Rechercher dans le programme et les archives du congrès



81e Congrès de l'ACFAS

Évaluation du rôle des embâcles de bois morts sur la dynamique hydrogéomorphologique de la rivière Neigette (Bas-Saint-Laurent)

Auteur : Simon Massé
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Les embâcles de bois de la rivière Neigette provoquent de l'érosion et amplifient les débordements de crue dans les municipalités de St-Donat et de St-Anaclet au Bas-St-Laurent. Ce projet vise l'acquisition de connaissances sur le rôle hydrogéomorphologique du bois mort, l'évaluation de la réponse morphosédimentaire du corridor fluvial suite aux démantèlements d'embâcles et l'élaboration de solutions pour la gestion intégrée des embâcles de la rivière Neigette. Le premier volet vise à documenter l'effet du bois mort sur la dynamique fluviale. Un inventaire exhaustif a permis de caractériser 113 embâcles sur les 32 km du tronçon à l'étude. Des profils transversaux et des photographies obtenues à partir d'un drone télécommandé ont été réalisés en amont et en aval de 4 embâcles. Les fluctuations du niveau d'eau sont mesurées en amont et en aval des embâcles pour quantifier leur effet sur l'écoulement. L'analyse de photographies aériennes permettra de reconstituer l'évolution des embâcles de bois. Le second volet consiste à développer une méthodologie de démantèlement adaptée aux réalités du milieu à partir du démantèlement de 6 embâcles. La collecte de données topographiques sera effectuée systématiquement afin de documenter la réponse hydrogéomorphologique du chenal suite au retrait d'embâcles. La comparaison des profils topographiques effectués avant et après les démantèlements ainsi qu'après chaque événement de crue permettra de comprendre la réaction du corridor fluvial.

81e Congrès de l'ACFAS

Importance des insectes pollinisateurs pour les plants de bleuets (Vaccinium uliginosum) à Baker Lake (Nunavut)

Auteur : Marilie Trudel
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

La cueillette de petits fruits est une activité importante dans les communautés Inuits. Les plantes de la Toundra produisant des fruits sont très sensibles aux variations de climats ce qui influence la formation des bourgeons, des fleurs et la production des petits fruits. De plus, la tendance du réchauffement qui est présentement observée dans l'Arctique peut aussi affecter la pollinisation. Cette dernière joue un rôle clé dans la production de fruits chez Vaccinium uliginosum. Que se passerait-il, s'il y avait une mauvaise synchronisation entre la période de floraison des bleuets et l'émergence des insectes pollinisateurs? En 2011, nous avons étudié la pollinisation du bleuet près de Baker Lake au Nunavut en utilisant des filets d'exclusion d'insectes, des traitements de pollinisation à la main, des suivis par caméra et des plants témoins. Nos résultats ont révélé que V. uliginosum a une très faible capacité à s'auto-polliniser et que sa productivité est naturellement limité par le pollen; en général les fleurs pollinisées à la main ont produit plus de fruits comparativement aux plants témoins et aux plants avec filet d'exclusion. L'analyse des photos a montré que la présence d'insectes était fortement affectée par le cycle diurne et les conditions climatiques. Le sous-ordre des brachycères était le groupe d'insectes le plus présent sur les fleurs ce qui suggère qu'il joue un rôle important dans la pollinisation de V. uliginosum dans les écosystèmes nordiques.

81e Congrès de l'ACFAS

Fertilité et nutrition des arbres en forêt boréale; un nouveau paradigme

Auteur : André Fortin j.
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Les récentes découvertes sur l'écophysiologie des champignons mycorhiziens nous apprennent qu'ils ont la capacité d'altérer directement des minéraux comme l'apatite, le feldspath, la hornblende la biotite, etc, pour en extraire en temps réels, les nutriments essentiels aux arbres (P, K, Ca, Mg, etc.). La réfection sans fertilisants de la végétation sur les assises rocheuses du site de construction de Manic V montre que ces processus sont beaucoup plus rapides que ce qui est généralement accepté par les pédologues parlant de centaines voire de milliers d'années. Ces constatations nous amènent à proposer un nouveau paradigme sur la fertilité et la nutrition des arbres, en forêt boréale, et suggèrent qu'on devrait 1) réviser nos méthodes d'analyses physico-chimiques de ces sols; 2) mieux connaître la diversité des champignons ectomycorhiziens ainsi que leurs capacités à altérer divers minéraux; 3) envisager de nouvelles avenues pour la fertilisation des forêts; 4) repenser la façon de contrer les effets néfastes des précipitations acides. Il faut admettre que la nutrition des arbres en forêt boréale n'a rien en commun avec celle des plantes agricoles ainsi que celle des arbres des forêts feuillues méridionales. Toute compréhension de la fertilité et de la nutrition des arbres en forêt boréale doit désormais s'asseoir sur ce nouveau paradigme.

