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81e Congrès de l'ACFAS

Paysage naturel et paysage culturel : témoignage d'une identité culturelle

Auteur : Mélanie Rousseau
Colloque    303 - Cultures, religions et civilisations
Il est suggéré par la géographie physique que la gestion du territoire est l’un des nombreux reflets de l’identité culturelle. En effet, la différence entre le système de lotissement français en seigneuries et le cantonnement britannique en est un exemple éloquent. En acceptant ceci comme prémisse, je suggère que « qui nous sommes détermine comment nous interagissons avec notre milieu, qui à son tour modifiera qui nous sommes » et qu’ultimement, cette identité culturelle transparaisse archéologiquement. C’est donc cette hypothèse qui servira de fil conducteur, non seulement dans le cadre de la présentation, mais également dans le cadre de la thèse, qui elle se basera également sur la palynologie et la micromorphologie des sols. Plus précisément, cette présentation portera sur l’apport des analyses archéoentomologiques dans la compréhension des changements environnementaux liés à l’activité humaine, soit plus précisément la transition d’un paysage naturel à un paysage culturel. Le projet de recherche en cours se base sur des données recueillies sur le site archéologique du palais de l’intendant (CeEt-30), en Basse-Ville de Québec, qui est également le chantier-école en archéologie historique de l’Université Laval. L'archéoentomologie se base sur deux prémisses, à savoir que les insectes n'ont pas changé de physiologie depuis les derniers millions d'années, et qu’ils n'ont pas changé d'écologie non plus. Conséquemment, cette méthode analytique est un puissant outil dans la reconstruction des paysages du passé.
81e Congrès de l'ACFAS

Le prisme du virtuel : impact du passage en ligne de « fatwas juives »

Auteur : Roxanne D Marcotte
Colloque    303 - Cultures, religions et civilisations

Exploration de l’impact d’internet sur les représentations musulmanes de l’"autre" lors du passage en ligne de fatwas sur les juifs ou le judaïsme. Produits, et productrices d’un certain regard musulman sur l’altérité, ces "fatwas juives" demeurent des constructions particulières, situées dans le temps et l’espace. Mais lors de leur passage en ligne, ces représentations sont mises à l’épreuve, à la merci de nouvelles logiques communicationnelles et des pratiques qui en découlent. Analyser le contenu d’une centaine de fatwas d’IslamOnline.net pour en relever les éléments tant jurisprudentiels (traditionnels) que ceux ancrées dans des réalités contemporaines. Ces constructions dynamiques de l’altérité juive en ligne s’inscrivent dans des relations de pouvoir, implicites ou explicites, établis ou ébranlées. Certains contenus relèveront, en partie, du positionnement des autorités auxquelles ces fatwas font appel : chercheurs d’IslamOnline.net, individus-expert provenant de différents pays, organisations transnationale ou nationale, certaines fatwas ayant même deux sources d’autorité ou plus. De surcroît, ces fatwas présentent des horizons d’interprétations normatifs "dé-localisés" (Echchaibi) et 'dé-territorialisés" (Roy) qu’infléchissent de nouveaux réseaux transnationaux (Mandaville) de collaborateurs-producteurs de fatwas. La migration en ligne de ces fatwas et des pratiques qui y sont associées opère un infléchissement de ces représentations musulmanes de
l’altérité juive.

81e Congrès de l'ACFAS

La censure manquée du Nabucco de Giuseppe Verdi. Rois babyloniens et blasphémateurs punis dans la culture européenne de la première moitié du 19e siècle

Auteur : Enrico Orsingher
Colloque    303 - Cultures, religions et civilisations

Le Nabucodonosor de Giuseppe Verdi, créé en 1842 dans le Milan habsburgique sur le livret homonyme de Temistocle Solera (1840), a toujours été considéré comme l’opéra par excellence du Risorgimento italien. L'histoire du peuple juif vaincu et exilé qui entonne le célèbre chœur Va' Pensiero, apparaît en effet comme une allusion explicite à la situation du peuple italien sous le joug autrichien. Satisfait par une lecture si aisément pertinente à la poétique verdienne de l'auteur engagé et fonctionnelle à la rhétorique nationale italienne, on ne se pose pas une question capitale: pourquoi la censure autrichienne n'a pas remarqué une si évidente allusion et censuré la pièce? La présente communication veut proposer une solution à cette question. En laissant de côté l'opéra proprement dit, on se concentre sur le livret de Solera, l'objet qui effectivement passa au crible de la censure. A travers une analyse du texte narratif, de l'iconographie des rois babyloniens à l'époque moderne, de la vie et de l'action de Solera et des contextes politiques-culturels de la période, on découvre ainsi l’existence d'un écart entre la composition conservatrice voire réactionnaire de Solera, et la mise en musique de Verdi, caractérisée, au contraire, par un élan progressiste. En suivant cette démarche, on peut donc comprendre pourquoi une pièce qui avait été jugée inoffensive voire fonctionnelle à l'ordre établi, devient un des hymnes du peuple italien révoltant sur les barricades de 1848.

