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81e Congrès de l'ACFAS

La construction économique de l'immigrant francophone : analyse d'un processus 

Auteur : Chedly Belkhodja
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Cette communication propose d'étudier le discours de l'immigration francophone au Canada depuis les années 2000. De plus en plus, ce discours semble insister sur des considérations économiques se rapprochant du paradigme dominant voulant que les  immigrants les plus désirés répondent aux besoins du marché de l'emploi. D'une sélection à partir d'un système à point basé sur la capacité de l'immigrant à s'intégrer à la société d'accueil, le fameux capital social, il introduit une nouvelle approche définie autour de la recherche de compétences (Skills). A l'image de ce qui se fait en Australie et en Nouvelle-Zélande, le Canada entend cibler les migrants à partir des besoins spécifiques du marché et s'assurer que les «meilleurs » immigrants choisissent le Canada. Notre démarche d'étude se fera à partir d'une analyse de discours de documents officiels produits par différents intervenants en immigration (dont Citoyenneté et immigration Canada et la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada) et d'une observation personnelle de mon implication de plus de dix années dans le comité directeur sur l'immigration francophone au CIC-Communautés francophones en situation minoritaire (CIC- CFSM).



81e Congrès de l'ACFAS

La mise en valeur du patrimoine immatériel dans l'espace public du Vieux-Québec : pour la rencontre du touriste et du résident

Auteur : Philippe Dubois
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Les tensions actuelles entre les résidents du Vieux-Québec et ses visiteurs sont bien réelles. La situation est critique à certains égards, alors que le centre historique, confiné spatialement, subit une pression importante en raison du tourisme. Cette réalité, présente à l'échelle mondiale, crée du mécontentement chez la population, qui souhaite contrer la muséification du quartier historique afin qu'il demeure «vivant et habité». Bien que les États généraux du Vieux-Québec (2010) aient engendrés certains résultats, plusieurs avenues permettant de favoriser le vivre-ensemble restent à explorer et à réaliser, dont la valorisation du patrimoine culturel immatériel (PCI).

Cette communication porte sur la mise en valeur du PCI comme moyen de favoriser la rencontre entre les habitants du Vieux-Québec et les touristes. Nous déterminerons en quoi sa représentation peut susciter cette rencontre dans l'espace public, en plus de rendre ce lieu interactif et fréquenté, en favoriser l'appropriation et engendrer un renforcement identitaire. Nous partagerons nos réflexions sur les modes de mise en valeur de ce patrimoine intangible adaptés aux lieux multifonctionnels que sont les places publiques et bénéfiques pour les acteurs qui souhaitent créer une expérience profitable socialement. Nous traiterons enfin de l'apport du PCI à la participation citoyenne et au développement durable, ainsi qu'à la place qu'il doit occuper dans la relation visiteur-visité en contexte patrimonial et urbain.



81e Congrès de l'ACFAS

Discussion

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

À vos devoirs, citoyens : expressions artistiques dans les mobilisations étudiantes au Chili et au Québec 

Auteur : Alfredo Ramirez-Villagra
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Les récentes mobilisations des étudiants au Chili et au Québec ont divers points en commun. Si la revendication pour une éducation plus accessible et autonome des préoccupations du marché économique est transversale aux demandes des étudiants aux deux extrêmes de l'Amérique, la manière dont se réalisent les mobilisations respectives est apparentée, en particulier en ce qui concerne le caractère artistique des actions. On peut utiliser ces expressions pour parler du rapport entre art et politique débouchant sur l'art engagé, ou encore de la construction d'espaces de création sociopolitique. Cependant, notre intention est plutôt de situer l'expression artistique sur le plan des revendications politiques exercées par la citoyenneté face à l'État et comme une manière de renouveler l'implication citoyenne dans la prise de décisions relative aux politiques publiques. Ces formes artistiques articulent autrement l'agir politique et l'implication du citoyen, réinventant le rapport politique entre ce dernier et l'État. J'explorerai donc la relation entre art, politique et implication citoyenne, et leur rapport avec l'État, à partir des moyens artistiques utilisés par les étudiants pour faire appel à la société civile et les rallier à leurs positions. La comparaison  entre le Québec et le Chili permettra aussi de mettre en relief certaines des conséquences de ces manifestations et leurs apports au vivre ensemble dans des contextes et systèmes politico-législatifs différents.  