81e Congrès de l'ACFAS

Optimisation de données satellitaires Argos récoltées en milieu terrestre polaire

Auteur : Sylvain Christin
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Les milieux terrestres polaires présentent des conditions exceptionnelles pour le suivi satellitaire via la technologie Argos. Les orbites polaires des satellites couplées à une absence de couvert forestier permettent d´obtenir à la fois un grand nombre de localisations et une proportion importante de localisations de bonne qualité. Cependant, comme pour toute méthode de suivi télémétrique, il est important de connaître et de quantifier l´erreur associée aux localisations afin de séparer la variabilité biologique de la variabilité liée à l´imprécision de la mesure. De plus, la technologie Argos étant peu précise comparée à la technologie GPS (rayon d´erreur < 250 m pour les classes de localisation les plus précises), de nombreuses méthodes de traitement des données ont été développées pour améliorer la qualité des jeux de données. Durant l´été 2012, sur l´île Bylot, Nunavut, des tests empiriques statiques (n = 7, divisés en 3 classes de topographie) et mobiles (n= 21 parcours) ont été réalisés avec des colliers émetteurs Argos couplés à des récepteurs GPS pour quantifier l´erreur associée aux localisations. Ces données seront passées à travers trois méthodes de filtrage : aucun traitement, suppression des données de mauvaise qualité et traitement des données à l´aide d´un modèle espace-état. Ces trois méthodes seront ensuite comparées afin d´évaluer la qualité des trajectoires obtenues ainsi que leur efficacité à répondre à des questions comme la taille du domaine vital.

81e Congrès de l'ACFAS

Utilisation de données satellitaires radars pour la caractérisation du couvert végétal et nival en milieu subarctique

Auteur : Yannick Duguay
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

En milieu subarctique, le couvert nival et la végétation sont étroitement liés et jouent un rôle environnemental important. Il devient donc nécessaire de développer des méthodes de suivi simultané de ces deux aspects. Les satellites Radars à synthèse d´ouverture (RSO) permettent, entre autres, de fournir des informations sur la structure verticale des objets observés et sont considérés dans le cadre de cette étude pour l´estimation de la hauteur de la végétation et de l´épaisseur du couvert nival. La zone d'étude couvre un territoire de 60 km2 près du village d'Umiujaq au Nunavik. Des séries d´images RADARSAT-2 et TerraSAR-X ont été acquises entre octobre 2011 et avril 2012. Les images d´automne, représentant les données de référence sans neige, sont comparées aux images d´hiver pour évaluer l´effet du couvert nival sur le signal RSO. Des campagnes de mesure terrain à l´été 2009 et à l´hiver 2012 ont permis de recueillir des données sur les caractéristiques de la végétation et de la neige respectivement. Les résultats préliminaires démontrent une augmentation linéaire de la puissance du signal RADARSAT-2 avec la hauteur de la végétation tandis que le signal de TerraSAR-X semble saturer. En présence de neige, le signal RADARSAT-2 est atténué tandis que le signal TerraSAR-X augmente légèrement. La relation entre la hauteur de neige et les paramètres radar est difficilement perceptible, mais les données in-situ indiquent un lien entre hauteur de neige et hauteur de végétation.

81e Congrès de l'ACFAS

Plénière – La collaboration scientifique interculturelle au Nunavik

Auteur : Michael Barrett
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

L'Administration Régionale Kativik (ARK) gère le territoire du Nunavik. L'ARK exerce sa compétence dans des domaines tels que les transports, l'environnement, la police, l'emploi, la sécurité du revenu, les services de garde à l'enfance, l'aménagement du territoire, la sécurité civile et le développement économique.  Le Service des ressources renouvelables, de l'environnement, du territoire et des parcs, a un large éventail de responsabilités dont le développement de parcs l'aide aux Inuits pour leurs activités de chasse, de pêche et de piégeage, la conservation de la faune, l'environnement et l'aménagement du territoire. Le financement des activités du Service provient du gouvernement du Québec, par l'entremise de l'Entente sur le financement global de l'ARK (Entente Sivunirmut). Du financement additionnel sur des projets particuliers provient d'ententes spécifiques conclues avec plusieurs ministères provinciaux et fédéraux. De plus, le Service est appelé à définir les préoccupations de recherche des résidents du Nunavik, à s'impliquer dans les orientations du programme ArcticNet et à travailler étroitement avec des chercheurs universitaires. Dans un contexte où les résidents du Nunavik souhaitent orienter, développer et participer à des projets de recherche qui répondent à leurs besoins, des approches seront proposées pour des collaborations interculturelles fructueuses et des exemples de projets ayant eu des impacts positifs sur la population Inuits locale seront abordés.

