premiers romans, notamment au niveau idéologique. J'aimerais quant à moi esquisser une sorte d'archéologie de la forme antisémite ayant cours dans les pamphlets en analysant deux figures qui mettent en scène l'obsession dans ses premiers romans : le Stand des Nations dont la vue provoque la folie de Bardamu et la cloche à plongée qui entraîne la destruction du Génitron. Ces figures, j'essaierai de le montrer, « préfigurent » par bien des aspects, notamment formels, la figure du Juif des pamphlets.

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Dîner

Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche
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De l'héroïsme mangouste à la révolte des indigènes

Auteur : François-Xavier Lavenne
Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche

La question des liens et des différences entre les pamphlets et les romans de Céline n'a cessé d'agiter la critique. L'analyse du rapport au temps et de l'intentionnalité qui sous-tend ces textes est de nature à éclairer leurs spécificités. L'émergence d'une parole centrée sur le présent, saturée par l'actualité et animée par le désir d'agir sur le réel impose en effet une transformation radicale de la posture d'énonciation et de la relation au lecteur dans les pamphlets.

Le discours pamphlétaire requiert une image du discours et de son énonciateur de nature à en assurer la performativité et à en justifier la violence. Chaque pamphlet dispose ainsi d'un dispositif qui met en scène l'origine de l'engagement paroxystique de Céline et qui en rejette la responsabilité sur l'agression de l'autre. En outre, le pamphlet semble exiger la réintroduction d'une posture d'héroïsation, celle de la petite mangouste qui se bat contre le serpent judéo-bolchévique.

 La réponse de Céline, face à ce qu'il présente comme un danger de mort imminent, est articulée sur une double volonté : couper et réunir. De cette intentionnalité découle un dédoublement de l'allocutaire. D'une part, le pamphlétaire s'adresse au « vous » des ennemis : son but n'est pas de les convaincre, mais, par l'outrance de ses attaques, de les obliger à se démasquer. D'autre part, le « je » du pamphlétaire est en quête d'un « nous » qu'il désire réunir par sa plume.

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Du Portrait de l'antisémite à L'agité du bocal : à propos de l'appropriation stylistique de Louis-Ferdinand Céline

Auteur : Diego-Alejandro Aguilar Beauregard
Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche

Dans La parole pamphlétaire (1982) de Marc Angenot, un chapitre intitulé « Remarques sur l'essai littéraire » propose de théoriser l'essai selon deux catégories distinctes, soit l'essai cognitif et l'essai méditatif. N'appartenant à aucune des deux catégories, « À l'agité du bocal » de Louis-Ferdinand Céline en conserve néanmoins quelques aspects, détournés sous une forme hyperbolique au profit d'une esthétique de l'outrance (Tettamanzi). En observant l'essai « Portrait de l'antisémite » se transformer en véritable caricature sous la plume de Céline, nous pourrions donc simplement conclure que le pamphlet serait une forme exagérée de l'essai qui cherche à rejeter l'autre en le ridiculisant.

Bien qu'une comparaison entre l'essai – en occurrence celui de Jean-Paul Sartre intitulé « Portrait de l'antisémite » (1945) – et le pamphlet nous aidera à mieux définir la forme pamphlétaire en général, nous proposons cependant d'illustrer comment la nature littéraire du pamphlet « À l'agité du bocal » se distingue par la mise en œuvre d'un subtil jeu stylistique de rejet-appropriation. Le rejet (l'excrétion) de l'autre qui apparaît au début de « L'agité du bocal » se transforme progressivement en ingestion « stylistique ». Ayant le privilège de subir le baptême de la prose célinienne, le « satané » Jean-Paul Sartre devient en quelque sorte un monstre « sacré ». Évitant un débat d'idées perdu d'avance, Céline cherche plutôt à triompher devant Sartre par le style.

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La représentation de la foule dans Voyage au bout de la nuit, Mort à crédit et Bagatelles pour un massacre de Louis-Ferdinand Céline

Auteur : Marie-Lise Auvray Doitteau
Colloque    311 -  Les pamphlets de Céline : enjeux d'une réédition et bilan de la recherche

Louis-Ferdinand Céline place la thématique de la foule au centre de tous ses projets d'écriture offrant ainsi des mises en scène de masse véritablement remarquables qui scandent le récit sous la forme d'épisodes majeurs. La figure de la foule n'est effectivement pas présente que dans ses romans ; elle occupe aussi une position centrale dans ses pamphlets antisémites, la part sombre de l'écriture célinienne, particulièrement dans les trois ballets de Bagatelles pour un massacre : « La naissance d'une fée », « Voyou Paul. Brave Virginie » et « Van Bagaden ». Il est très intéressant de constater que Céline fait de ses ballets un genre littéraire totalement voué à la représentation de la foule, instants clés des pamphlets. Dès lors, j'aimerais esquisser un parallèle entre le traitement des foules dans ces deux genres littéraires. Les deux premiers romans de Céline, Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit, ainsi que les trois ballets offrent des ressemblances dans leur traitement hyperbolique de la foule devenant des symboles d'une violence spectaculaire. Néanmoins, on constate des différences indéniables. Alors que le roman offre une représentation de la foule très ouverte, polysémique, les ballets utilisent la masse au service même de l'idéologie des pamphlets. Je tenterais donc d'esquisser une réflexion sur l'évolution de la représentation de la foule, thématique chère à Louis-Ferdinand Céline.