81e Congrès de l'ACFAS

De la Main au Quartier des spectacles : les lieux précaires du Montréal festif

Auteur : Simon Harel
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Alors que le Quartier des spectacles prend son essor, qu'il a pour ambition de régénérer l'espace urbain, la Main a bel et bien reçu un œil au beurre noir. C'est en effet une ville laissée à l'abandon, un boulevard sans attrait, à demi mort, qu'il faut décrire, entre Sainte-Catherine et René-Lévesque. À l'instar de ces sans-abris qui errent autour de la Main, un génie du lieu qui possède tous les aspects de la souffrance se manifeste. En effet, la Main est tout le contraire de cet éloge de la festivité qui a pour enjeu de dynamiser la ville par l'entremise de la culture. Ainsi, l'idée d'un art à l'œuvre dans l'espace public doit s'entendre, tel que le perçoit l'ATSA, comme un dispositif mobile, comme une aire de combat qui bouge avec la conjoncture, c'est- à-dire avec l'esprit des lieux. Ce qui nécessite, dans le contexte d'une prise de parole de sujets marginalisés, un éclatement du cadre. L'expression est ambiguë. Qu'est-ce qu'un cadre? C'est un support, une règle, une limite tracée dans l'espace, un signifiant qui délimite un espace, la saisie d'une inscription dans un périmètre. Or, les fabulateurs de l'ATSA, artisans, artistes, sans-abris, bénévoles, tous réunis, font valoir, au cœur de la ville, en son site le plus violenté qu'est ici la place Émilie-Gamelin, la nécessité d'une inscription qui, d'une certaine manière, se passe de cadastre, ce qui traduit en somme, comme aux belles heures du mouvement étudiant, un affect insurrectionnel, un rêve de rébellion.

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Discussion

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

Discussion

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

Le commun et le temps

Auteur : Alain Bertho
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Pour le meilleur et pour le pire,les gens vivent ensemble. La question contemporaine est celle de la subjectivité opératoire de cette situation. On sait qu'aujourd'hui, entre 25 et 30% des émeutes dans le monde sont des émeutes contre le voisin, l'autre proche. Les « communal riots » indiennes semblent faire école et le phénomène est sans doute plus grave que la « fear of little number » d'Arjun Appadurai. Les modes de gouvernement nationaux générés par la mondialisation alimentent cet éclatement. Les Gouvernements cherchent moins aujourd'hui à rassembler le peuple national dans sa diversité qu'à construire leur légitimité dans l'institutionnalisation de l'altérité et dans la peur de l'autre. Le défi est celui de la production d'un commun, des principes et des projets partagés, l'énoncé d'un « nous » par la multitude des singularités quelconques annoncées par Giorgio Agamben.

S'il y a des lieux de passage, ils s'identifient aujourd'hui par leur temporalité. Les moments de commun émergent dans la révolte quand celle-ci se dirige contre le pouvoir. C'est une telle affirmation du « nous » qui a vu resurgir la question nationale comme une grande question de notre époque à partir de 2011 (Québec, Tunisie, Sénégal, Espagne, Grèce, Egypte…). Cette affirmation est précaire, souvent temporaire.  Un des grands enjeux contemporains est celui de la capacité de ce commun à faire institution – ou culture-, c'est-à-dire à durer au-delà de la séquence de mobilisation.