81e Congrès de l'ACFAS

Programme ARQULUK : préservation des infrastructures de transport dans le Nord du Canada

Auteur : Chantal Lemieux
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

En inuktitut, Arquluk signifie "route cahoteuse". Les infrastructures de transport jouent un rôle important dans la subsistance, la qualité de vie et le développement social et économique des communautés établies dans le nord canadien. La construction de routes et de pistes d'atterrissage affecte le régime thermique des sols gelés et peut causer la dégradation du pergélisol sous-jacent. L'objectif du programme, réalisé en partenariat avec l'industrie et le CRSNG, est d'améliorer les capacités d'adaptation au changement climatique, en développant une expertise visant à atténuer l'instabilité du pergélisol sous les infrastructures de transport. Trois thèmes de recherche permettront d'atteindre cet objectif: 1) Améliorer la connaissance des facteurs influant le régime thermique des remblais construits sur un pergélisol sensible; 2) Améliorer les techniques de localisation et de caractérisation des sols sensibles au dégel; 3) Élaborer des outils d'aide à la gestion des infrastructures de transport construites sur pergélisol, incluant des lignes directrices pour la conception, la construction et l'entretien de celles-ci. Le programme permettra le développement des compétences, des procédures et des techniques pour atténuer la dégradation du pergélisol; outils essentiels aux communautés et à l'industrie impliquées dans le développement social et économique du Nord du Canada.

81e Congrès de l'ACFAS

Dynamique d'expansion et de colonisation de la camarine noire (Empetrum hermaphroditum) sur un système dunaire subarctique

Auteur : Sandra Angers-Blondin
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

La croissance clonale est une importante stratégie de propagation chez les plantes des milieux nordiques, où le climat rigoureux rend incertain le succès de la reproduction sexuée. On a même longtemps cru que certaines espèces arctiques-alpines comme la camarine noire en dépendaient quasi exclusivement pour maintenir leurs populations. Toutefois, sur un système dunaire près de Whapmagoostui-Kuujjuarapik (Nunavik), une population de camarine noire montre une expansion rapide via un établissement abondant de plantules. Notre objectif est de décrire la dynamique récente (5 ans) de cette population en termes de survie, de recrutement et de croissance. Pour ce faire, nous avons comparé deux cartographies (2007-2012) d'un quadrat de 6 ha allant de la haute plage aux dunes fixées et dans lequel tous les individus ont été recensés et mesurés. Durant la période 2007-2012, seulement 59 individus (5 %) sont morts, alors que 461 nouveaux individus se sont établis. La majorité (75 %) des plantules a été retrouvée dans le dernier tiers du quadrat, derrière la deuxième dune. Le recouvrement en camarine de la zone colonisée est passé de 1,09 % à 1,62 %, ce qui représente une superficie ajoutée de 235 m2. Il semblerait donc que la population soit en pleine expansion, avec une agrégation spatiale évidente dans les creux entre les dunes. Comme dans d'autres écosystèmes nordiques, la colonisation massive du système dunaire par les arbustes pourrait retarder ou empêcher l'établissement des arbres.

81e Congrès de l'ACFAS

Changements climatiques et performance du bouleau glanduleux en milieu forestier à la limite des arbres au Québec subarctique

Auteur : Caroline Mercier
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Le bouleau glanduleux (Betula glandulosa Michx.), un arbuste décidu répandu dans les milieux septentrionaux toundriques et forestiers d'Amérique du Nord, est probablement l'espèce arbustive structurante par excellence à l'écotone forêt boréale – toundra (EFT). Récemment, une augmentation de son abondance en milieu ouvert a été observée et serait principalement attribuable aux changements climatiques. Dans ce contexte, une meilleure caractérisation de l'écologie du bouleau glanduleux en milieu forestier est essentielle pour accroître notre compréhension de la dynamique de l'EFT. Ce projet a donc pour objectif d'évaluer la performance du bouleau glanduleux le long d'un gradient de fermeture du couvert forestier d'épinette noire (Picea mariana [Mill.] B.S.P.) à la rivière Boniface au Nunavik. Pour ce faire, la croissance radiale de tiges de bouleau glanduleux provenant de pessières à lichens comprises le long d'un gradient de couvert arborescent a été évaluée par dendrochronologie. De plus, des relevés de végétation, un dénombrement des plantules et des chatons, ainsi qu'un test de germination ont été effectués. Les résultats préliminaires montrent que le couvert de bouleau diminue avec l'augmentation du couvert d'épinette, et que la croissance de B. glandulosa semble positivement liée à la température.