81e Congrès de l'ACFAS

Enseigner l'athéisme : quel espace pour l'incroyance en Éthique et culture religieuse?

Auteur : Pierre-Luc St-Onge
Colloque    303 - Cultures, religions et civilisations

L’implantation du cours d’Éthique et culture religieuse dans les écoles du Québec en 2008 fut accompagnée d’un investissement massif des médias par ses détracteurs. Étonnamment, ce mouvement d’opposition regroupait et regroupe toujours des acteurs se situant aux deux pôles de l'appartenance religieuse. Associations pieuses et militance laïque se rejoignent ainsi pour réclamer l’abolition du programme ou le droit à l’exemption. Alors que les premiers allèguent l’atteinte à la liberté de religion des parents croyants, les militants sécularistes dénoncent eux une glorification de la pensée religieuse et la mise au rancart de l’athéisme, de l’humanisme et de la pensée scientifique dans le curriculum. Suivant cette ligne de pensée, l’absence d’un traitement satisfaisant de l’athéisme aux côtés des différentes traditions religieuses priverait le jeune élève d’une concurrence des discours nécessaire au développement de sa pensée critique. Ces constats appellent à une réflexion sur l’espace qui devrait être aménagé ou non pour l’incroyance dans les contenus en Éthique et culture religieuse. Le caractère secondaire qu’y occupe l’athéisme est-il justifiable au regard des perspectives et finalités du programme? Comment la notion devrait-elle être abordée par le matériel didactique? Sur la base de considérations normatives, d’une définition opératoire du concept et d’un examen du matériel pédagogique, nous entendons ici apporter des éléments de réponse à ces interrogations.



 

81e Congrès de l'ACFAS

L'expressivisme herméneutique de Charles Taylor

Auteur : Guillaume St-Laurent
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Dans le cadre de cette communication, mon objectif est d’esquisser les lignes directrices de l’‘expressivisme herméneutique’ de Charles Taylor en adoptant pour point de départ une brève analyse comparative du concept d’‘authenticité’ chez ce dernier et Heidegger. Cette discussion schématique me permettra de mettre en relief, en deçà des similitudes évidentes, les thèmes « expressivistes » (ex : « sources morales », « ressourcement », « identité », etc.) essentiels à ce qui pourrait être caractérisé comme son ‘hégélianisme modeste’. À l’encontre d’une interprétation influente de sa position (cf. Smith, 1997), je soutiendrai qu’une opposition trop forte entre les structures transcendantales formelles (les « cadres incontournables » ou « existentiaux ») et les identités historiques contingentes (les « ontologies morales » ou situations « existentielles » particulières) risque de rendre inintelligible ce que notre auteur décrit comme son « anthropologie de la liberté située » et sa problématique centrale de l’« individuation expressive ». Loin d’un simple exercice de relativisation historique, le dialogue herméneutique auquel invite toute l’œuvre de Taylor présuppose et exige tout autant l’articulation des limites concrètes de notre capacité de désengagement historique : essence et existence se nouent dans le « phénomène herméneutique » de manière beaucoup plus complexe que ce que pourrait laisser apercevoir une réflexion trop formaliste sur la finitude humaine.

81e Congrès de l'ACFAS

Toxicomanie et parentalité : un chassé-croisé psychique?

Auteur : Anne-Marie Emard
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

La toxicomanie et la parentalité se posent souvent comme antinomiques, notamment aux yeux de la loi. Pourtant, du point de vue psychique, et particulièrement au regard du mode d’investissement de l’objet, l'objet-drogue et l’enfant pourraient partager certaines caractéristiques, ou encore s’inscrire dans une solution de continuité tout aussi révélatrice du passage possible pour les parents d’un mode de vie de consommation à une parentalité exempte de celle-ci. Une telle compréhension pourrait s’avérer fertile pour l’intervention auprès des parents toxicomanes.

