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81e Congrès de l'ACFAS

Les bruits artistiques dans l'espace public. Une alternative sonore pour l'expérience du flâneur

Auteur : Gabrielle Mathieu
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

De par sa définition physique, le son habite l'espace, il lui donne une matière auditive avec laquelle l'ouïe parvient à définir les limites et la structure du lieu. De plus, le son est le signe oublié. A lui seul, il parvient à activer la mémoire, l'imagination et la mythologie d'un individu. En d'autres mots, le son et l'image s'équivalent puisqu'ils évoquent des images mentales et les associent à un réseau d'idées plus grand construisant un discours, un récit. Il n'est alors pas étonnant de voir émerger en art actuel des pratiques questionnant le rôle de l'audition dans l'expérience spectatorielle et donnant lieu à des oeuvres strictement sonores. Ces pratiques prennent des formes multiples, architectures sonores, sculptures sonores, interventions furtives, les artistes ajoutent du matériel sonore ou en déduisent afin de concevoir de nouveaux lieux, de déjouer les attentes relatives à l'espace ou encore de produire des hétérotopies. L'écologie sonore de l'espace public s'en trouve ainsi profondément modifiée, ses signes et ses repères audios sont brouillés. Dans le cadre de ce colloque sur l'art et l'espace urbain, nous proposons d'explorer la dimension de l'expérience spectatorielle des oeuvres sonores dans un contexte d'interventions urbaines. Il s'agira d'établir une cartographie de la recherche en art sonore tout en s'interrogeant sur le nouveau rôle du flâneur baudelairien qui est mis en présence, malgré lui, de sons artistiques dans l'espace urbain.

81e Congrès de l'ACFAS

La leçon de musique, un court-métrage sur l'imaginaire et la transmission des épopées en Asie centrale

Auteur : Frédéric Léotar
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Les bardes karakalpaks d'Asie centrale ont maintenu des traditions épiques qui jouent encore aujourd'hui un rôle symbolique et identitaire fort dans l'imaginaire social. Même si ces traditions ancestrales étaient moribondes dans les années 1960, l'accession à l'indépendance de l'Ouzbékistan en 1991 a donné une nouvelle impulsion à la transmission des épopées, avec notamment la création d'une faculté dédiée aux «Arts nationaux». Aujourd'hui, les jeunes générations de bardes karakalpaks témoignent à travers leur apprentissage des profondes transformations qu'a connue cette société depuis le 20ème siècle. Ils expriment aussi le désir de véhiculer une représentation traditionnelle du monde dans laquelle ils se reconnaissent, au moins en partie. L'audio-vision appliquée à la transmission d'une épopée par un professeur à son élève, est un cadre intéressant pour analyser les signes à travers lesquels un idéal est non seulement transmis mais actualisé. Suivre la relation entre enseignant et apprenant, depuis la salutation en entrant dans la salle de cours, l'accordage de l'instrument et jusqu'aux corrections ou validations apportées au jeu instrumental et vocal, permet ainsi une analyse des modalités selon lesquels les acteurs interagissent. L'analyse de ces modalités questionne et éclaire tout particulièrement la relation entre un modèle idéal de vivre-ensemble et sa réalisation à travers des attitudes, des gestes techniques et la transmission d'une parole mythique.



81e Congrès de l'ACFAS

Mot de bienvenue

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

Dynamique de construction territoriale et de gouvernance urbaine face aux enjeux du développement durable

Auteur : Sharam Alijani
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Cette communication  propose d'examiner la dynamique de construction territoriale et les trajectoires de croissance urbaine à la lumière des contingences auxquelles les territoires sont assujettis. Notre étude porte sur les caractéristiques des espaces métropolitains, leur développement et leur transformation en réponse aux impératives de l'organisation spatiale des activités humaines.  Or, les choix d'acteurs et les actions collectives au sein des territoires impliquent des choix en matière de gouvernance des espaces urbain et périurbain et d'usage des ressources. Ceci n'est pas sans conséquence sur  les modes de développement urbain et en particulier l'impact du développement durable sur la dynamique d'urbanisation  des espaces ouverts. De même, les choix des acteurs sont  générateurs  des externalités qui affectent le lieu, le milieu et l'environnement. Il va ainsi de l'impact des activités humaines  sur l'usage et le renouvellement des  ressources, la création des richesses et le bien-être collectif. Comment accroître les richesses sans aggraver les équilibres spacieux ?  Comment créer de nouvelles capacités sociales face aux enjeux d'équité intergénérationnelle et  écosystémique ? Nous tenterons ainsi de restituer le débat sur les contingences de la durabilité en apportant une attention particulière  au débat sur le défi du développement durable  et en soulignant les limites des discours normatifs quant aux politiques d'urbanisation et de développement des territoires.