81e Congrès de l'ACFAS

Plénière – Changements climatiques, risque de feux et conservation des écosystèmes dans le nord du Québec

Auteur : Dominique Arseneault
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

On reconnait de plus en plus l´importance de mieux comprendre les facteurs qui dynamisent les immenses étendues presque vierges des zones nordiques en vue de planifier l´exploitation durable des ressources et la protection des écosystèmes. Les feux de forêts représentent le principal facteur de dynamique des paysages dans la taïga québécoise et leur importance devrait s´accroitre avec les changements climatiques et l´anthropisation du territoire. Nos recherches indiquent que certaines régions du Nord québécois sont parmi celles qui enregistrent les plus forts taux de feux et les feux les plus grands de la forêt boréale nord-américaine. Des feux de 60-120 km de diamètre en 1922, 1941, 1972 et 1989 ont brûlé le territoire maintenant occupé par la route de la Baie James entre les rivières Eastmain et LaGrande. De tels feux risquent de déstabiliser les réseaux d´aires protégées en cours de développement. Un réseau qui comprendrait des aires protégées trop petites ou mal réparties à travers le territoire pourrait basculer subitement et devenir peu représentatif s´il était fortement affecté par une année de très grands feux. Nous proposons de combiner une approche prospective et une rapproche rétrospective pour cartographier le risque qu´un feu survienne à chaque point de la taïga et évaluer le risque que différentes configurations d´aires protégées soient déstabilisées par les grands feux dans le futur, en considérant aussi les changements climatiques et les feux anthropiques.

81e Congrès de l'ACFAS

Restauration des tourbières minérotrophes méridionales : des solutions possibles !                                  

Auteur : Vicky Bérubé
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

L'étendue de variabilité des tourbières minérotrophes concernant la structure végétale et la diversité spécifique pose un problème lors de la restauration écologique : quelle communauté végétale cibler? Le but de cette recherche est de définir l'écosystème de référence des tourbières minérotrophes afin d'émettre des recommandations sur le choix des communautés végétales lors d'une restauration écologique. D'abord, des relevés de végétation effectués dans 20 tourbières minérotrophes du Bas-St-Laurent confirment l'importance des bryophytes et des cypéracées. Afin de mieux comprendre les interactions entre les groupes d'espèces et le niveau d'eau, une expérience a été mise en place en 2009 à St-Fabien, QC. Les résultats montrent que les bryophytes peuvent croître à différents niveaux d'eau selon le type structural des cypéracées formant la communauté. La croissance des bryophytes est limitée par les grandes cypéracées (ex. Carex aquatilis, C. lasiocarpa) lorsque le niveau d'eau est au-dessus de la surface, mais est améliorée lorsque le niveau d'eau est en deçà de 20 cm sous la surface. Les grandes cypéracées contribuent également à la stabilisation du substrat permettant la survie à long terme des bryophytes. Un scénario inverse se produit lorsque ce sont de petites cypéracées (ex. Carex livida, Trichophorum spp.) qui sont mises en association avec les bryophytes. Le choix des espèces dépend des prédictions du niveau d'eau du site à restaurer.

81e Congrès de l'ACFAS

Le zooplancton dans les mares thermokarstiques : une diversité étonnante

Auteur : Paschale Noël Bégin
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