Notre étude vise à explorer les fonctions de la prise de drogue dans le parcours de jeunes parents dits «en difficulté» et, en parallèle, les fonctions psychiques de l’enfant chez ces parents. Une seconde étape de la recherche s’intéresse aux parallèles possibles entre les fonctions accordées à ces deux objets par les jeunes parents.

Pour ce, nous avons mené une analyse qualitative «à l’aide de catégories conceptualisantes» (Paillé et Mucchielli, 2012) d’entretiens semi-directifs recueillis dans le cadre d’une recherche du GRIJA portant sur la parentalité chez les jeunes adultes en difficulté. Nos résultats laissent entrevoir des croisements entre le mode d'investissement et les fonctions de l'objet-drogue et de l'enfant, lesquels permettent d’envisager des alternatives dans la compréhension des difficultés du maintien de l’abstinence chez ces parents, ainsi que de nouvelles voies pour l’intervention en ce domaine.

81e Congrès de l'ACFAS

De la théologie à la philosophie du corps

Auteur : Alex Deschênes
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Depuis une dizaine d'années, la Théologie du corps de Jean-Paul II rencontre un succès considérable tant dans les milieux universitaires que populaires. Certains n'hésitent pas à qualifier celle-ci de « tournant, non seulement dans la théologie catholique, mais aussi dans l'histoire de la pensée moderne1 ».

Devant ce succès de plus en plus incontestable, la question s’impose de savoir quelle pertinence a la Théologie du corps en dehors du christianisme. Est-il possible de dégager de la Théologie du corps une philosophie du corps, afin de la mettre en dialogue avec les philosophes contemporains qui ont réfléchi sur la question, entre autres Michel Henry, Michel Foucault et Judith Butler?

À l'opposé des thèses de Butler et Foucault, Jean-Paul II considère le corps comme l’expression de la personne. Le corps a la capacité de manifester les émotions et les intentions les plus profondes. Par son sexe, il a surtout la capacité unique d’exprimer l’amour. C'est par le corps que l’être humain s’extériorise et s’accomplit dans le monde. Pour Jean-Paul II, la masculinité et la féminité ont une signification profonde, soit la capacité d’exprimer le don de soi par lequel l’être humain s’accomplit comme personne. Certains aspects de sa pensée révèlent une proximité étonnante avec la phénoménologie du corps de Henry.

Cette confrontation avec la philosophie révèle sans conteste l'originalité de la Théologie du corps et sa pertinence pour la pensée moderne.

1G. Weigel, Jean Paul II, p. 427.

81e Congrès de l'ACFAS

Raison et justice au cœur du discours conservateur canadien, de John A. Macdonald à John Diefenbaker : une analyse du discours

Auteur : Éléna Choquette
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Quiconque se penche sur la question conservatrice se bute à quelques embûches, dont a) le peu de littérature savante consacrée à la circonscription conceptuelle du mouvement conservateur et b) la proposition répandue voulant que les dispositions conservatrices ne se théorisent pas. Il apparaît ainsi difficile de définir le rôle que le conservateur canadien confère à la raison, comme dispositif capable de discriminer le bien du mal, et tout aussi laborieux de circonscrire les formes de justice disponibles à l’esprit conservateur. De cette tension se dégage une question fondamentale : à travers l’histoire canadienne, quel rôle les conservateurs ont-ils octroyé à la raison et quelle forme de justice s’en est trouvée instituée? Pour répondre à cette question symptomatique du rapport ambigu des conservateurs à l’éternelle distinction « bien/mal » et au mécanisme capable de les départager, nous procèderons à une analyse du discours conservateur dans l’histoire canadienne depuis la Confédération jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Diefenbaker. Nous défendrons l’hypothèse selon laquelle le conservatisme s’assoit sur une épistémologie particulariste incapable de séparer le bon grain de l’ivraie avec méthode et système, mais que les formes de justice promues par elle ne s’en trouvent étonnamment pas moins définies. Nous en tirerons quelques conclusions pour la philosophie politique canadienne à partir du travail conceptuel entamé par Oakeshott (1962), Freeden (1996) et Dart (2004).