81e Congrès de l'ACFAS

Le patrimoine immatériel religieux du Québec : sauvegarde et mise en valeur

Auteur : Laurier Turgeon
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Cette communication vise à présenter les objectifs, la méthodologie, les résultats d'un vaste projet national de sauvegarde et de mis en valeur du patrimoine immatériel religieux du Québec qui a été mené par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique du 2007 à 2012. Le projet était une réponse au rapport de la Commission de la culture sur l'avenir du patrimoine religieux au Québec (Croire au patrimoine religieux, 2006) qui faisait état en 2006 de la nécessité de procéder rapidement à la sauvegarde du patrimoine immatériel des communautés de religieux et de fidèles du Québec, menacé par la diminution de la pratique du culte et par le vieillissement des religieux et des célébrants. Les 880 récits de pratiques, de lieux, d'objets et de vies recueillis dans 45 communautés religieuses catholiques et 64 communautés de fidèles des grandes traditions religieuses du Québec ont été traités et constitués en fiches multimédias comprenant des descriptions textuelles, des photographies, des extraits sonores et des docu-clips accessibles en ligne au grand public à l'adresse web suivante :www.ipir.ulaval.ca. Le fichier numérique est conçu pour servir à d'autres projets de mise en valeur : l'enseignement en classe ou en ligne du patrimoine religieux, la recherche scientifique, la préparation d'expositions virtuelles ou en salle, et l'élaboration d'itinéraires touristiques.



81e Congrès de l'ACFAS

Période de questions

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

Sexe, normes et courrier du cœur : un authentique travail des lettres

Auteur : Nancy Couture
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Semblable au miroir magique rassurant la méchante sorcière de sa beauté, le courrier du cœur québécois répond aux lettres de femmes et d'hommes qui écrivent leurs secrets les plus intimes concernant leur vie sexuelle. Ces échanges épistolaires expriment le souci que vivent ces individus devant une réalité sexuelle qui ne correspond pas à ce qu'ils avaient imaginé ou à quoi ils s'étaient préparés. Souvent, les principes moraux de l'époque ne semblent pas toujours cohérents avec les situations décrites dans les courriers. Ce travail discursif et réflexif témoigne du fait que les individus questionnent les valeurs et les injonctions de la norme sociale en matière de sexualité. Ce questionnement traduit couramment l'intention d'adopter d'autres pratiques et de se conformer à d'autres modèles d'action, plus convenable pour soi, plus éclairé selon sa situation personnelle, familiale et possiblement différentes de celles prescrites par le contexte social du moment. L'objectif de cette communication est de présenter comment l'analyse des courriers du cœur publiés dans le Petit Journal et des Journal de Montréal et de Québec entre 1929 et 2000, permet de voir le changement en train de se vivre et de se faire. Les doutes, les hésitations et les questionnements de ces correspondantes caractérisent l'entre-deux d'une norme en train de changer ou permettent l'observation de la rencontre de deux normes concurrentes.



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« Pagayez, pagayez ensemble » – Congrès mondial acadien et mise en discours de la mobilité

Auteur : Hubert Noël
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Les Congrès mondiaux acadiens (CMA), tenus tous les cinq ans depuis 1994, sont des rassemblements d'envergure internationale où « la planète acadienne » est conviée à la célébration de son identité. L'organisation des CMA et la participation à ceux-ci dépendent largement des conditions de circulation de personnes, de biens et services, de capitaux et de productions culturelles et artistiques, à commencer par la mobilité de l'événement lui-même. Le CMA de l'été 2009 a eu lieu dans la Péninsule acadienne, une région du Nouveau-Brunswick à très forte majorité francophone. Comme d'autres bastions de la francophonie canadienne en milieu minoritaire, la Péninsule est la cible d'efforts nombreux et soutenus visant la diversification et la consolidation de son économie afin de maintenir sur son territoire une population relativement stable et fixe. Dans cette communication, j'explore les tensions discursives ainsi engendrées par la tenue du CMA entre, d'un côté, la fixité, la stabilité et la proximité et, de l'autre, la mobilité, la circulation et la distance. Je tente de montrer comment ces tensions, et parfois certains paradoxes, s'expriment à même les productions culturelles qui sont au centre desdites célébrations identitaires, s'inscrivant elles-mêmes dans des efforts de positionner la région en tant que destination touristique attrayante où il est possible de « faire l'expérience » de l'acadianité.