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La mixité fonctionnelle : nouvelle logique d'aménagement dans le périurbain francilien

Auteur : Monique Poulot
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Longtemps qualifié de contre-ville, voire d'anti-ville (Ripoll et Rivière 2007), le périurbain, qui concentre 3O% de la population française, sort peu à peu de son statut monofonctionnel de résidence et de consommation. Des solidarités territoriales se mettent en place, prenant des formes spécifiques dans un milieu caractérisé par des “densités dispersées” (Bres et Mariolle, 2009). Plus encore, à rebours des débats sur la durabilité condamnant la ville étalée au profit de la ville dense, les ménages périurbains en viennent à considérer leurs espaces de vie comme des lieux pratiques à l'éclosion de pratiques plus “écologiquement responsables et solidaires” (Desjardins et al., 2010). Dans ce contexte,  la mixité fonctionnelle est devenue le maître-mot des aménageurs et des élus, notamment dans le périurbain francilien.

Notre propos est d'interroger ici un certain nombre de projets en cours dans ce périurbain francilien, particulièrement à l'Ouest de la métropole. Cette volonté d'une mixité fonctionnelle se retrouve d'abord dans des opérations de densification autour de la notion “d'urbanisme endogène” (parcs naturels de Chevreuse et du Vexin). Elle s'épanouit aussi dans le programme BIMBY (Built in my back yard) en réponse au NIMBY et à l'image d'un périurbain qui verse dans les clubs résidentiels (Charmes, 2005). Elle s'exprime enfin dans la mise en articulation des espaces agricoles (jardins familiaux et exploitations agricoles de proximité) et bâtis.



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Les patrimoines oubliés et redécouverts. Les patrimoines oubliés et perdus à jamais

Auteur : Guy Deschênes
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Cette présentation traite de la situation actuelle de patrimoines technologiques (expressions techniques et artistiques) relativement récents : des patrimoines où la sensibilisation à l'importance de leur sauvegarde et de leur protection est à degrés très variables, allant de l'absence d'intérêt menant à l'oubli et à la perte irréversibles des traces jusqu'à la réussite d'une préservation éclairée et projetée dans l'avenir. Les avancées technologiques, à commencer par celles introduites avec la première révolution industrielle, se sont développées à des cadences toujours plus accélérées, laissant trop souvent dans l'oubli les expressions (concepts et objets) du génie créatif humain pour faire place à la nouveauté, elle-même déclassée un peu plus tard et mise aussi au rancart, sous l'effet de prédicats économiques et marchands.

 Dans le contexte de l'axe 3, la proposition portera donc sur ces divers états de fait avec exemples tirés du milieu du XIXe siècle jusqu'au début du XXIe siècle. Mettre en lumière la richesse de ces patrimoines pour les générations actuelles et futures à une époque marquée par une suite de crises économiques, culturelles et sociales est un grand défi que nous devons persister et réussir à relever. La présentation voudra traiter de solutions contemporaines à ce défi de taille.

 



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Période de questions

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
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Pratiques performatives et politiques des Premières Nations au Québec 

Auteur : Jonathan Lamy Beaupré
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Comment une œuvre de performance véhicule-t-elle un discours politique ? Comment une protestation politique peut-elle comporter une dimension performative ? Cette communication mettra en relation des œuvres de performance d'artistes autochtones et des manifestations, afin de voir comment s'articulent les liens entre le politique et le performatif dans le Québec contemporain. Lors des activités entourant le 400e anniversaire de la ville de Québec, en 2008, Louis-Karl Picard-Sioui a présenté une performance, intitulée As-tu du sang indien ?, qui critiquait les paradoxes qui entourent les relations identitaires et symboliques entre les Premières Nations et les Québécois. Au printemps 2012, afin de faire valoir leurs revendications par rapport au Plan Nord du gouvernement libéral, des femmes innues ont entrepris une véritable performance, marchant de Sept-Îles jusqu'à Montréal (soit plus de 800 kilomètres) pour y tenir une manifestation. Lors de l'événement Os brûlé 5, qui réunissaient des artistes et poètes québécois et autochtones, Sonia Robertson a mis les spectateurs « en réserve » avant d'ingurgiter un grand nombre d'hosties rectangulaires, sur lesquelles elle avait inscrit des mots en rouge, dans un acte de décolonisation et de libération corporel. Ces différentes performances montrent que l'engagement politique et le discours contestataire, s'ils prennent d'habitude la forme de paroles, peuvent aussi passer par l'action du corps.