81e Congrès de l'ACFAS

L'expérience de mort imminente comme événement phénoménologique signifiant, comme situation-limite, et son incidence herméneutique sur le plan ontologique

Auteur : Jonathan Morier
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Au coeur de tout accès au monde, au coeur de tout comprendre et de tout affect - enchâssés au monde de par un principe d'intentionnalité - subsiste une conscience d'être indivisible. Une ipséité englobant chaque être humain pensant et ressentant. Paradoxalement, c'est au frontière du cadre de son monde, au détour d'une situation-limite, que l'être humain arrive à saisir, l'espace d'un instant, l'englobante impression d'être, authentiquement. Or que la conscience théorique de sa mort prochaine peut entraîner l'humain vers une angoisse qui soulèvera la question insigne de l'être, le processus de mort, comme personnellement, phénoménologiquement éprouvée, représenterait l'ultime situation-limite pour qui relate avoir vécu une EMI, une expérience de mort imminente (18% de ceux ayant survécu à un arrêt cardio-vasculaire garderaient souvenir d'une telle expérience selon l'étude de Pim Van Lommel publié dans le Lancet en 2001). Cette expérience phénoménologique, par delà son caractère réel ou illusoire, laisse chez qui l'expérimente une trace durable : l'expérience du surgissement de leur être, à la fois transcendant et immanent, semblant perdurer au delà de toute contingence, de matière, de temps, d'espace.

M'appuyant sur des études de cas décrites par Moody, Ring et Alexander, cette conférence s'attardera à tisser des ponts entre les vécus phénoménologiques rattachés aux EMI et le travail de réflexion de penseurs tels Heidegger, Arendt, Cioran, Jaspers, Jung, May et Van den Berg.

81e Congrès de l'ACFAS

Laïcité et vivre-ensemble dans les sociétés démocratiques et pluralistes

Auteur : Christian Alain DJOKO KAMGAIN
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

 

Les sociétés occidentales sont de plus en plus en marquées par la diversité morale et religieuse. L’expression de cette diversité est cependant source de plusieurs frictions d’intensité variable. Dans ce contexte, la question qui nous intéresse prioritairement concerne les conditions de pensabilité et de plausibilité d’un Nous politique, dans lesquelles les citoyens libres et égaux, bien que profondément divisés entre eux en raison de leurs doctrines morales et religieuses (incompatibles entre-elles bien que raisonnables), souhaitent néanmoins vivre ensemble. Plus spécifiquement, on s’intéressera aux liens entre laïcité et vivre-ensemble dans les sociétés pluralistes contemporaines.

Ainsi, l'hypothèse que nous voulons risquer dans les limites étroites de notre communication est la suivante : La laïcité en tant que principe politique visant l’équilibre optimal entre le respect de l’égalité morale et la protection de la liberté de conscience, est la plus à apte à prendre en charge les difficultés liées à la construction du vivre-ensemble dans les sociétés pluralistes.Toutefois, on montrera que si un certain degré satisfaisant de stabilité et de cohésion sociale peut être atteint par cette forme de laïcité dite libérale, il reste que l’effet de cette dernière en ressortirait renforcé si elle était assortie d’unprojet éducatif conséquent qui repose en dernier ressort sur une éthique de la reconnaissance et du bien commun.                

81e Congrès de l'ACFAS

Maîtrise et servitude : pour en finir avec Kojève

Auteur : Mathieu J. Lainé
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Le rapport de la maîtrise et de la servitude n’a pas la signification que lui attribue ordinairement le commentaire. Ce rapport oppose deux faces antagoniques d’une seule conscience de soi, et non pas deux antagonistes (ou deux classes sociales). Contrairement, donc, à ce que prétendait Alexandre Kojève - dont l'interprétation de Hegel a été érigée en doxa dans la tradition marixenne ainsi que dans la tradition hégélienne - , le rapport de la maîtrise et de la servitude ne peut pas être lu valablement comme la matrice de la lutte des classes chez Marx. En fait, la lecture de la Phénoménologie de l'esprit et de la Philosophie de l'esprit révèle que ce rapport a une signification ontologique et non pas une signification sociologique, historique ou politique. Nous nous proposons donc dans le cadre de cette présentation d'expliciter la véritable signification de la dialectique du rapport de la maîtrise et de la servitude et de contribuer par là a expliciter la philosophie hégélienne elle-même.

81e Congrès de l'ACFAS

Réflexion socio-éthique sur la violence structurelle et la coercition reproductive exercée sur les femmes, dans le contexte du statut du fœtus et de la sélection prénatale du sexe

Auteur : Chantal Bouffard
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

La demande du député Woodworth, de créer un comité spécial pour déterminer à quel moment un foetus deviendrait humain, de même que celle pour les tests prénataux servant à déterminer le sexe des fœtus, s’appuient sur la science et les traditions religieuses et culturelles. Elles partagent aussi le pouvoir de forcer les femmes et les jeunes filles à se reproduire ou à mettre fin à une grossesse. Ces revendications rendent compte d’une forme de violence structurelle dont il a été très peu question jusqu’ici. Cette présentation 1) explore les types de coercitions reproductives qui sont exercés sur les femmes et 2) la contribution de la reprogénétique à la perpétuation et au raffinement de la violence structurelle.