La fonte accélérée du pergélisol dans les régions subarctiques et du sud de l'Arctique est à l'origine de la formation de mares thermokarstiques. Des récentes études ont démontré que ces plans d'eau jouent un rôle majeur dans la remobilisation du carbone organique jusqu'alors piégé par le pergélisol. L'activité microbienne responsable de la mobilisation du carbone peut être contrôlée par la prédation et la compétition exercées par le zooplancton qui a le potentiel de structurer les communautés benthiques et planctoniques. Les mares et lacs situés à de hautes latitudes contiennent des communautés de zooplancton diversifiées, dont des rotifères herbivores, détritivores et zooplanctivores. Les rotifères peuvent donc avoir un effet sur les assemblages microbiens en tant que compétiteurs pour les particules détritiques et en tant que brouteurs. Bien que l'importance du zooplancton pour la structure des assemblages microbiens dans les lacs soit connue, une meilleure compréhension des effets de l'abondance et de la diversité des rotifères sur le cycle de carbone dans les mares thermokarstiques est nécessaire. L'échantillonnage de mares thermokarstiques dans les environs de Kuujjuarapik et d'Umiujaq a permis de détailler la structure des communautés de rotifères et de recenser un total de 22 taxons. Les mares sont généralement dominées par des rotifères des genres Keratella et Polyarthra, qui sont respectivement herbivores et prédateurs de petits organismes tels que des bactéries.

81e Congrès de l'ACFAS

La culture de sphaignes, une deuxième vie pour les tourbières commerciales

Auteur : Rémy Pouliot
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Généralement, si aucune action n'est entreprise après la fin de la récolte de tourbe sur une tourbière donnée, la végétation typique des tourbières ne revient pas spontanément. Une des actions possibles, autre que la restauration écologique de la tourbière, est de créer des bassins de culture de sphaignes. L'objectif général de la culture de sphaignes est de produire rapidement de la biomasse de fibres de sphaignes sur une base renouvelable et cyclique. Cette biomasse peut ensuite être utilisée pour la restauration écologique ou en horticulture. Depuis 2004, des cycles de production sont mis en place presqu'à chaque année à la station expérimentale de Shippagan, Nouveau-Brunswick. Le couvert végétal, l'accumulation de la biomasse, la productivité, la décomposition et l'hydrologie font partie des paramètres mesurés à chaque année. Les couverts végétaux augmentent rapidement dans la plupart des cycles de production, mais l'augmentation n'est pas homogène. Par exemple, le couvert moyen de sphaignes était de 66% après six ans dans le cycle mis en place en 2006, alors qu'il atteignait déjà près de 50% après deux ans dans le cycle de 2010. La productivité annuelle est semblable aux taux mesurés dans les tourbières naturelles et le taux de décomposition moyen était de 10%. On peut s'attendre à obtenir entre quatre et cinq tonnes de fibres de sphaignes sèches par hectare après cinq ans, ce qui est très prometteur. Les enjeux futurs pour la culture de sphaignes seront aussi discutés.

81e Congrès de l'ACFAS

Synchronie entre la reproduction et l'abondance des ressources : effet sur le succès reproducteur d'un insectivore de l'Arctique

Auteur : Catherine Doucet
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Dans les habitats hautement saisonniers tels que la toundra, la période de reproduction des oiseaux doit être adaptée aux conditions locales afin de maximiser le succès reproducteur. En réponse au réchauffement accéléré dans l´Arctique, une modification de  la phénologie de la reproduction propre à chaque espèce pourrait entraîner une perte de synchronie multi-trophique. Nous avons examiné la synchronie entre la période de reproduction et l´abondance des ressources ainsi que son effet sur le succès reproducteur chez le Plectrophane lapon (Calcarius lapponicus), un insectivore nichant sur l'île Bylot, NU. Un suivi sur cinq ans des nids, de la croissance des juvéniles et de la disponibilité saisonnière en arthropodes a permis d'observer une importante variabilité dans l'étendue des dates d'éclosion. De plus, une décroissance de la taille de couvée et de nichée apparaît au cours de la saison ce qui suggère une diminution du succès reproducteur avec l´augmentation de la désynchronisation. Toutefois, aucun effet de la date d'éclosion sur la croissance des jeunes au nid n'a été décelé. Néanmoins, un effet négatif sur la croissance et la survie pourrait apparaître à l´indépendance des jeunes. Mieux comprendre les relations entre reproduction, abondance des ressources et succès reproducteur devient essentiel afin d´évaluer la capacité des espèces à répondre aux modifications de leur environnement.