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L'art dans l'espace public : nouvelles perspectives. Intervention d'artiste : Danyèle Alain

Auteur : Danyèle Alain
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
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S'identifier à l'image de son corps moderne : l'image bidimensionnelle comme écriture du soi « moderne » dans l'espace congolais du 20e siècle

Auteur : Bogumil Jewsiewicki koss
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

L'image bidimensionnelle est une modalité de représentation du monde et du soi dont les usages dans l'espace congolais  dérivent de l'expérience de la photographie et du dessin naturaliste pratiqués par des explorateurs. Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, ces derniers captent  et archivent les réalités congolaises au moyen de l'image bidimensionnelle. Objets de cette course à enrichir la collection d'échantillons d'«histoire naturelle », les Congolais sont bien conscients que les images prises par des Occidentaux sont des artefacts plutôt que des échantillons de leur réel.  À leur tour, ils se font producteurs et consommateurs de ces images afin de fixer et de soumettre au débat public des échantillons du monde introduit par des Occidentaux, du monde « moderne ».  De part et d'autre, l'image constitue un dispositif permettant de défier le temps et de délocaliser des fragments du réel. Les Congolais s'en servent pour produire et faire circuler des images de leur corps et de leur identité « modernes ».

Un diaporama de quelques dizaines d'images dont la production couvre le long XXe siècle donnera à voir ce que font ces images et comment elles font la « modernité » des corps et des personnes dont elles tiennent lieu dans la production d'un vivre-ensemble dans le monde organisé par la commodification.



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Période de questions

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
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L'étalement urbain : grandeurs et misères d'un concept

Auteur : Martin SIMARD
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

L'étalement urbain est un concept désormais classique en géographie et en urbanisme. Le terme semble même un peu passé de mode au Québec. Non pas que la réalité spatiale qu'il dénonce soit révolue à cause des difficultés majeures à en faire un objectif politique prioritaire ainsi qu'à contrer le phénomène sur le terrain. Malgré tout, le concept d'étalement urbain suscite un intérêt croissant en France. De plus, la montée du paradigme du développement durable amène un nouvel angle d'analyse du phénomène qui favorise l'émergence de nouveaux concepts : ville compacte, collectivités viables, développement urbain durable, etc.

Dans ce contexte, le thème de l'étalement urbain mérite que l'on s'y attarde à nouveau. Ce sera donc l'objectif de cette communication. D'abord, ce sujet pose avec acuité la question de la « bonne forme » et l'injonction à la durabilité, qui pourrait advenir, passe par une augmentation de la densité des établissements. Deuxièmement, l'étalement urbain est généralement traité de manière assez théorique alors que les dilemmes associés au contrôle strict de l'urbanisation sont très nombreux : Quelle densité résidentielle doit être la norme ? Doit-on intervenir du côté des espaces commerciaux et industriels ? Où peut-on fixer la limite de la ville ? Quel sera l'effet sur les prix ? Qu'en est-il des droits à la propriété et à la mobilité ? Nous discuterons de ces questions à l'aide d'une revue de littérature et d'un regard sur différents exemples.



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Le parc de la Gatineau : un impossible équilibre entre Culture et Nature ?