Méthodologie : Analyse thématique et socio-éthique de la littérature (PubMed, ERIC, FRANCIS, etc).

Résultats :Les femmes subissent plusieurs formes de coercition reproductive relatives à l’obligation d’enfanter ou d’avorter. Les débats sur le statut du fœtus, de même que le développement des tests de diagnostic prénatal non invasifs, nous obligent à nous demander quel est, au prix de leurs corps, de leur vie et de leur santé, le tribut qu’on exige des femmes pour perpétuer certaines valeurs et idéologies culturelles.

Conclusion : Nos sociétés de savoir placent encore le corps des femmes et des jeunes filles, à l’interface du contrôle de l’organisation sociale et de la consolidation des intérêts et des pouvoirs familiaux, politiques, religieux ou autres 

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Analyse philosophique des valeurs de l'ergothérapie

Auteur : Marie-Josée Drolet
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Comme toute profession, l’ergothérapie se fonde sur des valeurs. Cette axiologie à la base de la profession constitue une part importante de son essence. Une recension des écrits montre des désaccords sur les valeurs au fondement de l'ergothérapie. De fait, différentes valeurs ont été mises de l’avant par divers auteurs. Que penser de ce pluralisme axiologique? Parmi la diversité de ces discours, peut-on repérer certaines valeurs partagées par l’ensemble des écrits? Le but de cette communication est de présenter les résultats d’une étude qui a analysé des discours sur les valeurs de l’ergothérapie. Afin de répertorier ces documents, une recension des écrits a été effectuée. Pour ce faire, plusieurs bases de données ont été consultées utilisant plusieurs mots clés. L’étude qualitative des documents a été effectuée suivant la méthode analytique usuelle en philosophie. L’analyse des écrits montre qu’aucune valeur n’est partagée par l’ensemble des textes étudiés. Cela dit, une valeur, la participation occupationnelle, est partagée par une majorité d’écrits. L’analyse des discours permet aussi de constater que cette valeur repose sur une conception de l’être humain qui s’inspire des philosophies de Marx, Rousseau, Sartre et Kant. L’analyse révèle également des confusions conceptuelles présentes dans les écrits quant à ce qu’est une valeur. Des clarifications conceptuelles sont proposées afin de distinguer les valeurs des croyances, attitudes, principes et concepts non évaluatifs.

81e Congrès de l'ACFAS

Le corps au coeur de la mystique de Georges Bataille

Auteur : Marion AVARGUES
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Nous nous proposons de mettre en lumière le rôle que joue le corps dans la quête mystique de Georges Bataille. Ce dernier n’a en effet cessé de tendre vers ce qu’il appelle la communication sans bornes avec le cosmos, à savoir une communion qui est de l’ordre du sentiment océanique. Nous tâcherons plus précisément d’éclaircir l’horizon de sa quête en décryptant sa valorisation de l’ « acéphale »  (l’homme sans tête).

Nous nous pencherons tout d’abord sur le fait que Bataille opère un complet renversement du rôle joué par le corps dans la mystique chrétienne traditionnelle. Nous verrons que, bien loin de considérer le corps comme une prison pour l’âme, il préconise au contraire sa complète libération. Nous tenterons par la suite de comprendre en quoi l’expérience érotique, soit une expérience à la fois du corps et du dedans, frôle le champ de la mystique. Enfin, nous rapprocherons cette expérience d’une œuvre taoïste de la Chine ancestrale : le Zhuangzi, de façon à démontrer que la valorisation du corps ne se limite pas à l'oeuvre de Georges Bataille, mais épouse le coeur d'autres mystiques.



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La danse dans la formation en soins de santé

Auteur : France Joyal
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Notre communication présente les résultats d'un projet de pédagogie universitaire intégrant des exercices de danse aux programmes de formation en psychologie, pratique sage-femme, sciences infirmières et ergothérapie.

La relation d'accompagnement inhérente aux soins de santé physique et psychologique implique une proximité qui fait appel à la conscience corporelle de l’intervenant. La danse permet d'aborder kinesthésiquement des notions telles que la confiance, la vulnérabilité et l’empathie qui sont généralement abordées théoriquement dans la formation des soignants. Elle amène l’étudiant dans une démarche réflexive et heuristique propice à la construction de son identité personnelle et, par extension, professionnelle. Une telle approche favorise le développement des intelligences kinesthésique, relationnelle et spatiale qui sont moins souvent sollicitées dans le cadre des cours théoriques ; elle devient un complément de formation indispensable.