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Problématiques du mapping vidéo architectural

Auteur : Yan Breuleux
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Les villes et municipalités ont de plus en plus recours aux talents des artistes et designers pour la création de “mapping vidéo architectural”. Comme forme d'art public, cette pratique artistique consiste à adapter des projections vidéo à des espaces et lieux architecturaux spécifiques. In situ, le mapping architectural se glisse désormais dans le paysage urbain. J'aimerais soulever un certain nombre de questionnements émergeant de divers projets artistiques. D'une pratique en marge des arts de la scène, le mapping architectural est devenu depuis peu une forme d'art à part entière. Popularisé par Robert Lepage, avec le Moulin à image et Moment Factory, avec la Sagrada Familia, la technique du mapping architectural est diffusée dans une très grande variété de styles. De l'art expérimental au commercial en passant par des projets d'intégration de l'image à l'espace public, cette forme d'art est l'œuvre d'artistes, de collectifs et d'entreprises. Mais quelle est la fonction du mapping? Vise-t-il à renouveler notre perception de façades ou de bâtiments désuets ou laissés à l'abandon? Est-ce la dimension expérimentale du mapping architectural qui permet de transformer notre expérience de l'espace urbain? De quelles manières le public peut-il s'approprier cette forme d'art? Par l'internet des objets (ordinophones et autres prothèses électroniques)? Plusieurs hypothèses de recherche seront ici exposées.



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Période de questions

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

Développement durable et nostalgie de la ville compacte

Auteur : Gérard Beaudet
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

La multiplication, depuis le début des années 1960, de néologismes destinés à rendre compte de la transformation radicale des modalités d'urbanisation des territoires s'est paradoxalement accompagnée, depuis trois décennies, de la construction d'un idéal urbain teinté de nostalgie, dont témoigne en particulier le courant du Nouvel urbanisme. Dans les milieux professionnels, cet idéal de la ville compacte s'est imposé comme la seule déclinaison normative possible du respect de l'injonction au développement durable. Mais, alors que l'adhésion enthousiaste aux paradigmes du progrès et de la croissance aura caractérisé les Trente Glorieuses, il n'en est pas de même du développement durable. La poursuite de l'étalement urbain montre qu'en ce domaine il y a dissociation entre le discours expert, les sensibilités citoyennes et les pratiques quotidiennes.  L'idéal de la banlieue pavillonnaire mobilise toujours une part importante de la population. Comment, dans les circonstances – et compte tenu de l'importance de l'héritage engendré par plusieurs décennies d'urbanisation diffuse – relever le défi que posent aux urbanistes et aux aménagistes des modalités de production de l'établissement dont on connaît les coûts économiques, sociaux et environnementaux collectifs, tout en étant incapable d'en faire le fondement justificatif de politiques publiques susceptibles d'infléchir de manière « durable » les pratiques ?   

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Les musées canadiens lors de la Seconde Guerre mondiale : un « effort de guerre muséal » ?

Auteur : Eve Laforest
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Si les histoires de musées pillés, de patrimoine utilisé, vendu ou désacralisé en temps de crise abondent et sont bien connues, les grands conflits du XXe siècle ont été au contraire le théâtre de toute une mobilisation culturelle importante. Les institutions culturelles des pays anglo-saxons, dont le Canada, furent très engagées dans la protection de leur pays respectif et leur travail commun pour la victoire durant la Seconde Guerre mondiale. Dans le cadre de cette présentation, il sera question des débuts de l'enracinement de la culture dans les problématiques sociales en temps de crise majeure, participant donc aux balbutiements de ce qui deviendra le développement durable plusieurs décennies plus tard.