Auteur : Ève Wertheimer
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

À travers l'exemple du Parc de la Gatineau, cette présentation propose d'examiner le malaise qui subsiste au niveau de la gestion des traces d'occupation humaine dans les grands parcs canadiens, malgré une reconnaissance théorique grandissante du pilier socio-culturel du développement durable et de la notion de paysage culturel dans les politiques et cadres de gestion du territoire. Pour ses créateurs et pour la plupart de ses visiteurs aujourd'hui, l'attrait principal du parc réside dans l'image et l'accès qu'il offre à une nature sauvage, à quelques kilomètres de la capitale canadienne. Pourtant, comme la plupart des grands parcs canadiens, celui-ci est riche d'une occupation humaine continue et plusieurs fois millénaire, et recèle d'innombrables ressources témoignant de son occupation historique. Ce patrimoine en péril révèle les difficultés à réconcilier protection naturelle et conservation des ressources culturelles dans le contexte actuel du parc. Leur conservation paraît bien incertaine. La perception de menace à l'intégrité écologique du milieu, la volonté de sa renaturalisation systématique ainsi que le manque de ressources humaines et matérielles ont eu raison d'un nombre important de ressources patrimoniales, par leur abandon et démolition. Cette analyse cherchera donc à exposer plusieurs des débats fondamentaux qui opposent Culture et Nature, 'wilderness' et écologie humaine, patrimoine national et intérêt des communautés locales.

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Discussion

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble
81e Congrès de l'ACFAS

Discours moral et discours normatif : représentations du corps et de la subjectivité anorexiques dans les médias de masse

Auteur : Laurence Godin
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

C'est énoncer une évidence que d'affirmer que les médias de masse se font aujourd'hui les apôtres de la minceur, synonyme à la fois de beauté et de santé. Aux corps minces sont rattachées un ensemble de qualités morales grandement valorisées, entre autres la maîtrise de soi, le contrôle son existence et la suprématie de la volonté sur les pulsions de la chair. Dans ce cadre les corps anorexiques, trop minces, trop contrôlés, apparaîssent comme une aberration qui vient montrer les limites de la logique mise en avant – celle de la minceur comme incarnation de la vertu. Dans cette présentation, je me propose de réfléchir la manière dont est représenté le corps anorexique dans cet univers discursif. En ayant recours au cas de l'obésité comme contre-exemple, nous verrons que le discours normatif sur le corps en est aussi un sur l'individualité, et que traitant des corps trop gras ou trop maigres, on disserte aussi et surtout sur les qualités morales de ceux qui les incarnent. Dans un univers où ce glissement sémantique à peine subtil est généralisé, comment faire sens d'un corps qui incarne la vertu, mais qui annonce la mort ? Répondre à cette question offrira l'occasion d'examiner le caractère moral du discours normatif sur la forme du corps, le corps acceptable indiquant aussi une subjectivité acceptable, et inversement

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Communautés et/ou lieux de passage dans le nord de l'Alberta et les Territoires du Nord-Ouest

Auteur : Michelle Daveluy
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Daveluy et Bell explorent les tentatives de reproduction de la francophonie canadienne dans les contextes économiques émergents dans le nord de l'Alberta et les Territoires du Nord-Ouest. Elles étudient le décalage qui existe entre les tentatives institutionnelles (politiques et associatives) pour assurer cette reproduction et les motivations des francophones qui s'y trouvent à plus ou moins long terme. Elles discutent de cas localisés de relocalisation plus ou moins temporaire à Fort McMurray et Yellowknife. Elles décrivent les priorités des franco-albertain(e)s, acadien(ne)s, franco-ténoi(e)s et québécois(e)s dans le triangle du pétrole dans le nord de l'Alberta, et dans la capitale des Territoires du Nord-Ouest. Qui participe à l'institutionnalisation des espaces francophones du nord ouest canadien et qui, au contraire, s'abstient plus ou moins délibérément d'y prendre part? Le positionnement dans les contextes locaux mis en place par les franco-ténoi(e)s et les franco-albertain(e)s révèle des formules identitaires inattendues mais pourtant prévisibles. Elle démontrent comment les tensions entre les un(e) et les autres s'expliquent en partie selon le rapport aux municipalités en tant que lieux de passage pour plusieurs mais communautés pour bien d'autres. Les franco-mobiles se distinguent en effet parmi les francophones quant à leur rapport à l'espace. Ils et elles le parcourent quand les francophones y habitent.