Le projet a eu un impact important sur la prise de conscience des étudiants mais également sur l'expérience des formateurs concernés qui y trouvent un lieu de rencontre interdisciplinaire des plus intéressants et un espace de réflexion sur la pédagogie universitaire. 





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Le lieu caché du bien-être et de la santé

Auteur : Jean-François DUPEYRON
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Cette communication est incluse
dans un projet de recherche bi-disciplinaire (philosophie et psychologie
clinique) européen (Danemark, Grèce, France) qui vise à explorer la notion de bien-être
dans l’expérience des écoliers. En effet, cette notion est fréquemment employée
de façon confuse, soit parce qu’elle n’est pas interrogée alors même qu’elle
figure dans les programmes d’éducation à la santé, soit parce qu’elle est
employée au sein d’approches méconnaissant le vécu intime des publics scolaires
pour leur préférer une vision quantitative vouée au seul contrôle social, soit
enfin parce qu’elle est présentée accompagnée d’injonctions à une normalité qui
laisse de côté la variété des formes et des composantes de la santé vécue
singulièrement par les sujets.

L’argumentation philosophique
proposée pour la communication développera une variation conceptuelle autour
des définitions de la santé et du bien-être, dans une optique empruntée aussi
bien au pouvoir de normativité de la vie chez Canguilhem qu’aux principes
phénoménologiques à l’œuvre dans une démarche d’approche au plus près du vécu
enfantin, dans le sillage de la phénoménologie de la vie de Michel Henry, mais
aussi de l’herméneutique de la santé chez Gadamer.

Le focus mis sur la notion de bien-être étudiera ainsi la notion
de « lieu caché du bien-être »,. In fine, il s’agira de rendre
à la notion de bien-être son  caractère
concret et personnel, au plus près du vécu des personnes.

81e Congrès de l'ACFAS

Feinte et vérité dans le récit de fiction

Auteur : Joël Bégin
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

La fiction est, au premier abord, dénuée de référent : elle semble renvoyer à un travail libre de l’imagination qui, sans être complètement dissocié du réel, ne dit en fait rien du monde actuel. Or j’aimerais explorer, grâce à l’appareil conceptuel développé par Paul Ricœur dans La métaphore vive et le triptyque Temps et récit, l’hypothèse selon laquelle le discours fictionnel détient une référence et est à même de prétendre à une forme de vérité. Cette hypothèse est sous-tendue par l’idée que le langage porte toujours sur quelque chose, sur ce qui est. Comment soutenir cette assertion alors que le langage fictionnel, contrairement au discours ordinaire, fait advenir grâce à l’imagination cela même qu’il affirme? Il convient de se réapproprier, face à cette difficulté, le concept ancestral de mimèsis qui constitue, aux yeux de Ricœur, la dimension dénotative de la fiction. La mimèsis, loin d’être une pâle copie de la réalité, est à la fois soumission au réel et invention fabuleuse. C’est dire qu’une tension entre vérité et artifice est inscrite au cœur même de l’invention, auquel mot il faut restituer son double sens de découverte et de création. Il ne saurait y avoir de fiction sans une part de vérité. Le statut de cette vérité demeure toutefois ici indéterminé : il nous faudra tenter d’en asseoir le concept ailleurs que dans les sphères conventionnelles du vérificationnisme, de l’adéquation et de la cohérence logique, tout en en critiquant la portée.

81e Congrès de l'ACFAS

Repenser le rituel à travers l'expression des émotions dans les rites funéraires : évidences d'une maison de soins palliatifs québécoise et de chants de lamentation au Brésil

Auteur : Jean-Bruno Chartrand
Colloque    304 - Enjeux fondamentaux et finalités de la vie humaine