81e Congrès de l'ACFAS

La combinaison d'espèces indicatrices peut prédire le succès dans les tourbières restaurées rapidement après la mise en place de la restauration

Auteur : Eduardo Gonzalez
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Lors du processus de restauration écologique, les décideurs doivent évaluer le succès ou l'échec le plus tôt possible pour pouvoir appliquer des mesures correctives ou réduire les coûts. Nous avons utilisé des tourbières restaurées de l'est du Canada comme exemples pour proposer une approche méthodologique qui prédit le succès ou l'échec de la restauration tôt après sa réalisation en utilisant des espèces indicatrices. D'abord, 188 parcelles restaurées (il y a 4 à 11 ans) et régulièrement suivies, ont ensuite été groupées dans 3 catégories, selon les caractéristiques de leur composition floristique. Puis, la composition végétale dans une même parcelle, mais provenant d'un suivi antérieur (3 ans après la restauration), a été analysée pour obtenir les espèces indicatrices convenant le mieux pour discriminer les 3 catégories de succès et ce, en utilisant les analyses discriminantes linéaires (Linear Discriminant Analysis - LDA). Les LDA ont classifiées correctement 87% des parcelles dans les trois catégories : a) un succès dominé par les sphaignes typiques, b) un échec dominé par la tourbe à nu ou c) un état alternatif stable dominé par le Polytrichum strictum. Cette espèce pionnière peut faciliter la colonisation des sphaignes (sous de faibles densités) ou empêcher son établissement (sous de fortes densités). Finalement, l'utilité des LDA a été illustrée pour prédire le sort de 8 secteurs additionnels récemment restaurés et pour proposer différentes stratégies de gestion.

81e Congrès de l'ACFAS

Expansion arbustive et pollen : étude palynologique des sédiments lacustres récents de la région de la rivière Boniface, Nunavik

Auteur : Marie-Pier Denis
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

L'analyse de photographies aériennes et satellites de la région de la rivière Boniface au Nunavik a montré une forte expansion du couvert arbustif entre 1957 et 2008. L'objectif principal de ce projet est de déterminer si cette expansion récente des arbustes est observable dans les assemblages polliniques des sédiments lacustres de cette région. Pour ce faire, une analyse pollinique à très fine résolution temporelle (échantillons de 0,2 cm d'épaisseur) a été effectuée sur les sédiments de deux lacs de la région. Dans les lacs étudiés, les pourcentages polliniques du bouleau glanduleux, la principale espèce responsable de la densification du couvert arbustif, sont plus élevés dans les sédiments récents. De plus, les influx polliniques calculés selon la datation au 210Pb montrent une augmentation du nombre de grains de pollen des genres Betula, Alnus et Picea déposés par unité de surface par année, et ce depuis l'année 1980. L'analyse pollinique à fine résolution temporelle semble donc permettre de détecter l'expansion arbustive récente. Cependant, l'utilisation de l'analyse pollinique pour étudier la dynamique arbustive récente devra être testée à nouveau afin d'être validée.

81e Congrès de l'ACFAS

Mot de bienvenue

Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)
81e Congrès de l'ACFAS

Érosion des berges de l'estuaire d'eau douce du Saint-Laurent et son impact sur la biodiversité

Auteur : Audrée Gervais
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Cette étude vise à documenter l'évolution de la ligne de rivage de l'estuaire d'eau douce du Saint-Laurent où très peu d'études ont été effectuées malgré l'érosion active affectant le schorre supérieur de ce secteur, induisant un recul significatif du talus. Cette portion  du Saint-Laurent renferme plusieurs espèces végétales riveraines qui sont désignées ou susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables ; l'érosion des zones intertidales constitue donc un risque de perte d'habitat pour ces espèces, particulièrement au niveau du schorre supérieur. L'objectif de cette étude est donc de déterminer l'ampleur du processus de l'érosion des marais de l'estuaire d'eau douce et les facteurs en cause. Quatre marais de l'estuaire d'eau douce ont fait l'objet de cette étude, les marais de : Saint-Augustin-de-Desmaures, Beaumont, Château-Richer et l'Isle-aux-Grues. Les résultats d'analyses de photographies aériennes (à long terme) démontrent une perte au niveau de la superficie du schorre supérieur durant les 50 dernières années. À court terme (2011-2013), l'analyse des données de terrain démontre un recul significatif du talus d'érosion du schorre supérieur à Saint-Augustin-de-Desmaures, à Château-Richer et à l'Isle-aux-Grues et une augmentation générale mais faible de la sédimentation dans le schorre inférieur.  