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Mot de bienvenue

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

Vivre-ensemble et lieux de passage : qui a peur de la fragmentation ?

Auteur : Francine Saillant
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

La notion  de vivre-ensemble est née des préoccupations issues des conséquences de la fragmentation du social observées dans la modernité avancée. Cette fragmentation serait une atteinte aux possibles de la vie commune et au lien social. La notion laisse apparaître la hantise de ce qui fait obstacle à l'un et à l'indivisible de la nation imaginée. La mauvaise presse qu'ont eu durant les récentes années les mouvements sociaux dits identitaires (d'autres diraient communautaristes), jugés nombrilistes et auto-référenciels, en est un exemple. Dans cette présentation nous montrerons comment ces mouvements ont au contraire  enrichi l'idée de nation en proposant par leurs pratiques et représentations l'enrichissement de l'idée de commune humanité.  Cette commune humanité se définit par  des actions diverses dont celles de performativité culturelle, qui sont chacune à leur manière des lieux de passage pour un vivre-ensemble capable de supporter en écho le fragment et le commun des identités et des expériences collectives.

 



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Représentations, identité et antagonismes dans les actuelles formes de vie périurbaine au Mexique

Auteur : Carlos Aparicio
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

En périphérie de Monterrey, les anciens petits villages sont devenus quartiers populaires, tandis que les territoires agricoles ont donné sa place à la multiplication de développements résidentiels fermés, car la gestion de la ville a été cédée aux développeurs immobiliers (Aparicio et al., 2011), accentuant les niveaux de "micro-ségrégation" ou "micro-fragmentation" de l'espace partagé (Capron et González, 2006).

Notre travail s'intéresse à explorer les relations de durabilité sociale et les inégalités socio-spatiales occasionnées par l'urbanisation diffuse. Pour étudier des patrons de vie ruraux coexistant avec les modes de vie contemporaine, nous intégrons de l'information historique et cartographique avec des outils théoriques et méthodologiques provenant des Représentation sociales (Abric, 2003), de l'Identité sociale (Tajfel, 1981) et du Capital social (Szauser et Castillo, 2003).

Les résultats montrent que dans un quartier traditionnel les représentations sont attachées aux racines et à l'identité sur une base symbolique (Jodelet, 1986), tandis que dans un quartier emmuré les représentations sont  liées à la tranquillité, en raison de crainte à la violence ou la recherche de distinction (Enriquez, 2007). Même si les représentations entre les quartiers incluent des images négatives et des préjugés, dans le cadre de la durabilité sociale, les relations quotidiennes peuvent faciliter la génération de politiques visant à l'inclusion.

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Mot de bienvenue

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

De la silhouette au visage, une reconquête de l'espace urbain en image

Auteur : Raphaele Bertho
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Alors même que la notion de participation est l'une des thématiques majeure des politiques urbaines contemporaines, voir même l'axiome primordial des processus de transformation de l'espace de la ville, les habitants semblent paradoxalement absent des représentations des projets urbains. Leurs mises en image, analysée ici à partir d'un corpus de projet d'écoquartier, ne lui accorde en effet qu'un place accessoire, voir même d'accessoire du bâti : ces silhouettes s'effacent littéralement pour laisser place à la structure architecturale.

Une disparition de l'individu dans l'iconographie institutionnelle du vivre-ensemble à laquelle répond des dispositifs artistiques de mise en image de ces habitants au sein de l'espace urbain. A travers un réinvestissement, et une forme de détournement, de cette iconographie dans le travail d'Alban Lécuyer. Mais aussi in situ, dans la ville elle-même, dans les lieux de passage de l'espace public, à travers les projets portés par l'artiste JR et dont le succès mondial permet d'élargir le questionnement.

Voilà près de 10 ans que le français placarde ces immenses photographies d'illustrent inconnus sur les murs du monde entier. Avec le projet Inside Out  développé depuis 2011, le dispositif est réapproprié et sa puissance formelle mise au service d'une reconquête de l'espace public urbain par les sans-voix et sans –visages de l'espace politique et social, à travers l'exposition de ces anonymes devenus visages de la singularité quelconque.