Les rituels funéraires ont souvent comme fonction d'accompagner le corps et l'esprit, aider les endeuillés dans l'expression de leur douleur ainsi que de rétablir un certain équilibre social (Van Gennep 1960;Fellous 2001).Si le rituel permet l'expression ou le partage d'émotions liées à un deuil, il convient de se demander si de telles expériences peuvent être qualifiées de « thérapeutiques », puis si une institutionnalisation des émotions liées à la mort, comme cela se produit dans les soins palliatifs en Occident, est toujours dans l’orbe du thérapeutique. Il est en ce sens intéressant de comparer deux terrains, soit une maison de soins palliatifs québécoise ainsi que les pratiques d'un groupe de pleureuses situées au Brésil afin de qualifier les formes différentielles d’expression des émotions liées à la mort. Aux soins palliatifs, le patient est inscrit dans une série de « petits moments » qui peuvent ici être considérés comme les éléments d’une micro-ritualité axée sur l’individu plutôt que le collectif (Cheal 1998; Seale 1998). Les chants de lamentation permettent, pour leur part, une expression ponctuelle à la fois individuelle d'une émotion liée à la mort ainsi que la "communion de sens" autour d'un sentiment partagé (Turner 1986;Lea 2004).L'étude comparative nous permet donc de jeter un regard critique sur le rituel tel qu'il est vécu selon ses fonctions sociales en plus de comparer ses effets à l'intérieur ainsi qu'à l'extérieur d'un contexte institutionnel.

81e Congrès de l'ACFAS

Approche intuitive de l’interaction par la métalangue sémantique naturelle : des universaux du lexique au sens, du sens aux mots, et des mots aux actes de langage

Auteur : Geneviève Pinard-prévost
Colloque    305 - Langues et langages

Depuis 40 ans, Anna Wierzbicka et environ 50 chercheurs se penchent sur plus de 30 langues pour en extraire des universaux du lexique. À ce jour, une liste de 63 primitifs sémantiques a été empiriquement dressée. Ceux-ci, parfaitement traduisibles dans toutes les langues, sémantiquement simples et universellement intelligibles, se passent de définition : « toi, moi, quelqu'un, quelque chose, penser, vouloir, ressentir, dire, vrai, ne...pas, quand, où, bien, mal, grand, petit, vivre, mourir, etc. ». Accompagnés de leurs règles combinatoires universelles, ils forment la métalangue sémantique naturelle (MSN).

Nous exploitons ce cadre théorique pour décrire les plus fréquents actes de langage qui composent la conversation spontanée telle que transcrite dans le Corpus de français parlé au Québec (CFPQ).

Nous posons l'hypothèse qu'une telle description en MSN peut permettre à un apprenant du français de découvrir les différentes réalisations d'un acte de langage dans sa langue cible, à partir d'une construction intuitive en MSN de ce qu'il veut dire.

Nos résultats attestent de cette nouvelle possibilité pour l'enseignement du français. Nous présenterons un extrait du paradigme « dire » en exemple, où les simples concepts universaux de « vérité, volonté, ressenti » peuvent notamment guider l'étudiant vers 7 actes de langage distincts. Ceux-ci peuvent se réaliser de diverses façons et offrir des variantes ou des dérivés : nous démontrerons que la MSN réussit à décrire tous ces usages.

81e Congrès de l'ACFAS

La place de l'indétermination dans le discours : regards croisés - Laclau et Mouffe, Bourdieu et Hall

Auteur : Sabrina Zeghiche
Colloque    305 - Langues et langages

Dans cette communication, je me propose de réfléchir à la question de l’indétermination dans la production discursive. Cela implique plusieurs sous-questions : Quels processus permettent de faire sens du monde social? Peut-on relever des régularités discursives? Comment en rendre compte? Les processus discursifs sont-ils « nécessaires »? Comment se brisent ces régularités et se formulent des contre-discours?
J’ai donc choisi de me pencher sur les écrits de quatre auteurs majeurs qui me paraissent apporter une contribution considérable. Il s’agit de Laclau et Mouffe (1985), Pierre Bourdieu (1977;1982; 1984) et Stuart Hall (1997). Si mon choix s’est porté sur ces quatre auteurs, c’est qu’ils me semblent éviter les écueils des approches hyper-structuralistes, qui ne voient dans les phénomènes sociaux que des effets structurés, et certaines approches hyper-constructivistes, qui n’y voient que le résultat de choix individuels. Autrement dit, à trop prendre de la hauteur, on perd de vue la marge de manœuvre individuelle et on ne parvient pas à expliquer le changement social; à en prendre trop peu, on met tous les individus sur un pied d’égalité et on manque d’apercevoir les limites de l’agentivité et les facteurs qui sous-tendent les régularités discursives. L’intérêt de ces auteurs est justement d’avoir trouvé l’angle qui leur permet d’apercevoir les deux forces à l’œuvre et d’examiner les tensions qui les opposent. 