81e Congrès de l'ACFAS

Expansion de la strate arbustive à l'écotone forêt-toundra : impact sur les communautés végétales

Auteur : Pascale Ropars
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Un des changements majeurs qu'enregistre l'écotone forêt-toundra est l'expansion de la strate arbustive érigée. Or, l'implantation de ces arbustes pourrait entrainer de profondes modifications environnementales et, par conséquent, influencer la croissance et la survie des autres espèces arbustives. Les objectifs de cette étude sont (1) d'identifier les variables influençant la composition et l'abondance des arbustes et (2) de quantifier l'effet du couvert arbustif érigé sur ces dernières. Afin de répondre au 1er objectif, des analyses canoniques de correspondance ont été effectuées. Pour répondre au 2e, des MANOVA et des analyses de rang d'abondance ont été réalisées sur 3 catégories de sites : les terrasses (couvert arbustif érigé le plus élevé) et les sommets ayant un couvert arbustif érigé faible (SF) et élevé (SE). L'altitude, le couvert arborescent et la hauteur de neige sont les variables expliquant le mieux la variabilité entre les sites. La composition spécifique des terrasses est significativement différente de celle des SF (P=0.001), mais non de celle des SE (P=0.1). Les espèces arbustives typiques des milieux protégés sont plus abondantes sur les SE que sur les SF, tandis la situation est inversée pour celles typiques des milieux exposés. Seul refuge pour les espèces arctiques-alpines (EAA), les sommets sont de plus en plus colonisés par les arbustes érigés. L'abondance des EAA est moins élevée sur ces sites, probablement en raison de leur faible compétitivité.

81e Congrès de l'ACFAS

Développement d'un carottier pour la caractérisation in situ du pergélisol

Auteur : Cédric Flécheux
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

En présence de pergélisol, les modifications environnementales telles que la construction d'infrastructures et les changements climatiques ont des répercussions sur le régime thermique du sol et peuvent entraîner une fonte inhabituelle du pergélisol, provoquant une dégradation de ses propriétés mécaniques. La connaissance des caractéristiques du pergélisol est donc primordiale pour faire les bons choix lors des projets de construction, faire avancer les techniques de conception d'infrastructures et anticiper les éventuels problèmes liés aux changements climatiques.  Actuellement, la mesure de la consolidation de fonte des sols gelés demande la mise en place d'une logistique lourde qui inclut notamment le prélèvement de carottes de sol et leur transport dans leur état d'origine pour analyse en laboratoire.  L'objectif de ce projet, dans le cadre du programme Arquluk (recherche en ingénierie du pergélisol), est de faciliter l'exécution des campagnes d'évaluation du tassement de fonte des sols gelés, en développant un outil de forage capable de réaliser ces essais in-situ. Le déroulement de ce projet comprend la construction d'un prototype, puis le test de ce dernier en laboratoire et sur le terrain. 

81e Congrès de l'ACFAS

Les champs de palses en mutation : une source significative de GES vers l'atmosphère ?

Auteur : Alex Matveev
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Les régions nordiques subissent un réchauffement rapide depuis quelques décennies ce qui génère une augmentation de la surface couverte par les milieux aquatiques dans plusieurs régions. Des changements encore plus importants sont projetés faisant suite à l´augmentation continue des gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère. En réponse à ces changements, le pergélisol pourrait libérer 68-508 Pg de carbone avant 2100. Pourtant, la nature précise, l´ampleur et la variabilité spatiale et temporelle de ces réponses demeurent incertaines. Soutenu par le programme ADAPT du CRSNG, nous avons examiné la variabilité spatiale des concentrations de GES et des flux associés dans une série de lacs thermokarstiques peu profonds et humiques en 2012, situés près du village de Whapmagoostui-Kuujjuarapik (55°13´N, 77°42´O) aux côtés de palses riches en matières organiques dans la vallée de la rivière Sasapimakwananisikw, et deux séries de lacs situés le long de la rivière Nastapoka et à proximité du village d´Umiujaq (56°61´N, 76°21´O). La dégradation microbienne de la matière organique engendre un taux de consommation d'oxygène mesuré de 0,20 mg L-1 jour-1 dans certains lacs. Nous avons mesuré des flux de CH4 vers l'atmosphère jusqu'à 217,8 mg C m-2 jour-1. La magnitude de ces émissions est contrôlée par l´équilibre entre le taux de décomposition microbienne de la matière organique (la méthanogenèse en particulier), et le taux d´oxydation du CH4 par les méthanotrophes. 