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Artistes et urbanisme expérientiel, une synergie au service de la qualité de vie urbaine

Auteur : Noémie Lago
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

La capacité des espaces publics à être des lieux de convergence et de rencontre diminue face à la montée des enjeux sécuritaires. Néanmoins, les citadins apprécient les espaces proposant une ambiance particulière. Nos études de cas (Paris-Plages, City Lounge à Saint-Gall, Marseille 2013, L'ile de Nantes) soulignent le rôle essentiel de l'intervention artistique dans cette attractivité. En effet, les artistes apportent la créativité permettant de sortir l'usager de son quotidien, de lui faire vivre une expérience originale. Cependant, bien que la démarche artistique soit nécessaire, elle n'est pas suffisante à la recomposition de notre vivre ensemble. A cette fin, elle doit s'intégrer dans un processus urbanistique permettant la prise en compte des attentes des usagers et garant des aspects fonctionnels du lieu. C'est ce que nous proposons à travers le concept d'urbanisme expérientiel. L'urbanisme expérientiel permet d'inclure le ressenti des individus aux démarches traditionnelles de conception d'espaces publics. Il développe cinq dimensions sensibles de l'espace (le sensoriel, l'émotionnel, le cognitif, le comportemental et le relationnel) dont la cohérence est assurée par la présence d'un thème général. Des artistes sont impliqués tout au long de la démarche, pour transcrire sensiblement les intentions urbanistiques. Cette collaboration entre artistes et aménageurs au service des usagers permet le partage d'expérience sensibles dans l'espace, terreau du vivre ensemble.



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Le festival comme espace de construction du « vivre ensemble » 

Auteur : Jessica Roda
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

En France, à l'heure où les tensions entre les différentes communautés religieuses notamment entre Juifs et Musulmans sont de plus en plus palpables, de nombreuses actions sont engagées par des acteurs politiques et des associations privées afin d'encourager une société du « meilleur vivre ensemble ». Dans cette perspective, de nombreux festivals où les « trois cultures » monothéistes sont à l'honneur ont vu le jour dans l'hexagone et plus largement dans toute la méditerranée.

Le « Festival des Musiques Sacrées de Paris » est à ce titre en exemple révélateur de ce phénomène. Dans cette communication, je propose de montrer de quelle façon le « vivre ensemble » s'exprime au sein d'un tel événement circonscrit dans le temps et l'espace. Pour ce faire, l'analyse des outils médiatiques de présentation du festival, des discours des organisateurs et des subventionnaires ainsi que des performances du Sandra Bessis trio et de Marlène Samoun effectuées lors de l'édition 2010 seront au cœur de la démarche. Cette approche ethnographique ancrée dans l'usage de l'audiovisuel permettra de souligner les enjeux et les conséquences de cet événement au sein de la société parisienne et plus largement de réfléchir à l'impact des autorités publiques sur l'action culturelle dans le contexte de valorisation de la diversité culturelle.

81e Congrès de l'ACFAS

Discussion

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

Aménagement et développement  durable à Gatineau : examen de l'influence de la participation publique sur le renouvellement des pratiques planificatrices

Auteur : Lynda Gagnon
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

La ville de Gatineau, née de la fusion en 2001 de cinq villes, dont trois en milieu périurbain, fait partie intégrante de l'agglomération urbaine d'Ottawa-Gatineau et bénéficie d'une forte croissance démographique. La ville se déploie sur un vaste territoire de 380 km2 constitué à près de 40 % de terres agricoles et est découpée en cinq secteurs correspondant aux limites des anciennes villes. Or l'étalement urbain généré par la croissance démographique exerce de fortes pressions sur certaines zones périurbaines et menace l'intégrité du territoire agricole. La révision en cours du schéma d'aménagement et de développement durable de la ville vise à définir un cadre d'occupation du territoire qui réponde aux enjeux de gestion de la croissance urbaine, tels que la densification, la mobilité durable, la protection des milieux naturels et la mise en valeur du potentiel agricole. La Ville a choisi de réaliser cet exercice de planification en étroite collaboration avec sa population. Cette communication vise à présenter la démarche et les résultats préliminaires d'une recherche mobilisant le cadre conceptuel du collaborative planning pour analyser l'influence de la participation publique sur le renouvellement des pratiques planificatrices et sur la mise en œuvre des principes du développement durable. La communication explorera le défi de l'harmonisation des intérêts d'une pluralité d'acteurs et de communautés distinctes dans la recherche d'un nouveau mode de « vivre ensemble ».