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Le concept du patrimoine via les musées nationaux en Corée du Sud à l'ère de la mondialisation

Auteur : Ji Young Park
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Notre étude a pour objectif d'effectuer l'état des lieux et de chercher le développement durable du concept du patrimoine via les musées nationaux en Corée du Sud. Ils ont été établis par un régime colonial japonais et révèle des variantes de ceux de l'Europe. Les musées nationaux en Corée doivent donc surpasser le décalage de contexte culturel existant entre l'institution et les objets –le patrimoine- dont il s'occupe. Après la libération, ces institutions se comportent comme une institution que le gouvernement coréen désire exploiter afin de rétablir l'identité nationale et la valeur patrimoniale altérée, alors qu'ils ont vu le jour en tant qu'outil de colonisation par les japonais. Par conséquent, la crise d'identité demeurait toujours à la notion du patrimoine en Corée du Sud. La communication proposée discutera, après un bref historique, des changements observés qui marquent la muséologie coréenne aujourd'hui. Cette démarche me permettra également d'évaluer les valeurs actuelles que la Corée accorde à son patrimoine par le biais de ses musées nationaux à l'ère de la mondialisation.



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Synthèse

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Esthétique de la politique et politique de l'esthétique dans le carnaval de Recife (Pernambuco, Brésil)

Auteur : Laure Garrabé
Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Le Carnaval Multicultural de Recife est une institution régie par des organes liés à la Ville depuis 1911. Cet événement social total exprime les dynamiques économiques, culturelles et sociales de la société pernambucana dont les tensions sont manifestes dans ses processus de singularisation et d'uniformisation face aux grands carnavals brésiliens et aux logiques globales de l'entertainment. Lieu de passages et navire liminal, il fait de sa « multiculturalité » une spécificité en s'appuyant sur la multiplicité et l'hybridité de ses formes d'expressions locales –autant de mouvements identitaires– dont il fixe la tradition en en énonçant les codes dans le règlement du concours annuel ; il organise l'espace festif en « pôles » dont les dénominations trahissent l'historicité de ses logiques sociales, et ainsi distribue les places et la visibilité des touristes, publics, agents de la tradition et de l'institution. En réinterrogeant l'expérience, les techniques et les modes d'appropriation de la tradition, de la multiculturalité et du gigantisme spectaculaire de l'événement par les « multitudes » –puissances du commun-, un mouvement inverse à celui de l'inversion sociale traditionnellement invoqué dans l'analyse du phénomène se dessine : les partages du sensible, plutôt que reconfigurés, sont renforcés dans la mise en place d'une « société de services », n'excluant pas que des re-collectivisations créent des poches d'émancipation contredisant le projet de l'institution carnavalesque

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L'artialisation, un processus géosymbolique ?

Colloque    614 - Lieux de passage et vivre-ensemble

Nous inspirant de Bachelard, Cauquelin, Girardin et Heidegger, mais encore des préceptes de la géographie culturelle plus-que-figurative, cette communication cherchera à démontrer en quoi les arts, grâce à l'artialisation qui peut être faite de leurs œuvres lorsque celles-ci procèdent d'une imagination foncièrement créatrice, peuvent illustrer la richesse de la charge de sens du lieu. Une charge qu'elle étoffe même en ceci que, heuristique et transcendante, pareille artialisation affine (i) la trame symbolique où le sens du lieu prend forme et où le sentiment d'appartenance naît et se renouvelle comme (ii) la contexture des vocations relationnelles et identitaires où le lieu se révèle complexe, dynamique et unique. Réfléchissant sur son rôle quant à l'appropriation et à l'identification au lieu, cette communication s'emploiera somme toute à démontrer en quoi le travail de l'artiste, lorsqu'il parvient à s'ouvrir à l'indicible de notre condition géographique, peut élargir nos horizons de sens à la démesure du Réel et dès lors nous aider à mieux comprendre les valeurs et significations afférentes à notre territorialité.



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Mot de bienvenue

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