81e Congrès de l'ACFAS

Comment raconter l'Histoire? Poét(h)ique du témoin supplémentaire dans HHhH de Laurent Binet

Auteur : Marie-Eve Dessureault
Colloque    305 - L'écriture testimoniale. Histoire(s), transmission et expérience(s) de l'intime
81e Congrès de l'ACFAS

La construction d'une ressource lexicale pour la langue arabe

Auteur : Wajdi Zaghouani
Colloque    305 - Langues et langages

Levin (1993) donne une description d'environ 3200 verbes de l'anglais. Elle analyse les comportements syntaxiques (alternances) des verbes ainsi que leurs sens en fonction des types d’alternances qu’ils peuvent accepter. Une alternance décrit un changement dans la structure syntaxique du verbe et de ses arguments (passif, transitivité, effacement d'argument, inversion du sujet/verbe, verbe support, etc.).  Cette description a permis l'apparition de la notion du schéma prédicatif, inspirée entre autres des travaux de Fillmore (1968), Jackendoff (1972) puis de Saeed (2003) et qui permet d'attribuer un rôle sémantique aux différents arguments des prédicats verbaux dans un corpus donné.

C'est dans ce cadre que nous avons construit une ressource lexicale pour la langue Arabe. Il s'agit d’une ressource sémantico lexicale informatisée pour les constructions morphologique du verbe dans le corpus du Coran. Une expérience pilote a été conduite sur un échantillon de 140 verbes présents dans le corpus du Coran. Cette ressource propose de fournir un lien entre les racines verbales et la classification sémantique.

Dans cette communication, nous allons présenter  notre méthodologie ainsi que nos plans pour étendre la couverture de notre corpus.

81e Congrès de l'ACFAS

Derrida lecteur de Jorge Semprun

Auteur : Hélène Lépinay-Thomas
Colloque    305 - L'écriture testimoniale. Histoire(s), transmission et expérience(s) de l'intime
81e Congrès de l'ACFAS

Dimension ludique et création verbale

Auteur : Maria Sandra Mennella
Colloque    305 - Langues et langages

La didactique contemporaine maintient la thèse posant la langue en tant qu’outil de communication. Sur la base de la tradition de Port-Royal, le langage est compris comme expression de la pensée, mettant en avant certains critères qui rendent compte d’une tendance fonctionnelle du langage. Pourtant, la parole des sujets révèle une tout autre chose, laquelle est ignorée à l’heure actuelle : certains manques produits dans la communication. Cela dévoile une autre dimension faisant référence à une position débordant le point de vue de l’« instrument de communication ». Dans cet autre contexte, la langue est perçue comme substance et transforme, cela est mis en évidence par différents éléments. D’une part, la position de certains linguistes – accordant un statut prioritaire au langage par rapport à la pensée – révèle le rôle du langage dans la constitution du sujet. D’autre part, la relation des écrivains avec la langue montre certains faits importants : le pouvoir de la parole, son rôle transformateur, une fonction créative. Aspects mis en valeur par la théorie psychanalytique lorsqu’elle valorise une vision du langage notablement différente de celle préconisée par l’enseignement actuel. Sur la base de cette problématique, je formule une question : comment la classe de langue étrangère se constitue en un espace créateur ? Pour y répondre, j’entreprends une analyse sur la base d’un paradigme rationnel, appuyée par des observations des classes hispanophones apprenant le français.

81e Congrès de l'ACFAS

« Féminiser? Mais faut pas... ». Ou quand les locuteurs font de la linguistique de comptoir.

Auteur : Anne Dister
Colloque    305 - Langues et langages

Dans cette communication, nous voudrions nous pencher sur deux classes d’arguments mis en avant par les opposants à la féminisation des noms de professions  : les arguments linguistiques et sur ceux relatifs à la politique linguistique. En effet, on constate que souvent, les opposants à la féminisation mobilisent dans leurs discours un savoir sur la langue et parfois même la terminologie du spécialiste : « le genre est arbitraire », « le masculin est non marqué », « les nouveaux féminins créent de l’ambigüité parce beaucoup de formes sont homonymes » (qu’on pense à la célèbre cafetière, forme emblématique des opposants), « l’euphonie est menacée », « on ne respecte pas la morphologie du français », « mais c’est Babel ! » ou encore « laissons faire l’Usage ». Ces arguments, qu’ils soient convoqués isolément ou mis bout à bout, prennent sous la plume de leurs auteurs une valeur de vérité scientifique imparable, notamment parce qu’ils empruntent au métalangage des linguistes. A travers des courriers des lecteurs, des blogs et autres publications sur les réseaux sociaux, nous tenterons de voir ce que ce métalangage recouvre exactement, ainsi que les supposées connaissances de la langue et de ses mécanismes qu’il met en avant.