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De clôture à ouverture : le patrimoine cultuel et le musée

Auteur : Alexandra Leconte
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Confrontés à l'immensité du legs religieux et à une urgence d'agir, les intervenants du patrimoine cultuel se trouvent devant un problème de taille : que doit-on préserver des objets de culte? Nous examinons d'abord la notion de conservation, afin de déterminer les critères qui sous-tendent la sélection et les acteurs qui en sont responsables. Le corps de l'analyse est ensuite centré sur la façon dont le musée patrimonialise les objets cultuels. Y sont plus particulièrement étudiés le rite d'institution et l'esthétisation du patrimoine.  Enfin, nous examinons le cadre et les règles qui régissent le concept de transmission. Nous partons de là pour répondre à la problématique et apporter des pistes de solutions à partir des constats tirés de cette étude. D'une part, le fait que la patrimonialisation moderne coupe l'objet de ses usages et le rend obsolète, l'empêchant d'agir, de se survivre, de se réactualiser. D'autre part, le fait que le type de mise en patrimoine actuellement privilégié valorise l'authenticité de l'objet patrimonial. Conséquemment, il se retrouve figé, voire fossilisé et refermé sur lui-même. Il faut cesser de penser l'objet cultuel en regard de son contexte d'origine et le considérer dans le champ de l'appropriable. Il faut réactualiser ce patrimoine dans cette ère nouvelle de la postmodernité, marquée par le multiculturalisme, les idéologies nouvelles et les identités multiples.

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Période de questions

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
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La déviance à l'ère d'Internet: Le cas des communautés de barebackers

Auteur : Nicolas Saucier
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Dans les communautés gays, il y a, en ce moment, une pratique sexuelle de plus en plus présente qui inquiète beaucoup la santé publique : le barebacking (les relations sexuelles délibérément non protégées). On assiste à une renégociation des normes et de l'emprise de la santé publique sur les choix des individus. Dans la culture gay, le corps a une place centrale dans les luttes depuis longtemps, que ce soit par le culte du corps, l'éclatement de la sexualité et la multiplication des plaisirs du corps, la présentation des corps dans les parades dans les rues, etc. Les communautés gays sont aussi très familières avec les nouvelles technologies et les médias, utilisant internet depuis longtemps pour se créer des lieux de rencontre, d'échange et de discussion dans l'anonymat et à l'abri des regards désapprobateurs. Aujourd'hui, les communautés de barebackers ont des espaces en ligne bien à eux où les utilisateurs discutent et repensent le corps, la sexualité, la santé, les normes et la déviance. Cette présentation vise à éclairer la montée du barebacking et les pratiques de renégociation des normes auxquelles se livrent les barebackers qui revendiquent leur corps à travers des médias des plus désincarnées.



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Tourisme culturel dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse : l'émergence d'un nouvel espace francophone

Auteur : Mélanie LeBlanc
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Depuis la fin des années 1990, dans un effort de revitalisation et de diversification de son économie, la communauté acadienne de la Baie Sainte-Marie – comme d'ailleurs d'autres communautés francophones minoritaires du pays – cherche à développer l'industrie touristique. La mobilité accrue des individus et la recherche d'expériences culturelles « authentiques » a rendu possible le développement du tourisme culturel dans les régions acadiennes de la Nouvelle-Écosse. Ainsi, la Baie Sainte-Marie accueille un nombre grandissant de francophones et francophiles en quête d'une expérience « authentiquement acadienne ».

Dans cette industrie culturelle où la langue fait partie intégrante du produit touristique, la variété régionale du français (l'acadjonne) est perçue par (une partie de) la communauté comme une marque d'authenticité recherchée par les touristes, donnant lieu à des discours sur l'authenticité de la communauté et sur la valeur marchande de l'acadjonne.

À partir d'un travail ethnographique réalisé entre 1999 et 2004, j'explorerai dans cette communication les discours sur la marchandisation de la culture et de la langue qui émergent sur le terrain du tourisme et qui viennent déstabiliser l'idéologie linguistique dominante dans laquelle la langue a surtout été envisagée comme un patrimoine à conserver et dans laquelle l'acadjonne a le plus souvent été investi d'une valeur symbolique et identitaire.