81e Congrès de l'ACFAS

Du stress climatique à la réponse hydrologique : dynamique récente de lacs de thermokarst dans les basses-terres occidentales de la Baie d'Hudson (Wapusk National Park, Manitoba)

Auteur : Frédéric Bouchard
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

Nous présentons ici les résultats d'analyses géochimiques et isotopiques effectuées sur des échantillons de sédiments lacustres récoltés dans 37 lacs du WNP, le long d'un transect allant de la forêt boréale à la toundra arctique. Les résultats montrent d'abord un contraste remarquable dans le contenu en matière organique (2-93%), en matière minérale (5-97%) et en carbonates (1-71%). Les lacs “organiques” (tourbe, berges végétalisées) se distinguent clairement des lacs “minéraux” (sable, gravier). D'autre part, les rapports C/N et les données isotopiques montrent un gradient dans le comportement hydrologique des lacs : ceux de la forêt boréale sont surtout influencés par le ruissellement de surface et les eaux de fonte printanière, alors que ceux de la toundra côtière, plus productifs, sont davantage affectés par l'évaporation.

Situé sur la côte ouest de la Baie d'Hudson, le “Wapusk National Park” (WNP) compte des milliers de lacs de thermokarst (fonte du pergélisol) où vivent de nombreuses espèces représentatives de la faune/flore des basses-terres hudsoniennes. Or, la dynamique hydrologique de ces lacs est pour l'instant mal connue, et les projections climatiques pour la fin du XXIe siècle font état d'un réchauffement significatif. Les lacs du WNP étant généralement peu profonds, donc sensibles aux variations climatiques, il apparaît essentiel de mieux connaître l'hydrologie passée et actuelle de ces lacs afin d'établir, pour l'avenir, des stratégies d'adaptation adéquates.

81e Congrès de l'ACFAS

Quels sont les facteurs qui déterminent la taille de portée chez le renard arctique à l'île Bylot, Nunavut ?

Auteur : Camille Morin
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

La taille de portée est un paramètre critique de la productivité annuelle des individus. Une juste détermination de ce paramètre est essentielle pour décrire la dynamique d'une population. Chez le renard arctique, la taille de portée est très variable d'une année à l'autre. À l'île Bylot, NU, elle semble fortement liée à la disponibilité de ses proies, les lemmings bruns et variables, dont les abondances varient de manière cyclique. La présence d'une importante colonie d'oie des neiges offre une proie alternative aux renards, ce qui pourrait aussi influencer la reproduction. Nous avons évalué l'influence de la disponibilité de ces ressources alimentaires sur la variabilité de la taille des portées. Les tailles de portée ont été déterminées à l'aide d'appareils photo automatiques posés près des tanières. Cette méthode, encore jamais utilisée pour le suivi de la reproduction chez cette espèce, permet l'observation des renardeaux de leur émergence jusqu'à leur dispersion. Dans une aire d'étude de 600 km2, nous avons suivi 32 tanières de reproduction de 2007 à 2012 ce qui a généré plus d'un million de photos. Cette banque de données unique au monde devrait offrir une estimation beaucoup plus précise des tailles de portée que les méthodes d'observations visuelles généralement utilisées. Cette étude offre une avancée méthodologique très intéressante dans le domaine de l'écologie animale, en plus de préciser un paramètre clef d'un prédateur important de la toundra arctique.

81e Congrès de l'ACFAS

Suivi des comportements thermique et mécanique du remblai de la piste de Puvirnituq

Auteur : Félix Gravel Gaumond
Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)

La piste d'atterrissage de Puvirnituq a été construite à l'aide d'un épais remblai comblant une vallée au fond de laquelle repose un dépôt de sédiments fins. Depuis la construction de la piste d'atterrissage, des tassements ont été observés à cet endroit. Des travaux d'agrandissement ont eu lieu sur la piste en 2009 afin de permettre l'atterrissage d'un Boeing 737 de la compagnie Air Inuit. Dans le cadre de ces travaux, la stabilisation thermique et mécanique du remblai a été réalisée. Un remblai convectif avec un système de ventilation a été construit. Une berme, fait à partir des mêmes matériaux granulaires que le remblai convectif a été construit pour résister aux possibles forces latérales causées par une instabilité du remblai. Les travaux d'agrandissement de l'aéroport comprenaient également la déviation de l'eau s'écoulant dans la vallée. Un suivi des comportements thermique et mécanique a été réalisé sur une période de trois ans afin de valider l'efficacité des systèmes d'extraction de chaleur dans le contexte du remblai de Puvirnituq. Une simulation numérique du comportement thermique du sol a été effectuée à l'aide du logiciel GeoStudio. Cette simulation a permis de prédire l'évolution du front de dégel au cours des 20 prochaines années. Une étude de stabilité a été réalisée afin d'identifier les particularités d'une analyse de stabilité dans le contexte d'un pergélisol en voie de dégradation.

81e Congrès de l'ACFAS

Pause

Colloque    651 - Colloque du Centre d'études nordiques (CEN)